Les médecins libéraux s’adressent aux Français, et se dédouanent de toute responsabilité dans les difficultés d’accès aux soins.

Accès aux soins : pour la première fois, les représentants de tous les syndicats de médecins libéraux s’adressent directement à la population française (Lettre ouverte)

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14/06/2022

Émis par : Avenir Spé, CSMF, FMF, Le Bloc, MG France, DML, UFML-S

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Aujourd’hui, pour la première fois, les représentants de tous les syndicats de médecins libéraux ont pris la décision de s’adresser directement à la population française. Cette décision est motivée par les difficultés que vous rencontrez pour accéder aux soins dans certains territoires et l’impossibilité d’y apporter des solutions pérennes à court terme.

La crise des urgences, cumulée à celle des vocations, vient aggraver la situation et nous impose de réagir rapidement, même par des mesures temporaires. Cet état de fait est l’héritage des politiques publiques qui, depuis 40 ans, ont conduit à réduire le nombre de médecins en formation et entrainé un manque d’attractivité du métier de soignant. Depuis une dizaine d’années, le nombre de médecins formés certes augmente, mais cela ne suffit pas pour faire face à une demande de soins croissante et de plus en plus complexe.

Les médecins libéraux sont de plus en plus sollicités et beaucoup ont délaissé leur vie privée pour répondre à la population.

  • Être médecin libéral, c’est travailler en moyenne 54 h par semaine dont 44 h sont consacrées aux soins.
  • Être médecin libéral, c’est participer à la permanence des soins en ambulatoire. Les périodes nuit de – 20h à minuit- sont assurées dans 95% des territoires et le week-end pour 96% d’entre eux.
  • Être médecin libéral, c’est reprendre son activité habituelle au lendemain de sa garde de régulation ou de son astreinte sans aucun repos compensateur.
  • Être médecin libéral, c’est assurer plus de 85% des consultations quotidiennes, 60% de l’activité chirurgicale, 80% de la radiologie.
  • Être médecin libéral, c’est assurer plus des 2/3 des activités médico-techniques.

Notre investissement collectif représente 12% du produit intérieur brut (PIB). Malgré cela, notre système de santé va mal. Les soignants sont épuisés. Les hôpitaux publics, malgré le « Ségur de la Santé » sont en grande  souffrance. Les établissements privés pourtant accompagnés dans le cadre du « quoi qu’il en coûte » sont soumis à des tensions financières inédites et des déprogrammations inhabituelles. Les fermetures de lits d’hospitalisation sont nombreuses faute de soignants. La médecine libérale, bien moins accompagnée dans le cadre de la crise COVID, n’est pas épargnée. Elle est aussi en très grande tension en raison d’une démographie en baisse.

Face à une telle situation, après plus de deux années de pandémie qui ont épuisé l’ensemble du corps médical, il est indispensable de réagir pour redonner aux médecins et à l’ensemble des soignants les moyens nécessaires pour retrouver l’agilité qui leur a permis de continuer à vous soigner face à la Covid.

Réagir c’est actionner tous les leviers possibles.

Vouloir, comme le fait le Président de la Fédération Hospitalière de France, laisser croire que la responsabilité des difficultés d’accès aux soins est le fait de vos médecins libéraux est faux et irresponsable. C’est aussi, par ces affirmations, montrer toute sa méconnaissance du fonctionnement de la médecine de ville et de son financement. Les chiffres rappelés en début de cette lettre en témoignent.

Imposer des installations dans des territoires où les services ont disparu (écoles, crèche, commerces) est une illusion qui ne ferait que réduire encore l’attractivité d’un secteur qui en manque cruellement. L’installation d’un médecin libéral ne se conçoit pas sans une politique globale d’aménagement du territoire. À nos yeux, il est urgent de définir un nouveau contrat social qui ne peut pas concerner seulement la médecine libérale. C’est dans cet état d’esprit que les syndicats de médecins libéraux ont entamé un dialogue avec leurs confrères hospitaliers.

C’est dans le même état d’esprit que nous travaillons avec les syndicats des autres professions de santé. Des décisions urgentes doivent être prises afin, dès cet été, de répondre à la crise des urgences. Des réformes importantes doivent être menées pour redonner à la médecine française son agilité permettant à chacune et à chacun d’entre nous une prise en charge médicale basée sur la liberté de choix du médecin, une meilleure accessibilité, une qualité des soins et une politique de prévention beaucoup plus active. C’est ainsi que nous rénoverons notre système de santé. C’est ainsi que la France redeviendra le pays où l’espérance de vie en bonne santé est la meilleure au monde.

Nous n’avons pas attendu cette lettre ouverte pour remettre au Gouvernement les solutions que nous proposons. Nous poursuivrons sans relâche le dialogue avec les médecins hospitaliers, les autres professions de santé et les associations d’usagers pour que nos propositions soient entendues. Nous appelons le Président de la République et son Gouvernement à nous donner et à vous donner les moyens d’avoir une médecine du XXIème à la hauteur des enjeux et de vos besoins.

PJ

« Laisser croire que la responsabilité des difficultés d’accès aux soins est le fait de vos médecins libéraux est faux et irresponsable »   

Par Louise Claereboudt le 15-06-2022 

https://tracker.egora.fr/u/nrd.php?p=XYBlorZBtz_11125_3910614_1_3&ems_l=3877285&i=1&d=ZVA0UzlJbWxhQlJjQklvUHR3eVpNcFFaWXpoYWgyNDJVckg4MVFVTThxdUZteDI3WVZSYWxTdUVPaThnbVltcG1XbEhiT1JXSkowaEFtQjMlMkJQTVFKUSUzRCUzRA%3D%3D%7CMjAyMi0wNi0xNS1lbmJyZWY%3D%7CMjAyMg%3D%3D%7CMDY%3D%7CMTU%3D%7CMTMyMzgxNzc2%7CWFlCbG9yWkJ0eg%3D%3D%7CNWQ0NjNjMjI2MDFiYzA0MDE%3D%7C&_esuh=_11_c13fb2b697580d74171b38e2485b276ce2883ef49187a76c3746f725cf9824f7

Face aux difficultés d’accès aux soins toujours plus abyssales et à l’impossibilité d’y apporter des solutions pérennes à court terme, les syndicats de médecins libéraux ont décidé de s’adresser aux Français dans une lettre ouverte publiée ce mardi 14 juin. 

C’est la première fois que l’ensemble des syndicats de médecins libéraux (Avenir Spé, la CSMF, la FMF, Le Bloc, MG France, le SML et l’UFML-S) s’unissent pour s’adresser directement à la population française. « Cette décision est motivée par les difficultés que vous rencontrez pour accéder aux soins dans certains territoires et l’impossibilité d’y apporter des solutions pérennes à court terme », écrivent-ils aux Français dans une lettre ouverte diffusée en masse ce mardi.

« La crise des urgences, cumulée à celle des vocations, vient aggraver la situation et nous impose de réagir rapidement, même par des mesures temporaires. Cet état de fait est l’héritage des politiques publiques qui, depuis 40 ans, ont conduit à réduire le nombre de médecins en formation et entrainé un manque d’attractivité du métier de soignant », expliquent-ils, alors que les Français se sentent de plus en plus démunis face aux fermetures en cascade de services hospitaliers.

« Depuis une dizaine d’années, le nombre de médecins formés certes augmente, mais cela ne suffit pas pour faire face à une demande de soins croissante et de plus en plus complexe », déplorent les représentants des syndicats représentatifs, qui ajoutent que « les médecins libéraux sont de plus en plus sollicités et beaucoup ont délaissé leur vie privée pour répondre à la population ». En moyenne, rappellent-ils, les praticiens de ville travaillent 54 heures par semaine.

Alors que le chiffon rouge de l’obligation de garde est de nouveau vigoureusement agité par des politiques ou acteurs de la santé pour répondre aux demandes de soins auxquelles les urgences ne peuvent plus répondre, les libéraux se défendent de ne pas faire leur part : « Être médecin libéral, c’est participer à la permanence des soins en ambulatoire. Les périodes nuit de -20h à minuit- sont assurées dans 95% des territoires et le week-end pour 96% d’entre eux. Être médecin libéral, c’est reprendre son activité habituelle au lendemain de sa garde de régulation ou de son astreinte sans aucun repos compensateur. »

Crise des urgences : « Il faut que les médecins libéraux lèvent la tête du guidon et s’engagent sur les territoires »

Ils ajoutent : « Être médecin libéral, c’est assurer plus de 85% des consultations quotidiennes, 60% de l’activité chirurgicale, 80% de la radiologie. Être médecin libéral, c’est assurer plus des 2/3 des activités médico-techniques ». « Notre investissement collectif représente 12% du produit intérieur brut (PIB). Malgré cela, notre système de santé va mal. Les soignants sont épuisés », en ville comme à l’hôpital, constatent-ils, amers.

Non à l’obligation de garde et d’installation

Si l’hôpital est aujourd’hui en grande souffrance, et les tensions particulièrement vives dans les structures privées, « la médecine libérale, bien moins accompagnée dans le cadre de la crise Covid, n’est pas épargnée. Elle est aussi en très grande tension en raison d’une démographie en baisse », expliquent les Drs Patrick Gasser, Franck Devulder, Corinne Le Sauder, Philippe Cuq, Jacques Battistoni, Philippe Vermesch et Jérôme Marty aux citoyens.

Après ses propos controversés sur les médecins libéraux, Frédéric Valletoux s’explique

Ils dénoncent les propos de Frédéric Valletoux, qui a réitéré à maintes reprises son souhait de rétablir l’obligation de gardes et déploré le faible pourcentage de libéraux inscrits sur une ligne de garde. « Vouloir, comme le fait le Président de la Fédération hospitalière de France, laisser croire que la responsabilité des difficultés d’accès aux soins est le fait de vos médecins libéraux est faux et irresponsable », taclent-ils. « C’est aussi, par ces affirmations, montrer toute sa méconnaissance du fonctionnement de la médecine de ville et de son financement. »

Les syndicalistes ont également tenu à rappeler aux citoyens qu’imposer des installations « dans des territoires où les services ont disparu (écoles, crèche, commerces) est une illusion qui ne ferait que réduire encore l’attractivité d’un secteur qui en manque cruellement ». « L’installation d’un médecin libéral ne se conçoit pas sans une politique globale d’aménagement du territoire », plaident-ils. Ils appellent de leurs vœux à « définir un nouveau contrat social », qui ne concernerait pas que la médecine libérale.

Alors que certains prédisent un été catastrophique, les libéraux – qui ont entamé un dialogue avec leurs confrères hospitaliers – réclament des décisions urgentes « dès cet été » afin de répondre à la crise des urgences. « Des réformes importantes doivent être menées pour redonner à la médecine française son agilité permettant à chacune et à chacun d’entre nous une prise en charge médicale basée sur la liberté de choix du médecin, une meilleure accessibilité, une qualité des soins et une politique de prévention beaucoup plus active. »

« Nous appelons le Président de la République et son Gouvernement à nous donner et à vous donner les moyens d’avoir une médecine du XXIème à la hauteur des enjeux et de vos besoins », concluent-ils.

Voir aussi:

Les associations de patients craignent que la crise de l’hôpital aboutisse à la « priorisation des malades et l’abandon des plus vulnérables d’entre nous ». https://wordpress.com/post/environnementsantepolitique.fr/33062

https://environnementsantepolitique.fr/2022/06/10/les-visions-opposees-dun-generaliste-et-dun-urgentiste-sur-la-crise-des-urgences/

Rappel (Dr Jean SCHEFFER):

Le numerus clausus a été créé suite au lobbying des médecins libéraux dans les années 1980

Seulement 1/3 des médecins libéraux participent à la permanence des soins.

Seul 23% du territoire est couvert en nuit profonde après minuit.

A l’inverse des sages-femmes, pharmaciens, infirmières, kinésithérapeutes, vétérinaires, ils ne sont plus soumis à l’obligation de garde et leurs syndicats ont toujours refusé toute régulation des installations.

Sans commentaires – cqfd

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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