La publicité pour les énergies fossiles sera bientôt interdite en France, cinq ans après la loi Climat et résilience
La promotion des produits pétroliers et du gaz naturel a déjà quasi disparu, mais les actions de communication autour du biométhane semblent aussi visées.
Par Marie de Vergès
Publié aujourd’hui à 18h00, modifié à 19h22 https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/07/07/la-publicite-pour-les-energies-fossiles-sera-bientot-interdite-en-france-cinq-ans-apres-la-loi-climat-et-resilience_6721520_3234.html
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Certains diront qu’il était temps. D’ici à la fin de l’année, un décret doit être publié pour proscrire toute publicité sur les énergies fossiles importées, comme l’a confirmé le gouvernement à l’occasion d’un nouveau point d’étape, mardi 7 juillet, sur son grand plan d’électrification. L’objectif figure parmi les 22 mesures de ce plan censé stimuler la demande d’électricité et réduire la dépendance de la France aux hydrocarbures. Sauf qu’il ne s’agit guère d’une nouveauté.
Votée à l’été 2021, la loi Climat et résilience interdit déjà les campagnes publicitaires relatives à la commercialisation des énergies fossiles, ou en faisant la promotion. Mais l’entrée en vigueur formelle de celle-ci était suspendue à la publication d’un décret d’application. Le gouvernement paraît donc déterminé à mettre enfin un terme à un vide juridique qui dure depuis cinq ans.
Une vraie fausse victoire pour les défenseurs de l’environnement. « On ne va pas s’en plaindre : vouloir interdire la publicité pour les énergies fossiles, c’est reconnaître qu’elles sont un problème, réagit Edina Ifticene, chargée de campagne chez Greenpeace France. Il est tout de même difficile de comprendre pourquoi ce décret a mis autant de temps à arriver. Et surtout, notre principal regret est qu’il ne s’agit pas d’un texte très contraignant. »
Greenpeace, comme d’autres organisations écologistes, réclamait plutôt une sorte de « loi Evin pour le climat », inspirée de celle contre le tabac et l’alcool. Soit une interdiction de publicité beaucoup plus large, ciblant l’ensemble de la communication des entreprises du secteur des hydrocarbures et tous les produits et services fonctionnant grâce aux énergies fossiles, des SUV thermiques aux voyages en avion. Une revendication qui repose en partie sur un constat : la promotion pure et simple du gaz fossile ou des produits pétroliers a déjà aujourd’hui quasi disparu, à l’exception de certaines campagnes autour d’opérations de rabais sur les prix à la pompe.
Une mobilisation qui dérange
A quoi donc va servir le décret ? « Il permet de mettre fin aux publicités que nous avons vues fleurir ces derniers temps pour le gaz naturel, qui vont à l’encontre de la politique de sortie du gaz menée par le gouvernement », insiste-t-on au ministère de l’énergie. Une allusion aux campagnes de GRDF consacrées… au biométhane. Le biogaz est un axe central de la communication de l’opérateur des réseaux gaziers, filiale d’Engie. « Avec le gaz vert, la France a une incroyable énergie », clamait l’un des derniers spots télévisés, mettant à l’honneur l’humoriste Jamel Debbouze.
Une mobilisation qui dérange, quand bien même elle concerne une énergie non fossile et produite localement à partir de déchets agricoles, industriels ou ménagers. De quoi théoriquement l’exclure du champ d’application de la loi.
Lire aussi (2022) : Le biométhane, une alternative au gaz fossile séduisante mais contestée
Pourtant, dans un rapport publié le 11 juin, la Commission de régulation de l’énergie réclamait aussi l’« arrêt » d’actions de communication « pouvant parfois mener à une confusion d’image entre le gaz fossile et le gaz vert [celui-ci ne représentant que 3,2 % du gaz consommé en 2024] et ainsi s’apparenter à de la promotion du gaz fossile ou de ses usages ».