Entre particules fines, monoxyde de carbone, oxydes d’azote et composés organiques volatils, les fumées dégagées par les incendies forment un cocktail nocif en cas d’inhalation

« Incendies : quels sont “les effets nocifs de l’exposition à la fumée” et comment s’en protéger ? »

 Date de publication : 27 juillet 2026  https://www.mediscoop.net/index.php?pageID=7d75f79937658eb0cd11adbd711babc7&id_newsletter=24137&liste=0&site_origine=revue_mediscoop&nuid=44baf5968540a6248a8065e80f2f7273&midn=24137&from=newsletter&slnk=7

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Aymeric Renou explique dans Le Parisien qu’« entre particules fines, monoxyde de carbone, oxydes d’azote et composés organiques volatils, les fumées dégagées par les incendies de végétation forment un cocktail complexe et nocif en cas d’inhalation. Un avis très détaillé de plus de 400 pages publiées en juin par l’Anses donne pour la première fois une idée précise des risques sur la santé ».

https://www.anses.fr/fr/content/feux-de-foret-effets-sur-sante


Le journaliste retient ainsi que « la pollution de l’air créée par les incendies en forêts, comme ceux qui ravagent actuellement plusieurs régions en France et en Europe, peut être deux à dix fois plus dangereuse que celle que l’on subit habituellement dans l’atmosphère ».
Il ajoute que « les émanations de gaz, et notamment celles de monoxyde de carbone, peuvent être mortelles lorsque respirées de manière très proche du foyer même de l’incendie ».
Le Dr Vincent Burcia, secrétaire général du Snorl, syndicat national des médecins ORL, précise qu’« à moins d’être à proximité directe du lieu de combustion, les conséquences d’une inhalation sont principalement irritatives au niveau des yeux, du nez et de la gorge pour les populations à proximité. Il s’agit avant tout d’inconfort passager sauf bien sûr sur des sujets à risques ».
Le spécialiste souligne que « les jeunes enfants, les personnes âgées et les personnes atteintes d’affections cardiaques ou pulmonaires comme l’asthme, la bronchite chronique, l’emphysème et l’insuffisance cardiaque congestive sont plus sensibles aux effets nocifs de l’exposition à la fumée ».
Aymeric Renou note que « les pompiers sont, évidemment, particulièrement exposés ». L’Anses indique que « les symptômes ORL (rhinite, irritation oculaire…) et dermatologiques (irritation cutanée, éruptions et prurit) rapportés post-incendie sont fréquents, généralement bénins et transitoires bien que potentiellement exacerbés par la répétition des expositions ».
Le journaliste souligne en outre que « les particules fines, et les plus fines d’entre elles baptisées PM 2,5, peuvent à la faveur des vents se retrouver dans l’atmosphère à plusieurs centaines de kilomètres des zones incendiées. Leur petitesse, pas plus grosse que l’épaisseur d’un cheveu et d’un diamètre inférieur à 2,5 micromètres, leur permet de s’infiltrer facilement dans les alvéoles pulmonaires puis dans le sang ».
Aymeric Renou relève qu’« elles sont, là encore selon la littérature scientifique récente, responsables de l’apparition de maladies respiratoires, de troubles cardiovasculaires et de cancers et la cause, en France, d’environ 40.000 décès prématurés par an ».
Il fait savoir qu’« on peut, pour se protéger, opter pour le port d’un masque de type FFP2, le même qu’il était conseillé de porter au moment de l’épidémie de Covid et dont 2 millions d’exemplaires ont été acheminés en Gironde. Son efficacité est loin d’être totale mais permet de filtrer les particules les plus grosses ».
« En revanche, un masque bricolé avec une seule épaisseur de tissu, de type bandana ou écharpe, n’offre «aucune protection valable, même s’il est utilisé mouillé» », précise le journaliste.

Comment se protéger des risques liés aux fumées de feux de forêt ?

https://www.anses.fr/fr/content/feux-de-foret-effets-sur-sante

Pour tous, dans les zones non évacuées où parviennent les panaches de fumées des feux de forêt, il est recommandé de :

  • limiter les déplacements et le temps passé à l’extérieur,
  • garder les portes et fenêtres fermées et n’aérer que lorsque les conditions le permettent,
  • occulter les aérations avec des linges humides,
  • arrêter les ventilations mécaniques contrôlées (VMC) durant les épisodes de fumées,
  • éviter les activités physiques en plein air dans le secteur,
  • veiller à la qualité de l’air à l’intérieur de son domicile en évitant l’encens, les bougies, etc.,
  • être très attentifs aux personnes sensibles.

Pour les personnes sensibles :

  • En cas d’exposition directe aux fumées, porter un masque filtrant (de type FFP2),
  • En cas d’apparition de symptômes ou d’une gêne respiratoire, contacter un médecin généraliste ; à défaut, en fonction de l’intensité des symptômes ou de la gêne respiratoire, appeler le 15.

En 2024, l’Anses a produit un état des lieux des consignes en cas d’incendies de végétation de grande ampleur pour la protection de la santé de la population et des pompiers.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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