Qu’attendent les praticiens hospitaliers du futur ministre de la santé ?

Nomination du nouveau Premier ministre : et maintenant, un ministre de la Santé ?

(Communiqué des anesthésistes réanimateurs)

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07/09/2024 https://toute-la.veille-acteurs-sante.fr/files/2024/09/20240907-CP-SNPHARE-nomination-PM.pdf

Émis par : SNPHARE

Le SNPHARE prend acte de la nomination de M. Michel BARNIER en tant que Premier Ministre. Nous attendons dorénavant la composition du nouveau gouvernement et notamment la nomination du prochain ministre en charge de la Santé, que nous espérons rapide.

Après 2 mois d’incertitude gouvernementale, quatre mois d’immobilisme contraint par les périodes de réserve électorale puis par un gouvernement démissionnaire, au vu de la situation critique de notre système de santé et de l’hôpital public en particulier, celui ou celle qui sera notre 8ème ministre en 7 ans devra être un ministre de plein exercice ayant les moyens d’agir dans la durée.

L’été qui vient de s’écouler a montré la très grande fragilité dans laquelle se trouve l’hôpital
public : nombreux services d’urgence d’accès régulés (pour ne pas dire fermés), pénurie
médicale, asphyxie financière des établissements… Fragilité niée par le Ministre
démissionnaire, mais bien réelle aux yeux des professionnels de santé et de nos concitoyens.
Le SNPHARE aspire à une stabilité des axes de travail permettant de sauvegarder et restaurer
un service public hospitalier de qualité. Cette stabilité nécessite une vision et un temps long
rendant indispensable une Loi de Programmation de la Santé… ainsi qu’un ONDAM enfin
revalorisé et enfin garanti chaque année à sa juste hauteur.
Le SNPHARE demande que l’intégralité des chantiers en cours soit poursuivie, et ce, dans un
calendrier resserré, pour des solutions réalistes, concrètes et efficaces :

  • Le chantier de la correction de l’injustice liée aux quatre ans d’ancienneté spoliés aux PH
    nommés avant le 1er octobre 2020, ouvert sous la « mandature Braun » et jamais repris
    officiellement depuis. Pourtant, une solution existe ! Ce dossier, c’est le dossier de la
    reconnaissance des praticiens hospitaliers titulaires, armature de l’hôpital public. Ne pas
    reconnaître leur investissement passé ne peut qu’inspirer méfiance de la part des jeunes… et
    donc non-recrutements des jeunes, départs des plus anciens.

Nomination du Premier ministre : une « nouvelle ère » pour la santé ?

(Communiqué de l’intersyndicale Action Praticiens Hopital-APH)

09/09/2024

https://toute-la.veille-acteurs-sante.fr/files/2024/09/20240909-CP-Premier-Ministre.pdf

Émis par : APH

Action Praticiens Hôpital (APH), qui réunit les organisations syndicales « Avenir Hospitalier » et la « Confédération des Praticiens des Hôpitaux », prend acte de la nomination de Monsieur Michel Barnier à la fonction de Premier Ministre.

APH a bien noté l’attachement du nouveau Premier Ministre au dialogue avec les syndicats. Suite aux élections professionnelles de juin 2024, APH est l’organisation syndicale majoritaire et est donc légitimement représentative des praticiens hospitaliers de la « France des territoires de santé », qui essaient de maintenir à bout de bras un hôpital public à bout de souffle qui se dégrade de plus en plus vite, mettant en péril la bonne santé de nos concitoyens.

APH se réjouit du souci affiché par le Premier Ministre de prendre enfin soin des services publics et prend acte que le premier déplacement officiel du Premier Ministre, deux jours après sa nomination, a été la visite d’un hôpital public. C’est un signal fort pour APH, qui doit être rapidement suivi de mesures concrètes.

APH attend la nomination d’un nouveau Ministre de plein exercice chargé de la Santé et de la Prévention, capable de mettre en place une politique de rupture et de changements, comme souhaité par le Premier Ministre.


-Ce nouveau Ministre devra avoir le souci du système de santé dans sa globalité, intégrant le médico-social, qui repose sur une offre de
soins publique et libérale complémentaires. Il devra être capable de défendre, malgré une situation budgétaire nationale très contrainte, une nette augmentation de l’ONDAM et notamment de l’ONDAM hospitalier pour lequel il manque 15 milliards d’euros. Ces mesures financières sont indispensables à l’amélioration des conditions de
travail pour des soins de qualité comme à la reconnaissance du temps de travail des professionnels de santé et à l’attractivité des
carrières hospitalières.

-Ce nouveau Ministre devra poursuivre les travaux engagés avec la
DGOS sous les précédentes mandatures, sur les bases d’une co-
construction avec les organisations syndicales élues : APH est force
de propositions et énonce des recommandations issues du terrain.
Nous savons que ce sont des solutions qui correspondent au « choc
d’attractivité » nécessaire pour les carrières hospitalières médicales,
attendu depuis si longtemps. L’échec de la réforme statutaire du
statut de praticiens hospitaliers de 2022 résulte de l’absence de prise
en compte des demandes et des recommandations d’APH, pourtant
déjà majoritaire à l’époque pour ce corps.

-Ce nouveau Ministre doit immédiatement traiter les sujets urgents
concernant les praticiens hospitaliers :
Réouverture du dossier de la permanence des soins

  • La revalorisation des astreintes médicales – inscrite au
    budget 2024 pour le 2ème semestres (soit à partir du 1er
    juillet 2024) n’est toujours pas appliquée, faute de texte
    réglementaire ;
  • L’organisation de la permanence des soins demande à
    reprendre un travail en profondeur, initié à l’automne 2023
    et au point mort depuis le 14 février 2024… à l’exception
    d’une proposition de modification « à la marge » d’un projet
    de décret, dont la portée sera nulle ;
  • La pénibilité de cet exercice, reconnaissance totalement
    ignorée dans la récente réforme des retraites, doit enfin
    pouvoir être reconnue et prise en compte pour les
    praticiens hospitaliers qui passent 20 % environ de leur
    activité en travaillant la nuit et le week-end, et en travaillant
    le plus souvent 24 heures consécutives, et ce pendant toute
    leur carrière ;

Revalorisation des rémunérations des praticiens hospitaliers : le
Ministre de la Santé du « Ségur de la Santé » a refusé de
compenser le gain des 4 ans d’ancienneté donné aux plus
jeunes vers l’ensemble des praticiens hospitaliers, créant un
déclassement des praticiens hospitaliers déjà engagés dans
l’hôpital public depuis des années (perte de 4 années dans la
nouvelle grille issue du Ségur) ; cette erreur a été enfin
comprise lors d’un changement de Ministre, et la DGOS semble
très intéressée par la solution proposée par Actions Praticiens
Hôpital, qui prévoit une refonte du modèle de grille unique
existant pour les praticiens hospitaliers. Dans un contexte de
taux de vacance statutaire global de 35 % (et atteignant jusqu’à
près de 50 % en psychiatrie, et plus de 40 % dans les spécialités
à fortes contraintes en permanence des soins : urgences,
anesthésie-réanimation…), nous demandons la réouverture
immédiate des négociations sur ce dossier pour corriger
l’injustice du Ségur et relancer l’attractivité des carrières en
instaurant un principe de fidélisation ;

Juste décompte du temps de travail des praticiens hospitaliers
actuellement piétiné par les administrations hospitalières,
malgré l’injonction du Conseil d’Etat du 22 juin 2022 et au
mépris du travail réalisé, engendrant un nombre incalculable
d’heures supplémentaires non déclarées s’apparentant à du
bénévolat forcé.

Si APH n’attend pas de « miracles » : APH compte sur le Premier Ministre
pour instaurer une vision à moyen et long terme pour le système de santé
couplée à une planification des actions à mener. Après 7 ministres de
tutelle en 7 ans, le système de « rustinage » de l’hôpital a montré son
échec. APH demande de toute urgence une grande concertation de
l’ensemble du système de santé en vue d’une loi de programmation
santé, afin de donner enfin une perspective durable à notre système de
santé.
Les « progrès » annoncés par le nouveau Premier Ministre devront
s’inscrire dans ce cadre. Ce n’est qu’à ce prix que nous pourrons restaurer
la confiance des professionnels dans leur engagement et que nous
pourrons revenir à un niveau de soins et d’accès aux soins que nous
connaissions encore il y a quelques années, assurant qualité et sécurité
pour les malades comme une qualité d’exercice pour les professionnels
de santé.


Action Praticiens Hôpital demande un rendez-vous au Premier Ministre afin
d’échanger sur les orientations à donner au système de santé et sur les
solutions pour l’attractivité des carrières hospitalières médicales.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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