Plusieurs d’une centaine d’études scientifiques associent une consommation élevée d’aliments ultra-transformés à un risque accru de nombreuses maladies chroniques. 

Aliments ultra-transformés : Yuka, foodwatch et France Assos Santé lancent une pétition pour exiger une action politique

(Communiqué)

29/04/2026 http://uro4.mjt.lu/lnk/AXEAAJjdlpIAAc5Fq9gAAADksiMAAAAFGcMAJQJmAAW0UABp8fZdcwfuNon0TEKPq_eROxg-XgAFeLU/44/2-Q6NmAZXpkLX6CDAOJ-Yg/aHR0cHM6Ly90b3V0ZS1sYS52ZWlsbGUtYWN0ZXVycy1zYW50ZS5mci8yNDI3OTcvYWxpbWVudHMtdWx0cmEtdHJhbnNmb3JtZXMteXVrYS1mb29kd2F0Y2gtZXQtZnJhbmNlLWFzc29zLXNhbnRlLWxhbmNlbnQtdW5lLXBldGl0aW9uLXBvdXItZXhpZ2VyLXVuZS1hY3Rpb24tcG9saXRpcXVlLWNvbW11bmlxdWUv

Émis par : France Assos Santé, Yuka, foodwatch

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Les risques pour la santé de l’alimentation ultra-transformée sont largement documentés. A l’heure actuelle, plus d’une centaine d’études scientifiques associent une consommation élevée d’aliments ultra-transformés à un risque accru de nombreuses maladies chroniques. Pourtant, ces produits ne font l’objet d’aucun encadrement spécifique. Ils continuent d’être massivement distribués et promus, souvent à l’aide de méthodes qui rappellent celles développées par l’industrie du tabac : ciblage des enfants, marketing agressif, lobbying pour freiner les politiques de santé publique.

Face à ces risques inacceptables, Yuka, foodwatch et France Assos Santé exigent une réponse politique forte et immédiate pour informer et protéger le plus grand nombre. 

Dans une pétition commune, « Trop d’aliments ultra-transformés : protégeons notre santé ! », les trois organisations invitent les citoyennes et citoyens à l’action en interpellant le Premier ministre ainsi que les ministres de la Santé et de l’Agriculture. Elles demandent un encadrement de la publicité, l’interdiction des stratégies marketing incitatives sur les emballages et la mise en place d’un étiquetage clair en face avant des produits.

Aujourd’hui en France, plus de 60% des produits emballés vendus en supermarché sont ultra-transformés : biscuits, sodas, céréales sucrées, chips, nuggets, plats préparés…Ces produits sont souvent composés d’ingrédients industriels et de multiples additifs, de faible qualité nutritionnelle, et très rentables pour les industriels. Ils représentent 30 à 35% des calories ingérées par les adultes et près de la moitié des calories consommées par les enfants.

Le 7 avril, au One Health Summit à Lyon, Emmanuel Macron a annoncé l’engagement de la France, aux côtés d’autres pays et de l’Organisation Mondiale de la Santé, à reconnaître les impacts des aliments ultra-transformés et à mettre en place des politiques publiques favorisant une alimentation plus saine et durable. Ces engagements doivent désormais se traduire rapidement en actions concrètes !

Car il y a urgence. Une synthèse publiée en novembre 2025 dans la revue scientifique The Lancet, confirme le lien préoccupant entre une consommation élevée d’aliments ultra-transformés et un risque accru de nombreuses pathologies telles que l’obésité, le diabète de type 2, l’hypertension, les maladies cardiovasculaires, certaines maladies rénales ou encore certains cancers.  D’autres études suggèrent aussi un lien avec des troubles de la santé mentale, comme les symptômes dépressifs ou certains troubles cognitifs.

Particulièrement exposés, les enfants et les adolescents qui évoluent dansun environnement saturé de stratégies marketing agressives et invasives, et d’une promotion permanente de ces produits, en particulier sur les réseaux sociaux. Dès lors, et contrairement au discours des industriels et du gouvernement, difficile de faire porter au seul consommateur la responsabilité de ses choix alimentaires.

Pour les trois organisations, « il est temps d’arrêter de faire peser uniquement la responsabilité sur les consommateurs. Dans un environnement alimentaire saturé de produits ultra-transformés, conçus pour être toujours plus attractifs, prétendre que la situation relève du “choix individuel” est un discours à la fois inefficace et inacceptable. La responsabilité est avant tout politique : les pouvoirs publics doivent agir pour encadrer ces produits et protéger la population ».

À travers une pétition, les associations demandent la mise en place de trois mesures prioritaires :

  • Encadrer sans compromis la publicité pour les aliments ultra-transformés, en particulier lorsqu’elle vise les enfants et les adolescents, y compris sur les plateformes numériques et les réseaux sociaux ;
  • Mettre fin aux stratégies marketing sur les emballages (mascottes, personnages, cadeaux, jeux promotionnels, allégations valorisantes) qui ciblent les jeunes et induisent les consommateurs, notamment les parents, en erreur ;
  • Imposer un étiquetage clair, lisible et obligatoire en face avant des emballages, conjointement au Nutri-Score, pour identifier immédiatement ces produits sur la base des connaissances scientifiques les plus récentes.

Avec cette initiative commune, Yuka, foodwatch et France Assos Santé entendent porter dans le débat public la nécessité d’une régulation de l’alimentation ultra-transformée et appeler les autorités à engager sans attendre des mesures d’information et de protection efficaces. La santé publique doit redevenir la boussole des décisions politiques dans un marché alimentaire très loin du droit de toutes et tous à une alimentation saine, choisie, durable.

Signer la pétition

Sources

Plus de 60% des produits emballés en supermarché sont ultra-transformés, selon une étude publiée dans Public Health Nutrition, Février 2024 : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/38297466/

Pourcentage de calories ingérées venant des aliments ultra-transformés en France :

Ultra-Processed Foods and Human Health, The Lancet, Novembre 2025:https://www.thelancet.com/series-do/ultra-processed-food   

Aliments ultra-transformés : des impacts négatifs sur la santé documentés et des propositions concrètes pour limiter l’exposition des populations, Inserm, 19 novembre 2025 :https://presse.inserm.fr/aliments-ultra-transformes-des-impacts-negatifs-sur-la-sante-documentes-et-des-propositions-concretes-pour-limiter-lexposition-des-populations/71444/

Aliments ultra-transformés, quel est le problème, article foodwatch :https://www.foodwatch.org/fr/sinformer/nos-campagnes/alimentation-et-sante/malbouffe/aliments-ultra-transformes-quel-est-le-probleme

Programme National Nutrition Santé 2026-2030 (PNNS 5), publié le 8 avril de 2026: https://sante.gouv.fr/IMG/pdf/pnns_5_2026-2030.pdf

Discours d’Emmanuel Macron au One Health Summit, le 7 avril 2026 à Lyon : https://www.elysee.fr/front/pdf/elysee-module-26314-fr.pdf

Contacts presse :

DÉCRYPTAGE. Polémique du Master Poulet à Saint-Ouen : comment l’essor des fast-foods divise les centres-villes

Les enseignes comme O’Tacos, Tasty Crousty ou Master Poulet attirent des foules à chaque ouverture de nouveaux restaurants.
  • Les enseignes comme O’Tacos, Tasty Crousty ou Master Poulet attirent des foules à chaque ouverture de nouveaux restaurants.DDM – MORAD CHERCHARI

   

Restaurants,  Commerces,  France – Monde

Publié le 28/04/2026 à 17:58 , mis à jour à 20:15 https://www.ladepeche.fr/2026/04/28/decryptage-polemique-du-master-poulet-a-saint-ouen-comment-lessor-des-fast-foods-divise-les-centres-villes-13345645.php#

Article rédigé par Hugo Raynaud

La Dépêche du Midi

En plein essor dans les centres-villes, de nouvelles enseignes de restauration rapide cristallisent les débats. Entre redynamisation commerciale, nuisances de voisinage et lutte contre la malbouffe, ces établissements deviennent un point de tension de plus en plus récurrent.

De Master Poulet à O’Tacos, en passant par Tasty Crousty, ces nouvelles enseignes de restauration rapide se multiplient dans les centres-villes de nombreuses communes. Façades colorées, ouvert une grande partie de la journée, menus à petits prix : ces établissements séduisent une clientèle majoritairement jeune et contribuent à redynamiser certaines rues de villes où les commerces ferment un à un. Mais leur implantation ne fait pas toujours l’unanimité.

C’est par exemple le cas du conflit très médiatisé qui oppose le maire de Saint-Ouen au fast-food Master Poulet qui a récemment ouvert en plein centre de cette commune de Seine-Saint-Denis. L’édile socialiste Karim Bouamrane a décidé de partir en guerre contre cette enseigne, jurant d’utiliser tous les moyens à sa disposition pour faire fermer ce restaurant au nom de la lutte contre la malbouffe.

Des marges de manœuvre limitées pour les maires

Dans les faits, cependant, le maire dispose de peu d’outils pour empêcher ces nouveaux commerces dans sa commune. Les élus peuvent seulement agir via les règles d’urbanisme, en modifiant par exemple le plan local d’urbanisme (PLU), ou grâce à ses pouvoirs de « police administrative » en matière de sécurité, de tranquillité et de salubrité publiques. Ils ne peuvent donc pas refuser une nouvelle implantation au seul motif qu’il s’agit d’un fast-food ou qu’elle ne correspond pas à une vision souhaitée du commerce local.

Voir aussi :

À Tarbes, les fast-foods redessinent le paysage culinaire du centre-ville

Dans d’autres communes, l’arrivée de ces établissements suscite également des crispations. Bruit nocturne, attroupements, déchets sur la voie publique : certains riverains dénoncent des nuisances au quotidien. Des élus locaux pointent aussi une forme d’uniformisation des commerces face à la prolifération des restaurants de kebabs, de tacos, ou de burgers dans les centres-villes, avec la crainte de voir remplacer les commerces traditionnels par ces offres jugées moins qualitatives.

À lire aussi : VRAI OU FAUX. Polémique du Master Poulet à Saint-Ouen : un maire peut-il s’opposer à l’installation d’un commerce dans sa ville ?

Cette dynamique s’inscrit dans une progression massive du secteur de la restauration rapide. En France, le nombre de fast-foods dépasse aujourd’hui les 52 000 établissements, contre seulement 13 000 en 2000. Entre 2010 et 2024, le nombre d’enseignes de ce genre a quasiment triplé. Aujourd’hui, près d’un repas sur deux consommés à l’extérieur se fait désormais dans la restauration rapide et le secteur génère plus de 20 milliards d’euros de chiffre d’affaires chaque année.

Une équation complexe pour les municipalités

Derrière ces critiques, une autre réalité, peut aussi pointer le bout de son nez. Ces restaurants attirent souvent une clientèle plus jeune, parfois issue des milieux populaires. Une fréquentation qui peut inquiéter certains habitants ou responsables locaux, soucieux de préserver une certaine image de leur centre-ville.

Pour les municipalités, l’équilibre est donc difficile à trouver. D’un côté, ces établissements remplissent des locaux vacants et évitent l’image des centres-villes abandonnés que l’on retrouve dans de plus en plus de communes. De l’autre, leur concentration peut rapidement poser problème : dans certaines villes moyennes, on compte plusieurs dizaines de fast-foods pour quelques dizaines de milliers d’habitants.

À lire aussi : REPORTAGE. « Cela ne réglera pas la malbouffe à la maison » : la Grande-Bretagne veut supprimer le fish and chips de la cantine pour lutter contre l’obésité

Certaines villes tentent donc d’agir en amont. Elles limitent, par exemple, la transformation de boutiques en fast-foods dans leur plan local d’urbanisme, ou conditionnent les autorisations à des critères précis (surface, extraction des fumées, respect du voisinage). À Rennes, la ville a choisi d’écarter les chaînes de restauration rapide de son hypercentre. Où encore à Montpellier, avec une municipalité qui a eu recours à la préemption de certains locaux pour y installer des commerces indépendants moyens et haut de gamm

ENTRETIEN. Polémique du Master Poulet à Saint-Ouen : « Un faux débat qui occulte l’urgence de la précarité alimentaire », pour l’économiste Pascale Hébel

   Agro-alimentaire,  Vie pratique – conso,  Restaurants

Publié le 29/04/2026 à 06:35 https://www.ladepeche.fr/2026/04/29/entretien-polemique-du-master-poulet-a-saint-ouen-un-faux-debat-qui-occulte-lurgence-de-la-precarite-alimentaire-pour-leconomiste-pascale-hebel-13347474.php

Article rédigé par Philippe Salvador

Philippe Salvador

JournalisteLa Dépêche du Midi

Face à la polémique entourant l’implantation de fast-foods à bas prix comme Poulet Master, Pascale Hébel, économiste et spécialiste de la consommation, analyse les enjeux réels : entre inflation, insécurité alimentaire des jeunes et nécessité d’une véritable démocratie alimentaire en France.

Entre impératif de santé publique et réalité des petits budgets, les fast-food de poulet grillé cristallisent les tensions. Comment analysez-vous cette situation ?

Il est crucial de comprendre ce qui se joue derrière ces enseignes. Aujourd’hui, on propose un repas à 7 euros contre 13 euros chez McDonald’s. Sur le plan nutritionnel, il faut être nuancé. Un poulet frit dans de l’huile végétale n’est pas nécessairement plus mauvais pour la santé que de la viande de bœuf. En réalité, le véritable enjeu est celui du prix et de la sécurité alimentaire. Avec l’inflation galopante, beaucoup de gens cherchent des solutions pour manger. Près de 30 % de la population peine à se nourrir à sa faim depuis la période post-Covid. La restauration rapide, facile d’accès en termes de temps et de coût, devient alors indispensable pour une partie des Français. C’est un débat souvent trop simplifié.

À lire aussi : DÉCRYPTAGE. Polémique du Master Poulet à Saint-Ouen : comment l’essor des fast-foods divise les centres-villes

Vous évoquez une étude sur l’insécurité alimentaire. Quel est l’état des lieux exact aujourd’hui ?

Nous avons mis en évidence ce phénomène via l’Observatoire des vulnérabilités. L’insécurité alimentaire se définit par des critères précis : avoir faim, sauter des repas ou changer radicalement son alimentation par manque de moyens. En 2021-2022, cela concernait 35 % des adultes. Aujourd’hui, nous sommes à 25 %. Les plus touchés sont les familles monoparentales et les jeunes. Chez les 18-24 ans, le taux d’insécurité alimentaire grimpait à 56 % il y a trois ans. Il y a un véritable angle mort concernant les jeunes travailleurs qui, ayant souvent des salaires bas, luttent pour manger tous les jours.

Pascale Hébel est économiste et spécialiste de la consommation, directrice associée chez C-Ways.

Pascale Hébel est économiste et spécialiste de la consommation, directrice associée chez C-Ways. C-Ways

L’équilibre nutritionnel est-il la principale victime de cette précarité ?

Absolument. On constate qu’entre l’avant-Covid et aujourd’hui, l’équilibre nutritionnel s’est dégradé et l’obésité a augmenté. Les études montrent qu’une alimentation saine coûte plus cher. Manger des fruits et légumes frais est plus onéreux que de consommer des calories bon marché. C’est un sujet de santé publique majeur. Parallèlement, nous vivons de plus en plus en ville, loin du travail, avec moins de temps pour cuisiner. Nous avons besoin d’externaliser la fonction alimentaire. Le segment de la volaille, moins cher que le bœuf, répond à cette demande. Dire que c’est uniquement de la « malbouffe » est réducteur.

Certains opposants accusent la mairie de Saint-Ouen de vouloir « gentrifier » la ville en écartant ces enseignes populaires. Qu’en pensez-vous ?

Je trouve ce débat stérile et presque surréaliste. Utiliser l’argument de l’alimentation saine pour interdire une enseigne sous prétexte qu’elle attirerait une population « indésirable », c’est mélanger tous les sujets. Par le passé, on critiquait les kebabs, aujourd’hui c’est le poulet frit. Si l’offre était trop importante par rapport à la demande, ces établissements fermeraient d’eux-mêmes. On ne peut pas occulter le besoin réel de nourrir les gens à petit prix.

Quelles seraient les solutions pour garantir une alimentation saine pour tous ?

Plusieurs leviers sont discutés. On a parlé de chèques alimentaires, mais l’idée qui émerge aujourd’hui est celle d’une « sécurité sociale de l’alimentation ». Il s’agirait de donner à chacun un budget dédié à l’achat de produits sains, locaux ou de fruits et légumes, à l’image du fonctionnement de l’assurance maladie. Les collectivités ont aussi un rôle clé via les cantines scolaires pour proposer une alimentation de qualité aux enfants. Enfin, il y a la question des taux de TVA différenciés. Malgré les efforts, la consommation de fruits et légumes baisse. Il y a une urgence à mettre en place ces outils, car le Programme National Nutrition Santé (PNNS) a pris beaucoup de retard.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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