« Une chance, c’est encore rattrapable » : face à un déficit de 3,1 millions d’euros, l’hôpital d’Albi active son plan de performance
Vidéo sur la saturation des urgences:
Publié le 09/07/2026 à 12:01 https://www.ladepeche.fr/2026/07/09/une-chance-cest-encore-rattrapable-face-a-un-deficit-de-31-millions-deuros-lhopital-dalbi-active-son-plan-de-performance-13447856.php
Article rédigé par Emmanuel Droillard
l’essentiel
Le centre hospitalier d’Albi fait face à un déficit de 3,1 millions d’euros, appelé à s’aggraver. Malgré ces tensions, l’établissement mise sur l’innovation et l’agrandissement pour renforcer son offre de soins.
Voici tout ce qu’il faut savoir.
En cette période d’examens, Alexandre Fritsch a passé son grand oral début juillet en recevant la visite de François Mengin-Lecreulx, directeur général de l’ARS Occitanie. À cette occasion, le directeur du centre hospitalier d’Albi a évoqué l’avenir de l’établissement, dressant un état des lieux de ses points faibles et de ses forces.
La principale faiblesse réside dans un déficit financier qui se creuse, atteignant 3,1 millions d’euros aujourd’hui avec une prévision à 4,7 millions d’euros pour les prochaines années, le tout pour un budget global de 183 millions d’euros. « Jusqu’ici, les hôpitaux de la région étaient peu marqués par les difficultés financières, voici les problèmes qui apparaissent », a souligné le directeur général de l’ARS Occitanie. Ce dernier a donc plaidé pour un rétablissement rapide de la situation, nuançant : « Une chance, c’est encore rattrapable ». Pour lui, la solution passe notamment par une structuration des filières de soins avec le Sud du Tarn.
La direction de l’établissement a déjà pris les devants en s’inscrivant dans un plan de performance afin de maintenir la dynamique et la croissance de l’offre de soins. Ainsi, après avoir réintroduit un service ORL, le centre hospitalier ambitionne de reconstituer une équipe de dermatologie. « Il y a un vrai manque sur le territoire », assure le directeur.
L’hôpital a besoin de s’agrandir
Le centre hospitalier souhaite également constituer une unité de soins palliatifs, ne disposant pour l’instant que d’un service d’hospitalisation à domicile de 50 lits. L’établissement peut néanmoins capitaliser sur l’activité de son service d’oncologie et sur sa réputation en matière d’innovation. « La recherche clinique est de plus en plus dynamique, il y a beaucoup de publications », se félicite Alexandre Fritsch.
Pour développer cette offre de soins, l’hôpital a besoin de s’agrandir. Si sa situation en centre-ville offre de nombreux avantages, le manque d’espace reste une contrainte majeure. Opportunité majeure pour l’établissement : il jouxte les anciens locaux de la CPAM. Rachetés par l’établissement public foncier d’Occitanie pour le compte de la ville, ces bâtiments verront une partie de leur surface accueillir un pôle médical privé, tandis que la tour pourrait être cédée à l’hôpital afin d’y transférer les services administratifs et de libérer de l’espace au sein du site principal.
« Les bons patients au bon endroit »
François Mengin-Lecreulx a ensuite inauguré la Maison des femmes, avant de se rendre aux urgences. L’hôpital y a mis en place un système de régulation des admissions à l’entrée, un dispositif qui porte ses fruits et renforce l’attractivité du service pour le personnel.
« Nous avons le même nombre d’hospitalisations, mais on a les bons patients au bon endroit », indiquent de concert le directeur et le responsable du service. La visite s’est achevée par l’inauguration du service de réhabilitation respiratoire et la découverte de la salle de prise en charge intermédiaire chirurgicale ambulatoire (PEI) : deux structures qui illustrent le dynamisme du centre hospitalier albigeois.
» Les Américains nous l’envient ». L’hôpital d’Albi va être le premier établissement à utiliser cette technique chirurgicale révolutionnaire
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Grâce à ses lunettes, le chirurgien a une précision au millimètre près DDM – Emilie Cayre
Publié le 17/09/2025 à 13:01
Article rédigé par Emmanuel Droillard
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L’hôpital d’Albi opère depuis cinq ans des patients en utilisant la réalité augmentée, grâce à Knee +, une solution développée par l’entreprise Pixee. Fort de cette expérience, l’établissement est le premier à obtenir la dernière solution de navigation chirurgicale mise en place par la société.
« Ici, on a cette technique que les Américains nous envient ». Cette technique révolutionnaire, ils sont déjà plus de 500 Tarnais à l’avoir expérimentée lors de leur opération du genou à l’hôpital d’Albi. C’est Knee + de la société Pixee, basée dans le Doubs. « Une solution de chirurgie orthopédique assistée par ordinateur utilisant la réalité augmentée pour l’aide à la pose de prothèses totales de genou« .

Le chirurgien est doté de lunettes connectées pour afficher en temps réel les repères essentiels à l’alignement des implants. « On gagne en temps et en précision, entre 60 et 70 % », précise le docteur Cariven. « On est au millimètre près », assure Sébastien Henry, GEO de Pixee Medical. Or, une prothèse mal ajustée est source de douleur et de retour à l’hôpital.
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Outre, la précision, cette solution est beaucoup moins chère qu’un robot (solution développée par les entreprises américaines) et plus rapide d’utilisation. « Un robot n’est pas compatible avec l’évolution du système de santé. Aujourd’hui, quel établissement est capable de débourser un million d’euros ? », indiquent les responsables de Pixee. Là, on paie à l’utilisation. Entre 300 et 500 € par interventions. La solution est ainsi commercialisée partout à travers la planète : Australie, Inde, Brésil, Argentine, USA…
Suivront l’épaule et la hanche
C’est grâce au docteur Cariven qu’Albi est aujourd’hui à la pointe de l’innovation. En 2017, il rencontre l’entreprise Pixee sur un salon à Paris. « J’ai été séduit par la simplicité de la solution proposée », raconte-t-il. Auparavant, le chirurgien avait testé d’autres systèmes : le GPS, le bloc de coupe dédié au patient…
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Trois ans plus tard, l’entreprise ayant passé toutes les certifications, en 2020, l’hôpital d’Albi est un des premiers à opérer avec ce système. « C’est très simple, très facile à mettre en œuvre », souligne le chirurgien. Il faut entre deux et trois heures au professionnel pour appréhender son environnement. « Les internes sont rapidement à l’aise », assure-t-il.
Durant ces années, la société et les médecins albigeois collaborent ainsi à développer le produit. « On a travaillé sur la forme de la molette, le bloc de coupe, le réglage de la hauteur de coupe », se félicite le docteur Cariven. Et l’entreprise de rappeler que sans les chirurgiens elle ne peut évoluer.
Ce qui permet aujourd’hui à Albi d’être centre de référence et d’être le 1er établissement à utiliser la dernière sortie du logiciel : une interface plus lisible et épurée, la commande vocale, ainsi que de nouveaux marqueurs favorisant la détection des instruments. Cette certification va aussi ouvrir la porte à des essais cliniques, car la société compte bien se lancer d’ici un an dans la chirurgie orthopédique de l’épaule, puis de la hanche.
Pour le directeur de l’hôpital, Alexandre Fritsch, « c’est une fierté d’innover et d’être à la pointe ». Mais il veut rappeler que cela ne peut se faire que grâce « aux équipes qui aiment innover au service des patients ».
Commentaire Dr Jean SCHEFFER
La réalité, c’est que le déficit en 2026 va dépasser 4 Millions, et que les propositions d’innovation n’en sont pas (ORL et dermatologie ont déjà existé), et le robot chirurgical pour prothèses du genou afin d’être rentable doit être manipulé par un nombre de chirurgiens compétents suffisants.
Les cliniques lucratives sont aussi en déficit mais moindre , et les équipes de chirurgiens spécialisés sont trois à quatre fois plus nombreuses tournant dans les blocs opératoires tôt le matin et toute l’après-midi.
Par contre un plus pour les Albigeois avec l’unité de soins palliatifs.
Quant au manque de surface , on regrettera toujours la non implantation d’un hôpital neuf en 1983 à la Renaudié avec le ministre Ralite en raison du tournant économique de Mauroy ainsi que la vente des terrains à Leroy merlin en 2013 (https://www.ladepeche.fr/article/2015/01/08/2024673-leroy-merlin-s-implante-a-la-renaudie.html)
La vérité, c’est que l’on prépare une redistribution avec l’hôpital de Castres et donc des fermetures de services à Albi.
Une nouvelle lutte pour maintenir l’accès aux soins aux Albigeois se profile, l’occasion pour les plus jeunes de relancer le Comité de Défense de l’Hôpital et de la santé d’Albi (CDHSA)