Avec Clémentine Autain, une mobilisation inédite pour la liberté de création et le pluralisme

CONTRE LA BOLLORISATION :

POUR UNE LOI 

ANTI-CONCENTRATION

DANS LES MÉDIAS

Cher·es ami·es, 

Ce qui se joue aujourd’hui à Cannes dépasse largement la croisette. C’est une mobilisation inédite pour la liberté de création et le pluralisme, contre le pouvoir des ultra-riches et la menace de l’extrême droite. 

Quand 600 professionnels du cinéma alertent sur la concentration des pouvoirs culturels entre les mains de Vincent Bolloré, ils ne défendent pas des privilèges. Ils défendent une condition essentielle de la démocratie : la possibilité dans notre société de produire librement des récits, sans soumission de ses idées, de ses contenus artistiques, à un milliardaire qui veut imposer sa vision du monde.

Car Vincent Bolloré n’achète pas des médias, des maisons d’édition, des chaînes ou des salles de cinéma comme n’importe quel investisseur. Il construit un appareil idéologique cohérent. Canal+, CNews, Europe 1, le Journal du Dimanche, Hachette, StudioCanal, et désormais une part décisive d’UGC : jamais un seul homme n’aura été aussi proche de contrôler toute la chaîne de fabrication de notre imaginaire, du financement à la diffusion.

Cette concentration accompagne et nourrit la progression de l’extrême droite. Depuis des années, des médias transformés en machines à produire de la peur, du rejet et des obsessions identitaires banalisent l’idéologie du Rassemblement national. Pendant que les inégalités explosent, que les services publics sont démantelés et que la précarité progresse, l’attention est détournée vers les immigrés, les musulmans, les pauvres ou les étrangers désignés comme boucs émissaires. 

La bollorisation n’est pas seulement une stratégie économique. C’est un projet politique et culturel.

La réaction de Maxime Saada à Cannes en a donné une illustration brutale : annoncer que Canal+ ne travaillerait plus avec les signataires de la tribune s’opposant à Vincent Bolloré revient à menacer, à adresser un avertissement à tout le monde culturel. Se taire ou payer le prix de sa liberté de parole. Voilà le climat qui s’installe.

Le réveil des artistes, des scientifiques, des intellectuels est une urgence démocratique. Or cet engagement nécessaire commence à se manifester.

Les auteurs de chez Grasset, français puis étrangers, ont pris la porte par centaines au limogeage par Bolloré d’Olivier Nova, directeur de cette grande maison d’édition. En organisant des « États Généreux » de l’édition, Colombe Schneck, Virginie Despentes, Anne Berest avec deux cents artistes-auteurs se sont réunis au Théâtre de la Concorde pour prendre leur destin en main et penser les conditions de la survie de l’édition.

Après la contestation à Cannes, la mobilisation de plus de 1 000 artistes, chercheurs, intellectuels pour construire une coalition des résistances artistiques, culturelles et scientifiques montre la mise en mouvement. Elle donne rendez-vous le 30 mai à Montreuil.

Oui, il faut faire converger les résistances face au monde que l’extrême droite est en train de fabriquer. Ce front du refus est le point de départ pour un « oui » à une société émancipatrice.

Je veux contribuer à porter une grande loi anti-concentration dans les médias et les industries culturelles : limitation stricte des situations de propriété croisée, seuils maximaux de contrôle, protection renforcée de l’indépendance des rédactions et des créateurs, conditionnement des aides publiques au respect du pluralisme, financement citoyen de médias indépendants… Nous devons en particulier lutter contre la concentration verticale, c’est-à-dire la situation dans laquelle  un groupe, ou même, en l’occurrence, une personne, maîtrise l’ensemble de la chaîne de production médiatique (financement, choix de la ligne éditoriale, distribution, communication). 

La culture n’est pas une marchandise comme une autre. Elle façonne notre regard sur la société, notre esprit critique, notre conscience humaine et citoyenne. Aucune démocratie ne peut accepter qu’un seul milliardaire concentre un tel pouvoir sur ce que nous lisons, regardons, écoutons. 

Clémentine Autain

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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