G7 Environnement: en fait de « résultats exceptionnels » (Monique Barbut), rien a propos du réchauffement climatique.

Au G7 Environnement, sept déclarations communes adoptées, mais aucune sur le réchauffement climatique

La ministre de la transition écologique, Monique Barbut, a qualifié de « résultats exceptionnels », vendredi, l’issue de la réunion des délégations des sept pays parmi les plus riches au monde. 

Par Raphaëlle Besse Desmoulières

Le 24 avril 2026 à 19h19, modifié hier à 08h18

Lecture 3 min

La ministre de la transition écologique, Monique Barbut, lors d’une conférence de presse organisée dans le cadre du G7 Environnement, à Paris, le 24 avril 2026.
La ministre de la transition écologique, Monique Barbut, lors d’une conférence de presse organisée dans le cadre du G7 Environnement, à Paris, le 24 avril 2026. DIMITAR DILKOFF/AFP

Au terme de deux jours de discussions du G7 Environnement, qui se sont tenues jeudi 23 et vendredi 24 avril, à Paris, dans le cadre de la présidence française, la ministre de la transition écologique, Monique Barbut, n’a pas ménagé ses louanges sur la conclusion obtenue. « Dans le contexte de remise en cause du multilatéralisme environnemental que nous connaissons, nous considérons ces résultats comme exceptionnels », a vanté l’ancienne présidente du Fonds mondial pour la nature, lors d’une conférence de presse.

Le climat absent des discussions du G7 Environnement à Paris : « Si l’on commence à en parler, il n’y a plus de G7 »

Six déclarations communes ont été adoptées sur les thèmes de la sécurité et l’environnement, du financement de la biodiversité, de l’océan, de l’eau, de la santé environnementale et de la résilience du secteur immobilier face aux catastrophes naturelles. Un dernier texte reprend l’ensemble. Cette conclusion valide, selon Monique Barbut, « la pertinence » de la démarche du gouvernement auquel elle appartient qui « s’est attachée tout d’abord à préserver l’unité du G7, car cette instance doit demeurer un espace de dialogue, indépendamment des alternances politiques »« Il a surtout été question d’échanges de bonnes pratiques », soupire une observatrice du monde de l’environnement.

La France avait volontairement décidé de laisser de côté la question du réchauffement climatique pour ne pas froisser les Etats-Unis, dont le président, Donald Trump, ouvertement climatosceptique, a multiplié les reculs environnementaux, en commençant par retirer pour la seconde fois son pays de l’accord de Paris sur le climat de 2015« Nous n’avons pas souhaité aborder ce sujet de front car si nous l’avions fait, nous aurions pris le risque de voir certains partenaires quitter la table des négociations et donc de ne rien obtenir du tout », a souligné Monique Barbut, affirmant que les autres parties prenantes avaient partagé cette façon de faire. « Ce n’est pas un choix de moindre ambition, c’est un choix d’efficacité », a-t-elle martelé.

Peu d’avancées concrètes mentionnées

Etaient réunis les pays du « groupe des sept » (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni), responsables par le passé d’un quart des émissions mondiales de gaz à effet de serre. D’autres nations avaient été invitées, comme celles qui accueilleront cette année les prochaines Conférences des parties sur la désertification (Mongolie) ou la biodiversité (Arménie). Signe du peu d’intérêt porté à la rencontre par Washington, c’était la numéro deux de l’Agence américaine de protection de l’environnement, Usha-Maria Turner, qui avait été dépêchée.

Jeudi, lors d’une promenade dans la forêt de Fontainebleau (Seine-et-Marne) avec ses homologues avant un dîner au château du même nom, la ministre de la transition écologique avait assuré que tous les sujets traités avaient « un lien avec le réchauffement climatique, tous en sont soit des conséquences, soit des causes ». Optimiste sur l’issue des discussions, Monique Barbut avait décrit les Etats-Unis comme « très constructifs » et « extrêmement coopératifs »« On n’imaginait pas non plus que les Américains accepteraient par exemple des mentions de PFAS [substances per- et polyfluoroalkylées, ou “polluants éternels”] » dans le texte sur la pollution de l’eau, a-t-elle précisé, vendredi.

Lire aussi le décryptage

Réchauffement climatique : pourquoi des scientifiques appellent à oublier l’objectif de limitation à + 1,5 °C

Peu d’avancées concrètes sont mentionnées dans la déclaration finale, qui met surtout l’accent sur le renforcement des « coopérations » ou des « synergies » entre les pays du G7, que ce soit en matière de « gestion efficace » des aires marines protégées, dans la lutte contre la pêche illicite ou encore dans l’amélioration des échanges « sur l’accessibilité des données nationales » pour aider le secteur immobilier à faire face aux catastrophes naturelles.

Il a cependant été acté le lancement d’une « Alliance pour le financement de la nature et des peuples », destinée à encourager le financement public et privé pour la protection de la biodiversité. Une première concrétisation est espérée d’ici au sommet du G7 d’Evian (Haute-Savoie), en juin. Doté d’environ 600 millions d’euros destinés à 22 pays africains, ce premier financement proviendrait à 400 millions d’euros de fondations philanthropiques, dont la moitié du seul Rob Walton, héritier du géant américain de la distribution Walmart. « Il ne s’agit ni de crédit ni de compensation, il s’agit de nouvelles ressources qui sont en train d’être discutées », a insisté Monique Barbut.

D’ici là, le 4 mai, la France espère aussi faire avancer le dossier de la réduction des émissions de méthane, un gaz à effet de serre très puissant. Un « événement de haut niveau », selon le ministère de la transition écologique, durant lequel Paris entend décrocher « des engagements supplémentaires d’entreprises » que le gouvernement est « en train de négocier », a mis en avant la ministre.

Il a cependant été acté le lancement d’une « Alliance pour le financement de la nature et des peuples », destinée à encourager le financement public et privé pour la protection de la biodiversité. Une première concrétisation est espérée d’ici au sommet du G7 d’Evian (Haute-Savoie), en juin. Doté d’environ 600 millions d’euros destinés à 22 pays africains, ce premier financement proviendrait à 400 millions d’euros de fondations philanthropiques, dont la moitié du seul Rob Walton, héritier du géant américain de la distribution Walmart. « Il ne s’agit ni de crédit ni de compensation, il s’agit de nouvelles ressources qui sont en train d’être discutées », a insisté Monique Barbut.

D’ici là, le 4 mai, la France espère aussi faire avancer le dossier de la réduction des émissions de méthane, un gaz à effet de serre très puissant. Un « événement de haut niveau », selon le ministère de la transition écologique, durant lequel Paris entend décrocher « des engagements supplémentaires d’entreprises » que le gouvernement est « en train de négocier », a mis en avant la ministre.

lire aussi:

La France atteint son « jour du dépassement »écologique avant ses voisins européens

Raphaëlle Besse Desmoulières

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

Laisser un commentaire