Présence d’E133 dans une majorité des sirops de menthe, colorant qui est suspecté de contribuer à des troubles, de l’attention.

Des sirops de menthe trop verts : Yuka alerte contre le colorant bleu brillant FCF

L’application dénonce la présence d’E133 dans une majorité des sirops de menthe, alors que ce colorant est suspecté de contribuer à certains troubles, notamment de l’attention. Elle demande aux industriels de généraliser les versions transparentes. 

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aujourd’hui à 06h00 https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/06/16/des-sirops-de-menthe-trop-verts-yuka-alerte-contre-le-colorant-bleu-brillant-fcf_6703478_3244.html?lmd_medium=email&lmd_campaign=trf_newsletters_lmfr&lmd_creation=a_la_une&lmd_send_date=20260616&lmd_link=lecturedujour-btn&M_BT=53496897516380

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Des verres de menthe à l’eau (photo d’illustration).
Des verres de menthe à l’eau (photo d’illustration).  BRISBOIS/WIKHOLM/PHOTONONSTOP

Leur couleur vert éclatant orne les tables de kermesses d’école ou les terrasses des cafés, mais elle n’a rien de naturel : si la majorité des sirops de menthe vendus en France se teintent d’émeraude, c’est essentiellement pour répondre à des attentes de consommation héritées de décennies d’habitudes et de marketing. Tandis que le vert des feuilles de menthe est le résultat du processus de photosynthèse, les sirops industriels, obtenus à partir d’arômes issus des composés de la plante, sont naturellement incolores ou jaunâtres. Pour leur faire arborer cette nuance distinctive, une partie des fabricants leur ajoutent un colorant de synthèse, le bleu brillant FCF, aussi désigné par le code E133 – auquel ils associent un colorant jaune ou caramel pour obtenir le vert.

Problème : le bleu brillant FCF n’est pas sans risque pour la santé et est suspecté de contribuer à différents troubles sanitaires. Dénonçant un additif cosmétique, qui ne répond qu’à un enjeu esthétique, l’application mobile indépendante Yuka – qui permet de scanner des produits et d’évaluer leur profil nutritionnel et sanitaire, et qui revendique 85 millions d’utilisateurs dans 12 pays – lance une campagne, mardi 16 juin, pour demander aux fabricants de retirer l’E133 de leurs produits et de généraliser les versions transparentes, sans surcoût pour les consommateurs.

Selon un décompte effectué par Yuka sur sa base de données, 65 % des références commercialisées en France contiennent l’E133. C’est notamment le cas du sirop Teisseire, le leader du marché, de nombreux produits des marques distributeurs, mais aussi de la Maison Guiot ou de Monin, qui vantent dans leur communication un savoir-faire traditionnel et des arômes naturels. Interrogés par Yuka, la plupart des industriels invoquent des codes de marché et des attentes des consommateurs pour justifier l’utilisation de ce colorant.

Version transparente plus chère

S’il est autorisé dans la réglementation européenne, l’E133 fait l’objet de doses journalières admissibles (DJA). L’Agence européenne de sécurité des aliments (EFSA) a exclu, en 2010, les risques cancérigènes, génotoxiques et reprotoxiques, mais des études ultérieures suggèrent des risques potentiels pour le génome et les cellules. Par ailleurs, une méta-analyse, publiée en 2012dans la revue American Academy of Child and Adolescent Psychiatry, conclut à un effet potentiel des colorants artificiels sur certains troubles de l’attention. « Même si le niveau de preuve est faible (…), écrivaient les auteurs de l’étude, il est trop significatif pour être ignoré. » Or l’EFSA a reconnu que les enfants, en raison de leurs habitudes de consommation, présentent un risque de dépassement de la DJA.

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Yuka souligne que les industriels ont déjà développé des versions transparentes, toutefois plus difficiles à trouver en rayon et plus chères (23 % de plus chez Teisseire, par exemple). « Les différences de prix sont essentiellement liées au volume de ventes », constate Julie Chapon, cofondatrice de Yuka. Beaucoup de marques réservent en outre le sirop transparent à leur gamme bio (pour laquelle l’E133 est interdit), plus onéreuse.

A l’image des jambons sans nitrite plus chers que leurs équivalents standards, Yuka dénonce un marché à deux vitesses, où les options les plus saines sont les plus coûteuses. « On n’est pas loin de faire basculer le marché, mais les industriels avec qui on échange depuis plusieurs mois attendent tous que l’un d’eux lance le mouvement », note Julie Chapon, qui compte sur cette campagne pour faire changer le regard des consommateurs sur leur diabolo menthe.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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