François-Noël Buffet, 62 ans, a été confirmée par le Parlement, mardi 21 juillet.

Malgré les oppositions et son profil réactionnaire, François-Noël Buffet est le nouveau Défenseur des droits

Le Parlement a confirmé, mardi 21 juillet, la nomination du sénateur LR François-Noël Buffet comme Défenseur des droits, malgré l’opposition du monde associatif et de certains agents de l’institution, effrayés par ses prises de position en matière de droits des femmes ou des personnes LGBTQIA+ et immigrées.

Faïza Zerouala

21 juillet 2026 à 15h59 https://www.mediapart.fr/journal/france/210726/malgre-les-oppositions-et-son-profil-reactionnaire-francois-noel-buffet-est-le-nouveau-defenseur-des-droit?utm_source=quotidienne-20260721-195207&utm_medium=email&utm_campaign=QUOTIDIENNE&utm_content=&utm_term=&xtor=EREC-83-[QUOTIDIENNE]-quotidienne-20260721-195207&M_BT=115359655566

Rien n’y aura fait. Malgré la pétition de 150 000 signataires, l’opposition de plusieurs dizaines d’associations et de parlementaires de gauche et de certain·es agent·es de l’institution, la nomination de François-Noël Buffet, 62 ans, a été confirmée par le Parlement, mardi 21 juillet.

Les commissions des lois du Sénat et de l’Assemblée nationale avaient le pouvoir de rejeter cette candidature si les votes contre avaient représenté au moins trois cinquièmes de l’ensemble des suffrages exprimés. Elle a été entérinée par 43 voix contre 39, a annoncé Sandra Regol, vice-présidente écologiste de la commission des lois de la chambre basse. Il succède donc à Claire Hédon, dont le mandat s’achève.

Plus tôt dans la matinée du 21 juillet, près d’une semaine après sa laborieuse audition devant la commission des lois de l’Assemblée, François-Noël Buffet a de nouveau défendu la pertinence de sa candidature face aux sénateurs et sénatrices. Et il faut croire qu’il a su être convaincant, malgré une prestation tout aussi fade que la précédente.

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Francois-Noël Buffet lors de son audition par la commission des lois du Sénat pour sa nomination au poste de Défenseur des droits, le 21 juillet 2026.  © Photo Eric Tschaen / REA

Durant les deux heures d’audition, François-Noël Buffet a rejoué peu ou prou la même partition qu’à l’Assemblée nationale, quitte à entrer au chausse-pied dans la fonction. Il a insisté sur son envie profonde de devenir Défenseur des droits : « Il y a une volonté de ma part d’occuper cette fonction, ce n’est pas par défaut. »

Pour tenter de déminer les critiques, il a de nouveau rappelé s’être battu pour davantage de dignité en prison. Il a assuré que d’autres exemples analogues censés prouver sa compétence pour le poste existent, sans développer véritablement. À mesure que l’audition avance, le candidat semblait perdre patience.

Des questions plus intéressantes que les réponses

Force est de constater que la salve de questions se révèle plus intéressante que les réponses, et ce même si le suspense était mince au regard de la couleur politique du Sénat. Mais les élu·es de gauche ont toutefois posé des questions ou formulé des remarques pugnaces visant à pointer les contradictions de leur collègue.

Le socialiste Éric Kerrouche, lui, a par exemple demandé s’il serait « défenseur des droits ou défenseur des droites ? », à l’aune de ses positions passées ou récentes, sous quelques huées.  

La socialiste Corinne Narassiguin a, pour sa part, évoqué le caractère « systémique » des contrôles d’identité au faciès. Elle a demandé à l’impétrant s’il souscrivait à cette épithète ou s’il allait au contraire « ignorer » les études de l’institution qu’il prétend diriger.

François-Noël Buffet a éludé la question et s’est contenté de reprendre à son compte la rhétorique des brebis galeuses : « Il faut dire que les services de police font le boulot comme il faut pour la majorité. C’est le corps [de métier] le plus contrôlé. Il y a des cas particuliers possibles et là, il faut réagir. »

François-Noël Buffet va devoir monter au créneau pour tout ce que François-Noël Buffet a combattu.

Mélanie Vogel, sénatrice écologiste

Le communiste Ian Brossat a évoqué ses « doutes » et s’est interrogé sur ce qui l’a conduit à « évoluer » comme il l’a lui-même affirmé lors de sa précédente audition. François-Noël Buffet, roi de l’esquive, a versé dans la philosophie de comptoir (« Le doute est consubstantiel à la vie tout court ») et a assuré avoir livré « un certain nombre d’éléments ou d’arguments » permettant de lever lesdits doutes.

La sénatrice écologiste Mélanie Vogel – dont l’ordinateur arbore un sticker « Avorter est un droit » – a partagé avec l’auditoire la question « sincère » qui la taraude, à savoir si la série de votes qui lui sont reprochés en matière de droits des personnes LGBTQIA+ ou des personnes immigrées étaient « des votes de conviction »

Ou alors, « et je ne l’exclus pas », a-t-elle ajouté, il s’agissait de « votes de lâcheté car vous avez suivi la position de votre parti ou de votre groupe. Auquel cas c’est un problème. Le Défenseur des droits doit avoir du courage pour aller contre ce que veulent faire le Parlement, le gouvernement et les institutions ».

La sénatrice a souligné encore le hiatus entre ses positions et celles qu’il va devoir endosser : « François-Noël Buffet va devoir monter au créneau pour tout ce que François-Noël Buffet a combattu. »

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Celui qui se dit « hostile aux communautarismes de tout poil » s’est autorisé quelques coups de griffes en rappelant que cette audition se déroule, selon lui, « dans un climat polémiste puissant ». Il fait référence, entre autres, au député La France insoumise (LFI) Andy Kerbrat, qui avait qualifié ses votes de « racistes et homophobes ».

François-Noël Buffet convoque aussi le proverbe populaire « Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose ».L’ex-sénateur a précisé n’avoir pas souhaité répondre à la presse, réservant ses réponses aux parlementaires : « Les seules personnes à qui je dois des comptes sont les membres de la commission des lois de l’Assemblée nationale et du Sénat. »

Plus tôt dans la matinée, une vingtaine de militant·es des associations Aides, Sidaction, SOS Racisme, Utopia 56, Act Up-Paris, Le Revers de la médaille, collectif Accès au droit, Comede et l’Inter-LGBT ont déployé une banderole « Défenseur des droits, stop au naufrage démocratique » dans la fontaine du jardin du Luxembourg, face au Sénat.

Les activistes ont brandi un « 150 000 » réalisé à l’aide de ballons en forme de chiffres, en référence au nombre de signataires de la pétition s’opposant à la nomination de François-Noël Buffet. 

Faïza Zerouala

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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