Le gouvernement dépassé par l’offensive sur l’eau d’une partie du monde agricole
Le projet de loi d’urgence agricole, examiné au Sénat, a été peu à peu étoffé de nombreuses dérégulations environnementales, en réponse aux revendications d’une part de la profession pour un accès encore augmenté aux ressources hydriques.
Par Léa Sanchez
Hier à 15h21, modifié à 07h58 https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/06/30/avec-la-loi-d-urgence-agricole-le-gouvernement-depasse-par-l-offensive-sur-l-eau-d-une-partie-du-monde-agricole_6717277_3244.html
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Le projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles serait-il en train d’échapper à l’exécutif, en particulier sur le front de l’eau ? La copie gouvernementale, qui a commencé à être examinée au Sénat, lundi 29 juin, a été peu à peu étoffée de nombreuses dérégulations environnementales, notamment par la commission des affaires économiques du Palais du Luxembourg. Affaiblissement de la protection des zones humides, principe de « non-régression agricole » dans la gestion de l’eau, poids renforcé des agriculteurs dans les instances locales, agences de l’eau placées sous la cotutelle du ministère de l’agriculture…
Les ajouts des sénateurs, qui font en partie écho aux demandes de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), reflètent l’offensive d’une partie de la profession sur les très sensibles enjeux hydriques, alors que le réchauffement climatique et la pollution amenuisent l’eau disponible pour tous les usages.
« Plus que jamais, la politique de l’eau est définie par le secteur agricole », analyse Sylvain Barone, directeur de recherche en science politique à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae). Le contexte parlementaire instable s’y prête : le gouvernement, fragilisé politiquement, « craint un nouvel embrasement et fait des concessions faciles aux syndicats agricoles majoritaires », estime M. Barone. C’est d’ailleurs pour trouver une porte de sortie à la crise du début d’année que l’exécutif a proposé de s’atteler à un nouveau projet de loi d’urgence agricole.
Rapports de force locaux
Une façon, aussi, de répondre à des revendications d’un secteur qui a de gros besoins en eau et représente un peu plus de 60 % de l’eau consommée dans l’Hexagone, c’est-à-dire non restituée au milieu. La FNSEA réclame, par exemple, de longue date des « ressources en eau supplémentaires pour l’agriculture », par, notamment, la création de stockages. S’y ajoutent des contestations agricoles croissantes quant aux mesures visant à limiter la pollution des captages ou restreignant les volumes destinés à l’agriculture.
A l’échelle nationale, les chambres d’agriculture protestent ainsi, par la voix du réseau Chambres d’agriculture France, contre « une approche trop systématique fondée sur la réduction de la consommation en eau » dans les schémas directeurs d’aménagement et de gestion des eaux (Sdage), des documents de planification en cours de renouvellement dans les six grands bassins français.
Plusieurs rapports de force locaux ont pris une ampleur nationale. La révision du schéma d’aménagement et de gestion de l’eau (SAGE) du bassin de la Vilaine, un document de planification incluant une interdiction des herbicides sur certaines parcelles de maïs, en est un exemple. La commission locale de l’eau avait pour ambition de valider ce texte, issu de longues concertations, avant les élections municipales de mars. Mais le processus d’adoption a été contrarié, d’abord par des manifestations de la FNSEA, des Jeunes Agriculteurs et de la Coordination rurale. Puis par le gouvernement, qui s’en est lui aussi mêlé en annonçant en janvier un moratoire, désormais échu, sur toutes les « décisions relatives aux questions de la politique de l’eau ». En découle « quelque chose qui s’est cassé dans la confiance que l’on peut avoir dans l’Etat, en tant qu’élu local », relate Ludovic Brossard, élu (divers gauche-écologiste) à Rennes et président du syndicat d’eau du bassin rennais.
Thierry Burlot, président du comité de bassin Loire-Bretagne, observe une « étatisation des problèmes », qui témoigne d’une reprise en main de la gouvernance décentralisée de l’eau. Il ne s’agit pas seulement de temporiser. Dans le cas du SAGE Vilaine, les préfets de Bretagne et des Pays de la Loire ont déclaré, dans un courrier, en mars, adressé au président de la commission locale de l’eau, que les débats n’avaient « pas atteint un degré de maturité suffisant » pour une adoption définitive. En clair, l’Etat veut se montrer davantage à l’écoute des syndicats agricoles, quitte à réduire l’ambition des compromis locaux.
« Politique de l’autruche »
Qu’en sera-t-il des autres dossiers ? Plusieurs ingrédients alimentent les revendications, dont les répercussions du changement climatique auxquels sont confrontés les agriculteurs. « Il faut qu’ils fassent une course de haies, avec des haies qui deviennent de plus en plus hautes, ce qui, évidemment, accentue les tensions sur le terrain », estime la députée (Renaissance) du Pas-de-Calais Agnès Pannier-Runacher, ancienne ministre de la transition écologique.
En ce début d’été, la quasi-totalité des départements sont concernés par des arrêtés limitant les usages de l’eau ou incitant à l’économiser. Malgré la crise climatique qui progresse, « on vient déplacer le débat sur certains sujets qui crispent, comme la systématisation du stockage de l’eau, plutôt que de discuter du modèle agricole », et de ses implications hydriques, regrette Alexis Guilpart, de la fédération France Nature Environnement.
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Nicolas Fortin, porte-parole de la Confédération paysanne et éleveur dans la Vienne, déplore la « politique de l’autruche »d’une partie de la profession. Dans son département comme dans le reste du bassin Loire-Bretagne, la baisse généralisée des pompages qui devait découler d’études consacrées aux réserves hydriques a été enrayée à la suite des manifestations agricoles. L’Etat, qui s’appuie sur de nouvelles dispositions issues de la loi Duplomb de 2025 « visant à lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur », demande désormais que ces travaux soient complétés par des analyses des impacts socio-économiques. Les syndicats espèrent conserver davantage de mètres cubes.
« Le monde agricole est plus qu’en crise », plaide François Turpeau, le président de la Coordination rurale de la Vienne. Pour le représentant, les tensions actuelles ne sont pas nouvelles, mais « peut-être plus exacerbées qu’auparavant » et résultent notamment d’échéances de la gouvernance de l’eau qui arrivent à leur terme. « On se rend compte que si on ne communique pas et si on ne fait pas des pressions, on n’y arrive pas », affirme M. Turpeau. Le moment est propice aux mobilisations. « On est à un point de bascule ou, en tout cas, de réflexion forte, sur la gestion de l’eau, que ce soit en quantité et en qualité », estime Arnaud Delestre, président FNSEA de la chambre d’agriculture de l’Yonne et le vice-président du réseau Chambres d’agriculture France.
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Les élus locaux et les associations de protection de l’environnement sont, quant à eux, de plus en plus inquiets. Le projet de loi d’urgence agricole, en l’état, « attisera inévitablement les conflits d’usages de l’eau », alertent-ils dans un communiqué daté du 29 juin, signé par de nombreuses organisations comme le réseau de collectivités Amorce ou la Confédération logement et cadre de vie. « L’eau est un bien commun et ne peut être traitée par le seul prisme agricole, pouvant créer des déséquilibres dans une gestion déjà fragile pour garantir l’eau à tous », défendent-elles. Le Medef a également fait part de ses réserves.
La tournure prise par le texte met mal à l’aise jusqu’au gouvernement. Le 29 juin, devant les sénateurs, la ministre de la transition écologique, Monique Barbut, a ainsi appelé à une « approche équilibrée » sur l’eau et à éviter la tentation de « faire de l’écologie le coupable idéal ». Au risque de prendre le contrepied de la ministre de l’agriculture, Annie Genevard, qui, quelques minutes plus tôt, disait ne pas vouloir « entendre que ce texte comporte des reculs environnementaux ».
Léa Sanchez
« Donner au préfet la possibilité de contourner les instances locales de l’eau constitue une rupture »
Tribune
Jérémie Godet
Président de l’établissement public territorial du bassin de la Vienne
Le projet de loi d’urgence agricole arrive en débat au Sénat, lundi. Dans une tribune au « Monde », Jérémie Godet, président de l’établissement public territorial du bassin de la Vienne, s’inquiète d’une « brutalisation » de la démocratie locale au profit des intérêts d’une minorité d’agriculteurs.
Le 29 juin 2026 à 09h00 https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/06/29/donner-au-prefet-la-possibilite-de-contourner-les-instances-locales-de-l-eau-constitue-une-rupture_6716881_3232.html
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La « Chambre des territoires » est-elle devenue la « Chambre des lobbys » ? Alors que nous pouvions légitimement attendre des sénateurs et des sénatrices qu’ils défendent le travail des élus locaux dans les instances de l’eau, il n’en est rien. Au contraire, lors de l’examen du projet de loi d’urgence agricole en commission des affaires économiques, ils ont choisi d’amplifier le processus de recentralisation de l’Etat et de fragilisation de la démocratie locale de l’eau. Les débats en séance publique ne devraient pas entraîner une modification de leur copie.
L’écriture et le vote du texte suivent leurs cours. A la suite des députés, et en aggravant la teneur du texte, la commission des affaires économiques du Sénat a déjà voté plusieurs amendements inquiétants pour de nombreux élus locaux impliqués dans la gouvernance de l’eau. Ainsi, ce projet de loi et certains amendements organisent un recul profond : contournement des schémas d’aménagement et de gestion des eaux, affaiblissement des commissions locales de l’eau, accélération de projets de stockage, fragilisation des zones humides.
La gestion de l’eau en France s’est construite, depuis les années 1960, en prenant appui sur les bassins-versants et une forme de démocratie sociale et territoriale, qui reste perfectible, mais fait figure de modèle sur le plan international. Elle repose sur une idée simple : décider au bon endroit, avec les bons acteurs, à l’échelle du bassin-versant. Les commissions locales de l’eau permettent aux élus, aux usagers, aux services de l’Etat et aux acteurs socio-économiques de trouver un équilibre, collectivement et démocratiquement.
Choix patiemment construits
Donner au préfet la possibilité de contourner leurs décisions constitue une rupture dans l’histoire de la gouvernance de l’eau à la française. C’est une recentralisation claire, à l’image de ce qu’a produit le macronisme depuis 2017. L’Etat pourrait désormais reprendre la main sur des choix patiemment construits à partir des territoires. C’est une forme de brutalisation du travail des élus de terrain. Des années de concertation peuvent être remises en cause sous la pression de quelques-uns. Or, les élus territoriaux connaissent les tensions. Ils les vivent, ils y répondent. Les mépriser, c’est porter un coup supplémentaire à la vie démocratique de notre pays.
Le même risque existe pour les projets de grandes retenues de stockage de l’eau, souvent appelées mégabassines. Ce texte de loi vise à faciliter les procédures et à réduire les possibilités de recours. Or, ces projets, portés par une minorité d’agriculteurs, ont des conséquences concrètes sur les rivières, les nappes et le partage de l’eau. Ils doivent donc être discutés localement, avec les élus, les agriculteurs, les habitants et l’ensemble des acteurs concernés. En restreignant ces possibilités de discussions et de délibérations locales, en les délégitimant, le gouvernement et les législateurs préparent les territoires à des crises profondes.
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La démocratie de l’eau, une promesse inachevée
Le projet de loi et un grand nombre d’amendements modifieraient l’équilibre des commissions locales de l’eau, en réservant une part plus importante de sièges aux organisations agricoles. La place de l’agriculture dans ces instances est nécessaire et effective. Cependant, elle ne doit pas se faire au détriment de la société civile ou d’autres usages, concernés par l’eau tout autant.
Le texte attaque également la protection des zones humides, alors qu’elles représentent l’une des réponses les plus efficaces à la nécessaire adaptation au changement climatique. Elles stockent naturellement l’eau, soutiennent les cours d’eau en période sèche, limitent les crues et filtrent les pollutions. Les considérer comme des contraintes à lever est une erreur majeure. Cela aggravera le manque d’eau auquel nos territoires sont confrontés.
Que cela soit clair : l’agriculture traverse une crise profonde et se trouve en première ligne du dérèglement climatique. Des réponses fortes et concrètes doivent être apportées. Toutefois, cet impératif ne peut pas reposer sur les seules politiques de l’eau. Il ne peut pas non plus se faire en détruisant encore plus les milieux aquatiques. Enfin, il ne peut pas servir de prétexte pour anéantir des décennies d’instances et de gouvernance de l’eau.
Rétablir la confiance
Les orientations de la loi d’urgence n’apportent aucune réponse durable au monde agricole. Faut-il rappeler que l’agriculture dépend directement du bon fonctionnement du cycle de l’eau ? Mobiliser davantage la ressource à court terme, tout en fragilisant les équilibres qui la rendent disponible, c’est aggraver la situation et enfermer les agriculteurs dans une impasse. Le « bon sens paysan » aurait-il déserté les rangs des lobbyistes irrigants, principaux bénéficiaires de ces mesures dans la profession agricole ?
Les tensions autour de l’eau sont déjà une réalité pour les élus et les acteurs locaux. Le gouvernement et les législateurs devraient s’atteler à rétablir la confiance, largement écornée, entre l’Etat et les territoires, et non à déconstruire progressivement les instances qui permettent de nouer un dialogue et de prendre des mesures collectives. Face au changement climatique, l’urgence est de faire passer l’intérêt général avant les intérêts catégoriels. Cela ne pourra se faire qu’avec les territoires et dans leurs diversités, au plus près des bassins-versants et des décisions locales.
De nombreuses initiatives et bonnes pratiques existent déjà, qui sont le fruit de l’engagement d’élus, de collectifs citoyens, d’associations, d’entreprises, d’agriculteurs… Elles peuvent être des sources d’inspiration fertiles pour renouveler la démocratie de l’eau face aux controverses grandissantes, loin des coups de canifs incessants que certains lui donnent depuis quelques années déjà.
Jérémie Godet est président de l’établissement public territorial du bassin de la Vienne, président de la commission locale de l’eau de la Creuse et vice-président de la région Centre-Val de Loire (groupe Ecologie et solidarité).
Monique Barbut, ministre de la transition écologique : « Demain, la tension sur la ressource en eau nous concernera tous »
Tribune
Monique Barbut
Ministre de la transition écologique
Ludovic Roux
Président de la chambre d’agriculture de l’Aude
Hélène Sandragné
Présidente (PS) du conseil départemental de l’Aude
Au moment où le projet de loi d’urgence agricole arrive au Sénat, la ministre, le président de la chambre d’agriculture de l’Aude, Ludovic Roux, et la présidente du conseil départemental de l’Aude, Hélène Sandragné, affirment, dans une tribune au « Monde », l’urgence d’organiser durablement le partage de l’eau.
Hier à 06h00, modifié hier à 10h07 https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/06/30/monique-barbut-ministre-de-la-transition-ecologique-demain-la-tension-sur-la-ressource-en-eau-nous-concernera-tous_6717201_3232.html
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L’actualité nous le rappelle avec force : notre pays se réchauffe, ce qui signifie que les événements extrêmes tels que les canicules et les sécheresses vont se multiplier. Les conséquences des deux épisodes de chaleur que notre pays vient de connaître se font déjà ressentir sur les nappes phréatiques. Lundi 29 juin, 92 départements faisaient l’objet de mesures de restriction et 26 d’entre eux sont en situation d’urgence.
Demain, cette pénurie en eau pourrait devenir la norme : d’ici à 2050, nous pourrions connaître quatre fois plus de sécheresses qu’en 1960. Si cette perspective doit nous inquiéter collectivement, elle résonne tout particulièrement auprès du monde agricole. Lorsque l’eau vient à manquer, les sols deviennent moins fertiles, le niveau de production baisse et les revenus diminuent.
Face à ces difficultés et au besoin urgent d’y répondre, le projet de loi d’urgence agricole propose plusieurs mesures pour protéger l’accès des agriculteurs à l’eau. Il vise notamment à faciliter la mise en œuvre de projets de stockage, dès lors qu’ils sont discutés avec l’ensemble des acteurs locaux concernés que sont les agriculteurs, les collectivités ou les associations.
Pour autant, les débats autour de ce texte ne doivent pas occulter la question centrale qui leur est sous-jacente : comment organiser, dans la durée, le partage d’une ressource dont la disponibilité évolue sous l’effet du changement climatique ? Plus qu’une diminution uniforme, c’est une véritable arythmie de l’eau qui s’installe, alternant épisodes intenses et périodes plus longues sans précipitations.
Cette évolution appelle une adaptation collective de nos usages, non pour les opposer, mais pour mieux les articuler autour d’un même principe : l’eau est un bien commun, au service des équilibres des territoires. Car demain, la tension sur cette ressource nous concernera tous. L’exemple de l’Aude, territoire déjà marqué par la sécheresse et par le risque de désertification, met en avant le besoin de penser la répartition de l’eau à l’aune de l’ensemble des usages.
Si le stockage est une solution incontournable, les projets doivent être pensés pour bénéficier et donc sécuriser en même temps les besoins en eau pour les habitants, qui sont une priorité, la lutte contre les incendies, l’agriculture et la nature.
Réutilisation
Lorsqu’il s’agit du partage de l’eau, chacun est responsable de son usage. L’agriculture est déjà engagée dans cette transformation. Elle déploie des solutions concrètes pour apporter la juste dose aux cultures et aux animaux, et valoriser chaque goutte d’eau.
Là encore, ces solutions peuvent nous servir d’exemples. Là où le changement climatique est déjà une réalité, les agriculteurs s’adaptent déjà. Et nous, services de l’Etat, collectivités et chambres d’agriculture, devons accompagner ce mouvement. Dans l’Aude, ce travail a permis le déploiement de nombreux dispositifs pour économiser l’eau, notamment en investissant dans la rénovation des réseaux pour lutter contre les fuites ou en rendant plus efficient les systèmes d’irrigation. Il encourage aussi l’adaptation des cultures, en particulier grâce au développement de nouveaux cépages plus résistants à la sécheresse et adaptés aux terroirs et appellations locales.

Dans le département voisin des Pyrénées-Orientales, un système de réutilisation d’eaux usées pour un usage agricole, inauguré le 20 juin, permettra d’économiser chaque année 1,2 million de mètres cubes d’eau. Demain, ces solutions auront vocation à se multiplier sur l’ensemble du territoire. En particulier celles qui concernent la réutilisation, car la France ne réutilise que 1 % de ses eaux, contre 15 % en Espagne.
A côté de ces solutions, nous devons aussi veiller à la préservation de nos infrastructures de stockage naturel, telles que nos forêts, nos prairies ou encore nos zones humides dont la préservation reste également une priorité. L’agriculture de l’Aude est un levier de valorisation de ces espaces précieux. C’est en activant tous ces leviers, aux côtés de la mise en œuvre nécessaire de projets de stockage, que nous bâtirons une agriculture plus résiliente à la réalité du changement climatique.
C’est aussi ainsi que nous dessinerons des modèles de répartition de l’eau équilibrés selon les différents usages qui en sont faits, dans un cadre de gouvernance locale qui, nous le souhaitons, sera préservé. Nous pourrons, ainsi, éviter de futures guerres de l’eau.
Monique Barbut, ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature ; Ludovic Roux, président de la chambre d’agriculture de l’Aude ; Hélène Sandragné, présidente (Parti socialiste) du conseil départemental de l’Aude.