Un sursis pour l’événtuelle fermeture de l’usine de cellulose à St Gaudens en Comminges (31)

« La lutte, ça paye » : l’usine Fibre Excellence de Saint-Gaudens sauvée de la liquidation immédiate, ce qui attend les 270 salariés d’ici septembre

Les salariés de Fibre Excellence étaient réunis devant l'usine de Saint-Gaudens jeudi 30 septembre 2026 au matin pour écouter le mandataire du tribunal de commerce de Toulouse. Un soulagement prudent s'est lu sur les visages.

Juliette Favarel-Denat

Publié le30/07/2026 à 12h53 https://france3-regions.franceinfo.fr/occitanie/haute-garonne/toulouse/la-lutte-ca-paye-l-usine-fibre-excellence-de-saint-gaudens-sauvee-de-la-liquidation-immediate-ce-qui-attend-les-270-salaries-d-ici-septembre-3394342.html

Nouveau sursis jeudi 30 juillet 2026 pour l’usine Fibre Excellence de Saint-Gaudens (Haute-Garonne) : une offre de reprise consolidée pourra être déposée jusqu’au 24 août, portée par le groupe alsacien Soprema. Un soulagement pour les 270 salariés, au lendemain de la liquidation de l’usine jumelle de Tarascon.

C’est un répit que tous appelaient de leurs vœux. Ce jeudi 30 juillet, à exactement 9h15, le mandataire judiciaire s’est présenté devant l’usine Fibre Excellence de Saint-Gaudens, actuellement occupée par les salariés, pour annoncer aux représentants du personnel que la lettre d’intention de reprise déposée par le groupe Soprema était bien prise en compte. Le tribunal de commerce de Toulouse accorde un délai jusqu’au 24 août pour le dépôt d’une offre de reprise en bonne et due forme. Si la justice estime que cette offre n’est pas suffisamment solide, la liquidation judiciaire du site sera prononcée le 15 septembre.

La nouvelle intervient au lendemain de la liquidation de l’autre usine de pâte à papier du groupe, à Tarascon, dans les Bouches-du-Rhône. Les deux sites emploient 270 personnes chacun.

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Soulagement et prudence

Devant l’usine qu’ils occupent depuis le 21 juin pour en placer les machines « sous protection », les salariés ont accueilli l’annonce avec un mélange de soulagement et de retenue. « On est satisfait de ce sursis, on respire un peu mieux », a réagi Sébastien Oustric, délégué syndical CGT du site, tout en rappelant à quel point ces retournements de situation en série pèsent sur le moral des employés : « C’est compliqué pour les salariés d’être dans l’attente permanente. »

À lire aussi :TÉMOIGNAGE. « Il a très peu de chances de retrouver un emploi par ici » : l’angoisse de salariés de Fibre Excellence face à une possible liquidation judiciaire

Pour l’union départementale CGT de Haute-Garonne, cette étape couronne de succès une longue mobilisation. « La lutte, ça paye : si on en est là aujourd’hui, c’est parce que jamais les salariés n’ont baissé la tête », salue Pauline Salingue, de la direction de l’UD CGT 31. « Ce n’est pas juste un sursis ou un délai qu’on a gagné : il y a un vrai projet d’investissement, de création d’emploi », insiste la syndicaliste.

Dans sa décision, le tribunal indique avoir reçu de la part de l’industriel une « offre indicative et préliminaire », assortie d’un dépôt de deux millions d’euros, présenté comme une « potentielle avance sur le financement de l’éventuel investissement ».

Le calendrier est désormais fixé. L’offre définitive de Soprema devra être déposée au plus tard le 24 août. Le tribunal précise qu’une autre société intéressée pourrait également présenter une offre d’ici cette date. Les propositions seront ensuite examinées le 8 septembre, à huis clos, au tribunal de commerce de Toulouse. Le site étant jugé « dans une situation irrémédiablement compromise, sans perspective de redressement », une liquidation sera prononcée le 15 septembre si aucune offre n’est validée.

Les emplois sauvegardés, 50 postes supplémentaires

Soprema, spécialiste de la couverture, des sous-couches phoniques et de l’isolation thermique, affiche un programme ambitieux. Le groupe alsacien prévoit de maintenir une activité autour de la pâte à papier, mais aussi de se diriger vers le bâtiment. Le site de Saint-Gaudens fabriquerait donc aussi de la pâte « fluff », des flocons de bois destinés à l’isolation.

Une production qui reprend en partie un précédent projet proposé en interne chez Fibre Excellence :« Sur la pâte fluff, tout est déjà chiffré, on l’aidera, c’était déjà un projet des salariés », précise Sébastien Oustric, qui salue « le meilleur industriel qu’on pouvait trouver sur le marché français : une famille qui a un capital solide, un nom bien connu dans le milieu ».

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Au-delà des emplois sauvegardés – tous, selon les intentions de Soprema -, une cinquantaine de postes seraient créés autour de la fabrication de panneaux isolants. Selon Sébastien Oustric, Soprema s’est associé au papetier belge VPK Group ainsi qu’à Engie pour le volet énergétique, afin de consolider une offre soutenue par la région Occitanie et le département de Haute-Garonne, qui doivent tous deux injecter cinq millions d’euros.

L’État n’a pas « mouillé la chemise »

La présidente de la région Occitanie, Carole Delga, qui s’était déjà rendue sur le site en soutien avec les salariés de Fibre Excellence, a salué une décision qui « donne l’occasion de démontrer que la production de la pâte à papier a encore un avenir en France ». Rappelant que ses équipes sont « mobilisées depuis plusieurs mois, jour et nuit », elle a remercié le PDG de Soprema, Pierre-Étienne Bindschedler, « qui n’a pas hésité à déposer une garantie de deux millions d’euros »« Nous avons 24 jours pour transformer cet espoir en réalité », a-t-elle ajouté, en appelant l’État à « jouer un rôle prépondérant ».

Les syndicats se sont justement montrés très critiques vis-à-vis du gouvernement. La CGT salue « une première victoire collective » des salariés et des collectivités, mais fustige l’attitude de l’État. « Ceux qui n’ont pas mouillé la chemise, c’est l’État, qu’on se le dise, tranche Pauline Salingue. C’est plus que des bâtons dans les roues qu’on a eu : il y a eu des offres, mais ils ont refusé de donner les sommes accordées dans d’autres entreprises. » Une référence à l’offre du financier Matthieu Pigasse, critiquée de façon virulente par le ministre de l’Économie Roland Lescure.

À lire aussi :« Cinq misérables millions d’euros » : les mots cinglants du ministre de l’Economie au sujet de l’investissement de Pigasse pour sauver Fibre Excellence

Compte à rebours jusqu’à septembre

D’ici au 24 août, Soprema et ses partenaires doivent encore transformer leur lettre d’intention en offre ferme et détaillée. La CGT, qui juge l’usine « viable et rentable » au vu de ses résultats récents, promet de rester mobilisée et annonce que des précisions sur le projet seront données ultérieurement.

Pour ce bassin d’emploi du Comminges, où Fibre Excellence est l’un des principaux employeurs industriels, l’été s’annonce décisif. Les 270 salariés, eux, continueront d’occuper leur usine, attendant l’audience du 8 septembre, celle, enfin, qui déterminera si le dernier grand site français de pâte à papier commerciale basculera vers une nouvelle vie industrielle… ou vers la liquidation.

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Fibre Excellence : tout ce qu’on sait de l’industriel anonyme qui pourrait empêcher la fermeture de l’usine de Saint-Gaudens

L'entreprise Soprema est une entreprise à capital familial bien implanté en France, et qui dispose déjà d'une filiale dans le Tarn, département voisin.

Juliette Favarel-Denat

Publié le30/07/2026 à 11h12 https://france3-regions.franceinfo.fr/occitanie/haute-garonne/toulouse/fibre-excellence-tout-ce-qu-on-sait-de-l-industriel-anonyme-qui-pourrait-empecher-la-fermeture-de-l-usine-de-saint-gaudens-3394381.html#at_medium=5&at_campaign_group=1&at_campaign=occitanie&at_offre=4&at_variant=V2&at_send_date=20260730&at_recipient_id=726375-1497345337-da129e8d&at_adid=DM1348994&at_highlight=

Temps de lecture : 3 min

Occitanie

Le tribunal de commerce de Toulouse a accordé ce jeudi 30 juillet un ultime délai d’un mois pour qu’une offre de reprise en bonne et due forme du site Fibre Excellence de Saint-Gaudens (Haute-Garonne) soit déposée, faute de quoi l’usine et ses 270 salariés seront liquidés. Derrière ce sursis, un candidat qui tient à son anonymat. Voici ce que nous savons de lui et de son entreprise Soprema.

C’est un nouveau répit, pas encore un sauvetage. Au lendemain dela liquidation de l’usine sœur de Tarascon (Bouches-du-Rhône), le tribunal de commerce de Toulouse a laissé ce jeudi 30 juillet jusqu’au 24 août pour qu’une offre en bonne et due forme soit déposée par le potentiel repreneur du site de Saint-Gaudens. Si aucune n’est retenue, la liquidation sera prononcée. Ce délai a été obtenu grâce à un industriel entré dans le jeu à la dernière minute, dont le nom n’a pas été rendu public. Voici ce que l’on peut dire de ce mystérieux candidat et de son entreprise, Soprema.

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C’est un groupe familial alsacien

Le repreneur potentiel est Soprema, une entreprise indépendante, à capital familial, fondée en 1908 et aujourd’hui dirigée par l’arrière-petit-fils de son fondateur. Son siège social se situe à Strasbourg.

De quoi contraster avec le profil de l’ancien actionnaire de Fibre Excellence, le groupe indonésien de Jackson Wijaya, qui avait fini par jeter l’éponge au printemps après avoir jugé l’entreprise non rentable.

C’est un poids lourd de l’industrie, bien implanté en France

Le groupe candidat n’a rien d’un acteur de seconde zone. Il emploie 18 700 collaborateurs dans le monde, dont 5 700 en France, et a réalisé un chiffre d’affaires de 5,2 milliards d’euros en 2025. Il exploite onze usines sur le territoire national.

Sa surface financière est sans commune mesure avec les « cinq misérables millions d’euros » d’apport personnel qui avaient été reprochés au financier Matthieu Pigasse par le ministre de l’Économie Roland Lescure. L’offre du banquier d’affaires a été rejetée en début de semaine.

C’est un industriel déjà présent dans la région

Soprema possède déjà un certain ancrage local. Dans le département voisin du Tarn, elle dispose d’une filiale spécialisée dans la fabrication de textile, située à moins de 200 kilomètres de Saint-Gaudens à vol d’oiseau. Cette proximité géographique pourrait faciliter l’intégration du site commingeois dans l’organisation du groupe, et nourrit l’espoir d’un maintien de l’activité dans le bassin d’emploi.

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C’est un habitué des matériaux biosourcés et du recyclage

Le groupe a développé des isolants fabriqués à partir de pâte à papier et de journaux recyclés : la ouate de cellulose, notamment. Or, c’est précisément de la cellulose que produit Fibre Excellence. Les récentes acquisitions du groupe dessinent d’ailleurs une stratégie à long terme tournée vers les matériaux écologiques et la construction durable : une usine de pâte à papier pourrait trouver sa place au sein du groupe. Soprema prévoit d’orienter Fibre Excellence vers le bâtiment, notamment avec la diversification de la pâte à papier vers la cellulose « fluff », qui peut servir d’isolant.

Ce qui reste flou

Beaucoup d’inconnues demeurent. On sait cependant que le groupe prévoit de conserver tous les emplois du site, et même d’ajouter 50 postes dans une nouvelle section dédiée à la fabrication de panneaux isolants pour les habitations. L’industriel a désormais jusqu’au 24 août pour transformer sa lettre d’intention en offre ferme et détaillée. Cette offre sera, ensuite, examinée au tribunal de commerce de Toulouse le 8 septembre, qui rendra sa décision les jours suivants.

À lire aussi :« La lutte, ça paye » : l’usine Fibre Excellence de Saint-Gaudens sauvée de la liquidation immédiate, ce qui attend les 270 salariés d’ici septembre

Selon Sébastien Oustric, le délégué syndical de l’usine, Soprema s’est associé à un papetier belge, VPK Group, et à Engie pour la partie énergie, pour consolider son offre de reprise, soutenue par la région Occitanie et le département de Haute-Garonne qui injecteront tous deux cinq millions d’euros. Même si cette offre est en cours de formulation, une autre société intéressée peut également toujours présenter une proposition de reprise du site.

D’ici là, les 270 salariés de Saint-Gaudens, restent une nouvelle fois suspendus à une décision qui engagera l’avenir du dernier grand site français de production de pâte à papier. Un énième rebondissement dans un dossier complexe qui aura tenu toute une région en haleine.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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