La France renforce la protection de trois aires marines et lance un plan d’action contre la pollution au plastique
Publié le lundi 8 juin 2026 à 06:21
L’invité de 6h20
Par Mathilde MunosSuivre
Catherine Chabaud, ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche, annonce ce lundi matin sur France Inter que la France va renforcer les efforts de protections de trois aires marines. Un grand plan de lutte contre la pollution au plastique est aussi en préparation.
« On vient renforcer par trois zones » les aires marines protégées en France, annonce lundi matin sur France Inter Catherine Chabaud, ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche. La ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche assure maintenir le cap fixé lors de la 3ème conférence de l’ONU sur les océans l’année dernière à Nice. La France a désormais « plus de 14,8% de ses eaux placées désormais en protection forte », contre 4,8% avant, a précisé le gouvernement. Les aires marines protégées (AMP), sont ces espaces délimités en mer qui répondent à des objectifs de protection de la biodiversité marine.
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Sommet sur les océans à Nice : quelles sont les protections attendues ?
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Les zones où la protection va être renforcée sont « les Terres australes et antarctiques françaises, avec 900 000 km², dans une zone qui est au large, où les fonds sont au-delà de 2 500 mètres de fond, dans une autre zone en Guadeloupe, des récifs coralliens où il y a des tortues, et puis, dans la Baie d’Audierne, sur le littoral breton, à un endroit où il y a un oiseau qui s’appelle le Gravelot à collier interrompu, pendant la période de nidification, on interdit les chiens et les voitures », énumère Catherine Chabaud.
Certaines de ces zones, comme les Terres australes, sont déjà protégées, mais « l’idée c’est d’avoir ce qu’on appelle un label de zones de protection forte où on prend des mesures qui renforcent la protection, explique la ministre, en dessous du niveau le plus haut, celui de zone de protection stricte. « La particularité » de cette démarche, « c’est que nous créons des aires marines protégées là où il y a des activités, où on définit avec les scientifiques » des zones où « à certains endroits, on interdit » des activités comme la pêche, et « à d’autres, on régule, on les encadre, c’est tout l’objet ». « Il y a beaucoup d’endroits où nous interdisons complètement les activités, mais en fin de compte, tout l’enjeu, c’est d’arriver à faire progresser aussi les activités pour les rendre moins impactantes. »
80% des pollutions plastiques viennent de la Terre
Parmi les annonces du gouvernement, la ministre évoque « un plan d’action renforcé pour lutter contre ces plastiques » qui polluent les océans, qui sont « 80% à venir de la Terre ». « Il faut travailler à la réduction des plastiques en amont », selon Catherine Chabaud, qui assure travailler là-dessus avec Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé de la Transition écologique. « Il faut éviter qu’ils [les plastiques] rejoignent le milieu sauvage » et il faut aussi « travailler sur les zones d’accumulation », par exemple lorsque ces déchets suivent le chemin des eaux usées.
La ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche évoque également les « anciennes décharges littorales » mais aussi les « déchets qui sont produits par la pêche, la conchyliculture, on travaille avec les pêcheurs sur le sujet ».
Les annonces du gouvernement pour la protection de l’océan jugées peu ambitieuses
La France, qui a organisé il y a un an le sommet mondial sur l’océan, entérine un accroissement des surfaces protégées. Mais, dans les faits, les mesures de conservation de la biodiversité ne sont pas renforcées.

Un an après la Conférence des Nations unies sur l’océan de juin 2025 à Nice, et alors que les écosystèmes marins subissent des bouleversements croissants, le gouvernement français a voulu marquer le coup. Lundi 8 juin, Journée mondiale de l’océan, l’exécutif a en effet donné un coup de projecteur sur quelques menues nouveautés hexagonales, à l’occasion du Neptune Forum, un événement international organisé au Muséum national d’histoire naturelle (Paris) et réunissant entre autres diplomates et experts scientifiques.
Le rendez-vous a permis à la diplomatie océanique tricolore de réaffirmer ses efforts et son influence sur plusieurs dossiers cruciaux, dont la protection des fonds marins menacés par la convoitise de l’industrie minière. Mais pas seulement : les ministres de la transition écologique et de la mer et de la pêche françaises, Monique Barbut et Catherine Chabaud, ont aussi présenté un plan de lutte contre les déchets plastiques en mer et se sont félicitées de la labellisation de trois nouvelles aires marines protégées.
Concrètement, trois espaces maritimes s’étendant sur un peu plus de 900 000 kilomètres carrés – essentiellement dans les Terres australes et antarctiques françaises, mais aussi en Guadeloupe et dans la baie d’Audierne, en Bretagne – sont désormais considérés comme des zones de « protection forte », des endroits interdisant ou limitant des activités comme la pêche ou le tourisme. Une décision qui vient reconnaître un certain niveau de protection dans ces espaces où des règles sont prises pour protéger la biodiversité et les milieux, mais qui n’implique toutefois pas de nouvelles mesures, confirme le gouvernement au Monde.
Un long imbroglio
L’exécutif cherche notamment à remplir une promesse faite lors de la conférence des Nations unies : passer de 4,8 % à 14,8 % des eaux françaises en protection forte d’ici à 2026 – c’est désormais chose faite, à environ un dixième de pourcentage près. L’année dernière, lors de la grand-messe diplomatique niçoise, qui avait réuni une soixantaine de chefs d’Etat et de gouvernement, le sujet avait été au cœur d’un long imbroglio.
Alors que de nombreux pays s’apprêtaient à annoncer leurs engagements en matière d’aires marines protégées, notamment dans le but d’atteindre l’objectif international de protéger 30 % de l’océan d’ici à 2030, l’ampleur des annonces de l’Hexagone en la matière avait été largement remise en cause. L’affaire avait généré de la confusion. Un an plus tard, plusieurs associations regrettent le manque d’avancées, notamment dans les eaux métropolitaines. « A l’heure où la biodiversité s’effondre, le gouvernement rejoue avec ces labellisations la partition de la conférence de Nice », critique Swann Bommier, de l’association Bloom, qui déplore une « stratégie de communication ».
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Le plan d’action interministériel 2026-2030 de lutte contre les déchets plastiques en mer, décidé le 26 mai 2025 et présenté par Mme Chabaud sur les quais de Seine à Paris, était, quant à lui, attendu depuis de long mois. La feuille de route contient près de 50 actions, allant de la résorption des décharges littorales à l’amélioration de la connaissance des flux de plastique.
De l’avis de l’association Surfrider, si le document marque « la volonté du gouvernement d’avancer » et inclut des actions concrètes notamment sur la gestion des biomédias, des supports en plastique utilisés dans certaines stations d’épuration, le tout manque d’ambition. « La question de la production effrénée de plastique, c’est l’éléphant dans la pièce et elle n’est pas vraiment prise en compte dans cette feuille de route », estime Lisa Pastor, de l’association Surfrider.
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Voir aussi:
Côtes françaises en danger: https://environnementsantepolitique.fr/2026/05/17/cote-s-francaises-en-danger/
Le chalutage de fond en Europe coûte à la société jusqu’à 16 milliards d’euros (Md€) chaque année https://environnementsantepolitique.fr/2026/04/29/74012/
https://environnementsantepolitique.fr/2026/01/01/le-gouvernement-et-lecologie-en-2025/