L’ARS supprime des subventions au planning familial de Gironde

Le Planning familial de Gironde redoute de disparaître, faute de subvention de l’agence régionale de santé

L’ARS juge les actions de l’association non « probantes ». La structure développe des actions d’information et d’orientation en matière de santé sexuelle, ainsi qu’un programme autour de la santé mentale en milieu scolaire. 

Le Monde avec AFPPublié hier à 18h19, modifié hier à 19h14 https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/06/22/le-planning-familial-de-gironde-redoute-de-disparaitre-faute-de-subvention-de-l-agence-regionale-de-sante_6708087_3224.html

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Lors d’une manifestation de soutien à l’interruption volontaire de grossesse, en marge des débats qui ont précédé l’introduction de ce droit dans la Constitution, à Paris, en février 2024.
Lors d’une manifestation de soutien à l’interruption volontaire de grossesse, en marge des débats qui ont précédé l’introduction de ce droit dans la Constitution, à Paris, en février 2024.  KIRAN RIDLEY / AFP

Le Planning familial de Gironde a écrit à la ministre de la santé pour l’alerter contre un risque de disparition après la suppression d’une subvention par l’agence régionale de santé (ARS), qui juge ses actions non « probantes ».

Cette subvention « représente un tiers de notre budget » et son retrait pour 2026, annoncé mercredi 17 juin, risque d’entraîner la suppression de quatre postes sur un total de 7,4 équivalents temps plein, a précisé lundi 22 juin lors d’une conférence de presse la directrice de l’antenne girondine du Planning, Marie-Liesse Montes. « On n’a pas de réserve économique, plus de trésorerie » pour financer d’éventuels licenciements, a-t-elle ajouté.

La coprésidente du Planning familial girondin, Annie Carraretto, a rappelé que l’association avait déjà dû chercher à « mobiliser » en 2024 pour obtenir le maintien de sa subvention que « l’ARS voulait diminuer de moitié ».

Grâce à ces 160 000 euros, la structure, également financée – à une hauteur moindre – par la délégation départementale au droit des femmes, le département ou la ville de Bordeaux, développe des actions d’information et d’orientation en matière de santé sexuelle, ainsi qu’un programme précoce de prévention et de promotion de la santé mentale en milieu scolaire (Prodas).

« Il y a quatre ans que l’ARS a décidé de ne plus financer que des actions de prévention probantes, c’est-à-dire qui ont fait preuve de leur efficacité, et nous avons donné quatre ans aux associations pour transformer leurs actions », a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) le directeur de l’ARS Nouvelle-Aquitaine, Benoît Elleboode.

« Nous avons même mis en place un appel à manifestation d’intérêt régional doté d’un million d’euros pour accompagner des projets afin qu’ils puissent devenir probants, mais ils ont choisi de ne pas y répondre », a-t-il ajouté, en assurant que la fédération de Gironde était une « exception » en Nouvelle-Aquitaine.

« Une uniformisation des pratiques »

« Notre fédération régionale a déposé une proposition pour une évaluation scientifique avec l’Inserm, ça coûte 180 000 euros, a rétorqué Mme Montes. On n’a jamais refusé de s’engager dans ces démarches mais on dénonce la vision extrêmement restrictive du concept de données probantes, car ils ignorent les expériences des professionnels de santé et des personnes concernées. »

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M. Elleboode, qui promet de rencontrer l’association pour discuter d’un « plan de dégressivité », assure que l’ARS a « récupéré plus de 10 millions d’euros en marges de manœuvre pour financer d’autres actions probantes en prévention », notamment des Maisons des femmes Santé rattachées à des hôpitaux et dévolues à la prise en charge des victimes de violences.

Mme Montes déplore, pour sa part, « un resserrement des politiques de prévention autour de l’hôpital » et la « mise à mal de tout le secteur associatif qui [su]rvient dans le champ de la prévention en santé »« Je pense que l’ARS veut beaucoup moins de types d’interventions mais que celles qui sont » choisies « soient massifiées », ajoute Coline Bost, coordinatrice régionale du Planning, qui déplore « une uniformisation des pratiques alors que les besoins d’un département à l’autre ne sont pas les mêmes ».

L’an dernier, le Planning familial national, association historique de défense du droit à la contraception, à l’avortement et à l’éducation à la sexualité, avait déjà dénoncé la baisse de ses financements publics partout en France.

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Le Monde avec AFP

Voir aussi:

*« Réduire les financements du Planning familial revient à sacrifier des santés et des droits »

Tribune

Collectif

L’association doit faire face à des coupes drastiques dans ses subventions, notamment au niveau local. Dans une tribune au « Monde », un collectif de personnalités et d’associations estime que ces décisions ne relèvent pas seulement d’un rigorisme comptable, mais de politiques conservatrices.

Publié le 16 juin 2025 à 07h00  https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/06/16/reduire-les-financements-du-planning-familial-revient-a-sacrifier-des-santes-et-des-droits_6613501_3232.html

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Fermetures d’antennes départementales du Planning familial, baisse des subventions, retraits d’agréments… La situation que vit le Planning familial est intenable. Il fait face à des coupes budgétaires sans précédent : le conseil départemental de la Drôme a décidé de fermer sept centres de santé sexuelle (sur douze) dans le département et de réduire de 20 % les subventions octroyées à l’association. Le département du Loiret a baissé de 10 % sa contribution au Planning familial, soit une perte de 47 000 euros, pouvant conduire à la suppression de deux postes. La présidente de la région Pays de la Loire a supprimé la totalité des aides allouées.

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Fermer un Planning familial ou baisser ses subventions, c’est arrêter les actions auprès des personnes qui en ont le plus besoin. Ce sont nos enfants, nos parents, nos amis, nos frères et sœurs qui se retrouvent face à des portes fermées, alors qu’ils et elles viennent chercher de l’écoute, du soutien et de l’information.

Le rôle du Planning familial, acteur de prévention, d’écoute, d’information et d’orientation, est plus que nécessaire. Cela fait soixante-dix ans qu’il est sur le terrain et propose un accueil inconditionnel, anonyme et gratuit. Plus de 2 000 militants, salariés et bénévoles et 82 associations départementales luttent chaque jour pour l’émancipation de toutes et tous. Chaque année, ce sont près de 500 000 personnes qui sont concernées par les actions du Planning familial. Les conséquences de ces coupes sont directes et concrètes : les infections sexuellement transmissibles (IST) explosent, et les besoins d’accompagnement augmentent face à la libération de la parole sur les discriminations et les violences. On coupe les moyens d’agir, mais les besoins, eux, augmentent. Sans le Planning, c’est la santé qu’on sacrifie. Sans le Planning, c’est le pouvoir d’agir et l’autonomie des personnes à choisir que l’on abandonne.

Droits acquis de haute lutte

Il ne s’agit pas ici d’une simple question budgétaire, ni d’un événement isolé restreint à quelques territoires : ce sont des attaques politiques contre les droits et santé sexuels et reproductifs (DSSR). L’austérité économique annoncée s’accompagne de choix politiques qui sont toujours en défaveur des associations et des services publics, et donc affectent en premier lieu les femmes, les personnes LGBTQIA+, les personnes migrantes, les jeunes et les plus précaires.

Réduire les financements du Planning familial revient à s’attaquer à l’accès à la contraception, à l’avortement, à la prévention des IST, à l’éducation à la sexualité, à la prise en charge des personnes victimes de violences sexuelles. C’est remettre en cause des droits acquis de haute lutte.

Ce constat s’inscrit dans un phénomène global de remise en cause des DSSR, exacerbé au niveau international. Ce cri d’alarme est d’autant plus important que la France ne fera pas exception.

Aux Etats-Unis, l’administration Trump met en place le Projet 2025, feuille de route autoritaire et conservatrice, qui a pour objectif de démanteler la démocratie en Amérique et dans le monde. Deux tiers des politiques mises en place par Trump depuis le début de son mandat figurent dans ce Projet 2025 aux conséquences catastrophiques. Le Planning familial n’y échappe pas. Selon un rapport de l’IPPF (Fédération internationale des plannings familiaux), les coupes budgétaires de l’administration Trump auront de terribles conséquences sur les quatre prochaines années : 3 844 décès maternels supplémentaires, 3,1 millions de grossesses non désirées supplémentaires ou encore 756 010 avortements dangereux supplémentaires.

Lire l’article de 2006 :  Le Planning familial, 50 ans et de nouveaux combats

Ces chiffres ne sont pas abstraits, ce sont des vies humaines. Ce sont aussi des droits humains entamés. Nous souhaitons que le Planning puisse continuer à se battre pour une société où chacune et chacun a le droit de disposer de son corps, de faire ses choix et d’être accompagné dignement.

Parmi les signataires : Annie Ernaux, autrice ; Judith Godrèche, actrice ; Rokhaya Diallo, éditorialiste ; Laura Felpin, actrice ; Lio, chanteuse. Retrouvez la liste complète des signataires ici.

Collectif

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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