GRAPHORAMA
Les héritages taxés sont très minoritaires, et 3 autres infographies à ne pas rater
LE 07 MAI 20265 min
Au menu de ce nouveau graphorama : une toute petite minorité des héritages sont supérieurs à 100 000 euros
1/ La majorité des héritages sont inférieurs à 30 000 euros en France
85 % des héritages sont d’un montant inférieur au seuil de déclenchement de l’impôt
Répartition des héritages selon leur montant début 2024 (%)

Un « impôt sur la mort », une fiscalité « confiscatoire »… La taxation du patrimoine, on l’a bien compris, n’a pas bonne presse, accusée de priver les Français de la satisfaction de transmettre à leurs enfants le fruit de « toute une vie de labeur ». Des données récemment publiées par l’Insee permettent toutefois de rétablir quelques vérités. Tout d’abord, début 2024, seuls 41 % des ménages ont déjà hérité de biens ou d’argent, et 20 % ont bénéficié d’une donation. Ces ménages ont un patrimoine médian nettement supérieur à celui de l’ensemble des ménages, ce dernier s’élevant à 205 100 euros au moment de l’enquête selon l’Institut.
Par ailleurs, lorsqu’il y a héritage, les sommes transmises sont loin des montants l’on imagine souvent : elles n’atteignent les 100 000 euros ou plus par héritier que dans 15 % des cas. 100 000 euros, c’est justement le montant de l’abattement (pour chaque héritage) permettant d’échapper aux droits de succession !
Et encore, comme le rappelle l’Observatoire des inégalités, sans même entrer dans des montages complexes d’optimisation fiscale, un couple peut transmettre, en jouant sur les diverses modalités de transmissions (succession, donation, assurance-vie…), plus de 750 000 euros par enfant sans que ceux-ci aient à payer un centime d’impôt. Une manière comme une autre de rappeler que la critique de principe de la taxation de l’héritage constitue surtout une légitimation des inégalités à la naissance.
Xavier Molénat