« C’est pour la survie de l’exploitation » : dans les Pyrénées, un agriculteur s’adapte à la sécheresse avec des céréales anciennes pour sauver sa récolte

Temps de lecture : 1 min
- France3 Régions sur Facebook (Nouvelle fenêtre)
Sur les hauteurs des Pyrénées-Orientales, la récolte des céréales est en avance à cause de la sécheresse, menaçant l’équilibre des fermes de montagne. Face à ce « scénario inédit », un agriculteur de Cerdagne s’adapte en cultivant des semences anciennes et rustiques, comme le seigle, pour assurer la survie de son exploitation.
À plus de 1 000 mètres d’altitude, en Cerdagne, à Sainte-Léocadie, dans les Pyrénées-Orientales, les moissonneuses s’activent depuis déjà une dizaine de jours.
Et le temps presse : la récolte des céréales est en avance.
Pour Jean-François Coll, qui moissonne ces terres depuis cinquante-quatre ans, c’est un scénario inédit.
« Il y a eu un printemps pluvieux qui a fait que les récoltes sont en avance. C’est un avantage, mais par contre, après la sécheresse s’est installée et a fait mûrir prématurément la récolte » explique Jean-François Coll, éleveur de cochons Tirabuixo, au volant de sa moissonneuse.
Face à ces changements, l’agriculteur a fait le choix de la rusticité.
Sur cette parcelle, on trouve du seigle, la céréale star du plateau. Mais une variété ancienne, dont Jean-François ressème une partie des grains chaque année depuis les années 60, pour l’acclimater.
Un seigle qu’il associe à de la vesce de Cerdagne.
« Quand elle est prête à être moissonnée, comme aujourd’hui, elle fait des gousses »poursuit-il.
/regions/2026/07/21/6a5f749562a64633725715.jpg)
L’agriculteur ne tarit pas d’éloges sur cette plante fourragère.
« J’en ai fait une passion, c’est une très bonne légumineuse, qui fixe parfaitement l’azote dans la terre, et qui pour moi est réputée très résistante à la sécheresse » se passionne Jean-François Coll.
Survie de l’exploitation
Un enjeu de taille pour les éleveurs de montagne qui comptent sur ces moissons. Moins pour en tirer un bénéfice que pour l’équilibre économique de leur ferme et pour nourrir leurs bêtes.
Ici, rien ne se perd et le grain compte autant que la tige.
« C’est pour la survie de l’exploitation, pour économiser l’achat des aliments. Avec la paille que nous récoltons, nous faisons du fumier et nous mettons le fumier sur nos champs. Et si le temps nous accompagne, nous arrivons à avoir quelques bons rendements » conclut Jean-François Coll.
Moisson après moisson, Jean-François Coll perpétue le respect de la terre transmis par son père. Un savoir-faire qu’il n’a depuis cessé d’adapter aux défis climatiques de demain.
Écrit avec Laura-Laure Gally.