Le système de santé peine à retrouver son efficacité d’avant le Covid-19

« L’espérance de vie progresse en France, malgré une mortalité préoccupante par infarctus ou AVC »

 Date de publication : 23 juin 2026 Temps de lecture: 3 min


Nathalie Raulin fait savoir dans Libération que « dans leur bilan annuel […], la Direction de la recherche, des études et de l’évaluation des statistiques, l’Inserm et Santé publique France ont décortiqué de façon exhaustive les volets médicaux des certificats de décès enregistrés en 2024, pour identifier les grandes causes médicales de mortalité. Une analyse précieuse pour identifier les grandes tendances épidémiologiques et guider la politique publique en santé ».


La journaliste observe que « ce nouveau cru recèle une bonne nouvelle et une moins bonne. La bonne, c’est qu’en 2024, l’espérance de vie à la naissance a progressé, atteignant 85,8 ans pour les femmes et 80,2 ans pour les hommes (soit environ 2 mois et demi de plus par rapport à 2023 »).
« Le taux de mortalité s’établit à 777,9 pour 100.000 habitants, en légère baisse par rapport à 2023. Aucun signe donc d’une dégradation majeure de la santé publique », note-t-elle.


Nathalie Raulin indique cependant que « la mortalité toutes causes demeure supérieure à ce que prédisaient les tendances prépandémiques (2015-2019). En clair, le système de santé peine à retrouver son efficacité d’avant le Covid-19 ».


Elle explique que « pour identifier là où le bât blesse, les chercheurs s’appliquent à quantifier l’impact des différentes pathologies dans le bilan macabre. Comme chaque année depuis 2005, les cancers sont les plus meurtriers, (173.502 victimes). Surtout, ils contribuent toujours à freiner la hausse de l’espérance de vie, un tiers des décès des moins de 65 ans leur étant imputables. […] Avec 136.081 décès (…), les maladies de l’appareil circulatoire (infarctus, AVC, insuffisance cardiaque) sont toujours la deuxième cause des décès. Et la tendance est cette fois préoccupante ».


Le rapport indique ainsi que « le taux standardisé de mortalité observé reste significativement supérieur à celui qui aurait été attendu si les tendances prépandémiques à la baisse s’étaient prolongées ».


Nathalie Raulin note un « même constat s’agissant des maladies respiratoires (hors Covid), responsables de 52 667 décès, plus encore qu’en 2023 ». Le rapport relève : « Cette augmentation s’explique notamment par une épidémie de grippe 2024-2025 caractérisée par un démarrage précoce, avec un pic atteint mi-janvier 2025, et la co-circulation des trois virus grippaux, qui en a fait une des épidémies grippales les plus sévères depuis 2009 ».


La journaliste explique en outre que « les chercheurs ont poussé l’analyse. Pour la première fois, leur bilan annuel s’intéresse aux comorbidités qui ont contribué au décès sans le provoquer, mettant en relief le poids des maladies chroniques et des facteurs de risque.

De fait, près d’un tiers des certificats de décès mentionne au moins une «cause associée». Souvent, il s’agit d’un cancer. Mais la fréquence de l’hypertension artérielle, principal facteur de risque de l’AVC, comme «cause associée» vaut signal d’alerte : près de 10% des certificats de décès des moins de 65 ans la mentionne, plus de 20% passé 85 ans… L’Assurance maladie ne s’y est pas trompée. Lancée au printemps, sa dernière campagne de prévention incite à l’automesure tensionnelle, clé d’un diagnostic précoce ».


Le Figaro note aussi que « cancers et maladies cardiovasculaires demeurent les premières causes de mortalité en France ».
Le journal relève également que « le taux de mortalité des Français a baissé à un niveau historiquement bas […], selon cette étude de référence. Mais, prévient-elle, cette mortalité «reste significativement supérieure à celle à laquelle aurait conduit la prolongation des tendances 2015-2019 ou 2012-2019», avant la pandémie de Covid qui avait provoqué un net rebond au début des années 2020 ».

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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