La contamination au chlordécone des aliments mesurée aux Antilles avec l’ANSES (ChorExpo).

Chlordécone : une étude caractérise l’exposition alimentaire des habitants de Guadeloupe et de Martinique

Risques  |  08.06.2026  |  https://www.actu-environnement.com/ae/news/chlordecone-exposition-alimentaire-antilles-48109.php4#ntrack=cXVvdGlkaWVubmV8NDAyNQ%3D%3D%5BNDExMDgz%5D

C. Girardin Lang

Chlordécone : une étude caractérise l'exposition alimentaire des habitants de Guadeloupe et de Martinique

© Christian

Deux jours après l’adoption de la proposition de loivisant à reconnaître la responsabilité de l’État et à indemniser les victimes du chlordécone par l’Assemblée nationale, l’agence natinale de sécurité sanitaire (Anses) a publié les résultats de son étude ChlorExpo (1) .

Initiée en 2021, dans le cadre de la Stratégie Chlordécone, cette étude a mesuré pour la première fois la contamination au chlordécone des aliments tels qu’obtenus et consommés en Guadeloupe et en Martinique.

Utilisé jusqu’en 1993 dans les bananeraies des Antilles, ce pesticide organochloré est classé cancérogène possible et perturbateur endocrinien chez l’Homme. En raison de sa forte persistance dans l’environnement, il pollue encore aujourd’hui les sols et les eaux douces et marines, et contamine les productions agricoles végétales et animales et les produits de la pêche. Pour la population générale, la principale voie d’exposition des populations vivant aux Antilles est la voie alimentaire.

L’étude a porté sur environ 1 500 foyers et a analysé 45 types d’aliments (fruits, légumes, tubercules, viandes, œufs et produits de la pêche) issus de différentes sources d’approvisionnement (commerces, marchés, ventes en bord de route, autoproduction…). Les résultats sont plutôt encourageants : les analyses réalisées sur les échantillons suggèrent des niveaux de contamination en chlordécone inférieurs à ceux observés dans les études antérieures, en particulier pour les légumes et les légumes racines. La substance n’a pas été détectée dans les échantillons de fruits. Les produits de la pêche et les œufs restent les aliments qui présentent les teneurs les plus élevées en chlordécone, particulièrement ceux provenant de circuits informels (autoproduction, pêche de loisir, vente en bords de route et dons). Dans la très grande majorité des cas, les tests réalisés ne révèlent pas d’effet statistiquement significatif de la cuisson sur les niveaux de contamination, ce qui rend difficile la mise en évidence d’un éventuel effet de la cuisson.

Afin de limiter l’exposition à ce pesticide, l’Anses recommande de ne pas consommer de produits d’eau douce issus des zones d’interdiction de pêche, ou de limiter la consommation de certains produits issus de la pêche en mer. L’agence recommande également la mise en place d’un dispositif de suivi dans le temps de l’impact des mesures de gestion sur la contamination des aliments.

Enfin, lorsque les fréquences de consommation seront actualisées par l’étude Kannari 2, actuellement en cours de finalisation par Santé publique France, les résultats de ChlorExpo seront utilisés pour réévaluer les risques sanitaires associés à l’exposition au chlordécone dans les aliments. « Cette évaluation permettra de mettre à jour les recommandations pour limiter l’exposition au chlordécone, avec des assouplissements en perspective », précise l’Anses.

1. Consulter l’étude
https://www.actu-environnement.com/media/pdf/news-48109-avis-anses-chlordecone.pdf

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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