« Médecins spécialistes : un rapport somme l’exécutif de réguler les dépassements d’honoraires »
Date de publication : 9 juin 2026
Temps de lecture: 4 min


Nathalie Raulin remarque en effet dans Libération : « C’est une alerte stridente. A moins d’y mettre rapidement bon ordre, les dépassements d’honoraires réclamés par les médecins spécialistes risquent de compromettre un peu plus l’égalité d’accès à la santé en France ».
La journaliste explique que « dans un rapport […], le Haut conseil pour l’avenir de l’assurance maladie (HCAAM) tire les conséquences de l’état des lieux dressé en octobre ».
Yann-Gaël Amghar, son président, souligne qu’« il est urgent d’agir. Aujourd’hui, 56% des praticiens exercent en secteur 2, avec liberté tarifaire. […] Sans régulation, à comportement constant, ils seront 90% en 2040.
Cela préfigure, à terme, une quasi-disparition des médecins en secteur 1, dont les tarifs sont opposables ».
Nathalie Raulin observe : « De quoi augurer un coup de massue sur les malades condamnés à voir flamber leur reste à charge ou leurs cotisations aux complémentaires.
Car l’addition promet d’être salée. En hausse de 5% par an en valeur réelle (donc hors inflation) depuis 2019, les dépassements d’honoraires atteignaient déjà 4,3 milliards d’euros en 2024 ».
Yann-Gaël Amghar précise qu’« à ce rythme, leur montant global pourrait avoir plus que doublé en 2040 pour atteindre 10 milliards d’euros ».
La journaliste note que « le HCAAM s’attaque au remède. Son rapport explore trois scénarios pour éviter le mur ».
Yann-Gaël Amghar indique ainsi : « Notre objectif est d’améliorer l’accès des patients à une offre de soins à tarif opposable remboursé à 100% par la Sécu, et de leur éviter de subir des restes à charge élevés et imprévisibles. Pour y arriver, on peut jouer sur deux leviers : les conditions d’accès des praticiens au secteur 2 et le niveau des dépassements d’honoraires ».
Nathalie Raulin observe que « le premier scénario, le plus radical, propose d’en finir à terme avec les dépassements d’honoraires. L’idée ?
Interdire aux jeunes spécialistes l’accès au secteur 2 et plafonner progressivement les dépassements des médecins déjà installés. […] «Mais c’est un scénario politiquement peu probable», admet le président du Haut Conseil ».
La journaliste indique que « le HCAAM propose une deuxième option, nettement moins ambitieuse. Il s’agirait principalement de restreindre les conditions d’accès au secteur 2. Seuls les anciens chefs de clinique (de jeunes spécialistes passés par un hôpital universitaire après leur internat) pourraient y prétendre. Ils devraient en outre justifier de dix ans d’expérience avant de pouvoir facturer des dépassements, par ailleurs plafonnés à 150% du tarif Sécu ».
« Mais pour les patients, le système resterait illisible. Surtout rien ne dit que les médecins restants en secteur 2 n’en profiteraient pas pour augmenter un peu plus leurs tarifs. Au final, pour le HCAAM, une telle réforme ne suffirait pas à enrayer les dérives », poursuit Nathalie Raulin.
Elle retient que « c’est donc un troisième scénario qui a la faveur du haut fonctionnaire. Dans ce dernier, l’accent est cette fois mis sur la régulation des pratiques tarifaires. […] Il s’agirait de créer un droit au tarif opposable sous condition de ressources. Concrètement, au-delà des plus précaires (C2S), 20% à 40% des Français les plus modestes auraient un droit «objectif» à ne payer aucun dépassement ».
« Pour les autres, les dépassements seraient strictement plafonnés par acte (et non plus en moyenne annuelle), par exemple à 50% ou 100% du tarif Sécu », précise la journaliste.
Yann-Gaël Amghar déclare que « sur le long terme, cela permettrait de résorber les dépassements et de rééquilibrer les revenus entre les professionnels exerçant en secteur 1 et 2, et au sein du secteur 2 ».
Jean Cittone évoque également dans Le Figaro « les propositions chocs des experts pour faire face à l’explosion des dépassements d’honoraires ».
Le journaliste note ainsi : « C’est un immense pavé que le Haut Conseil pour l’avenir de l’Assurance-maladie (HCAAM) vient de lancer dans la mare du débat public. […] L’instance de réflexion estime que les dépassements d’honoraires des médecins spécialistes pourraient atteindre plus de 10 milliards d’euros par an en 2040 ».
« Ces dépassements entraînent un reste à charge financier important pour les patients, confrontés à des tarifs parfois prohibitifs, non pris en charge par la Sécurité sociale. Pour y faire face, le HCAAM a formulé plusieurs mesures chocs, mais dont la mise en œuvre est toutefois loin d’être acquise », remarque Jean Cittone.
Il explique aussi qu’« elles consistent principalement à piloter l’installation des médecins. […] Ces pistes, qui provoqueraient une révolution dans les relations entre la Sécu et les soignants, sont explosives ».
Santé : près de 50% des spécialistes pratiquent des dépassements d’honoraires, en 2040, cela pourrait atteindre 90%
Publié le mardi 9 juin 2026 à 06:21 https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-6h20/l-invite-de-6h20-du-mardi-09-juin-2026-6578756?at_medium=newsletter&at_campaign=inter_quoti_edito&at_chaine=france_inter&at_date=2026-06-09&at_position=2
Le Haut Conseil pour l’avenir de l’assurance maladie (HCAAM) publie un nouveau rapport ce mardi sur les dépassements d’honoraires, dans lequel il propose trois scénarios pour réguler ces pratiques. Son président, Yann-Gaël Amghar, les détaille au micro de France Inter.
Aujourd’hui, vous avez un risque sur deux de devoir payer plus cher que le tarif de l’Assurance maladie en vous rendant chez un spécialiste, selon le nouveau rapport publié par le Haut Conseil pour l’Assurance maladie (HCAAM) mardi 9 juin. En 2040, ce sont près de 90% des spécialistes qui seront en secteur 2 selon ces projections, alors que « trois quarts des jeunes qui s’installent comme spécialistes s’installent en secteur 2 », détaille le président du HCAAM, Yann-Gaël Amghar, invité de France Inter. « La situation est préoccupante. »
C’est pourquoi le Haut Conseil propose trois scénarios pour réguler ces pratiques, qui sont parfois injustes, Yann-Gaël Amghar. « Les dépassements d’honoraires créent, pour les patients, des restes à charge qui peuvent être élevés, notamment quand cela se cumule, et qui ne tiennent pas compte de la situation financière des patients », déplore-t-il. Aujourd’hui, « on mesure que le reste à charge peut être très élevé pour des personnes en situation modeste, on peut atteindre 800 euros en moyenne pour quelqu’un qui se fait poser une prothèse de hanche », précise-t-il.
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Certains professionnels de santé justifient ces dépassements par le manque de revalorisation salariale et le coûts des équipements, mais ça n’est « qu’une partie de l »explication » selon Yann-Gaël Amghar, qui reconnaît néanmoins qu‘il existe certaines spécialités qui sont moins bien rémunérées, comme pour « les psychiatres, les pédiatres et les gynécologues ».
« On a un médecin sur huit, parmi ceux qui sont en secteur 2, qui pratique plus de deux fois et demi le tarif de la Sécu, explique le président du HCAAM. Donc ça veut dire que, oui, en partie, notamment pour certaines spécialités, les dépassements compensent des tarifs qui sont bas, mais les dépassements, c’est aussi le résultat de médecins qui obtiennent une rémunération de leur travail nettement plus élevée que celle de leurs confrères. »
Dépassements d’honoraires des médecins spécialistes : les propositions chocs des experts pour faire face à leur explosion
Ils pourraient dépasser 10 milliards d’euros en 2040, soit deux fois plus qu’en 2025, selon le Haut conseil pour l’avenir de l’Assurance-maladie.
C’est un immense pavé que le Haut Conseil pour l’avenir de l’Assurance-maladie (HCAAM) vient de lancer dans la mare du débat public. Dans un rapport publié ce mardi, l’instance de réflexion estime que les dépassements d’honoraires des médecins spécialistes pourraient atteindre plus de 10 milliards d’euros par an en 2040, contre 4,7 milliards en 2025. Ces dépassements entraînent un reste à charge financier important pour les patients, confrontés à des tarifs parfois prohibitifs, non pris en charge par la Sécurité sociale. Pour y faire face, le HCAAM a formulé plusieurs mesures chocs, mais dont la mise en œuvre est toutefois loin d’être acquise.
Elles consistent principalement à piloter l’installation des médecins qui, aujourd’hui, peuvent opter pour le secteur 1 (tarifs fixés avec l’Assurance-maladie, remboursés à 70 %, sans dépassements), le secteur 2 (dépassements possibles avec « tact et mesure ») ou le secteur 3 (pas de remboursement).
Les pouvoirs publics pourraient d’abord « assurer…