L’intérêt des thérapies ciblées en cancérologie mais avec un accès inégal

« Cancer : les Français inégaux face aux thérapies ciblées »

Date de publication : 14 septembre 2022

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Les Echos

« L’oncologie avance à pas de géant. Le congrès annuel de la Société européenne d’oncologie médicale (Esmo), qui vient de se tenir cette année à Paris, a rappelé tout l’enjeu des thérapies «ciblées», qui combattent les mutations génétiques des cellules malades. Ces dernières ne causent qu’une partie des cancers. Mais quand c’est le cas, les thérapies ciblées peuvent faire mouche », indique Myriam Chauvot dans Les Echos.
« Et des mutations étant communes aux cancers de différents organes, «on se focalise de plus en plus sur le mécanisme d’action, plutôt que sur une tumeur donnée» », remarque Dana Vigier, vice-présidente oncologie chez AstraZeneca France.
« Ainsi, le Lynparza, un produit phare d’AstraZeneca et de l’américain Merck MSD, cible la mutation génétique BRCA présente dans les cancers de l’ovaire, du sein, du pancréas (moins souvent) et de la prostate. Une étude du Lynparza dévoilée à l’Esmo a montré, pour la première fois, la survie à long terme avec cette catégorie de thérapies ciblées agissant sur l’ADN pour empêcher la réparation des cellules cancéreuses », rapporte la journaliste.
« Les résultats sont probants. Dans le cancer de l’ovaire, la survie à sept ans est de 46,5% pour le groupe placebo, contre 67% pour celui ayant eu du Lynparza », souligne-t-elle. « La possibilité de guérison du cancer a été évoquée dans ces situations de mutations génétiques tumorales par les présentateurs et participants à l’Esmo », note Dana Vigier.
« 25% des cancers de l’ovaire présentent une mutation BRCA. Mais elle fait partie d’un groupe plus large de mutations dites « HRD » (50% des cancers de l’ovaire) pour lesquelles, de même, la survie à cinq ans est de 65% avec le Lynparza associé à un anticancéreux classique de Roche (l’Avastin) », poursuit l’article.
« Parmi les résultats les plus spectaculaires présentés à l’Esmo figure une étude sur les 15% de cancers colorectaux ayant la mutation MMR » : « Sur 107 patients au cancer avancé mais non métastatique, seuls 7% étaient en amélioration avec une chimiothérapie classique avant chirurgie, contre 95% en amélioration majeure en combinant deux produits du laboratoire Bristol-Myers Squibb (BMS), dont son médicament phare l’Opdivo (…), qui cible la mutation », rapporte l’article.
« 67% n’avaient plus de tumeur, sur un cancer avancé. Du jamais-vu ! », s’enthousiasme Pascal Pujol, oncogénéticien au CHU de Montpellier et président de la Société française de médecine personnalisée.
« L’intérêt des thérapies ciblées ne fait plus débat. A ce stade, il y en a 122 autorisées en France. Reste à y avoir accès. Elles impliquent des tests pour savoir si le cancer est dû à des mutations génétiques et lesquelles », indique la journaliste.
« Or, faute de prise en charge des tests par l’Assurance maladie, « certains Français ne sont pas testés. Pour eux, c’est une vraie perte de chances » », dénonce Pascal Pujol. « Seuls les tests des mutations génétiques connues avant 2015 sont pris en charge. En 2015, il a été décidé de financer les tests sur une enveloppe à part, en attendant l’avis de la Haute Autorité de santé (HAS) sur un remboursement. Depuis, rien n’a bougé, pas même le budget annuel. L’enveloppe ne finance donc plus les tests qu’à 45% ou 50% », explique Myriam Chauvot.
« L’établissement demandeur du test paye le reste. Dur pour les petits hôpitaux. Ainsi que pour les établissements privés, qui, en oncologie, traitent la moitié des patients », souligne la journaliste. « Cela conduit à une double inégalité dans les soins oncologiques : territoriale et selon le type d’établissement », regrette Pascal Pujol.
La journaliste évoque aussi « un manque de formation continue de certains oncologues [qui] explique que nombre de patients qui devraient être testés ne le sont pas ». Ainsi, « dans le cancer du sein, de l’ovaire et de la prostate, les thérapies contre la mutation BRCA étant efficaces, il faudrait tester tous les patients métastatiques. Il n’y a pas de chiffres, mais on sait qu’on est loin du compte », commente Pascal Pujol.
« Il y a 30.000 tests BRCA par an, et le cancer de l’ovaire est bien suivi, car on sait la mutation souvent héréditaire, mais il manque 30.000 tests, au vu du nombre de nouveaux cancers métastatiques – ou de mauvais pronostics – du sein et de la prostate (10% de mutations BRCA) », alerte Les Echos.
« Pour soigner les quelque 300.000 nouveaux patients français par an, à ce stade, «on a 44 marqueurs de mutations génétiques, dont une dizaine dans le cancer du poumon, par exemple. Il faudrait de l’ordre de 500.000 tests par an» », estime Pascal Pujol.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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