PFAS : une étude montre des risques de perturbations du développement cérébral pour la faune
Risques | Aujourd’hui à 17h33 https://www.actu-environnement.com/ae/news/risque-perturbation-developpement-cerebral-pfas-acide-7-3-fluorotelomere-carboxylique-48361.php4#xtor=EPR-50

LES POINTS À RETENIR
- Le 7:3 FTCA induit un remodelage cérébral chez les rongeurs et les oiseaux.
- Les chercheurs appellent à réévaluer les risques neurologiques de tous les PFAS.
« L’exposition environnementale à des PFAS émergents peut affecter le développement cérébral chez la faune sauvage », alertent dans leur publication (1) des scientifiques (2) issus de différents instituts dont le centre d’études biologique de Chizé (Cebc) et le CNRS. Les chercheurs se sont penchés sur les conséquences d’une exposition à des concentrations retrouvées dans l’environnement de PFAS, peu encore peu étudiés, l’acide 7:3-fluorotélomère carboxylique (7:3 FTCA), pour des embryons de goéland et des souris adultes. « De nombreux PFAS – notamment les précurseurs et les produits de dégradation des « PFAS historiques » ainsi que des « PFAS émergents » – ont été largement négligés, regrettent les scientifiques. C’est le cas des alcools fluorotélomères (FTOH), qui servent de matières premières à la fabrication de tensioactifs et de polymères entrant dans la composition de produits antitaches et de liquides lave-glace, entre autres ». Ces substances se dégradent en acides carboxyliques de fluorotélomères (FTCA) dont 7:3 FTCA.
Leurs travaux démontrent qu’une concentration environnementale de 7:3FTCA induit un remodelage cérébral pour les deux modèles : les rongeurs et les oiseaux, aussi bien au cours du développement cérébral qu’à l’âge adulte : les scientifiques ont ainsi observé une réponse neuro-inflammatoire avec une perturbation des signaux de communication cellulaires pour les embryons de goéland et une modification du comportement des souris adultes (moins sensibles à des situations potentiellement risquées).
« Ces résultats apportent la première preuve d’une réponse neurotoxique aux acides fluorotélomères carboxyliques chez des espèces sauvages et des modèles de laboratoire, soulignant la nécessité impérieuse de réévaluer les risques neurologiques liés aux PFAS au-delà des composés historiques », interpellent les scientifiques.1. Lire Brain response after exposure to fluorotelomer carboxylic acid: evidence of region-specific neuroinflammation and behavioral remodeling in Avian and Rodent Models.
https://doi.org/10.1021/acs.estlett.6c004332. Centre d’Études Biologiques de Chizé (CEBC), Basic Science Department, Loma Linda University School of Medicine, Université de. Bordeaux, CNRS, Norwegian Polar Institute, Fram Centre.
Dorothée Laperche, journaliste intégrée
Cheffe de rubrique eau / santé environnement