La responsabilité du gouvernement pour prévenir au mieux les risques sanitaires et économiques qu’engendre l’urgence climatique.

« Nous, sinistrés climatiques, demandons à l’Etat de faire de la protection des citoyens face à l’urgence écologique une priorité absolue »

Tribune

Collectif

Dans une tribune au « Monde », un collectif en appelle à la responsabilité du gouvernement pour prévenir au mieux les risques sanitaires et économiques qu’engendre l’urgence climatique.

Publié le 09 juillet 2026 à 14h08, modifié le 09 juillet 2026 à 15h00  Temps de Lecture 3 min.Offrir l’article 

Canicules, inondations, feux de forêts, sécheresses : les épisodes climatiques se multiplient et bouleversent déjà nos vies. En France, nous sommes plus de 40 millions à être exposés au risque climatique [selon le bilan environnemental de la France établi par le ministère de la transition écologique en 2021]. C’est nous, c’est aussi sûrement vous et, demain, ce seront nos enfants. Nous, sinistrés climatiques, demandons à l’Etat d’assurer pleinement sa mission première : nous protéger. L’urgence climatique doit devenir une cause derrière laquelle faire front commun, afin de rappeler à l’Etat la première de ses responsabilités : protéger sa population face à la menace que constitue le réchauffement climatique.

Ce n’est pas une demande abstraite. Le changement climatique touche déjà notre santé, nos logements, notre alimentation, nos villes, nos quartiers populaires et nos villages. Etre sinistré climatique, ce n’est pas seulement une question d’assurance, c’est une question de survie. Le manque de protection face au changement climatique nous met en péril : une personne sur quatre vit en zone inondable [selon le commissariat général au développement durable]. Des milliers de personnes, en particulier les plus vulnérables et précarisées, meurent chaque année en France à cause des vagues de chaleur. Ce vécu, que nous n’avons pas choisi et que nous subissons malgré nous, doit être entendu.

Nous, sinistrés climatiques, demandons collectivement à l’Etat de faire de la protection des citoyens face à l’urgence écologique une priorité absolue. Les catastrophes climatiques ne s’arrêtent pas une fois les eaux retirées ou les feux éteints : leurs conséquences marquent durablement les vies. Pour de nombreuses familles, les crises se succèdent trop vite pour qu’il soit possible de se reconstruire. Dans le même temps, les cotisations des assurances explosent, et des territoires entiers, des départements et territoires d’outre-mer au nord de la France, ne sont plus couverts.

Verdir les villes

Aujourd’hui, nous demandons à l’Etat français de nous protéger. Cela implique plusieurs choses. D’abord, de poursuivre la lutte contre le changement climatique en réduisant massivement les émissions de gaz à effet de serre de la France, pour limiter la survenue d’événements extrêmes. Cela implique des rénovations thermiques majeures, une vraie transition énergétique, des alternatives réelles à la voiture…

Ensuite, l’anticipation et la prévention des conséquences qu’ont les événements climatiques sur les territoires : améliorer l’absorption de l’eau par les sols, verdir les villes pour limiter la montée des températures, adapter tous les logements aux fortes chaleurs, ne pas construire en zone inondable, investir dans les réseaux d’eau dans les territoires ultramarins, engager une véritable transition écologique de l’agriculture… Il est également nécessaire de garantir un accès effectif, équitable et durable à l’assurance et à la réparation pour toutes et tous. Enfin, il est impératif de permettre aux sinistrés climatiques de prendre part aux décisions qui les concernent, en portant une attention particulière aux personnes les plus précaires, qui subissent davantage les effets du changement climatique.

Concrètement, cela signifie que l’Etat doit éviter le piège des fausses solutions de court terme et impulser des politiques climatiques justes et transformatrices. Il est moins coûteux d’agir maintenant plutôt que de subir les conséquences demain : 1 euro investi dans la prévention, c’est 8 euros de dommages évités. Chaque jour de retard augmente les risques, non seulement physiques mais aussi économiques, qui pèsent en premier lieu sur nous.

Le réchauffement climatique n’est plus une menace ponctuelle mais une réalité quotidienne pour des millions d’entre nous. Nous, sinistrés climatiques, refusons d’admettre qu’il serait trop tard pour agir. Nous préférons un monde qui change à un monde qui s’effondre.

Nous appelons toutes les personnes affectées à se déclarer par l’intermédiaire du compteur des sinistrés climatiques [un outil de mobilisation citoyenne qui prend la forme d’un formulaire en ligne] pour montrer que nous sommes des millions. Ensemble, faisons compter notre voix pour nous prémunir au mieux des risques qu’engendre l’urgence climatique.

Premiers signataires : Mohamed Benyahia, informaticien, propriétaire d’une maison fissurée en Mayenne ; Michèle Cerisier, retraitée atteinte d’une maladie chronique aggravée par les fumées en Charente-Maritime ; Cécile Duflot,directrice générale d’Oxfam France ; Racha Mousdikoudine, business developer en freelance, affectée par les restrictions d’eau et le cyclone Chido à Mayotte ; Naïma, retraitée, habitant un « logement bouilloire » en Seine-Saint-Denis ; Eugénie Pothier, entrepreneuse, atteinte d’une maladie chronique aggravée par les canicules, dans la Creuse ; Charlotte Schneider, directrice générale de Greenpeace France ; Jérôme Sergent, paysan cultivateur-récoltant-producteur d’alternatives aux engrais et pesticides de synthèse dont les récoltes sont affectées par les inondations, dans le Pas-de-Calais ; Jérémie Suissa, délégué général de l’association Notre affaire à tous ; Jason Temaui-Man, militant, habitant d’une île subissant la montée des eaux, à Tahiti. La liste complète des signataires est à retrouver ici.

Collectif

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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