Les feux libèrent des gaz et des particules dans l’air qui affectent la santé des populations,

Incendies de forêts : quels impacts sur la santé ?

Alors que les canicules sont de plus en plus fréquentes et intenses, et à l’origine d’incendies de forêts qui se multiplient, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) rappelle que « ces feux libèrent des gaz et des particules dans l’air qui affectent la santé des populations, notamment celle des personnes les plus vulnérables mais également celle des pompiers qui sont les plus exposés ». 

27/07/2026 https://tracker.egora.fr/u/nrd.php?p=XYBlorZBtz_27136_5002666_1_8&ems_l=6161132&i=1&d=ZjBGVG92cEhlVndmQzhOc0xjMkpXMk5RcjZFYlRvMVV1eWdmaHJGUkt6MmhvJTJGdFp1bTFNQmlkakFvcFQ0MjdiTkFoUGxJRWk5RW8xZ0RIS3FZcjE0dyUzRCUzRA%3D%3D%7CQStsYSt1bmUrLStNZXJjcmVkaSsyOStqdWlsbGV0KzIwMjYrLSsxMmgr%7CMjAyNg%3D%3D%7CMDc%3D%7CMjk%3D%7CMTk5MzMzNTMy%7CWFlCbG9yWkJ0eg%3D%3D%7CNWQ0NjNjMjI2MDFiYzA0MDE%3D%7C&_esuh=_11_84f571f4c822d8ca7e20c986b84ef3ac5776e4ac2f3670e2f8301299a801bc56

Par Dre Marielle Ammouche

Ces feux entrainent une pollution de l’air qui, même si elle reste limitée, « inférieure à 1%, hors année d’épisodes extrêmes, et par ex. 5% des émissions de PM2.5 pour l’année 2022 incluant des incendies extrême », a « des impacts clairement établis » sur « la santé respiratoire à court terme », expose l’agence dans une actualisation des connaissances sur les effets sur la santé humaine et environnementale de la pollution de l’air générée par les incendies de végétation de grande ampleur.

Ces feux entrainent une pollution de l’air qui, même si elle reste limitée, « inférieure à 1%, hors année d’épisodes extrêmes, et par ex. 5% des émissions de PM2.5 pour l’année 2022 incluant des incendies extrême », a « des impacts clairement établis » sur « la santé respiratoire à court terme », expose l’agence dans une actualisation des connaissances sur les effets sur la santé humaine et environnementale de la pollution de l’air générée par les incendies de végétation de grande ampleur.

Il s’agit de symptômes respiratoires d’irritation, mais aussi de symptômes directs ou indirects d’irritations ORL (maux de gorge, otites) et cutanés (dermatite atopique, démangeaisons). « Les données suggèrent une possible influence délétère des fumées sur la santé cardiovasculaire (hypertension, arythmie cardiaque et autres cardiopathies), bien que les preuves soient plus limitées et hétérogènes » précise l’Anses.

Principalement des particules fines

Cela est lié aux diverses substances contenues dans les fumées, qui sont variables en fonction des conditions de combustion, du type de végétation, et de l’humidité de l’air. Ainsi, on retrouve principalement des particules fines (80 %) – dont une majorité sont des particules carbonées de diamètre inférieur à un micron (µm) – qui sont transportables sur de longues distances. En outre, les feux intenses peuvent engendrer des particules de cendres dites géantes. S’y ajoute du monoxyde de carbone ainsi, que de « très nombreuses autres substances chimiques incluant le dioxyde de carbone (CO2), des composés organiques volatils dont l’acroléine, le formaldéhyde et le benzène, des composés semi-volatils dont des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), des métaux lourds et des oxydes d’azote (NOx) ».

Nombreuses populations vulnérables

Les pompiers sont, bien entendu, les plus concernés, et en particulier ceux présentant des facteurs de vulnérabilité (risques cardiovasculaires, …), avec un risque accru du fait de certaines circonstances telles que qu’une déshydratation, une charge physique intense, une privation de sommeil, une fatigue intense ou encore un stress psychique.

Mais d’autres populations doivent aussi attirer la vigilance. Il s’agit particulièrement des nourrissons et enfants, des femmes enceintes, des personnes âgées. Mais aussi des personnes présentant des pathologies telles que des maladies respiratoires (asthme en particulier) ou cardiovasculaires, un diabète, une immunodépression, ou encore les sujets sous dialyse, ainsi que ceux présentant une maladie oculaire. 

Enfin, « les personnes en situation de précarité socio-économique sont potentiellement plus exposées et vulnérables aux fumées des incendies de végétation pour de multiples raisons comme des problèmes de santé préexistants, des logements inadéquats, un accès limité aux soins de santé ainsi qu’à l’information, des ressources limitées pour l’achat d’équipements de protection ou d’atténuation de l’exposition ».

L’Anses insiste sur la nécessité d’améliorer la prévention, par l’information des populations les plus sensibles, et par la surveillance des effets des feux de forêts sur la santé et sur l’environnement.

Références :

Agence nationale de sécurité sanitaire  de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses, 20 juillet) https://www.anses.fr/system/files/AIR-2023-SA-0154-RA.pdf

Auteur de l’article

Dre Marielle Ammouche

Rédactrice en chef médicale

Voir aussi:

https://environnementsantepolitique.fr/2026/07/27/entre-particules-fines-monoxyde-de-carbone-oxydes-dazote-et-composes-organiques-volatils-les-fumees-degagees-par-les-incendies-forment-un-cocktail-nocif-en-cas-dinhalation/

https://environnementsantepolitique.fr/2026/07/27/les-fumees-des-megafeux-qui-ravagent-les-landes-et-la-gironde-combinees-a-celles-de-lincendie-dans-le-sud-du-tarn-degradent-fortement-la-qualite-de-lair-a-albi/

https://environnementsantepolitique.fr/2024/11/29/de-2000-a-2019-quelque-450-000-morts-par-an-de-maladies-cardiaques-ont-ete-liees-a-la-pollution-atmospherique-due-aux-incendies/

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20/07/2026

Pollution des feux de forêt

Partager https://www.anses.fr/system/files/AIR-2023-SA-0154-RA.pdf

AVIS de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail relatif à « la pollution liée aux incendies de végétation et aux effets sur la santé humaine et sur l’environnement »

https://www.anses.fr/fr/content/feux-de-foret-effets-sur-sante

Avec la multiplication des situations de sécheresse et des vagues de chaleur, la fréquence des feux de végétation, dont les feux de forêt, et les surfaces brûlées augmentent en France et dans le monde. Ces feux libèrent des gaz et des particules dans l’air qui affectent la santé des populations, notamment celle des personnes les plus vulnérables mais également celle des pompiers qui sont les plus exposés. Les fumées d’incendies ont aussi un impact sur la qualité des milieux et les écosystèmes. Explications dans cet article.

18 millions

c’est le nombre d’hectares de forêts en France, ce qui en fait le 4ème pays le plus boisé de l’Union européenne. Les surfaces boisées, vulnérables aux incendies, se situent en majorité dans la moitié sud de la France continentale. Elles concernent principalement le maquis et la garrigue autour de la Méditerranée et en Corse, ainsi que la forêt de pins landaise. Une extension du risque d’incendie du sud vers le nord de la France continentale est observée et devrait s’accentuer à l’avenir en lien avec le dérèglement climatique.

Quels sont les facteurs qui favorisent le risque de feux de forêt ?

A l’horizon 2050, les prévisions indiquent une intensification des feux de forêts et une augmentation des surfaces brûlées dans les forêts méditerranéennes et landaises. Plusieurs facteurs contribuent à ce phénomène : 

  • Le changement climatique, avec l’élévation des températures moyennes, la multiplication des épisodes caniculaires, l’assèchement des végétaux et la diminution des précipitations.
  • La dégradation sanitaire des forêts, liée au manque d’entretien des forêts privées, à la déprise agricole, à la prolifération de parasites et aux sécheresses répétées, favorisant l’accumulation de combustibles.
  • L’urbanisation croissante à proximité des espaces forestiers, provoquant une exposition accrue des populations aux risques et une augmentation de la probabilité des départs de feux : 90 % des départs de feux sont d’origine humaine et environ 80 % se produisent à proximité des habitations.

D’autres facteurs influencent fortement le comportement des feux de végétation et des fumées :

  • Le terrain, en particulier la topographie et l’occupation des sols,
  • La météorologie comme les régimes de vent et l’inversion de température. 

Que contient la fumée des feux de végétation ?

La composition des fumées est variable selon les conditions de combustion, le type de végétation, l’humidité de l’air. La composition des fumées inhalées va par ailleurs dépendre de l’éloignement de l’incendie. 

Dans les zones impactées par les fumées des incendies de forêt, les particules en suspensionreprésentent un indicateur majeur pour le suivi de la pollution atmosphérique par les incendies. Environ 80 % d’entre elles sont des particules fines, dont une majorité sont des particules carbonées de diamètre inférieur au micron (µm). Les particules fines issues des feux sont transportables sur de longues distances pouvant atteindre plusieurs centaines de kilomètres. Les feux intenses générèrent également des particules de cendres dites géantes.

Le monoxyde de carbone est aussi un des polluants majeurs générés par les incendies de végétation, en particulier à proximité de l’incendie.

Dans la composition des fumées, on recense aussi de très nombreuses autres substances chimiques incluant le dioxyde de carbone (CO2), des composés organiques volatils dont l’acroléine, le formaldéhyde et le benzène, des composés semi-volatils dont des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), des métaux lourds et des oxydes d’azote (NOx).

La composition des fumées peut aussi varier lorsque les feux atteignent des sources de pollution spécifiques comme les bâtiments ou les véhicules routiers.

Quels sont les effets des fumées des feux de forêt sur la santé ? 

Dans son expertise publiée en juillet 2026, l’Anses dresse un état des connaissances actualisé sur les effets sur la santé de la pollution de l’air générée par les incendies de végétation de grande ampleur. 

L’inhalation à court terme des fumées provoque des effets respiratoires comme les symptômes respiratoires d’irritation. Elle peut entraîner des visites aux urgences ou des hospitalisations pour des maladies respiratoires telles que l’asthme ou d’autres maladies pulmonaires chroniques et provoquer une altération transitoire de la fonction pulmonaire. 

L’exposition aux fumées entraine également des symptômes directs ou indirects d’irritations ORL (maux de gorge, otites) et cutanées (dermatite atopique, démangeaisons). 

Les données suggèrent une possible influence délétère des fumées sur la santé cardiovasculaire (hypertension, arythmie cardiaque et autres cardiopathies), bien que les preuves soient plus limitées et hétérogènes.

Y a-t-il des populations plus touchées par les fumées des feux de forêt ?

Fortement exposés à différents types de risques lors de leurs interventions (accidents routiers, piégeages par le feu…), les pompiers sont également exposés aux émanations dangereuses de fumées :  

  • de manière directe lors des phases d’attaque du feu,
  • de manière indirecte lorsque l’incendie est éteint, pendant les phases de surveillance, d’enquête, de déblai mais aussi lors du retour en caserne, par la contamination des équipements, du matériel ou des véhicules par les suies et les eaux d’extinction. 

Plusieurs facteurs peuvent augmenter la vulnérabilité des pompiers aux risques liés à l’inhalation des fumées, en particulier les risques cardiovasculaires et de coronaropathies : le stress thermique, la déshydratation, la charge physique intense, la privation de sommeil, la fatigue cumulée, le stress psychique et les accidents.

Par ailleurs, certaines populations sont particulièrement sensibles et vulnérables : les nourrissons et les enfants, les femmes enceintes, les personnes âgées, les personnes souffrant de maladies respiratoires (dont l‘asthme) ou cardiovasculaires, les personnes diabétiques, les personnes immunodéprimées et les personnes atteintes d’autres maladies chroniques comme les personnes dialysées ou souffrant de maladies oculaires. 

Les personnes en situation de précarité socio-économique sont potentiellement plus exposées et vulnérables aux fumées des incendies de végétation pour de multiples raisons comme des problèmes de santé préexistants, des logements inadéquats, un accès limité aux soins de santé ainsi qu’à l’information, des ressources limitées pour l’achat d’équipements de protection ou d’atténuation de l’exposition.

Quels sont effets négatifs des feux de forêt sur l’environnement ?

Au-delà des zones brûlées, les incendies de grande ampleur ont des impacts sur la qualité physique, chimique et biologique des milieux (l’air, l’eau et les sols), ainsi que sur la faune et la flore.

La combustion, les dépôts et transferts de cendres et de substances toxiques peuvent affecter les sols et les ressources en eau, avec des conséquences potentielles sur les écosystèmes terrestres ou aquatiques et sur la qualité des eaux destinées à la consommation humaine
Concernant les animaux, les fumées peuvent entraîner des changements comportementaux et avoir des conséquences sur leur santé (déficiences neurologiques, maladies respiratoires et cardiovasculaires, immunosuppression). L’augmentation des nutriments dans les eaux favorise la prolifération d’algues qui peuvent nuire à d’autres organismes aquatiques.

Pour les végétaux, certaines substances présentes dans les fumées et les cendres peuvent interférer sur le développement des plantes (germination, croissance par photosynthèse par exemple.). Ces dépôts affectent aussi les productions agricoles en termes de rendement et de qualité.

Quelles sont les mesures pour réduire les risques liés aux fumées de feux de forêt ?

La protection des populations et la réduction des effets néfastes des fumées pour la santé repose sur des mesures de prévention et de surveillance, avec la diffusion d’information auprès des populations, en particulier les plus sensibles, sur les conduites à tenir avant, pendant et après un incendie lors du retour à domicile, et la mise en œuvre de mesures de surveillance lors des incendies de grande ampleur : 

  • Surveillance des effets sur la santé des populations en s’appuyant sur les dispositifs de mesure des recours aux soins d’urgence dans les zones impactées ;
  • Surveillance des effets sur l’environnement en s’appuyant sur des stratégies de suivi des expositions des populations via l’air, l’eau et les aliments.

Ces mesures doivent intégrer la dispersion et les retombées des panaches de fumée à distance des foyers d’incendie. 

Concernant la santé des pompiers, la traçabilité individuelle des expositions qui a été engagée pourrait venir renforcer les mesures de suivi médical et de prise en charge adaptée, en lien avec leurs expositions aux feux de forêts.

Comment se protéger des risques liés aux fumées de feux de forêt ?

Pour tous, dans les zones non évacuées où parviennent les panaches de fumées des feux de forêt, il est recommandé de :

  • limiter les déplacements et le temps passé à l’extérieur,
  • garder les portes et fenêtres fermées et n’aérer que lorsque les conditions le permettent,
  • occulter les aérations avec des linges humides,
  • arrêter les ventilations mécaniques contrôlées (VMC) durant les épisodes de fumées,
  • éviter les activités physiques en plein air dans le secteur,
  • veiller à la qualité de l’air à l’intérieur de son domicile en évitant l’encens, les bougies, etc.,
  • être très attentifs aux personnes sensibles.

Pour les personnes sensibles :

  • En cas d’exposition directe aux fumées, porter un masque filtrant (de type FFP2),
  • En cas d’apparition de symptômes ou d’une gêne respiratoire, contacter un médecin généraliste ; à défaut, en fonction de l’intensité des symptômes ou de la gêne respiratoire, appeler le 15.

En 2024, l’Anses a produit un état des lieux des consignes en cas d’incendies de végétation de grande ampleur pour la protection de la santé de la population et des pompiers.

En savoir plus

Consulter notre note d’appui scientifique et technique relative à l’état des lieux des consignes en cas d’incendies de végétation (2024)

Consulter nos avis et rapport Effets sanitaires liés à la pollution générée par les feux de végétation à l’air libre (PDF)

Consulter l’article de l’ARS Nouvelle Aquitaine : Feux de forêts – Impact sanitaire et recommandations

Avis et rapport de l’Anses relatifs à la pollution liée aux incendies de végétation et effets sur la santé humaine et sur l’environnement

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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