A défaut de la ministre de la santé, c’est Macron qui mouille sa chemise pour montrer que le gouvernement s’intéresse à l’Hôpital.

A Cherbourg, Emmanuel Macron revient sur le terrain pour tenter d’endiguer la crise des urgences

Le chef de l’Etat a annoncé le lancement d’une « mission flash » d’un mois. Mais il a reconnu que cela ne résoudra pas le « problème structurel » de manque de personnel. 

Par Alexandre Lemarié(Cherbourg (Manche), envoyé spécial) et Camille StromboniPublié aujourd’hui à 01h52, mis à jour à 10h22  

Temps de Lecture 4 min. 

https://www.lemonde.fr/politique/article/2022/06/01/a-cherbourg-emmanuel-macron-revient-sur-le-terrain-pour-tenter-d-endiguer-la-crise-des-urgences_6128423_823448.html

Emmanuel Macron s’entretient avec un agent de santé du centre hospitalier public du Cotentin, lors d’une visite dédiée à l’accès aux soins urgents et non programmés, à Cherbourg (Manche), le 31 mai 2022.
Emmanuel Macron s’entretient avec un agent de santé du centre hospitalier public du Cotentin, lors d’une visite dédiée à l’accès aux soins urgents et non programmés, à Cherbourg (Manche), le 31 mai 2022.  SAMEER AL-DOUMY / AFP

Focalisé sur les sujets internationaux, et étonnamment discret depuis sa réélection à l’Elysée, Emmanuel Macron a décidé de retourner sur le terrain pour s’occuper des problèmes franco-français. Et, ainsi, tenter de contrer le procès en immobilisme – voire en absentéisme – que commence à instruire l’opposition à son encontre. Un mois après son dernier déplacement sur la scène nationale, « au contact »le chef de l’Etat s’est rendu à Cherbourg, dans la Manche, mardi 31 mai, pour se pencher sur la « crise systémique » du secteur de la santé, avec des hôpitaux engorgés et des déserts médicaux croissants. Et, surtout, à court terme, voir comment répondre à une situation jugée très critique dans les services d’urgence. Avec un manque de personnel augurant d’un été compliqué à gérer, sur l’ensemble du territoire.

D’après son entourage, le chef de l’Etat voulait « prendre le pouls » du service des urgences de Cherbourg, qui compte six soignants, alors qu’il en faudrait vingt-cinq pour prendre en charge les patients de manière convenable. Il a été servi. Dès son arrivée, en fin d’après-midi, au centre hospitalier public du Cotentin, Emmanuel Macron a été confronté à une série de témoignages plus alarmistes les uns que les autres. Comme une succession de cris du cœur de la part de ces lanceurs d’alerte en blouse blanche, qui ont fait part de leurs conditions de travail de plus en plus difficiles. « Nous n’y arrivons plus. Nous sommes à bout », lui a lancé un urgentiste, lors d’une table ronde avec « tous les acteurs de la santé » (urgentistes, infirmiers, médecins généralistes, administration). Avant que des médecins s’inquiètent de devoir faire tourner leur service avec « des personnels épuisés », qui sont de plus en plus nombreux à « partir », après avoir notamment été en première ligne pendant deux ans, lors de la crise du Covid-19.

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« La situation est très, très grave », a alerté le docteur Antoine Leveneur, président de l’union régionale des médecins libéraux. « Il n’y a plus de bras à l’hôpital, et il n’y a plus de bras en ville », s’est-il alarmé, en résumant le problème : « Comment organiser les soins pour répondre aux besoins de la population ? » La plupart ont dit ressentir « une perte de sens » dans leur travail. « On a du mal à recruter, il y a un vrai malaise dans la profession », a expliqué une responsable des urgences, avec « des soignants heurtés dans leurs valeurs ». « C’est compliqué de renvoyer quelqu’un chez soi en lui disant qu’il n’a rien d’urgent. C’est de l’humain que l’on gère avant tout. »

Etat des lieux

Face à cette situation, Emmanuel Macron a annoncé le lancement d’une « mission flash » d’un mois, qui sera confiée au patron de SAMU-Urgences de France, François Braun, qui était son référent santé pendant la campagne présidentielle. « On va faire un état des lieux pour cartographier les déserts médicaux, territoire par territoire », a indiqué le chef de l’Etat, avec la nouvelle ministre de la santé, Brigitte Bourguignon, à ses côtés. Cette étude doit identifier, d’ici au 28 juin, « de premières solutions opérationnelles pour faciliter l’accès aux soins urgents et non programmés, partout en France », a précisé le ministère de la santé, en soulignant la volonté de « maintenir la continuité de l’accès aux soins urgents dans les mois qui viennent ».

« On croule déjà sous les rapports sur les urgences, ce que nous voulons, ce sont des mesures concrètes », explique Patrick Pelloux, président de l’Association des médecins urgentistes hospitaliers

Une tentative de réponse à court terme, qui ne résoudra pas le « problème structurel » de manque de personnel, a reconnu M. Macron. « On va continuer à gérer la pénurie », qui va se poursuivre « dans les dix ans qui viennent », a-t-il admis, assurant que « l’Etat s’est engagé comme jamais », depuis 2017. En particulier avec le grand plan du Ségur de la santé pour transformer l’hôpital, à l’été 2020. Après cinq ans passés à l’Elysée, le chef de l’Etat s’est toutefois attiré des critiques de la part de l’opposition. « L’heure n’est plus aux missions, mais aux solutions pour sauver l’hôpital ! », a ainsi fustigé le patron des sénateurs Les Républicains, Bruno Retailleau.

Emmanuel Macron a rendu visite au personnel du centre hospitalier public du Cotentin, à Cherbourg (Manche), le 31 mai 2022.
Emmanuel Macron a rendu visite au personnel du centre hospitalier public du Cotentin, à Cherbourg (Manche), le 31 mai 2022.  SAMEER AL-DOUMY / AFP
Emmanuel Macron répond aux journalistes lors d’un déplacement au centre hospitalier public du Contentin, à Cherbourg (Manche), le 31 mai 2022.
Emmanuel Macron répond aux journalistes lors d’un déplacement au centre hospitalier public du Contentin, à Cherbourg (Manche), le 31 mai 2022.  SAMEER AL-DOUMY / AFP

L’annonce a également été fraîchement reçue dans la communauté médicale. « On croule déjà sous les rapports sur les urgences, ce que nous voulons, ce sont des mesures concrètes, s’énerve Patrick Pelloux, président de l’Association des médecins urgentistes hospitaliers. Lancer une mission, c’est juste un enterrement de première classe des difficultés des urgences et de l’hôpital, une manière d’étouffer le conflit et d’éviter les sujets qui fâchent ! C’est n’importe quoi, alors qu’on est dans une situation jamais vue. »

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La crise ne cesse d’enfler

Avant même la période estivale, la crise ne cesse d’enfler aux urgences. Plusieurs services se retrouvent obligés de réduire leur activité, parfois même de fermer la nuit, jusqu’à de grands centres hospitaliers comme le CHU de Bordeaux. Ils sont cent vingt en grande difficulté – soit environ un sur six –, selon le décompte, au 20 mai, de SAMU-Urgences de France, obligés d’en arriver à des « fermetures d’activité, partielles ou totales », dont près de la moitié de la trentaine de CHU. Ces dernières années, les rapports se sont empilés sur ces services en première ligne, « porte d’entrée » de l’hôpital, qui cristallisent les difficultés de l’ensemble du système de santé.

Emmanuel Macron lors d’une visite dédiée à l’accès aux soins urgents et non programmés, à Cherbourg (Manche), le 31 mai 2022.
Emmanuel Macron lors d’une visite dédiée à l’accès aux soins urgents et non programmés, à Cherbourg (Manche), le 31 mai 2022.  SAMEER AL-DOUMY / AFP

Au-delà de la « mission flash », M. Macron a également précisé vouloir lancer, « à partir de juillet », une grande conférence sur la santé rassemblant tous les acteurs. L’objectif étant de « définir des objectifs au niveau national », avant de laisser les acteurs s’organiser pour mettre en œuvre « des solutions différenciées », en fonction de chaque « bassin de vie ». Une nouvelle méthode au « plus près du terrain », qu’il souhaite également dupliquer dans l’éducation. Jeudi, M. Macron évoquera d’ailleurs cette nouvelle approche pour l’école, lors d’un déplacement à Marseille, en compagnie du nouveau ministre de l’éducation, Pap Ndiaye. « Il faut plus de souplesse. C’est un changement de logique complet », a-t-il insisté, jugeant que certains territoires pouvaient faire figure de modèles. L’Elysée cite l’exemple de l’hôpital de Cherbourg, qui a décidé de renvoyer tous les soins possibles vers la médecine de ville, pour désengorger ses urgences.

Pour Fabien Paris, membre du collectif Interurgences, le choix de M. Braun, qui est un représentant de SAMU-Urgences de France, n’a d’ailleurs rien d’anodin. « S’il s’agit de proposer des restrictions d’accès aux soins, avec une régulation de l’accès aux urgences par le 15, comme le préconise son syndicat, nous y sommes totalement opposés », prévient-il. A Cherbourg, comme dans d’autres territoires, à moins d’une urgence vitale, seul un appel préalable au 15 peut ainsi permettre une admission à certaines heures. Une régulation qui provoque des débats dans les rangs des acteurs de la santé.

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L’opportunité de lancer une nouvelle « mission flash », en revanche, suscite surtout des critiques. « Les problèmes de l’hôpital n’ont pas changé depuis cinq ans. Si les politiques disent qu’ils ne savent pas, ils mentent, les constats sont là », juge Fabien Paris, lui-même infirmier aux urgences de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique). Avant de conclure : « Reste à avoir le courage politique d’agir. » 

Alexandre Lemarié(Cherbourg (Manche), envoyé spécial) et  Camille Stromboni

Hôpital : Emmanuel Macron lance une « mission flash » sur les difficultés des services d’urgences

Selon le président, le système de santé doit faire l’objet d’une « vraie révolution collective ». Le professeur François Braun, président de SAMU-Urgences de France, devra remettre ses conclusions « au plus tard le 1er juillet » à la ministre de la santé. 

Le Monde avec AFP et ReutersPublié hier à 21h57  

Temps de Lecture 1 min. https://www.lemonde.fr/politique/article/2022/05/31/hopital-emmanuel-macron-lance-une-mission-flash-sur-les-difficultes-des-services-d-urgences_6128412_823448.html

Le président Emmanuel Macron lors d’une visite à l’hôpital de Cherbourg, le 31 mai 2022.
Le président Emmanuel Macron lors d’une visite à l’hôpital de Cherbourg, le 31 mai 2022.  SAMEER AL-DOUMY / AFP

Le président Emmanuel Macron a annoncé, mardi 31 mai, une « mission d’urgence » d’un mois pour diagnostiquer la crise des services d’urgences à l’hôpital et proposer des pistes pour y répondre, première étape d’un plan devant être décliné à l’échelle des « 1 200 bassins de vie » français.

Le professeur François Braun, président de SAMU-Urgences de France, devra remettre ses conclusions « au plus tard le 1er juillet » à la ministre de la santé, Brigitte Bourguignon, a précisé le chef de l’Etat à l’issue d’une visite au centre hospitalier de Cherbourg. Son rapport « aura vocation à expliquer, territoire par territoire, là où sont les manques, à pouvoir les chiffrer », en particulier, les questions de manque de personnel.

Sur cette base, a expliqué le président, des décisions seront prises « pour permettre de mobiliser davantage de médecins, retrouver de l’attractivité dans certains secteurs (…). Ceci à partir de la fin de l’été sera décliné dans chaque territoire. »

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« Tout faire pour que [les urgences] tiennent » cet été

Le président, rappelant les changements engagés au cours de son premier mandat – fin du numerus clausus, Ségur de la santé, etc. – a dit constater, malgré tout, que les hôpitaux sont engorgés, les déserts médicaux, croissants, que les personnels font état d’une « perte de sens » et sont nombreux à quitter les professions de santé. Selon lui, le système de santé doit faire l’objet d’une « vraie révolution collective ». C’est l’objet du vaste chantier que le ministère et tous les acteurs du système de santé doivent démarrer à l’été.

Radioscopie des difficultés « territoire par territoire »« hôpital par hôpital », ce chantier doit, selon Emmanuel Macron, permettre de « bâtir des solutions très concrètes »adaptées à chacune des 1 200 intercommunalités « sur la base du cahier des charges national », mais aussi avec la promesse de moyens supplémentaires que le chef de l’Etat envisage en « milliards d’euros ».

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Fermetures de nuit, « délestages » sur d’autres hôpitaux, accès filtrés par les SAMU : au moins 120 services d’urgence ont été forcés de limiter leur activité ou s’y préparent, et tous les voyants sont au rouge. Au total, quasiment 20 % des quelque 620 établissements publics et privés, hébergeant un ou plusieurs services d’urgences sont touchés. Alors que des professionnels mettent en garde contre une embolie des services d’urgence cet été, le chef de l’Etat a dit « garantir qu’on fera tout pour qu’elles tiennent ».

Le Monde avec AFP et Reuters

Crise des urgences et des soins non programmés : à Cherbourg, Macron annonce une « mission flash » et défend la collaboration des acteurs

PAR 

CYRILLE DUPUIS – 

LOAN TRANTHIMY – 

PUBLIÉ LE 31/05/2022

https://www.lequotidiendumedecin.fr/hopital/urgences/crise-des-urgences-et-des-soins-non-programmes-cherbourg-macron-annonce-une-mission-flash-et-defend

Crédit photo : AFP

C’est dans un contexte très délicat qu’Emmanuel Macron a pris le pouls des soignants ce mardi, à l’occasion d’un déplacement dans la Manche. Accompagné de la nouvelle ministre de la Santé, Brigitte Bourguignon, le chef de l’État, accueilli par des manifestants syndicaux, a rencontré, pour sa première visite de terrain depuis sa réélection, tous « les acteurs de la santé » d’un même bassin de vie (urgentistes, infirmiers, généralistes, administration), à l’hôpital de Cherbourg. Objectif : évoquer « l’accès aux soins urgents et non programmés », tant « aux urgences hospitalières qu’en médecine de ville », à la veille d’un été à hauts risques. 

Le Dr François Braun aux manettes d’une mission d’un mois

Pour comprendre (et résoudre) la crise des urgences et la pénurie de personnel qualifié, le locataire de l’Élysée a confirmé la tenue d’une « conférence des parties prenantes sur la santé », à partir de juillet.

Mais sans attendre, il a aussi annoncé une mission d’information express (un mois) confiée au Dr François Braun : le patron de Samu-Urgences de France, qui fut également son référent santé pendant la campagne, devra remettre son diagnostic sur la crise des urgences et des soins non programmés avec des propositions, « au plus tard le 1er juillet ». Son rapport « aura vocation à expliquer, territoire par territoire, là ou sont les manques, de pouvoir les chiffrer », a précisé le chef de l’Etat. De fait, comment s’organiser pour assurer la continuité des soins alors que 120 hôpitaux ont dû fermer provisoirement la nuit ou limiter leur accès en raison du manque de personnel ? 

Bonne entente ville-hôpital, le modèle à imiter

Les urgences de l’hôpital de Cherbourg ne sont pas épargnées. Début janvier, l’accès libre a été fermé entre 19h et 8h30. Depuis hier, lundi 30 mai, cet accès a été encore restreint dès 15 heures. Malgré de graves difficultés, libéraux et hospitaliers du territoire ont travaillé main dans la main pour proposer un fonctionnement collégial, soutenu par l’ARS Normandie, qui pourrait servir de modèle.

L’établissement a mis en place un système de régulation téléphonique via le Centre 15. C’est le Samu qui assure la régulation du service et l’orientation des patients. « Un renfort libéral a été prévu pour la tranche 18h-20h, assure le Dr François Cholet, vice-président de l’URML Normandie. Celui qui est aussi à la tête de l’association de préfiguration de la CPTS du Cotentin (regroupant 150 professionnels de santé) affirme qu’un renfort d’effecteurs libéraux est aussi envisagé. « Nous avons la chance d’avoir SOS médecins qui prend en charge les soins non programmés dans la communauté urbaine de Cherbourg », ajoute-t-il.

Ici, l’association a signé des conventions avec l’hôpital et assure la régulation la nuit et les week-ends ainsi que l’effection. « Nous renforçons ce qui existe déjà, observe le Dr Christophe Marchenay, président de l’antenne locale. Dans ce fonctionnement dégradé des soins, il y a une bonne entente entre tous les acteurs ».

SOS attend des réponses fortes

Dans ce contexte, la visite « attendue » d’Emmanuel Macron a été une bonne occasion pour porter les revendications de terrain. « Si on veut que les généralistes ferment à 18 heures leur cabinet pour prêter main-forte à la régulation, la rémunération de l’avenant 9 est délétère ! Et puis, il y a un problème d’assurance puisqu’ils ne bénéficient de la couverture assurantielle », martèle le Dr Cholet.

Même position du côté de SOS médecins qui se bat depuis des mois pour la revalorisation des visites à domicile, bloquées à 35 euros. « J’attends des réponses fortes du président. S’il n’y a pas de reconnaissance des efforts des libéraux, les visites à domicile s’arrêteront », avance, déterminé, le Dr Marchenay.

Vers des plans de continuité des soins ?

Face à cette situation de crise à l’échelle nationale, Brigitte Bouguignon a assuré vouloir prendre des mesures « pour faire face à l’été » et répondre à la pénurie de personnels. Une série de réunions avec les représentants des médecins libéraux et hospitaliers est programmée toute cette semaine.

Reçue dès mardi, la FHF a avancé plusieurs pistes pour « alléger la surcharge de travail » de l’hôpital. Sans mentionner cette fois le retour obligatoire des gardes, la puissante Fédération souhaite l’installation de « cellules de crise dans chaque ARS afin d’identifier les fragilités au niveau régional pour élaborer, en conséquence, des plans de continuité des soins opérationnels pour les semaines à venir ». Et pour donner la pleine efficacité à ces plans de continuité des soins, la Fédération propose la mise en place d’une « obligation de transparence et de concertation sur les planifications d’activités et de congés de tous les acteurs » (hôpitaux, cliniques, premier recours) ainsi qu’une organisation conjointe des permanences des soins en établissement (PDS-ES) et en ville (PDS-A) avec une « obligation collective de résultat ».

Elle encourage le gouvernement à réactiver « les dispositifs de majoration des éléments de rémunération utilisés lors des phases aiguës de la crise Covid » comme les heures supplémentaires, le temps de travail additionnel, les indemnités de sujétion ou pour congés non pris.

Régulation à l’entrée des urgences 

Côté médecine de ville, MG France qui doit être reçu à Ségur le 3 juin n’est pas en reste. Le syndicat de généralistes propose d’instaurer une régulation à l’entrée des urgences comme à Cherbourg ou à Bordeaux. Mais, « en cas de réorientation vers la ville, la sollicitation du médecin traitant devra se faire en premier lieu, ajoute MG France. Et le compte rendu de chaque intervention médicale lors d’une demande de soins non programmés doit lui être communiqué. » Autre requête du syndicat : le généraliste doit disposer d’un numéro d’appel spécifique permettant « l’admission directe de patients dans les services » hospitaliers, évitant ainsi le passage aux urgences.

Le syndicat souhaite aussi « généraliser les assistants médicaux » en diminuant les freins à leur recrutement et organiser une campagne de communication grand public sur le bon usage du système de soins. 

Interview

Hôpital: «Prendre le problème des urgences par les territoires, c’est comme regarder par le trou d’une serrure alors qu’il n’y a plus de porte!» 

Article réservé aux abonnés

Pour l’urgentiste et vice-président du Samu Urgences de France Jean-François Cibien, la mission flash lancée par l’exécutif ne peut apporter une réponse crédible à la crise actuelle des urgences.

Emmanuel Macron lors de son déplacement au Centre hospitalier de Cherbourg le 31 mai 2022. (Sameer Al-Doumy/AFP)

par Nathalie Raulin

publié le 1er juin 2022 à 12h53 https://www.liberation.fr/societe/sante/hopital-prendre-le-probleme-des-urgences-par-les-territoires-cest-comme-regarder-par-le-trou-dune-serrure-alors-quil-ny-a-plus-de-porte-20220601_MQCFBZHU65CAHBDJU632TJMPZ4/

Une dérobade. Pour le président d’Action praticiens hôpital (APH) et urgentiste, Jean-François Cibien, l’annonce mardi 31 mai par Emmanuel Macron du lancement d’une mission d’un mois sur la réalité de la crise des urgences hospitalières, territoire par territoire, n’est qu’un moyen pour l’exécutif de gagner du temps. Face à l’imminence de  «tsunami sanitaire» , le vice-président de Samu urgences de France prône une réforme en profondeur du «carcan» qui étouffe le système de santé.

Comment avez-vous réagi à l’annonce du lancement d’une mission flash sur la problématique des urgences hospitalières ?

Nous avons l’impression que le Président joue la montre mais on n’est pas sur les mêmes fuseaux horaires. On a déjà attendu très longtemps la nomination du gouvernement alors qu’il y avait une urgence sanitaire avec une insécurité galopante. Une semaine après la nomination du ministre, on nous annonce qu’il va y avoir des réunions. On attend toujours d’être convoqué. On ira une fois de plus poliment exposer les solutions. Mais cette méthode est insupportable. Thierry Godeau, le président de la Conférence des présidents de commission médicale d’établissement (PCME), avait tout expliqué à Olivier Véran au début du Ségur, il y a deux ans ! L’analyse est faite. Maintenant il faut qu’on aille vers l…

Les réactions:

Aux urgences, les annonces d’Emmanuel Macron jugées «hors sol»

Par Jeanne Paturaud

Publié hier à 06:12, mis à jour hier à 08:20

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Emmanuel Macron au centre hospitalier de Cherbourg le 31 mai.
Emmanuel Macron au centre hospitalier de Cherbourg le 31 mai. SAMEER AL-DOUMY / AFP

TÉMOIGNAGES – Après l’annonce par le chef de l’État du lancement d’une «mission flash» pour diagnostiquer l’état des urgences, le personnel hospitalier déplore une réaction tardive et inadaptée.

Médecins, infirmiers ou aides soignants. Ils étaient nombreux à attendre une prise de parole présidentielle. Alors que le personnel des urgences est en crise, la présence d’Emmanuel Macron mardi 31 mai dans le centre hospitalier de Cherbourg était scrutée de près.

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Accompagné de la nouvelle ministre de la santé Brigitte Bourguignon, le président de la République a notamment annoncé le lancement d’une «mission flash» durant tout le mois de juin dans l’objectif d’identifier et de chiffrer les manques de chaque hôpital. À partir du mois de juillet, le chef de l’État souhaite lancer «une conférence des parties prenantes» afin d’agir concrètement. Un programme ambitieux, selon Emmanuel Macron, qui devrait mener à une «vraie révolution collective».

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Pour l’heure, c’est toutefois la méfiance qui règne. À la question : «Qu’avez-vous retenu des déclarations du président de la République ?», Nicolas Kazolias, aide soignant à l’hôpital Tenon à Paris, s’esclaffe à plusieurs reprises : «On se moque de nous, non ?»

Lui qui travaille depuis 11 ans aux urgences a «juste le sentiment de ne pas être entendu». «Cela fait au moins deux ou trois ans qu’on alerte sur la catastrophe à venir, déplore-t-il. L’ARS a accès à toutes ces informations en temps réel. Pourquoi faut-il encore passer du temps à se renseigner ? C’est complètement hors sol».

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«C’est trop tard»

Chargé de cette «mission flash», le Docteur François Braun était interrogé à ce sujet mercredi au micro de France Info. «L’objectif c’est que ce ne soit pas un énième rapport», développait notamment le chef des urgences de l’hôpital de Metz-Thionville, expliquant avoir déjà «des pistes sur les problèmes», que la crise sanitaire a renforcés.

Mais l’explication ne suffit pas à convaincre Alain, aide soignant au CHU de Bordeaux, dont la régulation des urgences de nuit persiste depuis plusieurs semaines. Le représentant syndical craint surtout «un délai similaire à celui du Ségur» avec «une mise en œuvre six mois après le lancement». «Dans le meilleur des cas, on aura des résultats quand ? En janvier ? C’est trop tard», s’impatiente-t-il. Car le temps presse : «Notre échéance, c’est l’été. On alerte depuis 2019. Ce n’est pas un mois avant qu’il faut se réveiller».

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Même sentiment pour Jérémy Chanchou, soignant aux urgences d’Arles et membre du collectif interurgences. «L’été est dans quelques jours et on s’attendait à quelque chose de plus concret de la part du président», explique-t-il. «Tout le monde déserte, les médecins s’en vont un à un, et je pense vraiment que cela peut causer des morts cet été», alerte le soignant, qui ne voit pas «comment une  »mission flash » pourrait régler les choses».

Un air de «déjà-vu»

Pour Jérémy Chanchou comme pour beaucoup d’urgentistes, le mal est profond. Conscient de cette problématique, François Braun a d’ores et déjà avancé le levier d’une revalorisation des salaires. Une infirmière qui travaille la nuit ou le week-end sur des horaires «très pénibles» et que «personne ne veut faire», est seulement payée «un euro de l’heure net », a-t-il reconnu sur France Info. «C’est aberrant et bien sûr qu’il va falloir se pencher sur ce problème», complète le médecin.

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Cette reconnaissance du manque d’attractivité est déjà «un bon point», estime Thierry, infirmer aux urgences d’Arles lui aussi. Mais ce dernier déplore un air de «déjà-vu» : «Les primes censées nous calmer à l’issue du Ségur étaient dérisoires. Il faut bien comprendre que la détresse est le résultat d’un tout».

«Ce qui nous épuise, c’est de passer des heures à courir partout pour trouver des places pour les patients, c’est de garder des gens pendant 24 heures sur un brancard ou de planter des clous dans le mur pour accrocher des poches à perfusion», poursuit l’infirmier, avant de conclure : «Je ne suis pas certain qu’une mission d’un mois puisse changer ça».

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Mission flash : « une confusion des genres inacceptable », estime le SNPHARE

(Communiqué Anesthésistes Réanimateurs)

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03/06/2022

Émis par : SNPHARE http://uro4.mjt.lu/lnk/AV8AAB9nYsMAAcvUFmIAAADksiMAAAAFGcMAAFxuAAW0UABimftRTaVbWtUJSDGVbg_vWMlqiQAFeLU/31/Ey2zPf69RDgqCo-FjthROQ/aHR0cHM6Ly90b3V0ZS1sYS52ZWlsbGUtYWN0ZXVycy1zYW50ZS5mci8xOTM4OTEvbWlzc2lvbi1mbGFzaC11bmUtY29uZnVzaW9uLWRlcy1nZW5yZXMtaW5hY2NlcHRhYmxlLWVzdGltZS1sZS1zbnBoYXJlLWNvbW11bmlxdWUv

Le SNPHARE a pris connaissance de la lettre de mission adressée au Dr François Braun, conseiller santé d’Emmanuel Macron durant la campagne présidentielle et président de Samu-Urgences de France, dans le cadre de la « mission flash » sur les fermetures de services d’urgences.

Le SNPHARE s’est déjà exprimé sur le fond de cette mission : inutile, et oubliant qu’il s’agit d’un problème systémique, national, de l’ensemble du système de santé.

Le SNPHARE s’étonne de la composition de la mission d’appui qui comporte un nombre non négligeable de syndicalistes publics et libéraux. Il s’agit d’une confusion des genres qui n’est pas acceptable.

Le SNPHARE rappelle les difficultés récurrentes de dialogue social « dans les règles » avec le ministère (notamment dans les concertations sur le statut de PH ou encore les moyens syndicaux) et ne peut faire que le constat d’un mépris du statut de « corps intermédiaire » que sont les organisations syndicales, dont les représentants sont légitimes parce qu’élus via les élections professionnelles.

Le SNPHARE demande :

  • l’annulation pure et simple de cette mission, qui ne correspond aux attentes ni des professionnels de santé ni de la population
  • l’ouverture immédiate de concertations avec les organisations syndicales représentatives, au sujet des urgences non programmées, de l’accès au soin et de la permanence des soins.

Représentativité des médecins libéraux : la CN URPS n’est pas le bon choix (généralistes de MG France)

Communiqués   Publication : 2 Juin 2022   Temps de lecture: 1 min  Mis à jour : 2 Juin 2022 https://www.mgfrance.org/publication/communiquepresse/3171-representativite-des-medecins-liberaux-la-cn-urps-n-est-pas-le-bon-choix

Crise des urgences et de l’accès aux soins : le gouvernement fait un mauvais choix 

MG France vient de lire avec stupéfaction le communiqué triomphant de la conférence nationale des URPS des médecins libéraux (CN URPS) qui se félicite de la présence de son président au sein de la mission flash pilotée par François Braun sur la crise des urgences.

MG France rappelle que la CN URPS ne regroupe pas tous les présidents d’URPS, ne représente pas la médecine libérale dont la représentativité est mesurée lors des élections professionnelles, et que son président ne peut en aucun cas parler au nom de tous les médecins libéraux.

MG France s’étonne que le rôle majeur des syndicats soit ainsi contourné par le gouvernement, par méconnaissance ou par un excessif souci de simplification.

MG France regrette ce mauvais signal envoyé aux syndicats représentatifs, parties incontournables de toutes les solutions efficaces au problème de l’accès aux soins.

Commentaire Dr Jean SCHEFFER:

Mais de qui se moque-t-on ? Après 15 ans de destruction de l’hôpital public (Sarkozy, Hollande et Macron), la solution miracle serait trouvée avec une mission flash de 1 mois?

Moi je propose une solution, mais aucun parti politique n’a le courage de la mettre en oeuvre. Ils préfèrent voir la crise d’aggraver plutôt que de perdre leur pouvoir pourtant éphémère !

Appliquer le « Clinicat-Assistanat » pour tous c’est résoudre à court terme, avec la régulation des installations, l’ensemble des déserts médicaux:

« Vision Globale -Solution globale « :  https://1drv.ms/w/s!Amn0e5Q-5Qu_sAoKetf_T8OKk2Io?e=C9jccc

ou bien:

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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