« Le lithium a des effets de perturbateurs endocriniens en plus d’être toxique pour la reproduction, avertit l’Anses »
Date de publication : 17 avril 2026 https://www.mediscoop.net/index.php?pageID=52147e9e2d0fd3ac18ef26f76a22f1b2&midn=23670&from=newsletter
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Apolline Le Romanser constate dans Libération que« le lithium, le plus léger de tous les métaux, est de plus en plus prisé, et dans de nombreux secteurs. Cet essor des usages et l’émergence de projets d’exploitation minière en Europe, dont en France, rend d’autant plus nécessaire l’examen des risques pour la santé et l’environnement ».
La journaliste relaie un travail de l’Agence de sécurité sanitaire (Anses), « qui avait déjà mis en évidence, dès 2020, une toxicité pour la reproduction aux doses présentes dans les médicaments. Elle identifie désormais d’autres risques et pointe un manque de connaissance sur le sujet ».
Apolline Le Romanser explique ainsi que « les travaux […] ont porté sur la substance elle-même mais aussi sur trois sels de lithium : le carbonate, le chlorure et l’hydroxyde de lithium. Il s’agit des trois mêmes dérivés qu’elle avait déjà épinglés il y a quelques années, pour leurs dangers sur la fertilité (identifiés dans des études animales) et le développement du fœtus (une association a été observée entre l’exposition au lithium chez des femmes enceintes bipolaires et des malformations chez leurs bébés) ».
« En actualisant son analyse, forte de nouvelles données chez l’humain et chez l’animal, les experts de l’Anses réaffirment cette toxicité pour la reproduction. Ils vont plus loin, en alertant sur des effets compatibles avec une perturbation endocrinienne », continue la journaliste.
L’Anses souligne en effet que « les données humaines et animales montrent que le lithium a aussi [une action] sur la thyroïde ».
Apolline Le Romanser précise que « les données analysées par les scientifiques sont principalement issues d’études menées sur le lithium utilisé comme médicament, c’est-à-dire à des concentrations plus élevées que celles rencontrées dans l’environnement. Des recherches complémentaires doivent donc être menées, insiste l’Anses, pour collecter plus d’informations et mieux caractériser les effets de ces substances ».
La journaliste note enfin que « l’Agence recommande […] d’examiner une procédure qui pourrait qualifier le lithium de «substance extrêmement préoccupante». Objectif : «Inciter les industriels à fournir des données précises sur les usages et les expositions au lithium» et «renforcer les mesures de protection des travailleurs exposés» ».
Lithium : l’Anses met en lumière des risques sanitaires et environnementaux
Risques | 16.04.2026 https://www.actu-environnement.com/ae/news/lithium-risques-sanitaires-environnementaux-anses-avis-47861.php4#ntrack=cXVvdGlkaWVubmV8Mzk5Mg%3D%3D%5BNDExMDgz%5D

L’Agence de sécurité sanitaire (Anses) a publié ce jeudi 16 avril deux avis relatifs aux risques sanitaires et environnementaux présentés par le lithium. Et ce, au moment où l’usage de ce métal utilisé comme médicament, ainsi que dans la composition de produits cosmétiques, dans la fabrication de batteries de voitures, de téléphones, du verre ou encore de la céramique, est en croissance.
Le premier de ces avis (1) porte sur les options de gestion réglementaire du lithium et de trois de ses sels (chlorure de lithium, carbonate de lithium et hydroxyde de lithium). L’Agence a déjà proposé, en 2020, de classer ces trois sels comme toxiques pour la reproduction dans le cadre du règlement européen relatif à la classification, à l’emballage et à l’étiquetage des substances chimiques et de mélanges (CLP). « En cours d’examen au niveau européen, cette classification, si elle est acceptée, rendra par exemple obligatoire l’étiquetage des dangers liés à ses sels », explique l’Anses. Celle-ci identifie à travers ses nouvelles expertises de nouveaux risques présentés par le lithium et ses sels : perturbateur endocrinien pour la santé humaine en raison de ses effets sur la thyroïde et toxique pour les organismes aquatiques. Ce qui justifierait leur classement dans le règlement CLP à ces titres également.
L’Agence recommande par ailleurs l’exploration d’une procédure d’identification du lithium comme substance extrêmement préoccupante (SVHC) au titre du règlement Reach. « L’objectif visé est d’inciter les industriels à fournir des données précises sur les usages et les expositions au lithium et de renforcer ainsi les mesures de protection des travailleurs exposés, en encourageant notamment sa substitution par des substances moins préoccupantes lorsque cela est possible », explique l’Agence. On notera également sa recommandation portant sur une évaluation des risques pour la santé humaine et l’environnement relative aux activités d’extraction minière du lithium et de recyclage, alors que l’ouverture d’une mine de lithium est en projet dans l’Allier.
Le deuxième avis (2) de l’Agence, accompagné d’un rapport, porte sur l’élaboration de valeurs toxicologiques de références (VTR), c’est-à-dire des niveaux d’exposition sans effet nocif pour la population. Elle a établi trois VTR : une valeur par voie orale de 0,02 mg équivalent lithium/kg de poids corporel/jour, une valeur par voie respiratoire de 0,05 mg équivalent lithium/m3, et une valeur interne dans le sang de 0,035 mg/L. Ces valeurs concernent uniquement des expositions chroniques car il ne lui a pas été possible, faute de données suffisantes, de définir des VTR protégeant contre les risques aigus. L’Anses recommande par ailleurs de fixer une valeur limite d’exposition professionnelle (VLEP) contraignante dans le cadre de la directive européenne concernant la protection des travailleurs contre les risques liés à l’exposition à des substances cancérigènes, mutagènes ou reprotoxiques.
1. Télécharger l’avis de l’Anses sur la gestion réglementaire du lithium
https://www.actu-environnement.com/media/pdf/news-47861-avis-anses-lithium-gestion-reglementaire.pdf2. Télécharger l’avis et le rapport de l’Anses sur les valeurs toxicologiques de référence du lithium
https://www.actu-environnement.com/media/pdf/news-47861-avis-rapport-anses-lithium-vtr.pdf
Laurent Radisson, journaliste
Rédacteur en Chef de Droit de l’Environnement