C’est la durée entre la prise en charge et la sortie des urgences qui est la plus longue du parcours, et celle qui s’est le plus allongée en dix ans.

« Crise de l’hôpital : de plus en plus d’attente aux urgences, découvrez combien de temps vous patientez à chaque étape »

 Date de publication : 2 juin 2026 https://www.mediscoop.net/index.php?pageID=bddd259e0ec30f9e1e40c5cb351a319c&id_newsletter=23860&liste=0&site_origine=revue_mediscoop&nuid=44baf5968540a6248a8065e80f2f7273&midn=23860&from=newsletter&slnk=11

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« Le ministère de la Santé détaille, dans un rapport dévoilé ce lundi, les délais d’attente aux urgences. Et la situation s’est nettement dégradée en dix ans », indique Nicolas Berrod dans Le Parisien.
« Les experts ont suivi le parcours de toutes les personnes passées aux urgences partout en France (hors Mayotte) le deuxième mardi de juin 2023, afin de bien représenter l’activité moyenne en semaine », précise le journaliste.
« On savait déjà, depuis une précédente étude parue l’an dernier, que la durée d’attente totale avait augmenté. La moitié des patients y passent plus de trois heures et dix minutes entre leur arrivée et leur sortie (que ce soit pour rentrer chez soi ou pour être hospitalisé en service « classique »), alors que cette durée médiane était dix ans plus tôt de seulement deux heures et quinze minutes », détaille-t-il. 
« La nouveauté se trouve donc dans les détails des différentes étapes », souligne l’article.
Par exemple, « la durée médiane avant le « tri » par l’équipe soignante et médicale monte à sept minutes, soit deux fois plus qu’en 2013. Un patient sur dix a même dû patienter plus d’une demi-heure avant d’être fléché selon son état (examens à réaliser, médicaments antidouleurs à donner, évacuation en urgence au bloc opératoire, etc.) », reprend-il. 
« Les bébés et les personnes âgées sont généralement les patients qui attendent le moins, sans doute en raison de leur vulnérabilité qui fait d’eux la priorité des blouses blanches », complète-t-il.

« C’est bien la durée entre la prise en charge et la sortie des urgences qui est la plus longue du parcours, et celle qui s’est le plus allongée en dix ans. Comptez désormais plus de deux heures pour la moitié des patients, soit quarante-cinq minutes de plus qu’en 2013 », fait savoir Nicolas Berrod. « Cette durée médiane est encore plus longue pour les patients passés par l’unité d’hospitalisation de courte durée (UHCD), au sein des urgences », précise-t-il.
« Ce rallongement s’explique en partie par les difficultés accrues à trouver des lits en service « conventionnel ».

Lorsqu’un patient doit être hospitalisé en dehors des urgences, il est amené à patienter, dans 10% des cas, plus de six heures et dix minutes, contre moins de quatre heures en 2013 », rapporte le journaliste. 


« Le ministère de la Santé avance, parmi les explications possibles, la baisse continue du nombre de lits. 11% d’entre eux ont fermé en dix ans dans les hôpitaux publics, en raison du développement de l’ambulatoire et du manque de personnel », conclut Le Parisien.

Hôpital : la durée des passages aux urgences a augmenté en dix ans

Une enquête de la Drees, diffusée mercredi 19 mars, livre une « photographie » d’une journée ordinaire dans ces services en tension, et permet de comparer la situation de 2023 à celle de 2013. Plusieurs indicateurs virent au rouge, notamment pour les patients les plus âgés. 

Par Mattea Battaglia

Le 19 mars 2025 à 19h43, modifié le 20 mars 2025 à 11h57 https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/03/19/hopital-les-durees-des-passages-aux-urgences-ont-augmente-en-dix-ans_6583626_3224.html

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A quoi ressemble une « journée ordinaire » dans un service des urgences ? Qui y défile en vingt-quatre heures ? Pour quels motifs, et pour quelle prise en charge ? L’enquête « Urgences 2023 », dont les résultats ont été rendus publics mercredi 19 mars, met des chiffres sur les alertes qui remontent, depuis plusieurs années, du terrain : allongement des durées de passage, augmentation du taux de recours, difficultés d’accès aux soins de ville pour les patients qui se pressent dans ces services, souvent qualifiés de « porte d’entrée » d’un hôpital en tension. Cette fois-ci, ils ne viennent pas des syndicats de praticiens, qui n’ont cessé de donner l’alarme, mais de la direction statistique des ministères sociaux (Drees), qui a toutefois mené l’enquête en partenariat avec des associations et organisations professionnelles.

La date à laquelle les projecteurs ont été braqués vers les urgences est celle du 13 juin 2023, hors période de vacances et d’épidémies saisonnières – une journée « lambda » en somme –, et dix ans quasiment jour pour jour après une enquête similaire réalisée le 11 juin 2013, pour permettre la comparaison. La quasi-totalité des services (97 % des 719 points d’accueil des 612 établissements autorisés à disposer d’une structure de ce type, urgences générales et pédiatriques) y ont contribué.

Sur une décennie, plusieurs constats de terrain se vérifient, à commencer par la hausse de l’afflux de patients : + 13 %, avec 58 500 passages le 13 juin 2023, contre 51 800 le 11 juin 2013. Les analystes de la Drees, dans la présentation des résultats, mettent en avant un autre indicateur qui se dégrade : l’augmentation des durées de passage aux urgences (depuis l’enregistrement administratif jusqu’à la sortie effective). La moitié des personnes passées par l’un de ces services, en 2023, y sont restées plus de trois heures, soit quarante-cinq minutes de plus qu’il y a dix ans. Un quart a vu son séjour atteindre plus de cinq heures et demie, contre quatre heures et quinze minutes en 2013 ; 15 % plus de huit heures, contre 9 % en 2013.

Pour certains patients, les compteurs s’emballent : si les temps de passages longs (plus de huit heures) impliquent très rarement des enfants (3 %), ils concernent 36 % des personnes de 75 ans ou plus (contre 24 % en 2013). Un chiffre d’autant plus alarmant qu’une récente enquête (AP-HP, Inserm, Sorbonne Université) l’a montré : une nuit passée sur un brancard augmente de 40 % le risque de mortalité des patients âgés.

« Très représentative de notre quotidien »

La surprise est relative : la prise en charge des patients âgés, dont la part augmente aux urgences, comporte davantage d’examens médicaux et de séjours en UHCD, ces « unités d’hospitalisation de courte durée » qui permettent, au sein des urgences, de garder des patients en observation, théoriquement pour une durée inférieure à vingt-quatre heures, afin de compléter leur évaluation. Le jour de l’enquête, 970 patients étaient sur des brancards, répartis dans 228 sites – souvent les urgences les plus fréquentées.

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« La régulation de l’entrée aux urgences fait payer au patient une situation dont il n’est pas responsable »

Au-delà de cette photographie, les motifs de recours aux urgences, qui dépendent beaucoup de l’âge du patient, ont peu évolué : traumatologie, gastro-entérologie et pathologies cardio-circulatoires constituent les principaux motifs signalés. Une évolution notable se dessine en revanche sur la décennie, avec la baisse des hospitalisations après passage aux urgences, particulièrement pour les populations les plus âgées (40 % des 75 ans ou plus ont été hospitalisés en 2023, contre 56 % en 2013). Pour l’expliquer, les analystes évoquent, entre autres hypothèses, des changements dans les pratiques médicales, une différence de l’état de santé des patients, mais aussi la baisse du nombre de lits dans les établissements de santé (− 11 %, soit 43 000 lits d’hospitalisation en moins, en dix ans).

« L’enquête est très représentative de ce que nous vivons au quotidien, souligne Agnès Ricard-Hibon, porte-parole de la Societé française de médecine d’urgence. Les urgences sont les seuls services qui accueillent tout le monde, un patient en urgence vitale sera toujours pris en charge, mais le point de blocage des lits d’aval [pour hospitaliser les patients] demeurec’est là que le bât blesse. » La promesse présidentielle de « désengorger » les urgences, à la fin de l’année 2024, n’a pas été tenue, alors que les plans blancs se sont multipliés cet hiver dans les hôpitaux, sous la pression d’une épidémie de grippe sévère.

L’enquête vient confirmer un autre phénomène, cette fois-ci à l’entrée des services : la hausse des personnes se présentant aux urgences parce qu’elles ont rencontré des difficultés de prise en charge « en ville ». Elles sont 21 % à l’invoquer en 2023 (médecin traitant absent, prise de rendez-vous impossible), contre 14 % en 2013. « L’offre de soins ne répond plus aux besoins de la population, et les patients se rabattent sur nos urgences, relève Marc Noizet, président du syndicat SAMU-Urgences de France. C’est un dévoiement qui en dit long de la crise actuelle du système de santé. »

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Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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