Nous sommes le Titanic (Martin Hirsch Directeur Général de l’APHP)

Lundi 30 mai 2022

par Nicolas Demorand ,  Léa Salamé

Martin Hirsch sur France Inter. 30 Mai

La situation dans les hôpitaux franciliens est jugée « très sévère », alerte lundi sur France Inter Martin Hirsch, le directeur général de l’AP-HP.

https://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-du-lundi-30-mai-2022

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« Tout le monde s’inquiète pour l’été, la situation est très sévère » reconnaît Martin Hirsch, le directeur général de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP). « Ce que disent les équipes dans les hôpitaux n’est pas surjoué ». Il apporte une première explication : « Ce qu’il se passe : il y a eu deux années avec une pression aussi forte liées aux Covid et ne laisse pas indemne celles et ceux qui travaillent à l’hôpital. Ça se voit dans beaucoup de pays. »

« En 2021, on a pris plus de patients Covid en réanimation qu’en 2020 » assure Martin Hirsch. « Et comme cela vient dans un moment où l’hôpital est à bout de souffle ou en bout de course, il y a des effets en chaîne, et cela rend la situation critique. »

Les intérimaires, des « mercenaires »*

Il y a 15% de lits fermés à l’AP-HP précise le directeur de l’AP-HP. « Notre problème est sur les infirmières. Il y en a 1.000 de moins qu’à la même période en 2021. On avait prévu 400 postes supplémentaires ». Il manque 1.400 infirmières et infirmiers par rapport à ses prévisions. « Il y en a qui ont changé de métier, il y en a qui sont partis dans le privé, il y en a qui sont partis en province, il y a en qui ne sont pas venus travailler après la diplomation de l’été dernier explique Martin Hirsch. « Il y en a beaucoup qui utilisent cette drogue douce de l’intérim, et qui nous mettent dans une situation terrible ». Il qualifie ces intérimaires de « mercenaire », car ils peuvent être payés 1.500 euros pour une garde de week-end, contre 300 euros maximum pour un médecin expérimenté. En revanche, la non-vaccination des soignants a un impact limité sur les hôpitaux parisiens. 40 infirmières ont été suspendues.

Former des aides-soignants à devenir infirmier

Pour résoudre ce problème de manque de personnel, Martin Hirsch a plusieurs pistes. « On va avoir plus de 1.000 diplômés cet été. On propose aux élèves infirmiers un contrat, où on leur paye leur dernière année contre un engagement de servir pendant 18 mois ». 650 ont signé ce contrat. L’AP-HP forme également des aides-soignants pour devenir infirmier.

  • Légende du visuel principal: Martin Hirsch, directeur général de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris, dans les studios de France Inter, le 25 août 2020. © Radio France / France Inter

Les invités 

  • Martin Hirsch directeur général de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris

« Beaucoup utilisent cette drogue douce de l’intérim » : la charge de Martin Hirsch contre les soignants

Par M.J. le 31-05-2022

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Inquiet du manque de plus de 1.400 infirmières au sein des hôpitaux franciliens, le directeur de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris s’est attaqué aux « intérimaires » pouvant toucher jusqu’à 1.500 euros pour une garde de week-end. 

Invité de France Inter lundi 30 mai, Martin Hirsch a affirmé que 1.400 infirmières manquaient à l’appel actuellement dans les établissements de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP). “On a 1.000 infirmiers de moins qu’il y a un an à la même époque. On avait initialement prévu de créer 400 postes supplémentaires, on n’a pas pu les ouvrir. Il nous manque donc 1.400 infirmières par rapport à ce que l’on aimerait avoir”, a précisé le directeur de l’AP-HP. Conséquence : 15% des lits des établissements franciliens en moyenne restent fermés. 

Interrogé sur les raisons de ce déficit de soignants, Martin Hirsch a fait état de leur état d’épuisement. « Ce qu’il se passe : il y a eu deux années avec une pression aussi forte liées aux Covid et ne laisse pas indemne celles et ceux qui travaillent à l’hôpital. Ça se voit dans beaucoup de pays”. Outre les réorientations de carrières, il a par ailleurs évoqué les infirmières parties “dans le privé ou en province”, d’autres encore “ne sont pas venues travailler après leur diplomation de l’été dernier”.

« Le remplacement intérimaire, c’est précaire » : « médecins mercenaires » ou boucs-émissaires?

Mais pour lui, un autre phénomène peut expliquer cette pénurie de soignants : le recours aux contrats intérimaires. “Beaucoup de personnels utilisent cette drogue douce de l’intérim, qui nous met dans une situation absolument terrible”, a-t-il ainsi dénoncé, qualifiant ceux qui y ont recours de “mercenaires”. Il ajoute qu’une garde peut être rémunérée jusqu’à 1.500 euros pour une garde de week-end contre 300 euros maximum pour un médecin expérimenté. “Avant, quand on était diplômé, on n’avait pas le droit de s’installer comme intérimaire. Ce statut, cela veut dire : “Je fais le choix de travailler quand je veux, quand je peux, payé trois fois plus que les autres”, s’est encore agacé Martin Hirsch. 

“Le développement de l’intérim chez les soignants est d’abord la conséquence des politiques qui ont toutes ces années précarisé les équipes et les prises en charge et réduit drastiquement l’attractivité des carrières à l’hôpital”, a immédiatement réagi le syndicat Jeunes Médecins, dans un communiqué. “De ce point de vue, l’AP-HP dirigée par Monsieur Hirsch a été bonne élève avec une proportion record des praticiens contractuels (+ de 40%) sans perspectives de titularisation dans ses effectifs”, commente encore son président, Emmanuel Loeb.

Pour faire face à l’été, Martin Hirsch a donc décidé de proposer des contrats aux élèves infirmiers : “On propose aux élèves infirmiers un contrat, où on leur paye leur dernière année contre un engagement de servir pendant 18 mois », a annoncé le directeur de l’AP-HP. 650 de ces contrats ont déjà été signés.

[avec France Inter]

« C’est un naufrage, nous sommes sur le Titanic » : échanges musclés entre une médecin et le patron de l’AP-HP

PAR 

STÉPHANE LONG – 

PUBLIÉ LE 30/05/2022 https://www.lequotidiendumedecin.fr/hopital/conditions-de-travail/cest-un-naufrage-nous-sommes-sur-le-titanic-echanges-muscles-entre-une-medecin-et-le-patron-de-lap

Crédit photo : France Inter

Invité du 7-9 de France Inter ce lundi matin, Martin Hirsch a essuyé la colère des soignants. Le patron de l’AP-HP a notamment été interpellé par Jehane, une médecin de l’hôpital Saint-Louis.

Très remontée, la jeune femme, qui s’affiche en Une de « Paris Match » du 20 mai titré « Naufrage à l’hôpital. La vérité sur le salaire des soignants », lui a reproché la politique menée depuis sa nomination. « Je suis contente que monsieur Hirsch ait plein de propositions à faire alors que ça fait depuis 2013 qu’il est à la présidence de l’AP-HP », a ironisé la praticienne, reprochant à Martin Hirsch d’être lui-même responsable de l’émergence de médecins mercenaires à l’hôpital.

« Il faut revaloriser les salaires, il n’y a pas de discussion là-dessus »

« 41 % de la masse salariale médiale de l’AP-HP est contractuelle, comme moi. Ça fait trois ans que je suis contractuelle », constate la médecin. « Pourquoi y a-t-il autant d’intérimaires ? Parce que les conditions d’exercice n’attirent plus personne. Entre autres, le salaire, évidemment. […] Il faut revaloriser les salaires, il n’y a pas de discussion là-dessus », poursuit-elle.

Les revalorisations du Ségur ? Insuffisantes, répond Jehane : « C’est un naufrage. Nous sommes sur le Titanic. Donc ce n’est pas suffisant. »

« Moi, je propose un système totalement différent, lui a rétorqué Martin Hirsch. Qu’on nomme les médecins dans la région et qu’on les affecte pour des périodes renouvelables de cinq ans dans les différents services et dans les différents hôpitaux. Qu’on ne scotche pas les mêmes médecins dans les mêmes services toute leur vie. On met un peu plus de mobilité et de souplesse », propose le patron de l’AP-HP pour renforcer l’attractivité de l’hôpital. « On ne peut pas ne rien changer, assure-t-il. […] Que ça ne se termine pas par le statu quo, parce que cela affaiblirait le service public. »

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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