La méfiance des Doyens sur un certain nombre d’idées émanant du personnel politique.

Les doyens de faculté de médecine dénoncent de « fausses bonnes idées » sur la formation

Engagée dans les débats autour de l’évolution des études de santé, la présidente de la Conférence nationale des doyens de facultés de médecine fait part de sa méfiance sur un certain nombre d’idées émanant du personnel politique.

Par Manuel Magrez — à Santexpo

29 mai 2026 à 11h46 https://www.hospimedia.fr/actualite/articles/20260529-formation-les-doyens-de-faculte-de-medecine-denoncent?utm_source=newsletter&utm_medium=Email&utm_campaign=EDITION_QUOTIDIENNE&eq_type=SMS&eq_date=2026-06-01&eq_pos=5

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La conférence des doyens s'oppose à l'augmentation du nombre de spécialités et au raccourcissement des études de santé. (Garo/Phanie)
La conférence des doyens s’oppose à l’augmentation du nombre de spécialités et au raccourcissement des études de santé. (Garo/Phanie) Droits réservés

Réforme de la première année des études de santé et de la formation infirmière, mission d’information de l’Assemblée nationale sur les conditions de travail des étudiants en médecine… Nombre de dossiers liés à l’organisation des études de santé sont sous les feux des projecteurs depuis plusieurs mois. « Nous sommes contraints de nous adapter très rapidement », pointe Isabelle Laffont, doyenne de la faculté de médecine de Montpellier (Hérault) et présidente de la Conférence nationale des doyens de facultés de médecine, le 20 mai à l’occasion du salon Santexpo.

Elle fait référence à la réforme de la première année des études de santé, annoncée en avril, et devant s’appliquer dès la rentrée 2027. La doyenne a de nouveau fait part, avec vigueur, de ses doutes « sur le réalisme de cette application aussi rapide, qui est extrêmement discutable ». Malgré les deux réformes à venir — celle de la formation infirmière et celle de la première année — le dossier des études de santé est loin d’être refermé par les pouvoirs publics.

« La question de l’augmentation du nombre d’étudiants est un débat encore non résolu », estime la présidente de la conférence, qui rappelle que depuis l’installation d’un numerus apertus, remplaçant du numerus clausus, et la réforme de la première année commune aux études de santé, « le nombre d’admissions a augmenté de 18% ». Alors, l’universitaire s’interroge sur l’idée de plus en plus répandue parmi les élus de continuer d’augmenter le nombre d’étudiants. Est-ce bien réalisable avec les forces en présence ? « Nous ne pourrons pas le faire sans moyens supplémentaires », tonne Isabelle Laffont.

La doyenne est bien plus catégorique sur d’autres thèmes. « J’ai vu et entendu çà et là une fausse bonne idée, très politique, qui se répand, selon laquelle l’essor de l’intelligence artificielle nous permettrait d’enseigner moins de connaissances aux étudiants », prend-elle comme exemple, qu’elle balaie d’un revers de main.

Autre point d’achoppement : celui de revoir l’étendue du découpage des spécialités médicales en France. « Nous avons à ce jour 44 spécialités médicales, et ce chiffre se trouve dans la fourchette basse de l’Union européenne, et contre plus de 130 aux États-Unis », rappelle Isabelle Laffont. Pour elle, et bon nombre de doyens de facultés de médecine, « une évolution favoriserait l’hyperspécialisation des médecins, diminuant la capacité d’adaptation dans un environnement professionnel qui bouge ». Mais surtout, « cela diminuerait la résilience du système tout entier ».

Par Manuel Magrez — à Santexpo

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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