Une inspection citoyenne des faucheurs volontaires chez Bayer à Trèbes (Aude)

« Négligence criminelle » : les Faucheurs volontaires dénoncent des semences toxiques chez Bayer après une intrusion, le groupe allemand assure respecter la réglementation

L'usine Monsanto-Bayer de Trèbes (Aude) - archives.

Marjorie Thomas

Publié le27/07/2026 à 12h05 https://france3-regions.franceinfo.fr/occitanie/aude/carcassonne/negligence-criminelle-les-faucheurs-volontaires-denoncent-des-semences-toxiques-chez-bayer-apres-une-intrusion-le-groupe-allemand-assure-respecter-la-reglementation-en-vigueur-3392662.html#at_medium=5&at_campaign_group=1&at_campaign=occitanie&at_offre=4&at_variant=V2&at_send_date=20260727&at_recipient_id=726375-1497345337-da129e8d&at_adid=DM1347280&at_highlight=

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Le 15 juillet 2026, le collectif des Faucheurs volontaires s’est introduit sur le site de l’usine Monsanto-Bayer, à Trèbes dans l’Aude, et affirme avoir découvert des semences de maïs enrobées de pesticides.

Bayer rappelle, de son côté, que les produits utilisés sont autorisés et homologués par les autorités sanitaires

Une semaine après leur action menée sur le site agrochimique de Monsanto-Bayer à Trèbes, près de Carcassonne, dans l’Aude, les faucheurs volontaires ont détaillé les résultats de leur« inspection citoyenne ».

Dans un communiqué publié le 21 juillet 2026, le collectif affirme avoir identifié de nombreux sacs de semences de maïs déjà enrobées de produits phytopharmaceutiques ainsi que des produits destinés à cet enrobage.

Les militants indiquent que la « très grande majorité » des semences observées étaient traitées avant même leur commercialisation.

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Des produits contestés

Ils citent notamment la gamme « Acceleron », développée par Bayer pour les semences de maïs hybrides de la marque « Dekalb ».

Selon eux, elles seraient composées de différents éléments : « fongicides insecticides, polymères d’enrobage, colorants et biostimulants, mais peuvent varier selon les marchés d’exportation et les variétés concernées ».

Les Faucheurs volontaires dénoncent l’utilisation de ces substances qu’ils jugent« dangereuses, voire de haute toxicité pour la santé humaine et l’environnement ».

Ils évoquent aussi la présence de « Lumiposa » un insecticide ayant bénéficié de dérogations ainsi que du « conservateur 1.2 -Benzisothiazol-3 (2H)-one », déjà retrouvé lors d’une précédente action sur un autre site industriel.

À lire aussi :L’action « coup de poing » des « Faucheurs volontaires » : des militants s’introduisent dans cette usine Monsanto-Bayer pour contrôler la nature des pesticides

Trèbes (Aude) - Des militants du collectif "les faucheurs volontaires" se sont introduits dans l'usine Monsanto-Bayer - 15 juillet 2026.

Bayer invoque le respect de la réglementation

Face à ces accusations, Monsanto-Bayer rappelle exercer ses activités « dans le strict respect des réglementations françaises et européennes ».

Le géant de l’agrochimie, souligne que les produits utilisés pour l’enrobage des semences sont « homologués et évalués de manière approfondie par les autorités sanitaires compétentes avant leur autorisation ».

Selon eux, ces traitements sont destinés à « protéger les semences et les cultures contre les maladies et les ravageurs et de contribuer à une production agricole performante ».

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Carcassonne - action des "Faucheurs Volontaires" dans l'usine Monsanto-Bayer de Trèbes - 15 juillet 2026.

Accusation politique

Au-delà des produits retrouvés sur le site de Trèbes, les Faucheurs volontaires élargissent leur dénonciation à l’ensemble du modèle agricole.

Dans le communiqué, ils accusent les autorités politiques et l’agro-industrie de « négligence criminelle vis-à-vis de tout le vivant ».

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Ils estiment que l’usage massif de pesticides contribue à « l’effondrement de la biodiversité, à la disparition de nombreuses espèces et à l’augmentation des cancers et d’autres maladies ».

Le mouvement dénonce également un contexte de déréglementation, citant la loi Duplomb et celle d’urgence agricole, mais aussi des dérogations accordées en France ainsi que d’autres évolutions réglementaires européennes.

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Ils annoncent poursuivre leurs actions « jusqu’à ce que justice soit faite. »

L’action « coup de poing » des « Faucheurs volontaires » : des militants s’introduisent dans cette usine Monsanto-Bayer pour contrôler la nature des pesticides

Trèbes (Aude) - Des militants du collectif "les faucheurs volontaires" se sont introduits dans l'usine Monsanto-Bayer - 15 juillet 2026.

Yann Gonon

Publié le15/07/2026 à 11h50 https://france3-regions.franceinfo.fr/occitanie/aude/carcassonne/l-action-coup-de-poing-des-faucheurs-volontaires-des-militants-s-introduisent-dans-cette-usine-monsanto-bayer-pour-controler-la-nature-des-pesticides-3386713.html

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Une quarantaine de militants, dont des « Faucheurs volontaires », ont mené ce mercredi 15 juillet 2026, une « inspection citoyenne » de l’usine Monsanto-Bayer de Trèbes (Aude). Ils annonçaient vouloir contrôler la nature des pesticides utilisés dans l’enrobage des semences.

Ce mercredi, vers 10 heures du matin, une quarantaine de personnes se sont rassemblées devant l’usine Monsanto-Bayer de Trèbes, près de Carcassonne, dans l’Aude. Quelques militants du « Collectif des Faucheurs volontaires », sont parvenus à entrer sur le site, indiquent les gendarmes de l’Aude à France 3 Occitanie.

Selon le Collectif, ils sont venus mener ce qu’ils appellent une « inspection citoyenne« .

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Pesticides sous surveillance

Interrogé par France 3 Occitanie, l’un des porte-parole du mouvement, décrit l’opération. « Il s’agit de ce qu’on appelle communément une inspection citoyenne, pour vérifier les produits d’enrobage utilisés, qui sont tous des pesticides ».

Concrètement, sur place, les militants cherchaient à documenter ce qu’ils trouvent, « en regardant tous les stocks sur les palettes, et les étiquettes, parce que c’est forcément marqué à ce niveau-là : les produits utilisés pour les semences, la nature des semences, et également la nature des enrobages ».

Pourquoi s’intéresser spécifiquement à l’enrobage ? Parce que, toujours selon ce militant, c’est devenu la porte d’entrée systématique des pesticides dans les semences industrielles.

Toutes les semences industrielles sont enrobées de pesticides, et c’est la nature de ces pesticides utilisés que nous souhaitons mettre un peu en lumière.Un militant des « Faucheurs volontaires »,

à France 3 Occitanie.

Le site de Monsanto-Bayer à Trèbes est une usine de conditionnement de semences de maïs et de colza. Concrètement, elle reçoit des graines produites par des agriculteurs partenaires, puis les nettoie, les trie, les calibre, les traite et les enrobe avant de les reconditionner pour la vente. C’est cet enrobage, une fine couche de produits phytosanitaires appliquée directement sur la graine, qui cristallise les critiques des militants.

Le combat des Faucheurs volontaires a changé de nature ces dernières années. Longtemps, leur cible privilégiée a été les OGM transgéniques classiques, faciles à repérer avec les outils de détection existants. Le « faucheur volontaire » interrogé par France 3 l’explique ainsi : « le contexte a complètement changé, puisque ce qu’on savait trouver très facilement, parce qu’on avait des moyens de détection, c’étaient les OGM transgéniques, ce fameux maïs MON810 mais il n’y a plus de ça ».

Le maïs MON810, seul OGM autrefois cultivé en Europe, est en effet aujourd’hui interdit de culture en France depuis un moratoire reconduit chaque année depuis 2008.

Carcassonne - action des "Faucheurs Volontaires" dans l'usine Monsanto-Bayer de Trèbes - 15 juillet 2026.

Traquer les « substances interdites »

L’action des Faucheurs consiste, entre autres, à traquer des substances interdites qui circuleraient malgré les réglementations. Le « faucheur volontaire » évoque un possible trafic international : « il y a des molécules qui sont produites en France et qui sont normalement interdites à la commercialisation, en tout cas en France et en Europe pour certaines, et qui reviennent par le trafic international. On va les retrouver sur des semences, par exemple, ou sur du soja venant d’Amérique du Sud ».

Ce n’est pas une première pour le site audois. Le militant interrogé par France 3 rappelle la récurrence de ces visites : « ça fait peut-être une dizaine de fois qu’on vient les visiter sur dix ou quinze ans ». L’usine de Trèbes a en effet déjà fait l’objet de plusieurs occupations ces dernières années : en 2019, une soixantaine de militants y avaient dénoncé une contamination de champs européens par du colza OGM ; en 2020, une nouvelle occupation avait nécessité l’intervention de gendarmes mobiles héliportés sur le toit du bâtiment ; en 2022, une mobilisation nationale intitulée « Bye bye Bayer, Ciao Monsanto » avait rassemblé plusieurs associations locales devant le site.

Dans un communiqué adressé aux rédactions au sujet de l’action de ce mercredi 15 juillet, le collectif recense trois principales revendications : ils accusent la firme Monsanto-Bayer « de provoquer en toute conscience homicides et écocides », ils « dénoncent la complicité du gouvernement » et « demandent à l’État qu’il prenne des mesures strictes pour empêcher la production et l’exportation de ces substances hautement toxiques« .

Désobéissance civile

Le mouvement, né au début des années 2000, revendique la désobéissance civile non-violente comme mode d’action contre les OGM et, plus largement, contre ce qu’il appelle la privatisation du vivant. Le militant interrogé par France 3 Occitanie décrit un mouvement composé de profils très divers, unis par une même cause : « des gens de toute origine, de tout milieu, très différents, et qui sont unis par ce combat contre la privatisation du vivant et l’utilisation sans vergogne de tous ces produits biocides ».

Contactée par France 3, l’entreprise Monsanto-Bayer a réagi dans un communiqué : « Bayer condamne fermement toute intrusion ou action illégale sur ses sites« , écrit l’entreprise. Elle précise : « la sécurité de nos collaborateurs est notre priorité absolue. Nos sites opèrent dans le strict respect de la réglementation en vigueur et sous le contrôle des autorités compétentes. Tout en restant ouverts au dialogue, nous rappelons que le débat démocratique ne peut s’exercer au mépris de la loi et de la sécurité des personnes ».

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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