Les propositions du TN dur le climat, bien loin des « investissements » de l’Etat « stratège » annoncés. 

Le RN dévoile son « grand plan climatisation », toujours aussi flou et moins ambitieux que promis

Acculé par des semaines de contradictions, le parti d’extrême droite a présenté, mardi 30 juin, un dispositif de prêt à taux zéro à destination des collectivités, des établissements publics et des particuliers, bien loin des « investissements » de l’Etat « stratège » annoncés. 

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hier à 19h03, modifié à 11h05 https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/06/30/le-rn-devoile-un-grand-plan-climatisation-toujours-aussi-flou-et-moins-ambitieux-que-promis_6717316_823448.html

 

Marine Le Pen, présidente du groupe parlementaire du Rassemblement national, à l’Assemblée nationale, à Paris, le 30 juin 2026.
Marine Le Pen, présidente du groupe parlementaire du Rassemblement national, à l’Assemblée nationale, à Paris, le 30 juin 2026.  KENZO TRIBOUILLARD/AFP

Longtemps le Rassemblement national (RN) s’est complu dans l’amateurisme. A chaque sujet son « livret thématique » laissé dans les cartons, son « grand plan » jamais budgétisé et les reniements à foison de cadres naviguant à vue. Contraints par la succession de canicules et l’enlisement de ses porte-paroles, et alors que le parti prétend préparer son accession au pouvoir, les lepénistes ont convoqué en urgence une conférence de presse, mardi 30 juin, à l’Assemblée nationale, pour préciser les contours de son « grand plan climatisation ».

Munis d’un fascicule comportant des « coquilles » et se contredisant eux-mêmes sur quelques paramètres financiers du mécanisme, les deux députés chargés du dossier, Jean-Philippe Tanguy (Somme) et Thomas Ménagé (Loiret), ont levé le voile sur un dispositif bien moins ambitieux qu’annoncé, limitant l’effort de l’Etat à une simple ouverture de prêts à taux zéro. Dans la droite ligne d’un parti réduisant largement le changement climatique et ses conséquences à une externalité économique.

Un an s’est écoulé depuis que Marine Le Pen a pour la première fois, le 30 juin 2025, sur les réseaux sociaux, évoqué un « grand plan d’équipement pour la climatisation » qui « s’inscrira[it] dans les mesures qu’[elle] présenter[ait] prochainement ». Rien n’avait été clarifié depuis douze mois, faute d’arbitrage par les deux têtes du RN (Marine Le Pen et Jordan Bardella), mais les fréquentes sorties du parti sur le sujet sous-entendaient la protection des « plus vulnérables »par un Etat « stratège ».

Quelques heures avant la conférence de presse, Thomas Ménagé assurait encore sur France 2 promouvoir un plan d’investissement de 20 milliards d’euros, réparti sur deux hypothétiques quinquennats : 10 milliards d’euros entre 2027 et 2032 pour climatiser les hôpitaux, les Ehpad, les écoles et les crèches ; puis 10 autres milliards entre 2032 et 2037 à destination des administrations et des services publics. « Cette partie-là sera vraiment un soutien de l’Etat, un paiement directement de l’Etat, insistait le député du Loiret. Pour les collectivités et les établissements publics – Ehpad, hôpitaux – et bien sûr ce qui est dépendant de l’Etat, c’est l’Etat directement qui assumera, on ne se défausse pas sur les collectivités. Par contre, il y aura un prêt à taux zéro pour les particuliers. » Mais ça, c’était avant la présentation du « plan ».

« L’Etat nounou, c’est fini »

Plus qu’un « grand plan climatisation », le RN a ébauché un grand plan d’emprunt. Quel que soit le public visé. Les « plus vulnérables », relevant de l’Etat et des collectivités, auront bien droit à 20 milliards sur deux mandats, mais 20 milliards de prêts à taux zéro. « L’Etat nounou, c’est fini », a tranché Jean-Philippe Tanguy. Les écoles ne seront ainsi climatisées que si la collectivité compétente (mairie, conseil départemental ou régional) souscrit un prêt dont l’Etat n’assumera que les intérêts. De même pour les Ehpad ou les hôpitaux publics. « Je pense que les soignants seront ravis que l’hôpital investisse dans la clim plutôt que dans un surencadrement dont on demande à quoi il sert », assume Jean-Philippe Tanguy.

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S’agissant des particuliers, le RN renvoyait ces dernières semaines à son dispositif « 100 % Rénov’ », présenté en octobre 2025. Soit un programme de prêts à taux zéro, d’un montant total de 20 milliards d’euros par an, pour financer la rénovation énergétique des logements, visant à remplacer les subventions MaPrimeRénov’, jugées trop complexes et coûteuses. Puisque la climatisation dans le cadre de « 100 % Rénov’ » nécessitait une restauration globale du bâtiment, les lepénistes ont créé une nouvelle ligne de prêts de 20 autres milliards, pour équiper en climatisation (seule) jusqu’à dix millions de foyers.

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Selon des calculs qu’il peinait encore à expliciter le 30 juin, le RN évalue à près de 1,3 milliard d’euros par an le coût pour l’Etat de son « grand plan climatisation », correspondant aux intérêts des prêts possiblement contractés par les établissements publics, les collectivités ou les particuliers par le biais des trois véhicules financiers esquissés.

Sous réserve de connaître le candidat à la présidentielle du parti, dont le casting sera décidé le 7 juillet, à l’énoncé de l’arrêt de la cour d’appel de Paris qui menace Marine Le Pen ? « Je pense que les arbitrages de la présidente du groupe [à l’Assemblée nationale, Marine Le Pen] seront très proches des arbitrages de la candidate », a balayé Jean-Philippe Tanguy, sans s’étendre sur le sort du « grand plan climatisation » en cas d’investiture de Jordan Bardella.

Comment le RN tente de réécrire son discours sur le réchauffement climatique

Après la canicule de juin en France, le parti d’extrême droite a tenté de gommer les propos climatosceptiques longtemps tenus par certains de ses membres, entre relativisation du consensus scientifique et critiques répétées du GIEC. 

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aujourd’hui à 17h54, modifié à 18h52 https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2026/07/01/comment-le-rn-tente-de-reecrire-son-discours-sur-le-rechauffement-climatique-a-l-epreuve-de-la-canicule_6717568_4355770.html

Temps de Lecture 4 min. 

Marine Le Pen, au salon VivaTech, à Paris, le 19 juin 2026.
Marine Le Pen, au salon VivaTech, à Paris, le 19 juin 2026.  ABDUL SABOOR / REUTERS

Alors que la France vient de connaître une canicule historique de par sa précocité et son intensité, la question du manque de préparation du pays aux événements climatiques extrêmes est au cœur du débat public. Parmi les critiques les plus virulents de l’exécutif, le Rassemblement national (RN). Omniprésents dans les médias ces derniers jours, ses représentants se sont relayés afin de souligner, comme le vice-président Sébastien Chenu, « l’incapacité de l’Etat, des gouvernements, à prévoir, à organiser les choses », plaider pour un plan de climatisation généralisé et flou, et regretter que les autorités publiques n’aient pas su entendre les recommandations des experts du climat.

Des prises de parole en forme de volte-face pour le RN, qui s’est historiquement illustré par les sorties climatosceptiques ou relativistes de certains de ses membres ainsi que par ses attaques répétées à l’encontre du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Un passé pas si lointain que le parti d’extrême droite tente de minimiser, à moins d’un an de l’élection présidentielle.

« Nous [le Rassemblement national] n’avons jamais été climatosceptiques », a affirmé Jean-Philippe Tanguy, député de la Somme, le 28 juin sur BFM-TV, doublant sa réponse d’un : « Zéro, personne. » Depuis quelques années, le parti a policé son discours en la matière : exit les sorties ouvertement climatosceptiques de Jean-Marie Le Pen qualifiant l’écologie de « préoccupation de bobo » ou ironisant sur le fait que sans lui « on mourrait de froid ». Depuis sa prise du parti en 2011, Marine Le Pen n’a jamais directement contesté la réalité du réchauffement climatique, même si elle a pu en relativiser les causes ou désapprouver l’« alarmisme » des scientifiques.

Certains membres du parti, notamment au niveau local, ont néanmoins pu largement déroger à cette ligne. Lors des élections législatives de 2024, Le Monde a dénombré cinq candidats RN ayant tenu des propos climatosceptiques. Idem pour les municipales de mars, où plusieurs aspirants aux conseils municipaux n’ont pas caché leurs croyances climatosceptiques. Parmi eux, Amaury Navarranne, membre de longue date du parti, réélu au conseil municipal de Toulon, avait qualifié un réchauffement de 2,1 °C par rapport à l’ère préindustrielle de « cycle de notre Univers, de notre monde », ajoutant que « ce n’est quand même pas de notre faute. C’est la planète ». Au total, le média Vert en a épinglé une vingtaine, qui ont remis en cause l’existence du réchauffement climatique, nié son origine humaine ou minimisé sa gravité.

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Si, parmi les cadres du parti, les propos climatosceptiques sont plus rares, plusieurs exceptions notables peuvent être pointées, comme Julien Sanchez, directeur de la dernière campagne municipale du RN, qui évoquait en 2010 un « pseudo-réchauffement climatique », ou Thomas Ménagé, aujourd’hui porte-parole du groupe RN à l’Assemblée, qui se questionnait en 2013 sur l’existence du phénomène et écrivait : « Quand je vois le temps en ce moment, je me demande s’il y a vraiment un réchauffement climatique. »

Une confusion entre météo et climat, caractéristique du discours climatosceptique, reprise le 5 janvier 2024 par l’actuel maire RN de Carcassonne, Christophe Barthès (alors député de l’Aude), qui ironisait : « Réchauffement climatique ? Dérèglement climatique ? Le 3 janvier 2024, la Suède a enregistré les températures les plus basses depuis vingt-cinq ans, avec − 43 °C. A cette heure, nous n’avons pas encore de commentaires du GIEC. Ils ne se sont toujours pas manifestés. »

« Réchauffement islamiste »

Au-delà de la négation du réchauffement climatique et du rôle des émissions humaines dans son aggravation, ce sont surtout les discours ayant tendance à relativiser ou minimiser ces phénomènes qui ont gagné en importance. En 2012, Marine Le Pen, alors candidate à la présidentielle interrogée par le média en ligne Terra Eco, n’hésitait pas à déclarer « ne pas [être] sûre que l’activité humaine soit l’origine principale [du] phénomène ».

Des propos qu’ont pu tenir d’autres membres du parti, comme Christophe Barthès, déplorant dans Le Monde en avril 2023 le peu de place laissée aux voix discordantes au sujet de l’impact climatique de l’homme ; Julien Odoul, député de l’Yonne – qui regrettait « la communication hystérique » du gouvernement à propos de la canicule en juin 2019, tout en lui conseillant de se concentrer sur « le réchauffement islamiste » – ; ou encore Mathilde Androuët, députée européenne, membre du bureau national du RN et de la commission environnement à Bruxelles. Cette figure centrale du parti sur l’écologie confiait au Monde en 2022« Le réchauffement climatique est vécu et réel, mais la vraie question est de savoir quelle est la part de l’activité humaine dedans. Le débat est ouvert », déclarait-elle, tout en conseillant l’ouvrage Climat, la part d’incertitude, de Steven Koonin (2021), célébré dans les milieux climatosceptiques pour sa remise en cause du consensus scientifique. Des propos assumés une nouvelle fois en décembre 2025 lors d’un entretien pour le média en ligne d’extrême droite Boulevard Voltaire.

Organisme « alarmiste »

Le Rassemblement national a également multiplié les critiques envers le GIEC. En 2023, comme le rapportait Le Journal du dimanche, Marine Le Pen se désolait d’un organisme qui « a toujours été alarmiste », tandis que la députée de l’Eure Katiana Levavasseur le qualifiait de « catastrophe pour le moral déjà très bas des Français ». La même année, sur France Inter, le député du Loiret Thomas Ménagé expliquait qu’on ne « peut pas [se] baser uniquement sur les données du GIEC », car « ils ont parfois tendance à exagérer ». Face à la polémique, il précisera plus tard avoir voulu viser « les recommandations » du GIEC et non son constat.

Une ligne de défense toujours assumée par le parti. Si certains reconnaissent des « maladresses » (Jean-Philippe Tanguy) ou regrettent de ne « pas [avoir] été clair[s] » (Thomas Ménagé) sur le GIEC, ils ne voient là que des phrases « isolées de leur contexte » (selon M. Tanguy).

Dans son entretien à Terra Eco en 2012, Marine Le Pen laissait pourtant peu de place à l’interprétation quant à sa position sur l’institution. A la question « Vous remettez en cause les conclusions du GIEC ? », la présidente de ce qui était alors le Front national répondait : « Ça ne me pose aucun problème. (…) Ce ne sont pas les travaux du GIEC qui peuvent établir avec certitude que l’homme est la cause du changement climatique », avant d’ajouter que « le GIEC, c’est le consensus de ceux qui ont la parole. Ce sont les prêtres et les évêques du changement climatique ». Un discours jamais renié, mais difficile à assumer aujourd’hui, alors que les prévisions du groupe d’experts se confirment et que les événements météorologiques extrêmes se multiplient.

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Stéphane François, politiste : « Le RN et ses électeurs prennent la réalité climatique en plein visage »

Tribune

Longtemps dédaigneux des alertes venues du monde scientifique sur le réchauffement climatique, voire hostile à celles-ci, le Rassemblement national multiplie les volte-face, alors que la canicule a rendu ses conséquences indéniables, analyse le spécialiste de l’extrême droite, dans une tribune au « Monde ».

Publié aujourd’hui à 15h38, modifié à 15h40  Temps de Lecture 3 min.

Mardi 30 juin, le Rassemblement national (RN) a proposé son « grand plan climatisation » lors d’une conférence de presse à l’Assemblée nationale. La campagne médiatique avait commencé au plus fort de l’épisode caniculaire. Le 19 juin, Sébastien Chenu, vice-président du RN à l’Assemblée, reprochait aux gouvernements passés de ne pas avoir anticipé le réchauffement climatique face aux alertes des scientifiques.

Lorsqu’on connaît le rapport qu’entretient le RN avec l’écologie, il y a de quoi être surpris : opposition générale aux énergies renouvelables, refus des contraintes visant à engager la transition écologique, climatoscepticisme et rejet des conclusions des rapports du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) par certains de ses membres et cadres. En 2023, Marine Le Pen considérait encore que ces rapports étaient alarmistes… Et pour cause, pourrions-nous dire aujourd’hui.

Les récentes volte-face de responsables du parti d’extrême droite à propos de la canicule sont à la fois intéressantes et pathétiques. Intéressantes, car elles montrent qu’il ne peut plus maintenir sa ligne « anti-écologie punitive ». Le changement et le réchauffement climatiques sont bien là, visibles et surtout perceptibles. Pour le dire autrement, le RN et ses électeurs prennent la réalité climatique en plein visage, et cela fait mal. D’où le revirement.

Pathétique, car, pendant longtemps, le parti a considéré l’écologisme comme un « passe-temps de bobos », dixit Jean-Marie Le Pen. Jusqu’en 2010 environ, Mme Le Pen n’hésitait pas à exprimer une sorte de climatoscepticisme « soft ». Elle est plus prudente aujourd’hui. Quant à Jordan Bardella, il continue de fustiger la supposée « écologie punitive » de l’Union européenne. En outre, il reste très souvent ambigu, minimisant, entre autres, l’importance des gaz à effet de serre.

Logique économique

Depuis la semaine du 22 juin, les médias exhument des propos de caciques du parti sur l’écologisme et le GIEC. Dans ce florilège de tweets et de communiqués officiels, on retient notamment qu’il faudrait choisir entre « la liberté ou l’écologie » (communiqué du RN en 2019) ; que les rapports du GIEC, selon Thomas Ménagé, député du Loiret, ont « parfois tendance à exagérer » (France Inter, le 21 août 2023) ; que les incendies du sud de l’Europe sont d’origine humaine pour Hervé de Lépinau, député du Vaucluse, dans un tweet du 31 juillet 2023. La liste est très longue.

Le « plan clim » ne nous a pas surpris : il était déjà suggéré en 2025, à la même date. Il se situe dans la continuité des positions du RN. Il s’agit d’un technosolutionnisme à court terme consistant à isoler et à climatiser les habitations (avec des prêts à taux zéro, déjà proposés à l’automne 2025), mais aussi les hôpitaux, les Ehpad et les écoles. Le tout avec un budget de 40 milliards d’euros sur deux quinquennats.

Certes, cela permettrait de protéger de la chaleur, sauf dans certains cas – notamment en ville, où la climatisation crée des îlots de chaleur –, mais sans chercher à réduire les effets du changement climatique à sa source : l’émission des gaz à effet de serre, qui pourrait être réduite au cours de la même période. C’est à la fois un coup de communication à peu de frais et un volontarisme à géométrie variable.

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De fait, la logique des propositions du Rassemblement national reste profondément économique. Selon le député RN de la Somme Jean-Philippe Tanguy, les vagues de chaleur que nous subissons entraîneraient une perte de richesse pour le pays. Ensuite, comme il devait le reconnaître sur TF1, le 23 juin, il y a « des morts malheureusement, des malades [et] des gens en souffrance » – des personnes qui s’entassent dans les services des urgences des hôpitaux, faute de place et surtout de budget. Toutefois, n’oublions pas que le dernier programme présidentiel du RN augmentait les contraintes sur l’hôpital public, favorisait la médecine libérale et proposait la suppression de l’aide médicale d’Etat. On reste dans la posture démagogique historique du parti.

Positions démagogiques

Du reste, avec quelle électricité les climatiseurs fonctionneraient-ils ? Nucléaire, puisque le RN refuse les énergies renouvelables. Selon le parti, afin que celles-ci soient réellement efficaces (c’est-à-dire pour remplacer les dernières centrales à charbon), il faudrait en mettre beaucoup plus, au détriment des terres agricoles. Logiquement, le parti soutient le développement du programme nucléaire français, en particulier celui des ITER (International Thermonuclear Experimental Reactor, un programme international de développement de centrales à fusion nucléaire situé à Cadarache, dans les Bouches-du-Rhône).

Un constat s’impose : le RN ne comprend toujours pas ce qu’est la transition écologique. Pire peut-être, il a saisi l’urgence, mais préfère camper sur ses positions idéologiques, qui sont ouvertement démagogiques : mettre des climatiseurs partout pour éviter d’agir en matière climatique et favoriser les politiques des grands groupes de l’industrie nucléaire, mais également pétroliers ou gaziers. Le parti défend l’exploitation des hydrocarbures en Guyane, s’opposant à la loi Hulot de 2017, qui mettait fin à la recherche et à l’exploitation des hydrocarbures en France, en vue de favoriser les énergies renouvelables et de respecter l’engagement de la neutralité carbone à l’horizon 2050.

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Le RN préfère, comme toujours, proposer des solutions à court terme, sans tenir compte des urgences climatiques, car il ne faut pas modifier les modes de vie de son électorat. Pourtant, un sondage commandé en octobre 2025 par WWF France montre que son électorat, même s’il continue de mépriser les Verts, change de position vis-à-vis de la transition écologique. Inondations, sécheresses, mouvements de terrain le touchent personnellement. Sans entraîner, pour le moment, d’évolutions au sein du parti.

Stéphane François est chercheur associé au Groupe sociétés, religions, laïcités (CNRS-EPHE-PSL). Il est notamment l’auteur de l’ouvrage « Les Vert-bruns. L’écologie de l’extrême droite française » (Le Bord de l’eau, 2022)

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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