« Loi fin de vie : l’inquiétante logique économique »
Date de publication : 22 juin 2026 https://www.mediscoop.net/index.php?pageID=919e5ed2a193701c079784b0abfae9a4&id_newsletter=23980&liste=0&site_origine=revue_mediscoop&nuid=44baf5968540a6248a8065e80f2f7273&midn=23980&from=newsletter&slnk=9
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C’est ce que titre Le Figaro, qui note sur sa Une que « le texte controversé sur l’aide à mourir revient à l’Assemblée nationale pour la troisième fois. Des élus s’élèvent contre un projet qui serait motivé aussi par des considérations financières ».
Le journal observe :
« Alors que la réforme sur le grand âge a été abandonnée, que le déficit de la Sécurité sociale pourrait s’élever à 23,2 milliards d’euros et que le gouvernement cherche des économies à réaliser sur la santé, la crainte d’un choix de l’euthanasie ou du suicide assisté «par défaut», en raison de difficultés d’accès aux soins, s’invite dans le débat sur la loi sur la fin de vie.
La question des économies potentielles réalisées du fait de la mort de patients, elle, reste taboue ».
Dans un article intitulé « Aide à mourir : derrière la loi, la crainte d’un «coût social» et d’économies qui ne disent pas leur nom », Agnès Leclair remarque ainsi : « Liberté des patients ou interdit de tuer, «rupture anthropologique» ou garantie de «mourir sans souffrir», inquiétude des soignants…
En 3 ans de débats sur l’aide à mourir, il est peu de thèmes sur lesquels partisans et opposants de cette grande réforme sociétale ne se soient pas affrontés.
Ceux du coût financier et social de la réforme et de son adoption dans un contexte de restriction budgétaire, pourtant, ont eu plus de mal à émerger ».
La journaliste relève que « dans un contexte de dégradation des comptes de la Sécurité sociale, de crise de l’hôpital et de vieillissement de la population, alors que la fin de vie coûte cher, des élus […] invitent à ne pas faire l’impasse sur l’aspect «social» de cette réforme ».
Agnès Leclair observe que « la crainte d’un choix de l’aide à mourir «par défaut», pour des difficultés d’accès aux soins, taraude même des élus favorables au texte, comme le député communiste Yannick Monnet (GDR).
Ce dernier a déposé un amendement pour s’assurer que la personne qui demande un suicide assisté ait «pu bénéficier, si elle le souhaitait, d’un accompagnement et de soins palliatifs» ».
Frédéric Bizard, économiste de la santé, remarque cependant que « dans le contexte actuel, cette loi me paraît socialement régressive. En faire une priorité semble même incroyable alors qu’il nous faut redresser une Sécurité sociale dont l’avenir n’est en rien garanti. Le financement des soins palliatifs n’est pas non plus assuré à long terme. La protection des plus vulnérables en fin de vie pourrait être considérablement fragilisée ».
Agnès Leclair continue : « La question des économies est encore plus taboue. En privé, certains acteurs du débat ironisent. […] Le militantisme de certaines mutuelles en faveur de l’euthanasie et du suicide assisté […] a accru les inquiétudes. Mais, en public, peu osent aborder le sujet ».
Yves-Marie Doublet, docteur en droit, déclare que « c’est un impensé du débat. L’aide à mourir aurait pour effet une diminution des dépenses de santé, bien que cet objectif ne soit pas ouvertement assumé. On ne peut pas dire que la question des économies soit un objectif de la loi. Mais faut-il pour autant faire l’impasse sur la question ? En France, on refuse d’en parler, car cela peut faire peur ».
Aide à mourir : derrière la loi, la crainte d’un « coût social » et d’économies qui ne disent pas leur nom
Par Agnès Leclair

Le texte légalisant l’aide à mourir sera examiné en troisième lecture à l’Assemblée nationale à partir de ce lundi, après deux rejets successifs au Sénat. Chinnapong – stock.adobe.com
DÉCRYPTAGE – Dans un contexte de réductions des dépenses de santé, des opposants à cette réforme redoutent que l’euthanasie et le suicide assisté ne se développent par « défaut de soin ». La question des économies réalisées avec la loi reste également taboue.
C’est la dernière ligne droite. Le texte légalisant l’aide à mourir va être débattu en troisième lecture à l’Assemblée nationale à partir de lundi. Le Sénat l’a rejeté deux fois mais les défenseurs de cette grande réforme sociétale sont déterminés à franchir rapidement cette nouvelle étape au Palais Bourbon pour permettre le vote solennel du texte le 15 juillet.
Depuis le projet de loi défendu par Emmanuel Macron en mai 2024, le texte a évolué. Mi-juin, en commission, les députés ont penché pour le libre choix entre euthanasie et suicide assisté. Un changement majeur alors que l’euthanasie était au départ prévue comme exception pour les personnes en incapacité physique d’effectuer le geste. En séance, la version initiale pourrait être rétablie au nom de « l’équilibre » du texte. Le gouvernement a également fait un geste en direction des soignants inquiets en appuyant la suppression du « délit d’entrave » qui devait punir de 2 ans de prison et 30.000 euros d’amende les pressions…
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