Cadmium : les députés adoptent un texte plus ambitieux que celui du gouvernement pour « protéger la santé des Français contre ce poison »
La proposition de loi écologiste votée mercredi à l’Assemblée nationale vise à abaisser la teneur en cadmium des engrais phosphatés à 20 mg/kg dès 2030 (contre 90 mg/kg aujourd’hui) et de ne pas attendre 2038 comme le prévoit le gouvernement.
Par Stéphane Mandard
Publié aujourd’hui à 04h30, modifié à 11h09 https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/06/04/cadmium-les-deputes-adoptent-un-texte-plus-ambitieux-que-celui-du-gouvernement-pour-proteger-la-sante-des-francais-contre-ce-poison_6696869_3244.html?lmd_medium=email&lmd_campaign=trf_newsletters_lmfr&lmd_creation=a_la_une&lmd_send_date=20260604&lmd_link&&M_BT=53496897516380#x3D;autrestitres-title-_titre_1
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Enfin. Quinze ans après les premières alertes de l’Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) sur la « surexposition » des Français au cadmium, l’Assemblée nationale a adopté un premier texte visant à « réduire les risques sanitaires liés aux contaminations » à ce métal hautement toxique omniprésent dans nos assiettes (céréales du petit déjeuner, pain, pâtes, pommes de terre…).
La proposition de loi portée par Benoît Biteau (Les Ecologistes, Charente-Maritime) et Clémentine Autain (L’Après, Seine-Saint-Denis) a été votée à une large majorité (144 voix pour, 22 contre), mercredi 3 juin. Elle doit maintenant être examinée au Sénat. Contre l’avis du gouvernement et malgré l’opposition de l’extrême droite et d’une députée Les Républicains, elle fixe une trajectoire de réduction de la teneur maximale en cadmium autorisée dans les engrais phosphatés à 40 milligrammes par kilo (mg/kg) à partir de 2027 et à 20 mg/kg à l’horizon 2030.
« La mobilisation de la société civile et des scientifiques a payé pour protéger la santé des Français et, en particulier, de nos enfants, contre ce poison », a réagi Benoît Biteau, dont le texte était soutenu par plusieurs pétitions citoyennes, notamment de familles de malades du cancer du pancréas, et par des associations de médecins.
Dans un nouveau rapport publié en mars, l’Anses exhortait le gouvernement à abaisser « dès que possible » la teneur en cadmium des engrais phosphatés à 20 mg/kg. Une recommandation formulée depuis 2019, mais toujours pas appliquée. Aujourd’hui, la teneur autorisée en France est de 90 mg/kg, quand la réglementation de l’Union européenne (UE) l’a réduite à 60 mg/kg depuis 2022 et que certains pays, comme la Finlande, la Hongrie, la Slovaquie ou la Roumanie, appliquent déjà le seuil de 20 mg/kg.
Texte adouci
Le grand public a découvert le cadmium il y a tout juste un an avec l’alerte des médecins libéraux sur la « bombe sanitaire » que représente ce métal lourd qui contamine les terres agricoles principalement par les épandages d’engrais phosphatés. Dans son rapport de mars, l’Anses rappelle que près de la moitié de la population française (47 %) et 100 % des enfants âgés de 2 ans à 3 ans sont déjà exposés à des niveaux de cadmium qui dépassent le seuil critique : c’est trois à quatre fois plus que nos voisins européens. Une particularité française qui s’explique principalement par l’usage, depuis des décennies, d’engrais phosphatés à forte teneur en cadmium importés du Maroc.
Le cadmium est classé cancérogène depuis 1993. Santé publique France alerte depuis 2021 sur le lien avec l’explosion des cancers du pancréas en France : « Le cadmium est suspecté de jouer un rôle dans l’accroissement majeur et extrêmement préoccupant de [son] incidence. » Le nombre de cas a plus que quadruplé en trente ans. Ce métal lourd, qui s’accumule dans les reins et le foie, est également associé à un risque accru de cancers du rein, du poumon, de la prostate ou encore du sein. Il a des effets rénaux, cardio-vasculaires, neurodéveloppementaux. Et, en se fixant sur les os, il favorise également l’ostéoporose.
Pour convaincre un maximum de groupes de rallier leur proposition de loi, Benoît Biteau et Clémentine Autain ont adouci leur texte. La première mouture, déposée fin 2025, visait l’interdiction pure et simple des engrais phosphatés contenant du cadmium. Cet « amendement de compromis » a permis de rallier les voies du bloc central (Ensemble pour la République, MoDem et Horizons). Pas celles du Rassemblement national et de l’Union des droites pour la République, qui ont dénoncé, tour à tour, un « texte démagogique pour agiter les peurs », une « nouvelle illustration de l’écologie punitive qui va tuer l’agriculture française ». Commentaire de Clémentine Autain : « Les mêmes qui, du matin au soir, n’ont que le mot “sécurité” à la bouche ; quand il s’agit de sécuriser l’assiette des Français pour protéger leur santé, ils s’y opposent. »
Lire aussi | Cadmium : mobilisation autour de la proposition de loi visant à « protéger l’alimentation des Français »
La députée invite le gouvernement à revoir sa copie. Représenté par la ministre de l’agriculture, Annie Genevard, et le ministre de la transition écologique, Mathieu Lefèvre, lors des débats à l’Assemblée nationale, le gouvernement défend une trajectoire de réduction jugée beaucoup trop lente par les médecins. Le 26 mai, la veille du passage en commission des affaires économiques de la proposition de loi de Benoît Biteau, le ministère de l’agriculture a mis en consultation publique un projet d’arrêté promis depuis des années. Il prévoit de passer seulement à 60 mg/kg en 2027 (soit le seuil appliqué dans l’Union européenne depuis 2022), puis à 40 mg/kg en 2030 et enfin à 20 mg/kg « au plus tard le 1er janvier 2038 » et sous réserve d’un « rapport relatif à la possibilité » d’atteindre cet objectif. Illustration des errements du gouvernement, un précédent projet d’arrêté prévoyait de passer à 40 mg/kg dès juillet 2026, puis à 20 mg/kg trois ans plus tard. Il avait été mis en consultation fin 2023, mais n’avait jamais été publié.
« Accélérer la transition écologique »
« Le gouvernement a pris les choses à bras-le-corps », s’est pourtant défendu Annie Genevard dans l’Hémicycle alors que Mathieu Lefèvre dénonçait dans la proposition de loi une « trajectoire prématurée », qui allait « affaiblir notre souveraineté alimentaire » et « renforcer notre dépendance à la Russie ». Pour justifier son calendrier très progressif, le gouvernement s’appuie sur un rapport commandé à l’inspection générale de l’environnement et du développement durable, et au conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux.
Publié le 7 mai, le rapport évoque bien, « dans un contexte géopolitique très fluctuant » et « alors que la France importe tout son phosphore minéral » (principalement du Maroc, mais aussi de Russie, d’Israël et d’Egypte), le risque d’un « impact significatif sur l’approvisionnement national et probablement sur les prix des engrais ». Mais pas au profit de la Russie. La réduction des fournisseurs potentiels « va créer de facto une situation d’oligopole » qui devrait renforcer « la dépendance à quelques fournisseurs, en particulier le Maroc », où le groupe public OCP a investi dans des procédés de décadmiation qui, assure-t-il, lui permettent désormais de proposer des engrais certifiés « bas cadmium » (inférieures à 20 mg/kg). Le rapport ne mentionne pas que d’autres gisements de phosphates pauvres en cadmium sont déjà disponibles en Finlande ou en Norvège.
D’un point de vue sanitaire, le rapport reconnaît que la réduction des teneurs en cadmium des engrais phosphatés va contribuer « à réduire l’exposition de la population », mais précise que « son impact à court terme risque d’être limité », les effets sur les teneurs des sols et donc des récoltes pouvant prendre « plusieurs décennies ». Aussi, reprenant les préconisations de l’Anses et de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement, les administrations recommandent de ne « pas négliger les autres possibilités de réduction de l’exposition de la population au cadmium », à commencer par « accélérer la transition écologique ».
Agroécologie, agriculture biologique, polyculture-élevage… « Un changement de paradigme relatif à la production agricole pourrait conduire à réduire fortement les apports en engrais phosphatés », explique le rapport. Pas tout à fait la direction prise avec la loi d’urgence agricole adoptée en première lecture à l’Assemblée nationale, mardi 2 juin.
Cadmium : les clés pour comprendre ce nouvel enjeu de santé publique
L’Assemblée nationale a largement adopté, le 3 juin, une proposition de loi écologiste visant à limiter l’exposition de la population au cadmium, ce métal lourd très toxique est présent dans de nombreux aliments du quotidien.
Par Noa Moussa
Publié aujourd’hui à 11h12, modifié à 11h33 (republication de l’article du 04 avril 2026 à 06h30) https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2026/06/04/cadmium-les-cles-pour-comprendre-ce-nouvel-enjeu-de-sante-publique_6676636_4355771.html
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Une première étape, pour mettre fin à une exception française : l’Assemblée nationale a largement adopté, mercredi 3 juin, une proposition de loi écologiste visant à limiter l’exposition de la population au cadmium, un contaminant très toxique et cancérogène. Le texte, adopté en première lecture par 144 voix contre 22, prévoit une trajectoire ambitieuse de réduction des taux autorisés de cadmium dans les engrais phosphatés, qui sont source d’accumulation de ce métal lourd dans les sols agricoles, contaminant ensuite les aliments.
Lire l’enquête | La France malade du cadmium, une « bombe sanitaire », alertent les médecins libéraux
Pâtes, pain, pommes de terre, viennoiseries, céréales du petit déjeuner, chocolat… Tous ces aliments du quotidien peuvent contenir du cadmium. Les Français y sont particulièrement exposés, avec des niveaux d’imprégnation trois à quatre fois supérieurs que dans la plupart des pays européens, selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), qui a publié une expertise sur le sujet en mars 2026. Celle-ci fait suite à une alerte lancée en juin 2025 par des médecins libéraux, qui dénonçaient une « bombe sanitaire » et interpellaient les pouvoirs publics.
En cause, notamment, la contamination progressive des sols agricoles liée à l’usage d’engrais phosphatés, qui contiennent naturellement du cadmium. Ce métal s’y accumule durablement avant d’être absorbé par les cultures, qui deviennent ensuite des aliments du quotidien. L’alimentation constitue ainsi la principale source d’exposition, représentant jusqu’à 98 % de l’imprégnation chez les non-fumeurs.
Quels effets a-t-il dans le corps ? Qui sont les plus vulnérables ? Comment limiter les risques ? Tour d’horizon de ce que l’on sait sur le cadmium.
Exposition des Français au cadmium : la carence fautive de l’Etat
Qu’est-ce que le cadmium ?
Le cadmium est un métal lourd présent en faibles concentrations dans la croûte terrestre, mais dont les teneurs ont été accrues par les activités humaines, notamment l’usage d’engrais phosphatés. « Il n’a aucune utilité pour l’organisme », précise Pierre Souvet, médecin cardiologue et président de l’Association santé environnement France (ASEF).
Ces engrais, utilisés pour apporter du phosphore aux cultures – nutriment essentiel à leur croissance –, sont fabriqués à partir de roches qui contiennent naturellement du cadmium. Leur utilisation répétée contribue à enrichir progressivement les sols. Absorbé par les racines en même temps que les nutriments, ce métal se retrouve ainsi dans les grains, les légumes ou les tubercules, puis dans notre alimentation.
Contrairement à de nombreux polluants organiques comme le glyphosate, le cadmium ne se dégrade pas. Il persiste dans l’environnement et s’y accumule au fil du temps.
Sa présence est aujourd’hui détectée grâce à des techniques de laboratoires très sensibles, capables de mesurer des concentrations infimes dans les sols, l’eau ou les aliments. Chez l’humain, l’exposition est suivie par biosurveillance, en analysant les urines ou le sang, afin d’évaluer l’imprégnation de la population.
Quelles règles encadrent le cadmium en Europe et en France ?
Le cadmium est encadré au niveau européen à deux niveaux : dans les aliments et dans les engrais phosphatés. Dans l’alimentation, des seuils maximaux sont fixés selon les produits, par exemple 0,1 mg/kg pour les céréales et jusqu’à 0,8 mg/kg pour certains chocolats.
Côté agriculture, l’UE fixe depuis 2022 un plafond de 60 mg/kg de cadmium pour les engrais phosphatés portant le marquage « CE », c’est-à-dire autorisés à circuler librement sur le marché européen. Les Etats restent toutefois libres de fixer leurs propres normes pour les engrais vendus uniquement sur leur territoire.
La France a ainsi conservé un seuil plus élevé, fixé à 90 mg/kg. Le ministère de l’agriculture envisagerait une baisse progressive prévue à 60 mg/kg en 2027, puis 40 mg/kg en 2030, et 20 mg/kg d’ici à 2038. Pourtant, l’Anses préconisait déjà en 2019 d’appliquer une valeur limite de 20 mg/kg, niveau déjà adopté par plusieurs pays dont la Hongrie, en raison de la sensibilité particulière de ses sols.
Cette singularité française s’explique par un arbitrage économique. Les engrais utilisés proviennent en grande partie de roches phosphatées importées d’Afrique du Nord (Maroc, Algérie, Egypte), souvent plus riches en cadmium mais moins coûteuses. Réduire plus rapidement ces seuils impliquerait soit d’utiliser des matières premières plus « propres », soit de dépolluer les engrais, des solutions légèrement plus coûteuses pour les agriculteurs.
Quels effets a-t-il sur le corps humain ?
Le cadmium perturbe le fonctionnement normal des cellules. Il peut notamment endommager l’ADN et agir sur un mécanisme essentiel de l’organisme, l’apoptose, qui permet aux cellules défectueuses de s’autodétruire. Cela lui vaut d’être classé cancérogène avéré pour l’humain (groupe 1), au niveau de certitude le plus élevé, par le Centre international de recherche sur le cancer.
Il est un « toxique cumulatif », c’est-à-dire que ses effets dépendent de l’exposition répétée dans le temps. Il s’accumule principalement dans le foie et les reins, « entre 50 et 70 % de la charge totale », selon l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris). Il est également retrouvé dans les os, le pancréas, la glande thyroïde, les testicules et les glandes salivaires. Une fois ingéré, il est très peu éliminé par l’organisme et s’accumule donc au fil du temps.
Ce métal lourd « blanc bleuâtre, mou et très malléable », décrit le Centre de lutte contre le cancer Léon Bérard, possède une demi-vie – le temps nécessaire pour que l’organisme en élimine la moitié – « de l’ordre de 6 à 38 ans dans le rein, de 4 à 19 ans dans le foie et de 30 jours dans le sang », d’après l’Ineris.
Pour encadrer ces risques, les autorités sanitaires ont défini des seuils d’exposition. L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) fixe ainsi une dose hebdomadaire tolérable de 2,5 microgrammes par kilogramme (µg/kg) de poids corporel. Au-delà de ce niveau, le risque d’effets à long terme, notamment rénaux, ne peut être exclu.
Qui sont les plus à risque ?
Certaines populations sont plus vulnérables que les autres. Les enfants sont particulièrement concernés : rapporté à leur poids, leur consommation alimentaire est plus élevée que celle des adultes, ce qui peut accélérer l’accumulation du métal. Selon l’Anses, entre 23 et 27 % des enfants dépassent les seuils d’exposition alimentaire, contre 1,4 à 1,7 % des adultes.
Les femmes constituent également un groupe à risque, en raison de carences en fer qui touchent un quart des femmes non ménopausées. Le cadmium emprunte en effet les mêmes voies d’absorption que le fer dans l’intestin : en cas de déficit, la proportion de cadmium absorbée par l’organisme, « habituellement de 5 à 10 %, peut atteindre 20 % », souligne le médecin.
Les femmes enceintes, les personnes souffrant de maladies rénales ainsi que les fumeurs sont aussi particulièrement vulnérables au cadmium. Les personnes âgées, quant à elles, cumulent les expositions au fil du temps.
Quels aliments en contiennent le plus ?
Le cadmium se retrouve dans de nombreux aliments, mais tous ne contribuent pas de la même manière à l’exposition. Les principaux apports proviennent du pain, des produits céréaliers (pâtes, biscuits sucrés et salés, céréales) et des pommes de terre sous toutes leurs formes (frites, chips, purée).
A eux seuls, les pommes de terre et le pain représenteraient chacun environ 20 % de l’exposition totale au cadmium, contre près de 10 % pour les pâtes, selon M. Souvet. Leur rôle tient moins à leur concentration qu’à leur consommation quotidienne qui en fait des sources majeures d’exposition.
A l’inverse, certains aliments présentent des teneurs plus élevées en cadmium, mais sont consommés plus occasionnellement : les mollusques et crustacés, les algues, les abats ou le chocolat.
Comment s’en protéger ?
Il est impossible d’éviter totalement le cadmium, mais il est possible d’en limiter l’exposition. Le principal levier, à défaut de politiques publiques en restreignant l’usage agricole, consiste à ne pas consommer systématiquement les mêmes aliments les plus contributeurs (céréales, pommes de terre) et d’intégrer, par exemple, des légumineuses (pois cassés, lentilles).
Le tabac constitue par ailleurs une source importante d’exposition. Présent dans les feuilles, qui l’absorbent depuis le sol, le cadmium est inhalé sous forme de particules très fines. L’absorption est nettement plus élevée par cette voie que par l’alimentation : moins de 6 % par voie orale et cutanée, contre 20 à 50 % par les poumons.
Faut-il privilégier le bio ?
La question fait débat. L’Anses estime que l’agriculture biologique est « potentiellement tout aussi impactée » que l’agriculture conventionnelle, en raison de la présence naturelle de cadmium dans les sols. Mais cette conclusion est contestée par plusieurs travaux scientifiques qui suggèrent une moindre contamination du bio.
Une étude américaine publiée en 2018 montre ainsi que, pour quatre légumes sur cinq (tomate, pomme de terre, oignon, carotte), les teneurs en cadmium sont deux à quatre fois plus faibles en agriculture biologique. Toutefois, le chocolat bio peut, lui, être plus contaminé que le conventionnel, le cacao étant souvent cultivé en Amérique centrale et du Sud, où les sols sont naturellement riches en cadmium.
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Ces écarts s’expliquent par les pratiques agricoles. L’agriculture conventionnelle recourt davantage aux engrais phosphatés, principale source d’apport de cadmium dans les sols, tandis que l’agriculture biologique en limite l’usage. Une fois présent dans les sols, ce métal peut toutefois être absorbé par les plantes quel que soit le mode de culture.