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Publié le 10/07/2026 21:23Mis à jour le 10/07/2026 22:40 https://www.franceinfo.fr/replay-jt/france-2/20-heures/les-hopitaux-en-premiere-ligne-face-a-la-canicule_8103290.html#xtor=CS2-765-[copy]-
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Article rédigé par France 2 – M.Lassaga, F.Guinle, P-.C.Trémeau. Édité par l’agence 6Medias
France Télévisions
Le gouvernement a décidé de déclencher un plan Orsec pour chaleurs extrêmes, alors que 24 départements vont être placés samedi 11 juillet en alerte rouge canicule. Face à cela, quelle est la situation dans les services d’urgence ?
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Il a fait 39 degrés vendredi 10 juillet à Tulle (Corrèze)(Nouvelle fenêtre). Aux urgences de l’hôpital, un homme de 91 ans souffre d’hyperthermie. Il ne parvient plus à parler. La décision est vite prise : faire baisser sa température. « On va poser plein de glace pour faire baisser la température. On va le perfuser, on va faire tout un bilan et puis on va voir. On est un peu sur l’urgence du moment », indique Laurent Pécout, médecin urgentiste à l’hôpital de Tulle (Corrèze).
Médecins, personnels soignants, tous redoutent l’effet rebond de cette troisième canicule. Les personnes âgées sont les plus touchées. Un homme souffre de déshydratation. Les jeunes ne sont pas épargnés, comme un garçon de 19 ans après 20 minutes de sport intense en plein soleil. « C’est mon premier malaise. Je ne pensais pas que ça pouvait arriver […] Je me croyais plus fort que ça, mais finalement la chaleur rattrape tout le reste », déplore-t-il.
Une activité en hausse
L’activité est en hausse de 33 % pour la dernière canicule. L’hôpital se tient prêt, pour l’instant les services ne sont pas surchargés. « On gère des pics d’activités sur des tranches horaires de 20 heures, 22 heures ou tôt le matin au niveau des appels au SAMU et sur nos services d’urgence », précise Nicolas Portolan, directeur des hôpitaux de Corrèze.
Une personne est en renfort au service de régulation du SAMU pour gérer deux fois plus d’appels sur certaines journées. Des canicules à répétition et des corps qui s’épuisent.« Probablement des gens qui n’ont pas récupéré de la première vague de chaleur et qui commencent à moins bien s’hydrater, à moins bien s’alimenter », constate Philippe Dupuy, responsable du service des urgences SMUR à Tulle.
À l’hôpital, le service de gériatrie a reçu trois climatiseurs mobiles pour seulement deux chambres et une salle commune, une dotation de l’État après la canicule de fin juin. Partout ailleurs, c’est 30 degrés et pas moins.
Nouvelle vague de chaleur et congés d’été des soignants : l’hôpital sous haute vigilanc
Malgré un nombre de lits disponibles plus important que les années précédentes, l’hôpital, dont les équipes étaient déjà sous tension avant l’été, craint de devoir affronter de nouveaux épisodes caniculaires, avec des effectifs réduits par les congés estivaux des soignants.
Publié le 05 juillet 2026 à 06h00, modifié le 06 juillet 2026 à 14h50 https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/07/05/nouvelle-vague-de-chaleur-conges-d-ete-des-soignants-l-hopital-sous-haute-vigilance_6720824_3224.html
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SAMU débordé d’appels, services hospitaliers saturés, déprogrammation d’opérations… L’épisode caniculaire extrême des dernières semaines a fait revenir tout le lexique éprouvé durant la crise due au Covid-19, sur l’état du système de soins. Avec cenerf de la guerre, scruté de toutes parts, comme lorsque la crise sanitaire montait : l’hôpital parvient-il à « tenir » avec un nombre de « lits » suffisants ?
Les températures sont redescendues depuis, de même que la pression sur les établissements de santé retombe lentement, avec ce décalage entre la chaleur et ses conséquences sanitaires. Mais la perspective de la saison estivale, soit ces semaines de juillet et d’août traditionnellement tendues dans les établissements, du fait, notamment, des congés des soignants, inquiète déjà, alors qu’un nouvel épisode de fortes chaleurs a débuté sur une partie du territoire.
« Nous sortons à peine d’une canicule qui a mis le système de santé à rude épreuve, avec des niveaux d’activité que nous n’avions pas connus depuis le Covid-19, voire que nous avons dépassés, souligne Yann Penverne, président du syndicat SAMU-Urgences de France. Et nous savons que ces événements climatiques vont se répéter, mais nous arrivons maintenant à un moment où les congés des professionnels débutent, avec des équipes moins staffées, une offre de soins qui va se réduire, comme chaque été. On s’attend forcément à de grandes difficultés. Les équipes sont déjà sur les rotules… Tout le sujet va être de réussir à tenir dans la durée, mais à quel prix ? »
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Son syndicat appelait, avant même cette crise sanitaire, à des « mesures flash » pour soutenir les services d’urgence en sous-effectif cet été, telle une revalorisation du temps de travail additionnel (les heures supplémentaires) des urgentistes. Sans réponse favorable du ministère de la santé. Il demande aussi, désormais, d’ouvrir au plus vite le chantier de la reconnaissance de la « pénibilité » de ces métiers.
« Cercle vertueux »
En 2026, pourtant, même les porte-paroles des urgentistes l’ont observé, les remontées de terrain sur le sujet crucial du « capacitaire » – soit le nombre de lits dans les établissements – apparaissent plus favorables que les précédents étés, particulièrement critiques. Même si cela reste « hétérogène », nuance Yann Penverne. De Paris à Marseille, en passant par Lyon, un même constat revient du côté des responsables hospitaliers : les établissements ont retrouvé du souffle, avec une offre qui, dans bien des endroits, atteint de nouveau le niveau de 2019, ou sont en passe d’y parvenir. « Heureusement qu’on est dans cette situation car on ne sait pas comment on aurait fait ces dernières semaines, sinon », souffle un directeur.
Au sein de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), navire amiral de l’offre francilienne regroupant 38 hôpitaux, on fait état d’une « dynamique positive ». « En 2022, nous étions arrivés au plus bas, avec environ 20 % de nos lits fermés – soit quelque 1 500 lits de médecine-chirurgie-obstétrique –, et 2 000 infirmiers manquant à l’appel, rapporte Laetitia Buffet, directrice générale adjointe de l’AP-HP. On était pris dans une spirale négative. Depuis, nous avons remonté la pente. » L’établissement public hospitalier a déployé un plan de 30 leviers, mêlant amélioration du quotidien des soignants, diversification des schémas horaires, ou encore aides au logement.
« A l’été 2026, nous aurons reconstitué nos effectifs infirmiers par rapport à l’avant-Covid », assure la responsable, évoquant une hausse de 30 % des recrutements et une baisse de 30 % des départs. L’activité ambulatoire (sans nuitée) a aussi crû de près de 10 % sur la période. Il reste néanmoins du chemin à parcourir, avec encore 350 lits à rouvrir. Et une « tension particulière » qui s’annonce, cet été comme les précédents, en réanimation néonatale et en psychiatrie, précise-t-elle.
Il n’empêche, ce « cercle vertueux » est en place, et pas seulement en région francilienne : à l’Assistance publique-Hôpitaux de Marseille (AP-HM), on utilise aussi l’expression. « Hormis une quinzaine de lits en psychiatrie, tout notre capacitaire est rouvert depuis le printemps », affirme François Crémieux, son directeur général. Le retour au « plein-emploi » infirmier est, lui, atteint depuis l’été 2025.
« Le Covid-19 est arrivé sur un hôpital déjà très fragilisé, cela explique le temps qu’il a fallu pour sortir de la spirale », poursuit le responsable. Cela ne veut pas dire que les hôpitaux vont bien : la question des déficits, qui ont atteint un total de quelque 3 milliards d’euros, est devenue un enjeu public. Mais du strict point de vue du soin, l’été s’annonce plus « serein », pour François Crémieux, qui reste néanmoins « inquiet » quant aux difficultés des cliniques voisines à rester ouvertes sur la période, ou encore des services d’urgence des hôpitaux publics alentour.
« Mesures d’urgence »
Autre mastodonte hospitalier, les Hospices civils de Lyon devraient, en juillet, retrouver 87 % du capacitaire rouvert, soit 9 points de plus qu’en 2024. Cela représente 3 427 lits d’hospitalisation disponibles, soit quasiment le même niveau qu’en 2019, avant la crise sanitaire. La Fédération hospitalière de France, lobby des hôpitaux publics, apporte elle aussi son lot d’indicateurs en amélioration, telle la tendance à la baisse des fermetures de lits déclarées par les établissements pour des raisons « conjoncturelles » (principalement par manque de personnel), passées de 7 % en 2023 à 4,8 % en 2025. Entre autres explications, Zaynab Riet, déléguée générale de la fédération, souligne les progrès dans les recrutements, mais également la réduction de l’absentéisme du personnel.
Au ministère de la santé, on affichait, début juin, l’habituelle « mobilisation » avant l’été, l’entourage de la ministre, Stéphanie Rist, assurant qu’il n’y avait « pas d’indicateurs pour penser que la situation [allait] être plus difficile que les années précédentes ». Avec un objectif pour le gouvernement : « amplifier » les efforts de régulation, en amont, à l’entrée des urgences, et le projet de pérenniser, dans quelque 100 services (sur un total d’environ 650) ce fonctionnement à l’automne, avant les épidémies hivernales. Pour mémoire, la régulation a été déployée en urgence à l’été 2022 à l’entrée de certains services, et consiste à renvoyer les patients vers le « filtre » d’un appel au 15, avant de venir aux urgences. Sur la question cruciale des lits – dits « lits d’aval » pour les services d’urgence, régulièrement engorgés avec des patients « brancards » faute de place pour les hospitaliser –, un rapport est attendu par le ministère pour la mi-juillet.
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Depuis, la canicule de juin est passée par là. Toutes les « mesures d’urgence » prises ces derniers jours doivent permettre de tenir, assure-t-on dans l’entourage de Stéphanie Rist. En premier lieu le plan Orsan de niveau 3, activé depuis le 25 juin, pour répondre à une situation de crise exceptionnelle, en mobilisant du personnel et en réorganisant l’activité. Alors que la chaleur repart à la hausse, les premiers milliers de climatiseurs, promis par l’exécutif avec une enveloppe d’urgence de 100 millions d’euros pour les équipements, doivent commencer à arriver le week-end des 4 et 5 juillet.
Dans les centres hospitaliers généraux qui quadrillent le territoire et souffrent davantage de la pénurie de médecins, on reste prudent quant à l’offre de soins. « Dans de nombreux établissements, il suffira d’une absence, d’un grain de sable pour que ça coince », relève David Piney, à la tête de la Conférence des présidents de commissions médicales d’établissement des centres hospitaliers universitaires. Il évoque ces « littoraux fortement exposés, avec la venue des touristes », des territoires ruraux ou périurbains « encore souvent sous tension sur les ressources humaines », des zones urbaines touchées par des fermetures de cliniques, ou encore des espaces ultramarins en « pénurie chronique »… « Nous sommes aussi confrontés à de grandes difficultés quand il s’agit de trouver des places aux patients à la sortie de l’hôpital », dit-il, que ce soit en Ehpad, en soins médicaux de réadaptation ou en hospitalisation à domicile.
Lui comme d’autres ont tous le regard tourné vers les températures des prochaines semaines. « L’équation pourrait clairement se compliquer si de nouveaux épisodes caniculaires survenaient, dit-il. Et s’il n’y avait pas une anticipation suffisante de la disponibilité des professionnels en ville, afin de prévenir les risques et prendre en charge les personnes vulnérables. »
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**Canicule : pour Nicolas Revel, directeur de l’AP-HP, « on a dépassé le seuil qui conduit à un choc sanitaire »
Nicolas Revel, directeur de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris, évoque, dans un entretien au « Monde », la crise sanitaire provoquée par l’épisode de canicule et les défis qui attendent l’hôpital avec le réchauffement climatique.
Propos recueillis par Camille Stromboni
Publié le 05 juillet 2026 à 14h30 https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/07/05/canicule-pour-nicolas-revel-directeur-de-l-ap-hp-on-a-depasse-le-seuil-qui-conduit-a-un-choc-sanitaire_6720876_3224.html
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Après une canicule d’une intensité inédite, la pression est retombée doucement sur l’hôpital. Mais entre un épisode qui a éprouvé les personnes âgées et malades – ainsi que les équipes soignantes – et les congés des soignants qui débutent – engendrant une réduction de l’offre de soin –, Nicolas Revel, directeur de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) décrit « un tableau qui justifie de rester en alerte ». Pour le responsable francilien, qui s’attend à un bilan de surmortalité « important », cela ne fait que renforcer la « nécessité d’investir massivement dans le suivi des malades chroniques ».
Quelle est la situation à l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris ?
Nous nous attendons, ce week-end [du 4 et 5 juillet], à revenir dans des eaux normales à l’Assistance publique, après une semaine de baisse progressive [de la tension dans les hôpitaux]. La canicule a pris la forme d’une vague très haute, pour nous, avec + 50 % [d’activité] environ partout, dans les services d’urgence, au SAMU, sur les hospitalisations.
Cela fait plusieurs étés que les épisodes de chaleur se multiplient, mais jusqu’ici ils étaient sans effet palpable sur le système de santé avec, comme en 2025, quelques patients de plus qui viennent aux urgences, mais rien qui ne soit absorbable. C’est la première fois depuis 2003 qu’on se retrouve avec une crise sanitaire qui provoque un impact aussi soudain et brutal pour l’hôpital. Avec plus de 42 °C la journée, plusieurs nuits « tropicales » de suite, on voit qu’on a dépassé le seuil qui conduit à un choc sanitaire.
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Mais contrairement à la canicule de 2003, nos hôpitaux l’ont anticipé, avec une mobilisation qui a commencé avant même la montée extrême des températures : renforcement des urgences et des SAMU, déprogrammations d’opérations ou de bilans non urgents pour faire de la place dans les services d’hospitalisation. Nos capacités de soins ont été saturées, mais elles n’ont pas été débordées.
Les chiffres, provisoires, de Santé publique France font état d’au moins 2 000 morts supplémentaires, sur la période du 22 au 28 juin (+ 29,1 %) par rapport à la semaine précédente, avec une hausse plus marquée en Ile-de-France (+ 62,8 %). A quel bilan faut-il s’attendre ?
Je pense que nous allons avoir un bilan important en région parisienne, avec une mortalité plus élevée qu’ailleurs. Mais il me semble certain que le bilan va rester très en deçà de celui de la canicule de 2003 [15 000 morts]. Cet épisode a été plus intense mais un peu moins long, les Ehpad ont fait des progrès en se dotant de pièces rafraîchies et nos prises en charge hospitalières se sont améliorées, notamment pour refroidir les patients en hyperthermie.
Quelles premières leçons tirer de cette canicule pour l’hôpital ?
Autant nous avons su faire face à l’afflux des patients, autant nous avons beaucoup souffert d’avoir encore trop d’hôpitaux où les températures deviennent insupportables en période de canicule. Cela ne veut pas dire que nous étions dans une « conscience zéro » avant cet épisode, mais notre action, ces dernières années, n’a pas été assez forte. Après l’été 2025 et ses deux épisodes de très fortes chaleurs, nous avions passé commande de 820 climatiseurs mobiles supplémentaires. C’était significatif mais insuffisant.
Dès fin juin, nous avons lancé de nouvelles commandes en urgence : sur les 1 800 climatiseurs que nous avons achetés, plus de 75 % ont déjà été installés. Ce n’est pas encore parfait, mais nous commençons à avoir un nombre important de lieux rafraîchis dans tous nos services, notamment les postes de soins, les chambres les plus exposées et des espaces partagés pour les patients.
Mais le vrai sujet, c’est le long terme et l’adaptation du bâti hospitalier. Les hôpitaux souffrent d’un sous-investissement historique. Il y a eu heureusement un grand plan national [Ségur] de 19 milliards d’euros après [la crise due au] Covid-19, mais il a porté sur des opérations de reconstruction neuve et comme souvent, a fait l’impasse sur la rénovation du patrimoine existant. Or, nos bâtiments anciens ne seront pas tous reconstruits, il faut investir pour mieux les isoler, y installer des systèmes de refroidissement et mettre à niveau leurs installations énergétiques et électriques souvent très vieillissantes. Cela coûte en réalité très cher, mais on ne pourra pas tenir encore ces prochaines années à coups d’expédients. Il faut revoir nos priorités à l’échelle des établissements, mais nous aurons besoin d’une stratégie nationale si l’on veut que nos hôpitaux s’adaptent au réchauffement climatique.
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Etes-vous inquiet pour la suite de l’été ?
La semaine de canicule a pesé sur les équipes, à la fois aux urgences, au SAMU, mais aussi dans tous les services qui ont travaillé dans des conditions très dégradées avec la chaleur. Certains ont dû multiplier les heures supplémentaires. L’hôpital a répondu présent mais les équipes sortent fatiguées.
Les températures annoncées pour début juillet seront à nouveau élevées mais sans atteindre les seuils critiques. Ma vraie préoccupation, c’est la durée, car l’été ne fait que commencer. Nous devons être d’autant plus vigilants que nous sortons d’un épisode qui a éprouvé les personnes fragiles, âgées, malades, ainsi que nos équipes. Et nous entrons dans la période des vacances des soignants, qui débute vraiment à partir du 20 juillet. Nous allons donc commencer à réduire le nombre de lits ouverts. Tout cela forme un tableau qui justifie de rester en alerte. Nous sommes toujours en plan blanc même si, jusqu’ici, nous n’avons pas eu besoin de rappeler des professionnels en congé. J’espère d’ailleurs l’éviter car nos soignants ont absolument besoin de se reposer.
Les inégalités sociales sont apparues avec force lors de cette canicule. Est-ce un phénomène de santé publique particulier ?
Les plus fragiles, les personnes âgées et les malades chroniques, sont les plus exposés. Cela ne fait que renforcer la nécessité d’investir massivement dans le suivi des malades chroniques, ce pour quoi le système de santé n’est pas suffisamment organisé. Ces personnes sont mal suivies, décompensent, et quand elles arrivent aux urgences, c’est trop tard.
Mais par définition, les conditions de vie jouent aussi un rôle très important face à ce phénomène, selon que l’on habite une maison, un appartement climatisé, un deux-pièces mal isolé, l’impact sur la santé n’aura rien à voir. Nous allons redécouvrir que la canicule est d’abord un sujet de décès à domicile, et pose la question des personnes seules, habitant le plus souvent dans des zones urbaines très denses, dans des logements mal isolés. Il y a une réflexion à mener, avec les collectivités territoriales, pour amener du rafraîchissement aux personnes âgées, soit dans leur logement, soit dans des lieux collectifs. C’est la clé pour éviter les décès.
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