« Les médicaments anti-obésité désormais remboursés : “Ce traitement a changé ma vie” »
Date de publication : 15 juin 2026 https://www.mediscoop.net/index.php?pageID=f9850e97828a77d7986463baa097bb98&id_newsletter=23942&liste=0&site_origine=revue_mediscoop&nuid=44baf5968540a6248a8065e80f2f7273&midn=23942&from=newsletter&slnk=7
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Cassandre Leray indique dans Libération qu’« à partir de ce lundi 15 juin, près d’un million de patients pourraient se voir rembourser par l’Assurance maladie les injections aux effets amaigrissants. Une avancée dont se félicitent les personnes concernées, qui s’inquiètent néanmoins des limites d’accès qui vont laisser des malades sur le carreau ».
La journaliste rappelle que « depuis fin 2024, ces molécules analogues du «GLP-1» [sémaglutide et tirzépatide], qui reproduisent l’action de l’hormone intestinale impliquée notamment dans la sécrétion d’insuline et la sensation de satiété, étaient certes commercialisées en France et accessibles sur ordonnance sous conditions strictes.
Mais le coût des quatre injections mensuelles pouvait atteindre 250 à 360 euros, et le produit restait à la charge des patients ».
Cassandre Leray note que « la France devient ainsi le premier pays de l’Union européenne à rembourser ces médicaments spécifiquement pour l’obésité. Selon Stéphanie Rist, la ministre de la Santé, cette mesure coûtera une «centaine de millions d’euros» par an, pour un million de potentiels bénéficiaires sur les plus de 8 millions de personnes obèses en France ».
« Elle ne concerne que les patients dont l’indice de masse corporelle (IMC) est supérieur à 40, ou supérieur à 35 avec des affections associées comme le diabète, l’hypertension artérielle ou l’apnée du sommeil.
Et ce, seulement en deuxième intention, après l’échec d’une prise en charge nutritionnelle structurée », précise la journaliste.
Elle ajoute que « la première ordonnance […] ne peut être réalisée que par certains professionnels : médecins spécialistes exerçant dans des centres spécialisés obésité (CSO) ou en lien avec l’un d’eux, spécialistes hospitaliers concernés, structures de soins médicaux et de réadaptation ayant la mention adaptée ainsi que médecins coordinateurs de parcours renforcés «obésité complexe».
Le renouvellement, lui, pourra être proposé par un médecin de ville pendant un an ».
« Des limitations que le ministère de la Santé justifie par «le mode d’administration (injection sous-cutanée), sa place dans la stratégie thérapeutique (traitement suite à un échec de la première ligne) et les incertitudes liées à un effet rebond à l’arrêt du traitement» », poursuit Cassandre Leray.
La journaliste note que « si les bénéfices de ces traitements sont documentés, [Karine Clément, spécialiste des obésités à la Pitié-Salpêtrière et directrice d’unité à l’Inserm] le rappelle toutefois : il ne s’agit pas de «médicaments magiques» ».
Cette dernière déclare que « leur usage doit s’accompagner d’un suivi global autour de la nutrition, de l’activité physique, de la lutte contre la sédentarité, et, si nécessaire, d’un soutien psychologique ».
Le Figaro observe pour sa part que « le phénomène des nouveaux médicaments antiobésité s’installe en France ».
La Dr Géraldine Skurnik, endocrinologue, déclare ainsi : « En 15 jours, j’ai reçu l’appel d’une quinzaine de patients espérant pouvoir être traités avec le Mounjaro ou le Wegovy. Et depuis lors, une vingtaine, dont les rendez-vous étaient déjà prévus, est éligible au remboursement ».
Marie Bartnik relève que « l’attente suscitée par ce remboursement est à la hauteur des effets induits par [les médicaments]. Tous deux promettent une perte de poids d’en moyenne 15%, tant que le patient reste sous traitement ».
« Outre leur impact sur la silhouette, ils ont des effets positifs sur le diabète de type 2, la santé cardio-vasculaire, rénale ou l’apnée du sommeil. Selon certaines études, ils pourraient même limiter la dépendance (alcool, tabac, drogues…) et contribueraient à protéger contre le risque de maladie d’Alzheimer », observe la journaliste.
Elle note ainsi : « On ne compte plus, sur les réseaux sociaux, les influenceurs qui documentent les miracles opérés par ces médicaments sur leur silhouette ». L’ANSM souligne que « les cas de mésusages sont avérés, y compris le détournement à des fins esthétiques ».
Marie Bartnik continue : « Les Français s’apprêtent à marcher sur les traces des patients américains, où ces médicaments sont disponibles depuis 2021. Dans ce pays où la prévalence de l’obésité est bien plus élevée qu’en France, plus de 12% de la population y est déjà sous traitement ».
La journaliste observe en outre que « les modalités de remboursement fixées par l’Assurance-maladie font des heureux. Mais elles génèrent aussi de la déception parmi les patients dont le traitement n’est pas pris en charge ». La Dre Skurnik indique que « ceux dont l’IMC est à 33 et qui souffrent de pathologies associées telle que l’hypertension ou l’apnée du sommeil vont être très frustrés ».
« Remboursement du Wegovy et du Mounjaro : des médicaments anti-obésité aux nombreux effets indésirables »
Date de publication : 15 juin 2026 https://www.mediscoop.net/index.php?pageID=c1295b4f74eb6f9d9faf99bdc076ce5d&id_newsletter=23942&liste=0&site_origine=revue_mediscoop&nuid=44baf5968540a6248a8065e80f2f7273&midn=23942&from=newsletter&slnk=9
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Bénédicte Lutaud évoque dans Le Figaro « un soulagement pour les patients : depuis ce lundi, les médicaments amaigrissants Wegovy (sémaglutide) et Mounjaro (tirzépatide) sont pris en charge à 65% pour les personnes atteintes d’obésité massive sans comorbidité ou d’obésité sévère avec comorbidité ».
La journaliste explique que « la primo-prescription ouvrant droit au remboursement est réservée aux médecins exerçant dans un centre spécialisé obésité (CSO) ou aux endocrinologues en lien avec un CSO. Les généralistes peuvent toutefois continuer à les prescrire sans prise en charge (pour un coût d’environ 300 euros par mois) ».
« Un choix critiqué par certains professionnels de santé, qui craignent un mésusage «à des fins esthétiques». Administrés par injection sous-cutanée, ces traitements entraînent une perte de poids de 15 à 25% selon les patients. Mais les spécialistes le rappellent, ils sont destinés à des personnes malades, en seconde intention, et nécessitent un suivi médical », souligne Bénédicte Lutaud.
Elle rappelle en effet que « s’ils sont très efficaces, ces médicaments ne sont pas sans risque » et fait un « tour d’horizon des effets secondaires ».
Bénédicte Lutaud indique notamment que « les effets indésirables les plus fréquents concernent les troubles digestifs, d’intensité légère à modérée ». Emmanuel Disse, chef de service nutrition de l’hôpital Lyon Sud, évoque « la nausée (40% des patients), la diarrhée et la constipation (20 %), les vomissements (10 à 15 %) ».
La journaliste poursuit : « On rapporte également des maux de ventre et… des rots de soufre (avec une odeur désagréable d’œuf pourri).
Ces troubles sont liés au ralentissement de la vidange gastrique provoqué par les molécules actives des médicaments, les «analogues du GLP-1», qui imitent les hormones de la satiété. Ils surviennent surtout lors de l’augmentation progressive des doses et sont généralement temporaires ».
Bénédicte Lutaud relève qu’« un autre effet identifié plus récemment est la dysesthésie, une sensation neurologique anormale provoquant fourmillements ou brûlures. Elle concerne «entre 5 et 10% des gens à grosses doses», selon Emmanuel Disse ».
La journaliste évoque en outre « fatigue, carences et perte musculaire. […] Les patients les plus fragiles – notamment les personnes âgées de 70 ans et plus, celles ayant des antécédents de chirurgie de l’obésité, sous corticoïdes ou en situation de précarité – peuvent bénéficier d’une supplémentation multivitaminée et d’un suivi diététique ».
« Des risques psychiques doivent également être surveillés », continue Bénédicte Lutaud. Emmanuel Disse indique que « si dans le passé, des gens ont fait de l’anorexie, ils peuvent être contents de ne plus avoir envie de manger et redévelopper ce trouble ».
Boris Hansel, chef de l’unité nutrition-prévention de l’hôpital Bichat, ajoute que « quelqu’un qui perd rapidement du poids peut avoir un trouble de l’humeur. L’image corporelle et la relation aux autres peuvent être impactées ».
Bénédicte Lutaud souligne par ailleurs que « les effets secondaires et les injections hebdomadaires compliquent l’adhésion, et selon le Pr Hansel «la moitié des patients qui démarrent le traitement l’arrêtent dans les 12 premiers mois» ».
« Remboursement des médicaments antiobésité : les centres spécialisés “dans les starting-blocks” pour accueillir des patients »
Date de publication : 15 juin 2026 https://www.mediscoop.net/index.php?pageID=2bf3d076cdda8d4335369fb9fb921cb6&id_newsletter=23942&liste=0&site_origine=revue_mediscoop&nuid=44baf5968540a6248a8065e80f2f7273&midn=23942&from=newsletter&slnk=8
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Mattea Battaglia constate en effet dans Le Monde que« le compte à rebours est lancé avant l’entrée en vigueur du remboursement des traitements antiobésité Wegovy (sémaglutide) et Mounjaro (tirzépatide), lundi 15 juin, et, pour les secrétaires du centre spécialisé de l’obésité (CSO) de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière (AP-HP), à Paris, les sollicitations, ces derniers jours, ont bondi ».
La journaliste relève : « Quelque 250 demandes de «première consultation» en une semaine : voilà comment on résume, ici, les attentes des patients pour ces médicaments dont la prise en charge, à hauteur de 65% par l’Assurance-maladie, a été annoncée dans ces mêmes locaux, le 28 mai, par la ministre de la santé, Stéphanie Rist ».
Mattea Battaglia cite la Pre Judith Aron-Wisnewsky, « qui exerce au sein du service de nutrition de la Pitié-Salpêtrière, un centre névralgique du CSO parisien ». La praticienne déclare qu’« on voit venir la vague. Le cadrage est complexe, mais les patients ont compris le message général, et ils sont dans les starting-blocks ».
La journaliste observe que « la pression monte dans ce service, dont les 12 lits d’hospitalisation, réservés aux cas les plus complexes (IMC supérieur à 50), sont déjà occupés.
Même chose concernant les créneaux d’hospitalisation de jour qui accueillent, chaque année, quelque 2000 patients en ambulatoire – un chiffre en hausse de 20% en 3 ans ».
La Pre Christine Poitou-Bernert, cheffe du service, remarque : « Les traitements médicamenteux sont porteurs d’espoirs, parce qu’ils permettent d’escompter une perte de poids significative, mais aussi parce qu’ils améliorent de nombreuses maladies associées à l’obésité, comme l’apnée du sommeil, les douleurs chroniques, l’hypertension ».
« Elle est là, la révolution thérapeutique attendue : dans l’impact sur la santé globale des patients. Mais ces traitements ne viennent qu’en deuxième intention, si les patients ont modifié leur mode de vie, notamment l’alimentation et l’activité physique, et s’ils le prennent sur le temps long », continue la spécialiste
Mattea Battaglia rappelle ainsi qu’« à l’arrêt du traitement, une reprise de poids rapide est observée ».
Le Pr François Pattou, responsable du centre spécialisé de l’obésité du CHU de Lille, déclare : « Jusqu’à présent, quand on présentait aux patients, en consultation, l’option médicamenteuse, dans 4 cas sur 5, ils déclinaient. Un traitement à 3000 euros l’année, c’est évidemment un frein. Là, on rebat les cartes ; on va pouvoir proposer un parcours plus panaché, avec médicaments ou chirurgie – les deux, parfois, successivement pour le même patient ; et, toujours, un accompagnement individualisé ».
La journaliste relève qu’« en dix jours, son service a reçu «autant de sollicitations qu’en une année» ».
Le Pr Emmanuel Disse, chef du service de nutrition au CSO des Hospices civils de Lyon, indique quant à lui que « l’objectif est de réussir à suivre 500 patients de plus, alors qu’on en reçoit déjà 900 chaque année pour démarrer une prise en charge pour une obésité complexe ».
Dans un autre article intitulé « Le remboursement des traitements anti-obésité, une équation complexe pour l’Assurance-maladie », Zeliha Chaffin remarque que « les médicaments anti-obésité […] placent les administrations de santé face à une question épineuse : les financer coûtera-t-il moins cher que d’assumer le coût de l’obésité et de ses complications ? ».
La journaliste rappelle en effet que « l’obésité ne se résume pas à un excès de poids. Elle constitue un facteur de risque majeur de nombreuses complications et pathologies, dont certaines très coûteuses pour la solidarité nationale : diabète de type 2 (80% des personnes qui en souffrent sont en surpoids ou obèses), hypertension artérielle, maladies cardiovasculaires, certains cancers, stéatose hépatique non alcoolique, syndrome d’apnées du sommeil, maladies respiratoires ou encore affections articulaires… ».