« La dégradation de l’hôpital public risque d’aboutir à la disparition de pans entiers d’activités et de savoir-faire »
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Le collectif Inter-Hôpitaux s’indigne, dans une tribune au « Monde », de la faiblesse des moyens annoncés pour le projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2023. Face à une inflation à 6 %, les 4,1 % de hausse du budget promis reviennent à faire des économies et à ignorer les appels à un sauvetage de la santé.
Publié le 09 novembre 2022 à 15h34 Temps de Lecture 2 min.
Devant les sénateurs, le 25 octobre, le ministre du budget [Gabriel Attal] a souligné la hausse prévue de 4,1 % du budget hospitalier pour 2023. « C’est deux fois plus qu’au cours de la décennie 2010. Historique ! » Et on pourrait ajouter qu’« aucune économie n’est annoncée par le gouvernement pour l’hôpital », comme l’a affirmé le ministre de la santé [François Braun] le 19 octobre au Sénat.
Derrière les mots, il faut chercher les faits. Quand l’inflation est de 6 % et que le budget augmente de 4 %, cela revient à faire 2 % d’économies, soit entre 1 et 2 milliards, à l’hôpital. Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) va donc aggraver la situation des établissements de santé, comme cela a déjà été signalé par la Fédération hospitalière de France. Les dépenses de personnels (entre 58 % et 65 % du budget des établissements) sont le premier poste de dépenses hospitalières. On comprend mieux pourquoi la demande unanime des soignants et des patients d’obtenir des effectifs adaptés à l’activité n’a aucune chance d’être traduite en actes.
Ce qui est historique, c’est que, faute d’être en nombre, les personnels soignants désertent l’hôpital public, au sein duquel ils ne trouvent plus un exercice satisfaisant. Quand 70 % des infirmières sortant des écoles pouvaient rejoindre l’hôpital il y a dix ans, elles ne sont plus maintenant que 40 %. Historique ! Quand près de 80 % des infirmières hospitalières étaient encore en poste trois ans après leur recrutement, elles ne sont plus que 65 %. Historique ! Tous les gouvernements successifs, y compris le gouvernement actuel, ont fermé des lits pour parvenir à réduire les dépenses de personnels. Et maintenant les lits restent fermés par manque de personnel. Historique !
Conditions dégradées
Ainsi, l’hôpital ne peut plus accueillir ni les épidémies hivernales attendues, ni les accidents vasculaires cérébraux « usuels », et repousse sans cesse les soins pourtant indispensables de patients atteints de maladies chroniques. Faute de lits, les médecins hospitaliers exercent leur activité dans des conditions dégradées et précaires : ils réalisent un tri qui ne dit pas son nom. Ils suivent en ambulatoire et sans filet un nombre croissant de patients dont l’état de santé justifierait une hospitalisation. Les médecins assument ainsi des drames médicaux qui résultent de décisions politiques. Cet abandon d’un droit constitutionnel – le soin et le bien-être des citoyens – est en effet historique.
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Cette dégradation de la situation hospitalière risque d’aboutir à la disparition de pans entiers d’activités et de savoir-faire dont l’hôpital public est le seul opérateur. La crise de la pédiatrie aujourd’hui préfigure ce qui arrivera demain pour l’ensemble de l’hôpital public.
Pour attirer, fidéliser les personnels, donner du sens aux métiers de l’hôpital, rouvrir les lits, il faut embaucher massivement du personnel soignant et non soignant, garantir des conditions de travail décentes, des effectifs en nombre, un nombre maximal de patients par soignant (ratio). Chaque année, les écoles d’infirmières forment plus de 30 000 nouvelles professionnelles. Un plan d’embauche en trois à cinq ans permettrait de garantir des ratios compatibles avec un exercice serein. Il faut peut-être 100 000 professionnels de plus, soit 5 milliards de plus dans le PLFSS, ce qui serait alors un tournant historique dans la politique de santé des vingt dernières années.
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Avec un PLFSS historiquement bas en euros constants, le gouvernement choisit d’ignorer les appels des personnels hospitaliers et des associations de patients, appels pourtant nombreux depuis plusieurs années, avant même la crise du Covid. Il décide de poursuivre une politique qui n’a pas été discutée lors des élections, présidentielle ou législatives. Aucun parti n’a assumé le choix de laisser retourner l’hôpital à sa fonction première : l’hospice.
Alors, si, en dépit des discours, il faut réduire le champ de l’hôpital public, ayons un débat démocratique.
Anne Gervais est hépatologue ; David Grabli, neurologue ; Véronique Hentgen, pédiatre ; Maud Pontis, psychologue ; Cécile Vigneau, néphrologue. Ils s’expriment au nom du collectif Inter-Hôpitaux, formé dans le but de défendre l’hôpital public. Il rassemble des soignants et des usagers.
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**« Nous ne pouvons plus exercer notre travail et soigner vos enfants correctement »
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Un collectif de soignants en réanimation pédiatrique alerte, dans une tribune au « Monde », sur la situation dans ce secteur où le manque d’effectifs conduit à la fermeture de lits et à la dégradation des soins.
Publié le 28 septembre 2022 à 16h30 Mis à jour le 30 septembre 2022 à 18h31 Temps de Lecture 4 min.
Nous voulons vous parler de notre métier. Un métier si cher à nos cœurs que nous exerçons avec passion.
Soignants en réanimation pédiatrique, nous nous occupons de vos enfants à un moment où leur vie si précieuse est en danger et nécessite d’être réanimée.
Nous prenons en charge toutes sortes de maladies : les formes graves de maladies respiratoires, cardiaques, métaboliques, les greffes, les accidents de la vie (domestiques, voie publique, méningite…).
Pourquoi ne pouvons-nous plus, à l’heure actuelle, exercer notre travail et soigner vos enfants correctement ? Parce que 20 % de lits sont fermés à l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), où nous travaillons. La raison ? Le manque d’effectifs soignants. Pourquoi ce métier de passion n’attire-t-il plus ? En raison de conditions de travail dégradées, de rythme de travail effréné.
Rémunération dérisoire
Nous alternons les jours et les nuits, nous sommes rappelés sur nos repos, nous enchaînons les week-ends. La rémunération compensant cette intensité de travail et les contraintes horaires est dérisoire. Les jeunes diplômé(e)s ne postulent plus et les plus anciens, assurant une certaine expertise et qui formaient le socle des services, s’en vont.
La réanimation pédiatrique est une spécialité qui n’existe qu’à l’hôpital public. Des lits fermés chez nous signifient que des enfants en détresse vitale ne peuvent pas être accueillis. Alors, quand il n’y a plus de place, nous passons à une prise en charge en « mode dégradé », se traduisant « de manière non sécuritaire ».
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Nous prenons en charge des enfants nécessitant un soutien respiratoire dans les couloirs, d’autres très instables restent dans les camions du SAMU en attendant qu’une place se libère, ou sont transférés à des dizaines voire des centaines de kilomètres de chez eux, comme ce fut encore le cas la semaine dernière. Cette situation n’est pas récente, nous la signalions déjà il y a trois ans. Le rapport de l’inspection générale des affaires sociales (IGAS) de 2019 n’a rien changé ; nos courriers aux gouvernements et aux directions n’ont reçu aucune réponse.
On nous dit qu’il faut s’adapter. Ce verbe, nous le connaissons par cœur en réanimation, il rythme notre quotidien. Mais s’adapter à un mode de fonctionnement dégradé est contre-nature pour les soignants que nous sommes. Afin d’être performants, nous devons avoir des connaissances pointues pour travailler en étroite collaboration avec l’équipe médicale et gérer des machines qui maintiennent en vie nos patients.
Epuisement professionnel
Pour que les soins soient faits en sécurité, une infirmière doit prendre en charge deux enfants. Ce qui paraît peu lorsque l’on ne connaît pas la réanimation, mais cela est juste lorsque nous avons des vies entre nos mains. Lorsque ce ratio est dépassé, toutes les sécurités sautent : celle des soins qui sont faits à la chaîne, celle de la sécurité affective des enfants et l’alliance avec les parents traversant des moments que nous ne pouvons accompagner, et celle des professionnels, qui ont l’impression de trahir leurs réelles motivations à faire ce métier.
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L’équipe en place est, depuis longtemps déjà, au maximum des heures supplémentaires ; au maximum des heures non récupérées au prix des moments en famille, des repos sacrifiés. L’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle devient alors difficile, voire impossible. L’épuisement professionnel s’installe pour ceux qui restent, tandis que beaucoup quittent le navire, après un mois ou dix ans de carrière. Nos nouveaux collègues sont formés très rapidement, nous perdons en compétences dans les équipes.
Nous avons pourtant alerté, manifesté, réfléchi, proposé des idées, écrit des courriers, participé à des réunions… Mais rien. C’est pourtant la vie d’enfants dont nous parlons.
Pour permettre à la réanimation pédiatrique de survivre, nous avons besoin de rendre notre spécialité attrayante. La prime octroyée seulement à une partie de l’équipe ne suffira pas. Il faut en outre améliorer nos conditions de travail.
L’application obligatoire du ratio soignant/soigné (deux enfants pour une infirmière, quatre enfants pour une aide-soignante ou une auxiliaire de puériculture) est indispensable pour permettre aux enfants d’être soignés avec toute l’attention qu’ils nécessitent, mais aussi aux parents d’être correctement accompagnés et aux équipes de faire un travail de qualité.
Injustice et écœurement
La comptabilisation de chaque heure effectuée en plus de nos horaires de travail est de soixante-dix à deux cents heures par an. Elles ne peuvent être récupérées car il faut faire « tourner » les services. Les jours de réduction du temps de travail (RTT) non pris sont alors indemnisés à un taux horaire inférieur aux heures supplémentaires que nous réalisons.
L’alternance de travail jour/nuit n’est pas physiologique et a des conséquences sur notre santé. Le sentiment d’injustice fait place à l’écœurement : la rétribution des heures de nuit est de moins de 10 euros par nuit. La majoration des indemnités de nuit ne suffit pas à empêcher la fuite du personnel.
Le gouvernement a pris des mesures temporaires de majoration des heures supplémentaires durant l’été et des horaires de nuit, mais qu’en est-il sur le long terme ? Nous sommes formés, nous avons une compétence. Pourquoi est-il impossible de reconnaître notre spécialité où l’exigence dans l’expertise des soins et les connaissances est indispensable ?
Nous savons que de nombreuses professions de santé peuvent lancer la même alerte désespérée. Devant l’effondrement, nous lançons tous ensemble aujourd’hui cet appel. Pour nos petits patients, pour vos enfants, il faut que nous soyons entendus.
Les signataires : Laetitia Abdallah, infirmière réanimation pédiatrique, centre hospitalier universitaire (CHU) Robert-Debré (Paris) ; Anne Andro, infirmière-puéricultrice réanimation pédiatrique et néonatale, CHU Armand-Trousseau (Paris) ; Kathleen Angevin, infirmière réanimation médico-chirurgicale pédiatrique, CHU Necker-Enfants malades (Paris) ; Isabelle Caliot, infirmière réanimation pédiatrique, CHU Raymond-Poincarré, Garches (Hauts-de-Seine) ; Stéphanie Kruppa, infirmière réanimation pédiatrique et néonatale, CHU Bicêtre (Val-de-Marne) ; Marine Landelle, infirmière réanimation pédiatrique, CHU Robert-Debré (Paris) ; Manon Marquant-Cote, infirmière réanimation pédiatrique et néonatale, CHU Bicêtre (Val-de-Marne) ; Flore Messai, infirmière, Réanimation médico-chirurgicale CU Necker Enfants Malades (Paris) ; Dominique Minier, infirmière réanimation pédiatrique et néonatale, CHU Bicêtre (Val-de-Marne) ; Amandine Morin, infirmière réanimation médico-chirurgicale pédiatrique, CHU Necker-Enfants malades (Paris) ; Marion Sinet, infirmière-puéricultrice réanimation pédiatrique et néonatale, CHU Armand-Trousseau (Paris) ; Yann Simon, infirmier réanimation pédiatrique et néonatale, CHU Bicêtre (Val-de-Marne)
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***« Nous réclamons un véritable plan Marshall pour l’hôpital »
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Afin de sauver l’hôpital public et de rétablir la confiance du personnel hospitalier, des spécialistes de la santé et des universitaires appellent les pouvoirs publics, dans une tribune au « Monde », à agir selon cinq priorités, à commencer par un moratoire sur les fermetures de lits et la création de 50 000 postes de soignants.
Publié le 20 mars 2022 à 05h00 Mis à jour le 15 juin 2022 à 11h56 Temps de Lecture 4 min. https://www.lemonde.fr/idees/article/2022/03/20/nous-reclamons-un-veritable-plan-marshall-pour-l-hopital_6118307_3232.html
Tribune. En mars 2020, les Français découvrent avec stupeur une crise sanitaire inédite. Confinés chez eux, ils applaudissent chaque soir les personnels hospitaliers. Nos hôpitaux ont fait face avec beaucoup d’inventivité et de dévouement à l’afflux des hospitalisations et aux multiples pénuries, à commencer par l’absence de stocks de masques de protection.
Si le Ségur de la santé, en juin 2020, a concrétisé le « quoi qu’il en coûte » promis par le président de la République à l’issue de cette première vague, les attentes du personnel hospitalier sont encore très fortes sur plusieurs plans. Le système hospitalier, soumis depuis plus de quinze ans aux seuls impératifs de rentabilité et de restructuration, est aujourd’hui à bout de souffle.
Quel constat en 2022 ? Une gestion des activités et des ressources à flux tendus au prix d’une dégradation des conditions de travail ; une logique de regroupement des moyens et de polyvalence dictée par des impératifs de rentabilité au détriment du collectif de soins ; des rémunérations des soignants et des médecins peu attractives ; une diminution considérable de la capacité en lits en trente ans (soit cent mille lits), dont on perçoit aujourd’hui les conséquences en termes d’accès aux soins des populations éloignées des grands centres urbains ou défavorisées.
Renforcer les moyens
Les hospitaliers sont épuisés et désabusés. Un nombre significatif d’entre eux démissionne faute de perspectives, les jeunes professionnels délaissent l’hôpital public devenu peu attractif. La refondation de notre système hospitalier, si souvent évoquée en 2020, n’est plus mentionnée que marginalement dans la campagne présidentielle. Elle est pourtant indispensable.
Nous réclamons un véritable plan Marshall pour l’hôpital avec cinq grandes priorités :
– Il faut renforcer les moyens des hôpitaux.
Nous demandons un moratoire sur les fermetures de lits dès le début du prochain quinquennat afin qu’une concertation puisse être engagée à l’échelle des régions pour définir dans une perspective pluriannuelle les besoins en lits en fonction des données démographiques et épidémiologiques, de l’évolution des prises en charges et des effectifs nécessaires. Il faut créer sur 2022 et 2023 cinquante mille postes de soignants dans les établissements en tension et engager, dès à présent, les mesures indispensables pour revaloriser les métiers du soin.
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– Il faut réformer le mode d’allocation des ressources et renforcer l’expertise des agences régionales de santé (ARS).
La tarification à l’activité (T2A) mise en place depuis 2004 sur la base de coûts standards est conjuguée avec un objectif national de dépenses hospitalières fixé par les pouvoirs publics en dessous de l’évolution des coûts réels. Les ajustements nécessaires pour tenir dans cette enveloppe n’ont été obtenus que par la pression sur les effectifs, la stagnation des salaires réels et l’intensification du travail.
Une programmation financière pluriannuelle
Nous demandons la limitation de la T2A aux seules activités standardisables en médecine et en chirurgie, d’autres modalités de financement (dotations ou forfaits) étant nécessaires pour prendre en charge des pathologies complexes et chroniques, les urgences ou la réanimation.
Il faut en outre remplacer la fixation d’un objectif national de dépenses, par une programmation financière pluriannuelle déclinée dans chaque région par les ARS à partir d’une véritable analyse des besoins de santé. Les ARS ne peuvent plus se cantonner à la seule régulation financière de l’offre de santé. Elles sont les garantes de l’équité entre les territoires et de la cohérence entre politique nationale de santé et besoins de santé au niveau local.
Elles devraient disposer de véritables marges de manœuvre financière pour réguler l’offre de soins au plus près des besoins. Il est indispensable, de plus, de renforcer leurs échelons départementaux et locaux en termes d’expertise (épidémiologie et santé publique, gestion de projets) afin de leur permettre de piloter les politiques de santé en lien étroit avec les acteurs locaux. Une véritable déconcentration est donc nécessaire.
– Il faut renforcer les interactions entre les hôpitaux et les autres acteurs du système de santé.
Coordination et coopérations
Les groupements hospitaliers de territoires (GHT) ont été créés par la loi Touraine (2016) pour mutualiser les moyens entre hôpitaux et organiser les filières hospitalières de prise en charge. Les communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS), créées par la même loi, regroupent des professionnels de santé de toutes spécialités exerçant en ville et qui souhaitent se coordonner pour organiser les soins de proximité dans un territoire défini.
Les hôpitaux peuvent participer à leurs travaux et, le cas échéant, contractualiser avec eux pour mener à bien des projets communs sans pour autant qu’ils en aient légalement l’obligation. Le découpage actuel des GHT en vastes ensembles géographiques ne favorise pas leur coordination avec les CPTS qui correspondent à des aires plus restreintes.
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Il est nécessaire de modifier le découpage des GHT pour faciliter les coopérations nécessaires avec les CPTS, coopérations qui devraient faire partie expressément de leurs missions. Il faut fluidifier les carrières des professionnels entre exercice à l’hôpital et en ville en favorisant la pratique mixte, et poursuivre le développement des délégations coordonnées des tâches au profit des paramédicaux.
– Il faut rééquilibrer la gouvernance des hôpitaux.
Pour promouvoir un management réellement participatif et mieux ancrer l’hôpital dans son territoire, il faut renforcer significativement au sein de ses instances délibératives la présence des représentants des personnels non médicaux, des usagers et des élus locaux. Il est légitime que les professionnels de santé libéraux investis au sein des CPTS soient également représentés.
Recherche et prévention
– Enfin, il est nécessaire d’impliquer les hôpitaux dans les actions de recherche et de prévention.
Les hôpitaux pourraient contribuer à une nouvelle dynamique en matière de prévention, en développant, notamment avec les acteurs locaux (professionnels de santé et du médico-social, CPTS, associations de patients, etc.) et les mutuelles, des programmes de prévention et d’éducation à la santé.
Entre un hospitalo-centrisme inadapté aux enjeux actuels du système de santé et l’hôpital-entreprise désastreux, l’hôpital du XXIe siècle doit préserver son caractère de service public tout en se transformant en établissement plus communautaire entre tous ses personnels mais aussi avec les patients et leurs proches dont l’écoute doit être mieux respectée.
Aux candidats à l’élection présidentielle de mesurer l’urgence de la situation et de faire les choix qui s’imposent.
Les signataires : Etienne Caniard, ancien membre du collège de la Haute Autorité de santé (HAS), président honoraire de la Mutualité française ; Edouard Couty, ancien directeur général de l’hospitalisation et de l’offre de soins au ministère de la santé, Bernard Elghozi, praticien hospitalier honoraire ; Patrick Goudot, professeur de médecine ; Agnès Jeannet, inspectrice générale honoraire des affaires sociales (Inspection générale des affaires sociales, IGAS) ; Bruno Liffran, directeur d’hôpital honoraire ; Jean Mallot, ancien député de l’Allier, Denis Mechali, médecin interniste, Dominique Méda, professeure de sociologie à l’université Paris-Dauphine, Antoine Pelissolo, professeur de médecine, chef de service de psychiatrie au CHU Henri-Mondor, Claude Pigement, ancien vice-président de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), membre du conseil de surveillance l’agence régionale de santé Ile-de-France (ARS-IDF) ; Marielle Rengot, formatrice santé, Thierry Philip, professeur de cancérologie, Alfred Spira, professeur de santé publique et Emmanuel Vigneron, professeur des universités, géographe.
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