Présidentielle 2027 : les Écologistes adoptent un nouveau programme
Par Kiara Carrière https://www.lefigaro.fr/politique/presidentielle-2027-les-ecologistes-adoptent-un-nouveau-programme-20260713

Délaissé par le Parti Socialiste, qui a préféré une primaire fermée à une désignation unitaire, le parti de Marine Tondelier adopte ce lundi une doctrine refondée.
https://lesecologistes.fr/document/6U1S2oqef5fsSsPej3SkeR/vf2-1307-programme.pdf
La « prospérité écologique» : c’est le concept sur lequel ce document de 208 pages, que le Figaro a pu consulter, est entièrement bâti. Une refonte que le calendrier n’aura pas épargnée. Alors que les militants socialistes ont tranché jeudi soir en faveur d’une primaire fermée réservée aux seuls adhérents du Parti socialiste, les Écologistes se retrouvent seuls. Marine Tondelier n’a rien pu faire : «Message reçu 5 sur 5», a-t-elle réagi sur X, prenant acte que le PS avait «décidé d’arrêter» le projet. C’est dans ce contexte que le parti écolo adopte ce lundi une doctrine renouvelée, présentée comme un remaniement complet. «Une refonte intégrale de notre projet politique, la première de cette ampleur au sein de notre mouvement», résume Aïssa Ghalmi, secrétaire national adjoint en charge du programme.
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Le document, dense et programmatique, revendique une méthode. Fruit d’un travail participatif étalé sur dix mois, il s’appuie sur plus de 50 000 contributions individuelles récoltées en ligne et l’audition d’une quarantaine d’organisations (syndicats, associations, chercheurs). Résultat : 87% des propositions modifiées et 68 ajoutées et un texte trois fois plus volumineux que celui de 2022. Soumis au Conseil fédéral, il a été adopté à 94,59% des suffrages. Un score que Marine Tondelier met en avant dans un parti réputé divisé : «C’est un projet qui rassemble le mouvement.»
Un passage aux 32 heures sans perte de salaire dans les métiers «pénibles»
L’ensemble s’articule autour d’un mot d’ordre, tambouriné dès l’avant-propos : la «prospérité écologique». Une formule qui tranche avec le passé. «Ce n’est ni un supplément d’âme ajouté à une économie capitaliste, ni une contrainte que l’on subirait à contrecœur», écrivent les Écologistes qui y voient «un choix de société assumé». Devant la presse, Marine Tondelier a résumé l’ambition autour de trois pactes à restaurer : social, environnemental et démocratique.
Le ton est celui de l’urgence, et l’échéance de 2027 prédomine le texte. «Le résultat de l’élection présidentielle de 2027 va être crucial pour nous. Si la France bascule, c’est l’Europe qui vacille», prévient la cheffe des Écologistes, qui fait de l’obstacle à «une présidence d’extrême droite» une priorité absolue.
En matière d’énergie, le parti réaffirme sa sortie du nucléaire : arrêt des nouveaux programmes EPR-2 et SMR, extinction du parc et un objectif de production entièrement renouvelable. «Le nucléaire n’est pas une option viable ni une alternative crédible car il est à la fois trop cher, trop lent pour atteindre la neutralité carbone, trop vulnérable et trop dangereux pour les générations futures», tranche le programme.
L’économie occupe une place centrale, sous un titre explicite : «Reprendre le contrôle de l’économie». Les Écologistes y assument une critique frontale, «le capitalisme mène à la destruction de l’habitabilité terrestre par les humains», et proposent une refonte fiscale d’ampleur : taxe Zucman de 2% sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros, ISF doté d’une composante climatique, TVA verte et un impôt minimal sur les grandes entreprises. Côté social, le catalogue est fourni : passage aux 32 heures sans perte de salaire dans les métiers «pénibles», SMIC porté à 2 000 euros brut dès 2027, et remplacement du RSA par une «garantie d’autonomie» équivalente à 50% du Smic net.
Le programme n’oublie ni les institutions, avec un passage à une «Première République écologique et citoyenne» censée sortir du présidentialisme, ni les médias, s’alarmant qu’«en 2025, neuf milliardaires contrôlent une majorité de la presse écrite tout en percevant la majorité des subventions» et défendant une loi anti-concentration inspirée du modèle norvégien. Il plaide enfin pour un «saut fédéral européen», jusqu’à un haut conseil militaire intégré.
Reste la question qui déborde du document : alors que la porte d’une candidature unique de la gauche s’est refermée, sur quelles alliances les Écologistes pourront-ils s’appuyer ? Candidate déclarée depuis octobre 2025, Marine Tondelier partira dans la course avec ce programme pour socle, mais sans le rassemblement qu’elle espérait. Un socle que les Écologistes disent non figé, appelé à évoluer au gré de l’actualité d’ici à 2027. La «prospérité écologique» devra d’abord convaincre au-delà de son propre camp.
Présidentielle 2027 : Marine Tondelier dévoile le programme des Ecologistes
Porté par dix mois de consultations et 50 000 propositions, le programme promet la proposition de créer une « Première République écologique et citoyenne », une transformation profonde des institutions et de la fiscalité pour 2027.
Le Monde avec AFPPublié hier à 14h34, modifié hier à 18h07 https://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2027/article/2026/07/13/presidentielle-2027-marine-tondelier-devoile-le-programme-des-ecologistes_6723085_6205049.html
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Réunis autour de leur dirigeante et candidate à la présidentielle de 2027, Marine Tondelier, Les Ecologistes ont dévoilé, lundi 13 juillet, leur programme, articulé autour de la création d’une « Première République écologique et citoyenne »destinée à refonder les institutions et à créer les conditions d’une « prospérité écologique ». Cette réforme institutionnelle présente plusieurs points communs avec le projet de VIe République défendu par La France insoumise (LFI).
https://lesecologistes.fr/document/6U1S2oqef5fsSsPej3SkeR/vf2-1307-programme.pdf
Les Ecologistes entendent mettre fin au « présidentialisme », « sacraliser l’indépendance de la justice » ou encore « intégrer dans la Constitution des éléments indispensables à notre vie commune ».
Cette nouvelle République s’inscrit dans une volonté de défendre l’Etat de droit qui est, selon le parti, « attaqué de toute part, mis en cause par des médias d’extrême droite, accusé de tous les maux ». « Nous voulons au contraire le défendre car il est le fondement de notre capacité à tenir ensemble, à faire communauté », ajoutent-ils.
Echaudée par le vote des militants du Parti socialiste sur le mode de désignation de leur candidat qui enterre l’idée d’une primaire unitaire de la gauche hors LFI, Marine Tondelier a proposé, vendredi, de convoquer le conseil fédéral de son mouvement pour discuter de la stratégie à adopter. Elle a déjà obtenu, début juillet, le soutien de principe des militants à une candidature autonome à la présidentielle.
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Prospérité écologique et justice sociale au cœur du programme
L’autre grande ligne du programme dévoilé par le parti est la volonté de sortir du capitalisme afin de promouvoir « une prospérité écologique pour concilier les intérêts de la nature et des gens qui travaillent ou habitent avec elle ».
« On distingue les plus riches dont les comportements vont devoir changer et la classe moyenne et les classes populaires dont il faut préserver la qualité de vie. Cela doit passer par une transformation des infrastructures physiques et fiscales », déclarent Les Ecologistes.
Pour cela, ils veulent une « fiscalité verte et juste » : « un ISF climatique, une TVA verte ou une transformation de la fiscalité des transports », en augmentant le prix des billets d’avion et en réduisant le coût du ferroviaire.
Le parti poursuit dans sa tradition fédéraliste européenne. Il souhaite par exemple créer un Haut Conseil militaire intégré, rattaché au Conseil européen.
Le programme dévoilé lundi est le fruit de dix mois de travail et de « 50 000 propositions individuelles », mais aussi de la consultation de « think tanks, des syndicats, des chercheurs, des associations, des hauts fonctionnaires », affirme le parti.
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Le Monde avec AFP
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Extraits du programme sécurité sociale et santé
https://lesecologistes.fr/document/6U1S2oqef5fsSsPej3SkeR/vf2-1307-programme.pdf
PARTIE V. PASSER À LA SÉCURITÉ SOCIALE ÉCOLOGIQUE
y a 80 ans, les défenseurs de la Sécurité sociale ont offert à la France un progrès sans précédent au sortir de la seconde guerre mondiale : la protection collective contre les risques de la vie. Le principe était simple : chacun contribue selon ses moyens et reçoit selon ses besoins. Aujourd’hui, face aux bouleversements écologiques et sanitaires, cet héritage doit entrer dans une nouvelle ère.
Les dérèglements climatiques, la pollution, la dégradation de la santé environnementale créent de nouveaux risques collectifs.
Notre système de protection doit s’y adapter. Une sécurité sociale écologique, c’est garantir à toutes et tous la protection contre ces menaces tout en agissant pour les réduire à la source.
Elle prolonge l’esprit de 1945 : ajouter la prévention à la logique de réparation, relier la santé humaine à celle de la planète, et ouvrir de nouveaux droits – à une alimentation saine, à un environnement non toxique, à une réelle protection face aux crises écologiques. Renforcer la Sécurité sociale, c’est l’élargir. Et la rendre écologique, c’est assurer qu’elle protège encore, et mieux, pour les 80 prochaines années.
Pour bâtir cette Sécurité Sociale Écologique, la première étape consiste à adopter une véritable politique de santé environnementale pour sortir de la civilisation des toxiques (chapitre 28). C’est la condition indispensable pour mettre en place une politique de prévention et de soin (chapitre 29) et une offre médicale de qualité et de proximité (chapitre 30).
Le second enjeu vise à pérenniser le régime des retraites par répartition qui a permis de protéger les personnes âgées contre les aléas de la vieillesse et de limiter les dynamiques spéculatives engendrées par les fonds de pension. Mais ce modèle est fragilisé par le vieillissement de la population, la faible natalité, les exonérations de cotisation et des réformes brutales (chapitre 31).
Le troisième enjeu consiste à lutter contre deux fléaux qui se développent massivement : la pauvreté (chapitre 32) et la solitude (chapitre 33). Notre réponse passe par plus de solidarité avec les familles quelles que soient leurs formes (chapitre 34) et par une plus grande solidarité sociale en particulier pour la jeunesse (chapitre 35), dans le grand âge (chapitre 36) et au moment des deuils (chapitre 37). La mort aussi est politique et ne devrait pas être laissée à ceux qui cherchent à faire de l’argent ou à exploiter la souffrance des proches. Ainsi, nous bâtirons progressivement une Sécurité Sociale pour le XXIe siècle.
Sortir de la civilisation des toxiques



Améliorer la prévention et le parcours se soin
La santé n’est pas un luxe. Elle est une nécessité pour vivre, pour être présent auprès de ses proches, pour apprendre, pour travailler. Une politique sanitaire doit s’attaquer aux causes structurelles des maladies – inégalités, pollution, précarité – et replacer le soin, la prévention et la santé mentale au cœur du projet collectif. C’est pourquoi tout doit être fait pour prévenir les maladies et les accidents [cf également les propositions sur la santé au travail 14-4]. Si elles surviennent, chacun-e doit avoir les moyens de se soigner. La politique sanitaire doit être juste et lutter contre les discriminations sociales, territoriales, genrées ou racistes. Cela suppose de redéfinir le contrat collectif noué en 1945 avec la création de l’assurance maladie autour du travail. L’assurance maladie doit devenir universelle. La prise en charge de plus en plus de soins par le privé est une impasse budgétaire et sociale. Nous devons bâtir la Grande Sécu.


Rendre accessible une offre de soin de qualité


