Mieux qu’une maison de santé, cette commune des Yvelines a trouvé une solution encore plus efficace
À Jouars-Pontchartrain (Yvelines), une maison médicale vient d’ouvrir au cœur du centre hospitalier de la Mauldre. Une initiative tripartite gagnante pour tous sur le papier. Désertification médicaleHôpitalMédecins

Deux généralistes de Jouars-Pontchartrain (Yvelines), les docteurs Frédérique Husson et Andrès Novillo, à l’initiative du projet de maison médicale au cœur du Centre hospitalier de la Mauldre. ©Marie Vermeersch
Par Marie VermeerschPublié le 23 mai 2026 à 17h16
La forte pénurie de médecins sur le territoire du Montfortois (Yvelines) est une réalité que les habitants ne peuvent que constater. Pour y faire face, le maire de Jouars-Pontchartrain, Thomas Mengelle-Touya, avait bien dans l’idée de créer une maison médicale.
« Un projet d’un coût non négligeable, qui aurait nécessité d’avoir du foncier. Ça aurait pris minimum 2 ou 3 ans, sans parler des éventuels contretemps et incertitudes… »Thomas Mengelle-Touya, maire de Jouars-Pontchartrain
Alors, il y a un an, quand l’un des généralistes de la commune, Andrès Novillo, lui a parlé de son idée de faire cette maison au sein de l’hôpital de proximité, le contact a été pris rapidement. La direction du Centre hospitalier de la Mauldre, un établissement de santé doté d’un Ehpad et d’un service de SMR (Soins médicaux et de réadaptation) a tout de suite donné son feu vert.

La maison médicale au sein du centre hospitalier de la Mauldre, à Jouars-Pontchartrain (Yvelines) a été inaugurée le 20 mai 2026. ©Marie Vermeersch
Cinq salles de consultation disponible dans les locaux du centre hospitalier
Dans des locaux vacants de l’hôpital, la mairie a pris à sa charge la rénovation de plusieurs pièces. Résultat, cinq salles de consultation flambant neuves sont à disposition des généralistes.
Les médecins de Jouars-Pontchartrain, Andrès Novillo et Frédérique Husson, y ont installé leurs quartiers fin avril 2026 ; un autre cabinetest occupé par un interne. Il reste donc deux cabinets disponibles immédiatement, avec la possibilité d’en aménager d’autres ultérieurement.
Une solution gagnante-gagnante pour les libéraux et les hospitaliers. « J’ai laissé le bruit des moteurs passant le long de la route près de mon cabinet pour le doux chant des oiseaux ! », se réjouit Frédérique Husson.
« Plus prosaïquement, Ici, les conditions financières sont attractives et nous travaillons dans des conditions incroyables. Le soir, quand il fait nuit, on n’est pas seul, c’est très rassurant. »
Même son de cloche du côté d’Andrès Novillo.
« Si l’on a des problèmes informatiques ou logistiques, on appelle les techniciens sur place à l’hôpital. Les compteurs d’eau, électricité chauffage, tout cela nous n’avons plus à le gérer, ce qui nous dégage du temps pour les consultations. »Andrès Novillo, médecin généraliste à Jouars-Pontchartrain
Les deux généralistes travaillent individuellement : « Chacun est indépendant mais nous travaillons collectivement. On va s’arranger pour nos vacances par exemple. » Et pour les patients, pas de souci pour se garer sur le grand parking de l’hôpital.
« Ça amène de la vie »
Du côté du centre hospitalier de la Mauldre, on y trouve aussi des avantages.
« La présence de ces médecins généralistes amène de la vie et une population nouvelle dans l’hôpital, ce qui va permettre de le faire connaître. »Nicolas Fleurentdidier directeur délégué du centre hospitalier de la Mauldre
Autre bénéfice : « Généralistes et hospitaliers vont apprendre à se connaître et à travailler ensemble. Le parcours de soins des patients et leur prise en charge sera simplifiée. Les généralistes pourront intervenir aussi auprès des patients du centre hospitalier et des résidents de l’Ehpad en cas d’urgence. L’idée, c’est de mutualiser les ressources pour renforcer l’offre de soins locale. »
Bientôt des docteurs juniors
Enfin autre avantage et non des moindres cette maison médicale devrait permettre d’attirer de nouveaux médecins. C’est l’un des objectifs annoncé et attendu.
Le docteur Novillo accueille déjà régulièrement des internes de la faculté de médecine de Saint-Quentin-en-Yvelines. Et à compter de novembre 2026, les docteurs juniors pourront aussi rejoindre la maison médicale puisque des cabinets sont à disposition.
« Un dispositif qui fait suite à la réforme de la 4e année des études de médecine générale. Ces futurs médecins auront deux périodes de stages de 6 mois à effectuer. À l’instar d’un généraliste, ils auront leur propre patientèle, sous le tutorat d’un médecin maître de stage. »Anne Vivet, la directrice adjointe de la délégation départementale de l’ARS
De plus, sur une semaine type, ils ont la possibilité de découvrir le travail dans des structures de soins de proximité pendant une journée. « Au Centre hospitalier de la Mauldre, ils n’auront pas à aller bien loin pour travailler en Ehpad ou dans le service de réadaptation, ce qui sera très formateur pour eux. »
Les initiateurs de cette nouvelle maison médicale au cœur de l’hôpital espèrent ainsi attirer les futurs médecins pour qu’ils se forment à Jouars-Pontchartrain. Avec évidemment l’idée sous-jacente qu’ils se plaisent sur ce territoire et qu’ils y restent par la suite pour y exercer.