Le chalutage de fond en Europe coûte à la société jusqu’à 16 milliards d’euros (Md€) chaque année,

Chalutage de fond : une étude évalue son impact économique global en Europe

Biodiversité  |  Aujourd’hui à 16h11  https://www.actu-environnement.com/ae/news/chalutage-de-fond-cout-impact-economique-global-etude-scientfiique-ocean-coastal-management-47932.php4#xtor=EPR-50

|  L. Radisson

Chalutage de fond : une étude évalue son impact économique global en Europe

© Igor Chaikovskiy

Le chalutage de fond en Europe coûte à la société jusqu’à 16 milliards d’euros (Md€) chaque année, principalement en raison des émissions massives de carbone libérées par la perturbation des sédiments des fonds marins. C’est la conclusion principale à laquelle parvient une étude publiée le 28 avril par National Geographic Pristine Seas dans la revue Ocean & Coastal Management (1) . Cette étude, fondée sur les données de plus de 4 900 chalutiers de fond battant pavillon européen, conclut que le coût net du chalutage de fond est 90 fois supérieur aux bénéfices annuels du secteur.

Les auteurs ont analysé les activités de chalutage de fond dans les eaux européennes entre 2016 et 2021, puis ont mis en regard ses avantages (revenus de la pêche, approvisionnement en protéines, emplois) et ses coûts (carburant, main-d’œuvre, rejets de poissons, subventions, émissions de carbone). Les résultats montrent que si les bénéfices nets pour le seul secteur de la pêche sont positifs (estimés à 180 M€/an), le bilan global pour la société est, quant à lui, négatif, de l’ordre de 2,25 à 16,15 Md€ selon les différentes estimations du coût social d’une tonne de CO₂ émise dans l’atmosphère. Ce dernier coût, résultant d’une estimation des dommages économiques futurs causés par les impacts du changement climatique (montée du niveau de la mer, baisse de productivité, détérioration de la santé humaine), constitue en effet le coût principal du chalutage.

Outre les émissions de carbone, l’étude a toutefois identifié une série de coûts supplémentaires liés au chalutage de fond : 1,17 Md€/an de subventions destinées à compenser le prix du carburant et divers coûts au nom de la sécurité alimentaire et de l’emploi ; 220 M€/an liés au gaspillage, qui atteint 75 % des animaux marins pris dans les filets ; auxquels s’ajoutent les coûts liés aux « énormes quantités de carburant » consommées par les chalutiers. Les chercheurs n’ont en revanche pas pu quantifier le coût économique des dommages écologiques infligés à l’océan par le chalutage de fond ni le coût pour les autres pêcheries. Mais le rétablissement rapide de la vie marine dans les zones où le chalutage a été interdit montre, a contrario, l’importance de ce coût. Côté avantages, l’étude relève, outre les bénéfices de l’industrie de la pêche, 2,46 Md€/an de valeur sociale liée à la fourniture de protéines animales (ne représentant toutefois que 2 % des protéines animales consommées en Europe) et 20 000 emplois directs en Europe (contre trois fois plus pour la pêche artisanale), générant un bénéfice social de 1,78 Md€. « Notre étude montre clairement que le chalutage de fond dans les eaux européennes n’est pas seulement un désastre environnemental, c’est aussi un échec économique », conclut le professeur Enric Sala, co-auteur de l’étude.

« Lorsqu’il est clairement établi que les coûts économiques et/ou environnementaux des engins de pêche mobiles à grande échelle dépassent les bénéfices sociétaux de l’exploitation de la ressource, il est juste de trouver des alternatives et de supprimer progressivement ces opérations », en déduit Jerry Percy, conseiller principal de l’association Low Impact Fishers of Europe (Life). L’étude constate en outre que 23 % de l’effort de pêche au chalut de fond dans le continent européen a lieu dans les aires marines protégées (AMP). Cette proportion dépasse les 25 % dans les zones économiques exclusives (ZEE) de la France, de la Belgique, des Pays-Bas, de l’Allemagne, de l’Espagne, de la Roumanie et de la Bulgarie. S’il apparaît indispensable de réduire le chalutage de fond dans toutes les eaux européennes, son interdiction dans les AMP paraît prioritaire. « Mettre fin au chalutage de fond dans les aires marines protégées d’Europe est essentiel pour économiser des milliards d’euros de dépenses publiques », avertit par conséquent Enric Sala.1. Télécharger l’étude
https://www.actu-environnement.com/media/pdf/news-47932-etude-chalutage-fond-ocean-coastal-management.pdf

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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