Présidentielle 2027 : « S’il n’y a pas de primaire, moi, j’y vais », affirme François Ruffin
Publié le mardi 12 mai 2026 à 08:21https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-du-mardi-12-mai-2026-6629351?at_medium=newsletter&at_campaign=inter_quoti_edito&at_chaine=france_inter&at_date=2026-05-12&at_position=1
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L’invité de 8h20 : le grand entretien
Par Benjamin DuhamelSuivre
François Ruffin, député Debout ! de la Somme, auteur de « Picardie Splendor » (éditions Les arènes), affirme qu’il sera candidat à l’élection présidentielle de 2027 s’il n’y a pas de primaire à gauche. En revanche, s’il y a une primaire, il s’engage à respecter son résultat.
Avec
- François Ruffin Homme politique français
« S’il n’y a pas de primaire, moi, j’y vais », affirme François Ruffin, mardi 12 mai, sur France Inter, alors que le principe même d’une primaire de la gauche non mélenchoniste est mis en cause par certaines personnalités de gauche. Le chef de file des députés socialistes Boris Vallaud, qui a quitté la direction du PS, ne veut pas d’une primaire et propose « des rencontres de la gauche plurielle ».
Le 25 avril dernier, dans un meeting devant quelque 2 000 sympathisants à Lyon, François Ruffin avait lancé sa campagne pour la présidentielle mais n’avait pas eu un seul mot pour la primaire à gauche hors LFI à laquelle il s’était engagé de prendre part, ne précisant pas, ce jour-là, s’il maintiendrait sa candidature si la primaire n’avait pas lieu.
François Ruffin explique, sur France Inter, qu’il souhaite tout de même une primaire « pour des raisons à la fois de départage, car il y a plein de talents à gauche, pour des raisons de débordements, je pense que ça doit se passer avec les Français par millions, et pour des raisons de démocratie, car ça fait que dix ans que Emmanuel Macron s’est assis dessus ». Si la gauche non mélenchoniste organise une primaire, « je soutiendrai le candidat » qui sort en tête, assure le député Debout ! de la Somme.
« Tout le monde s’en fout »
Alors que le Parti socialiste se déchire entre ceux qui veulent une primaire et ceux qui n’en veulent pas, François Ruffin lâche : « Personne n’y comprend rien et tout le monde s’en fout. Et ce que j’éprouve en voyant tout ça, c’est du dégoût ! » Le député affirme que, lorsqu’il est sur le terrain, « personne ne [lui] a parlé de Boris Vallaud, Marine Tondelier ou François Ruffin ».
« Si les apparatchiks de la politiques n’en veulent pas, j’irais », assène le député. « Je suis là, oui, pour battre le Rassemblement national, mais je suis là aussi pour apporter du positif « pour que les gens « puissent vivre de leur travail, bien en vivre, pas en survivre et même qu’ils aient droit à la joie », détaille-t-il.
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« Il y a aujourd’hui deux candidats à gauche, il y a Jean-Luc Mélenchon et il y a moi », lance l’élu de la Somme, anciennement rattaché à La France insoumise. Le leader de LFI a officialisé sa candidature, dimanche 3 mai, justifiant la décision de son parti par « le contexte et l’urgence ». « Dans un temps où on a un pays qui est à bout de nerfs depuis quatre années, Jean-Luc Mélenchon a joué les incendiaires en versant de l’huile sur les plaies identitaires », dénonce François Ruffin.
Il estime « qu’un fossé s’est ouvert depuis 40 ans entre les gens et les dirigeants » en France, « parce que des dirigeants, c’est supposé protéger, protéger le pays, protéger les gens et, depuis 40 ans, vous avez des dirigeants qui ont fait le choix inverse ».
Indexation des salaires sur l’inflation et SMIC à 1 700 euros
Fin avril, sur France 2, François Ruffin s’est dit « hostile à l’immigration pour le travail ». Une déclaration immédiatement conspuée par LFI. Sur France Inter, il précise son propos : « Je souhaite qu’il n’y ait pas d’immigration utilitariste, qu’on ne cherche pas à importer de la main-d’œuvre qui réponde à nos besoins du marché, mais qu’on maintienne une immigration humaniste », « en mettant en place un apprentissage de la langue qu’on doit accueillir, en mettant en place du logement, l’école pour les enfants, de la formation et du travail. »
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Quant aux prix des carburants qui restent élevés depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, le candidat à la présidentielle veut « un contrôle des prix et des marges qui soient installées dans la durée, et d’ailleurs pas seulement sur le prix de l’essence, mais sur tous les produits de première nécessité, comme ça s’est fait pendant des décennies ». Il milite pour « l’indexation des salaires sur l’inflation », mais aussi pour « le SMIC à 1 700 euros » et « statut, revenu, carrière, salaire horaire pour les travailleurs essentiels de notre pays ».