Changement climatique : « Il n’y a plus aucune région en Europe qui est épargnée », selon la climatologue Françoise Vimeux
Publié le jeudi 30 avril 2026 à 08:21 https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-du-jeudi-30-avril-2026-3544470?at_medium=newsletter&at_campaign=inter_quoti_edito&at_chaine=france_inter&at_date=2026-04-30&at_position=2
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Françoise Vimeux, climatologue, directrice de recherche à l’Institut de recherche pour le développement et Jean Jouzel, paléoclimatologue, ancien vice-président du GIEC, alertent sur la situation climatique de l’Europe qui a encore vu sa température augmenter l’an dernier.
Avec
- Françoise VimeuxClimatologue française
- Jean JouzelClimatologue, ancien vice-président du GIEC
« On voit vraiment qu’il n’y a plus aucune région en Europe qui est épargnée par les impacts du changement climatique », souligne la climatologue François Vimeux, sur France Inter, jeudi 30 avril, au lendemain de la publication du rapport annuel de Copernicus. Au moins 95% de l’Europe a connu des températures annuelles supérieures à la moyenne en 2025, selon ce rapport. Pour les vagues de chaleur, « c’est spectaculaire, parce que dans notre imaginaire, on pense que c’est uniquement l’Europe du Sud qui va en souffrir, et en fait là on voit que l’Europe du Nord a vraiment souffert », poursuit la directrice de recherche à l’Institut de recherche pour le développement.
Le paléoclimatologue Jean Jouzel affirme, également sur France Inter, que « ce que l’on vit actuellement, c’est ce que l’on envisage depuis 50 ans ». Selon l’ancien vice-président du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), « cette intensification des événements extrêmes, des pluies torrentielles, des sécheresses à répétition, des vagues de chaleur de plus en plus longues, de plus en plus fréquentes, vraiment intenses, c’est ce que nous envisageons depuis 50 ans dans les rapports successifs du GIEC ».
« Nous n’y arrivons pas en France »
« C’est assez terrible ce qu’on vit aujourd’hui », lance celui qui a depuis quitté le GIEC. Il appelle « les hommes politiques à prendre le taureau par les cornes ». « Nous n’y arrivons pas en France. Par exemple, les émissions n’ont diminué que de 2% l’an dernier alors qu’elles auraient dû diminuer de 5% », poursuit-il. Et le spécialiste d’ajouter : « J’espère un sursaut au niveau français, au niveau planétaire par rapport à ces décisions qui sont éminemment politiques et qui entraînent toute la société. »
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« Avant l’accord de Paris, il y avait moins de 20 pays qui diminuaient leurs émissions, donc ça va quand même dans le bon sens, mais malheureusement on est encore sur des trajectoires d’émissions de gaz à effet de serre qui sont trop hautes », rappelle Françoise Vimeux.