BLOOM dénonce les destructeurs de l’océan, les lobbies de la pêche industrielle

https://bloomassociation.org/les-oligarques-de-la-mer-une-enquete-inedite-sur-un-secteur-sous-emprise-la-peche-francaise/

Chers soutiens,
Depuis des années, nous les connaissons, nous les affrontons, nous dénonçons leurs méfaits, nous traquons leurs abus, nous attaquons leurs fraudes. Ils n’hésitent plus à nous harceler physiquement, psychologiquement et judiciairement pour une raison, une seule : car jusqu’ici, nous avons réussi à contrer leurs manœuvres, à Paris, Dunkerque, Lorient ou Bruxelles…« Ils », ce sont les destructeurs de l’océan, les lobbies de la pêche industrielle, les responsables de l’anéantissement de la vie océanique et de la déforestation des fonds marins.Nous savons qui « ils » sont, mais pas le grand public. La catégorie « lobbies industriels » reste une entité trop large et sans visage. Ils sont globalement bien trop méconnus alors qu’ils ne sont en réalité qu’une poignée à répandre de la misère humaine et écologique.Il était temps de remédier à cela. De passer de notre connaissance empirique de terrain à une démonstration formelle pour pouvoir vous dire précisément qui sont ces lobbies, comment ils s’y prennent pour ravager l’océan, l’emploi et les finances publiques, se mettre les politiques dans la poche et obtenir ce qui les avantage, alors même que cela va contre l’intérêt général et même, comme vous allez le voir, contre les intérêts économiques et sociaux de la France.Après plus de six mois d’enquête, nous sommes prêts. Aujourd’hui, nous sommes capables de vous dire avec précision qui sont ces lobbies industriels sévissant en France, quels organes ils contrôlent et qui sont les personnages qui œuvrent à leur service.Nous avons consulté des centaines de rapports, retracé les liens et cartographié les réseaux existant entre les personnages et les entités-clefs de la pêche industrielle. Mieux encore : nous avons compris les mécanismes par lesquels ils maintiennent les pêcheurs français et les pouvoirs publics sous leur emprise.C’est désormais officiel et nous pouvons le dire avec une certitude basée sur des données incontestables : il existe bien une oligarchie qui règne sur la pêche française.Quelques personnes qui toutes se connaissent et se tiennent par des intérêts croisés, et qui depuis plus de quinze ans, exercent leur pouvoir en influençant les médias, les politiques et le débat public, et en colonisant tous les lieux de décision, en France comme en Europe.Nous connaissons leurs noms. Nous avons établi la cartographie complète de cette caste « d’oligarques de la mer ». Ils forment un microcosme qui accapare les ressources publiques, qu’elles soient vivantes ou financières, à son avantage. Ces oligarques de la mer apparaissent tous dans le rapport que nous venons de publier. Mais notre enquête ne s’est pas limitée à cela, loin de là.Lisez notre rapport « Les Oligarques de la mer »Nous avons surtout mis au jour un système d’emprise qui a progressivement écarté les petits pêcheurs de toutes les instances de régulation du secteur, au profit des acteurs industriels qui se permettent de parler au nom de « tous les pêcheurs » alors qu’ils ne se contentent pas de se désintéresser de leur sort : ils les enfoncent. Cyniquement, et méthodiquement.Ce système bien verrouillé ne peut pas tenir longtemps tant sont grandes les injustices économiques, sociales et écologiques sur lesquelles il repose. En attendant, les bénéficiaires de ce système insensé sont prêts à tout pour se maintenir et défendre le statu quo qui les arrange, et pour continuer à vider les océans tant que le vivant pourra être transformé en profit. Que leurs objectifs financiers impliquent de trahir les autres pêcheurs ne leur pose aucun scrupule.Notre travail nous met aux prises des appétits sans limite d’une oligarchie puissante qui peut compter sur la complaisance et bien trop souvent la complicité de l’État. Mais les systèmes injustes finissent toujours par tomber. C’est le pari que nous faisons depuis plus de 20 ans, et nous réussissons. Mais seulement grâce à votre soutien.L’impertinence qui bouscule le statu quo a un prix : celui de notre indépendance financière.Sans vous, nous n’aurions ni le courage, ni les moyens, ni l’énergie de nous battre avec autant de passion et de constance depuis plus de 20 ans. Nous avons besoin de vous pour poursuivre les combats.
Je fais un don pour aider BLOOM à faire tomber les oligarques de la mer
Là où tout a commencé
Notre enquête a commencé là où tout se joue pour la pêche française : au Comité national des pêches maritimes et des élevages marins, le CNPMEM – que nous appellerons ici : le « Comité national ».Le Comité national est dirigé par un homme jaloux de son pouvoir, omnipotent, omniprésent, omni-président : Olivier Le Nézet, président du Comité national des pêches, mais aussi du Comité régional des pêches de Bretagne, mais aussi du Comité départemental des pêches du Morbihan, mais aussi du port de Lorient, mais aussi, mais aussi… Car au total, Olivier Le Nézet cumule pas moins de… 23 mandats dans diverses organisations liées à la pêche ! Cet homme connu pour ses manières brutales, se vante volontiers de parler aux ministres ou au Président de la République quand il veut au téléphone… Et malheureusement, il dit vrai.
Pourquoi le Comité national est-il si important ? 
Tout simplement parce qu’il s’agit de l’unique représentant officiel des pêcheurs. Concrètement, tous les pêcheurs payent chaque année une adhésion obligatoire au Comité national, et ce dernier est l’interlocuteur privilégié des pouvoirs publics pour toutes les questions liées à la réglementation de la pêche. Incontournable donc.Pourquoi est-ce un problème ?Parce que depuis que BLOOM existe, nous avons pu constater un phénomène invariant : le Comité national prend systématiquement position pour la pêche industrielle, contre les pêcheurs artisans et contre la protection de l’océan et des animaux marins.Notre enquête montre comment, depuis plus de 15 ans, les pêcheurs artisans ont été évincés de toutes les instances de décision du Comité national des pêches, lesquelles sont désormais trustées par les oligarques. Ces derniers se sont même réservé d’office des sièges au Conseil du CNPMEM, là où les membres étaient auparavant élus par leurs pairs. Vous avez bien lu : les petits pêcheurs paient leur cotisation mais n’ont plus droit à la parole !Dans les années 2000, on parlait encore de « Parlement de la pêche » pour désigner l’Assemblée du Comité national des pêches. Aujourd’hui, la démocratie n’est plus qu’un simulacre, et les pêcheurs l’ont bien compris. Connaissez-vous le taux de participation des pêcheurs aux dernières élections de leur organe de représentation ? 16% ! Soit 84% d’abstention ! Qui peut encore cautionner un système auquel plus personne ne veut participer ?Pourtant, vous n’entendrez pas les pêcheurs dénoncer haut et fort cette situation.Pourquoi ? Parce qu’ils sont « tenus » par ceux qui ont droit de vie ou de mort sur eux : les « Organisations de Producteurs », les « OP », qui allouent la véritable richesse dans le milieu de la pêche, c’est-à-dire les droits de capturer des poissons, les fameux « quotas ». Or les OP sont elles aussi, pour la plupart, aux mains des intérêts industriels. Et ces OP toutes puissantes détiennent… un quart des sièges au Comité national des pêches !La caste des industriels tient tout le système, les pêcheurs sont cernés.C’est cela, une oligarchie.
Les pêcheurs artisans, prisonniers d’un système qui les menace de disparition
Nous n’allons pas entrer ici dans les détails, mais retenez qu’il y a en France 14 « Organisations de Producteurs » – une pour chaque littoral (Manche et Mer du Nord, Normandie, Méditerranée etc.) ou pour certaines espèces.Retenez surtout, que ce sont les organisations de producteurs qui répartissent les droits de pêcher les poissons pour toutes les espèces qui sont soumises à quotas, comme le maquereau ou le thon rouge. Autant dire que les pêcheurs n’ont guère d’autre choix que d’y adhérer, sous peine de ne plus pouvoir pêcher.Comment ces OP décident-elles de la répartition des droits de pêche ? L’information a été difficile à obtenir – car comme le Comité national des pêches, les OP fonctionnent dans la plus grande opacité – parfois même au mépris de la loi.Mais nous avons fini par trouver. Et sans surprise, nous avons pu constater qu’elles favorisaient largement les pêcheurs industriels au détriment des pêcheurs côtiers.Comment pourrait-il en être autrement, alors que la plupart sont présidées par les dirigeants des plus grosses entreprises de pêche ? Ces mêmes dirigeants qui ont leur place réservée au Comité national des pêches… La boucle est bouclée.
L’organe de décision le plus important trusté par les industriels
Notre enquête nous a permis d’établir, et de quantifier pour la première fois, un fait troublant : par le biais de participations croisées, 93% des bateaux de plus de 40 mètres (soit moins de 1% de la flotte) sont membres du CNPMEM ou dans la gouvernance d’organisations qui ont des sièges réservés au CNPMEM.Les oligarques de la mer ont verrouillé le système.Mais ce n’est pas notre seule découverte…Figurez-vous que la plupart de ces bateaux de plus de 40 mètres ont été rachetés par des entreprises étrangères : 55% d’entre eux appartiennent désormais à des entreprises néerlandaises, à l’image de Parlevliet & Van der Plas (P&P), qui vient de mettre à l’eau un méga-chalutier de 112 mètres qui ne pourra qu’accélérer l’effondrement de certaines espèces essentielles aux écosystèmes marins telles que le maquereau, le merlan ou le hareng.Et le mastodonte industriel P&P n’est que l’un des cinq géants « Big Five » néerlandais qui ont récemment fait main basse sur de nombreuses entreprises de pêche françaises et règnent désormais en maîtres au sein des instances françaises du secteur de la pêche.Prenons un exemple : celui de « La Compagnie des Pêches de Saint-Malo ». Cette entreprise, française à l’origine, appartient désormais à P&P. Elle possède un chalutier géant de 82 mètres, l’Emeraude et opère le plus grand chalutier du monde, l’Annelies Ilena. L’entreprise est dirigée par Florian Soisson, qui est par ailleurs président de la plus grosse organisation de producteurs (OP) française, Président d’une fédération d’OP, et vice-président… du Comité national des pêches !Voilà ce que nous appelons les « oligarques de la mer » : quelques personnages-clefs, que l’on retrouve à tous les échelons stratégiques du secteur pour contrôler à la fois tout ce qui concerne la règlementation des activités mais aussi les allocations de quotas de poissons.Découvrez notre cartographie des « Oligarques de la mer »
Les lobbies industriels ont verrouillé le système au profit des capitaux néerlandais
Voici donc le tableau terrifiant que nous mettons au jour avec ce rapport : non seulement l’unique représentant officiel des pêcheurs français, le Comité national des pêches, défend les pratiques les plus destructrices, mais ce faisant, il ne défend même pas les « gros » pêcheurs français… mais des intérêts financiers hollandais !Les lobbies qui dominent le secteur de la pêche en France jouent contre les pêcheurs français. Et la même chose est vraie au niveau européen. Les lobbies ne jouent que pour eux-mêmes et ne génèrent que des victimes collatérales : l’emploi, les finances publiques (car leurs profits ne sont dus qu’à des subventions), l’océan, les animaux marins et le climat.C’est cela qu’ils ne veulent surtout pas que vous sachiez, car c’est honteux, c’est injustifiable et cela doit prendre fin.Ce que notre rapport montre avec une clarté implacable, nous le combattrons, jusqu’à obtenir victoire et réparation.
La « capture » du secteur et ses conséquences… 
Voilà plusieurs années que chez BLOOM, nous avons pu éprouver la puissance du Comité des pêches et des oligarques qui le composent. Nous sommes aux prises de leurs méthodes, de leur violence et de leurs mensonges. Nous avons rencontré de nombreux pêcheurs qui ne peuvent parler qu’anonymement pour dénoncer le système. Nous voyons comment les ministres ou secrétaires d’État à la pêche qui se succèdent s’alignent systématiquement sur les positions du Comité national des pêches.En science politique, ce genre d’emprise sur un secteur porte un nom : la « capture ».N’est-ce pas tragiquement ironique ? Ce ne sont pas seulement les poissons qui sont capturés par les entreprises de pêche industrielle, c’est le secteur tout entier.Avec des conséquences désastreuses : surpêche, détricotage des réglementations, faillites chez les artisans pêcheurs, baisse drastique de l’activité dans les ports français, fermeture de la criée du port de Dunkerque…Vous trouvez qu’il y a de quoi pleurer ?Nous aussi.Mais l’injustice nous donne surtout envie de nous battre, d’autant plus que cette « capture » n’est pas une fatalité.Pour sauver l’océan et le climat, pour sauver l’activité des pêcheurs artisans aux pratiques plus vertueuses, nous devons libérer l’océan et les institutions politiques de l’emprise des oligarques. Et ce combat, nous ne pouvons le mener qu’avec vous à nos côtés.Merci de votre soutien qui nous permet de mener ces enquêtes capitales et de pousser ce système injuste à la rupture. Laetitia Bisiaux, Coresponsable de la campagne pêches industriellesFabien Randrianarisoa, Coresponsable de la campagne pêches industrielles

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

Laisser un commentaire