Depuis un an, la perspective d’une sortie de la crise due au Covid-19 s’apparente au mirage d’une oasis dans le désert – Le discours de Macron très mal perçu par les hospitaliers

Début de sortie de crise « à la mi-mai » : Emmanuel Macron pris en tenaille par son agenda

Malgré les précédents ratés de calendrier, le chef de l’Etat a tenu, mercredi, à redonner des perspectives aux Français, au risque de les voir contredites de nouveau par les faits. 

Par Olivier FayeAlexandre Lemarié et Claire GatinoisPublié hier à 03h15, mis à jour hier à 13h38  

Temps de Lecture 7 min. 

L’allocution télévisée d’Emmanuel Macron regardée depuis Marseille (Bouches-du-Rhônes), le 31 mars.
L’allocution télévisée d’Emmanuel Macron regardée depuis Marseille (Bouches-du-Rhônes), le 31 mars. DANIEL COLE / AP

https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/03/24/covid-19-les-patients-en-reanimation-sont-de-plus-en-plus-jeunes_6074352_3244.html

Depuis un an, la perspective d’une sortie de la crise due au Covid-19 s’apparente au mirage d’une oasis dans le désert : plus l’exécutif lui court après, plus elle s’éloigne.

Le 11 mai 2020, au moment du premier déconfinement, Emmanuel Macron pensait que la France allait recouvrer pour de bon sa liberté ; cinq mois plus tard, le chef de l’Etat est contraint d’annoncer le retour du confinement face à la recrudescence de l’épidémie. Deuxième déconfinement, le 24 novembre 2020. Cette fois, le locataire de l’Elysée donne un échéancier à ses concitoyens, avec différents sas de décompression, devant aboutir à une possible réouverture des restaurants au 20 janvier ; las, l’émergence du variant britannique a vite remisé au placard cette ambition.

Enfin, le 1er mars, Emmanuel Macron envisageait un desserrement des contraintes à partir de la mi-avril, au plus tard, grâce à l’accélération de la vaccination. Il faut « tenir encore quatre à six semaines », affirmait-il alors. Mais, une fois de plus, le virus est resté « maître du temps », pour reprendre l’expression du président de la République, qui vient donc d’imposer un troisième confinement national à partir du samedi 3 avril au soir.Lire aussi  Covid-19 : l’ultime pari d’Emmanuel Macron

Malgré ces ratés de calendrier, Emmanuel Macron a tenu à redonner, lors de son allocution télévisée, mercredi 31 mars, des perspectives aux Français, au risque de les voir contredites de nouveau par les faits. Il a promis de « rouvrir progressivement le pays »« à partir de la mi-mai »« Certains lieux de culture »pourront accueillir du public « avec des règles strictes », a assuré le chef de l’Etat, tout comme les terrasses, « sous condition ». Ensuite, entre la mi-mai et le début de l’été, « un calendrier de réouverture progressive doit être établi pour la culture, le sport, les loisirs, l’événementiel et nos cafés et restaurants », a précisé M. Macron, promettant de revenir « prochainement » détailler cet agenda à ses concitoyens.

« Je suis convaincu que les Français auront des vacances cet été, et que nous retrouverons une vie proche de la normale », a ajouté, jeudi sur France Inter, le ministre de la santé, Olivier Véran. Selon lui, le pic d’occupation des services de réanimation pourrait être franchi « d’ici sept à dix jours, si tout va bien », soit autour de la mi-avril. A la fin du mois, le gouvernement espère aussi avoir vacciné les populations les plus fragiles, permettant de désengorger le système de santé.

« Enfin de l’espoir »

Voilà pour le plan d’attaque, censé prendre en « tenaille » le virus, entre l’accélération de la campagne vaccinale d’un côté et l’application du nouveau confinement de l’autre. « Il est très important de pouvoir dire au peuple français : voilà, on fait un effort quelques semaines, mais il y a une perspective (…). On a tous besoin d’un calendrier de sortie de crise », a commenté le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, vendredi 2 avril, sur la chaîne CNews, rappelant toutefois que le virus avait « déjoué beaucoup de pronostics ».

Ce calendrier serait nécessaire, argue-t-on au sommet de l’Etat, en particulier pour les acteurs économiques, alors que près de 150 000 commerces vont tirer le rideau pendant le mois à venir. « Les gens sont demandeurs de dates, même si elles ne sont pas certaines, estime un membre du gouvernement. C’est psychologiquement difficile pour un certain nombre de business de ne pas savoir où aller. » 

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La Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), ainsi, « se félicite qu’une date, même lointaine, ait enfin été annoncée sur la réouverture mi-mai des lieux de rencontre, de culture, les restaurants, les cafés. Cette perspective suscite enfin de l’espoir ».

En particulier chez les restaurateurs, dont les établissements sont fermés depuis six mois. « Ce nouveau tour de vis doit être le der des ders. On veut vivre ! », a réclamé le président (Les Républicains, LR) de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, Renaud Muselier.

« Stratégie de vaccination spécifique » pour les enseignants

Le retour progressif à la normale est conditionné à l’accélération de la campagne de vaccination, qui doit être élargie aux plus de 60 ans à partir du 16 avril, puis aux plus de 50 ans le 15 mai, avant de concerner l’ensemble de la population majeure à compter de la mi-juin. Si, jeudi, l’Organisation mondiale de la santé a estimé que le rythme de la vaccination était, en Europe, « d’une lenteur inacceptable », le premier ministre, Jean Castex, s’est montré optimiste dans ses discours à l’Assemblée nationale et au Sénat.

« Nous serons au rendez-vous, et même très au-delà », a-t-il affirmé. « La semaine prochaine, près de 1,4 million de doses supplémentaires seront disponibles sur le terrain, suivis de 3 millions de doses supplémentaires en avril et 3,6 millions en mai », a assuré le chef du gouvernement, qui s’est néanmoins permis d’ajouter un codicille : « Que la Commission européenne fasse respecter les obligations des industriels quant au calendrier de livraison de doses ». « Nous tiendrons l’objectif que je nous ai fixé (…), car c’est la clé pour rouvrir notre pays », a une nouvelle fois juré le président, mercredi, malgré les doutes sur les approvisionnements, renforcés par les déboires du laboratoire AstraZeneca.

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Aux yeux de M. Macron, le problème, à terme, ne viendra pas de la pénurie de vaccins, mais de sa profusion… Le 23 mars, lors d’un déplacement à Valenciennes (Nord), il a prédit un excès d’offre dans deux mois. « Vous verrez que, dans quelques semaines (…), le débat que nous aurons à partir de mai, ce sera, je vous l’annonce : comment cela se fait qu’il n’y ait pas plus de gens dans les centres, qu’il y ait des plages libres ? » Un argumentaire qui hérisse l’opposition. « Nous sommes de nouveau confinés, car la vaccination est lente et chaotique », a dénoncé le président des députés LR, Damien Abad, jeudi, à l’Assemblée nationale.

A court terme, ce calendrier vaccinal pourrait jouer un rôle lors de la réouverture des écoles, prévue le 26 avril en maternelle et en primaire et le 3 mai pour les collèges et les lycées. « Une stratégie de vaccination spécifique » sera prévue pour les enseignants, a promis M. Macron, mercredi 31 mars. Certaines voix dans l’opposition réclament que cette vaccination intervienne avant la reprise des cours en présentiel, afin de protéger les professeurs et d’éviter un nouveau déferlement de fermetures de classes.

Jeudi, Olivier Véran a promis que cette campagne spécifique interviendrait « le plus rapidement possible », mais « pas dans les toutes prochaines semaines ». Le ministre de la santé a assuré l’envisager « quand nous aurions, par exemple, vacciné les personnes âgées de 60 ans et plus ». C’est-à-dire aux alentours de la mi-mai, si l’on s’en réfère au calendrier du gouvernement. Un objectif éloigné de celui fixé par… le chef de l’Etat, qui, le 23 mars, parlait de faire vacciner les enseignants « à partir de mi ou fin avril », lorsque le nombre de doses disponibles aura augmenté.

Un an de promesses remises à plus tard

Volontaire pour les uns, téméraire pour d’autres, le discours quasi performatif d’Emmanuel Macron a surtout des visées psychologiques. « On se doit de fixer des objectifs, car les Français souffrent terriblement de l’absence de perspectives, justifie un proche. Si on ne donne pas d’horizon, le risque, c’est d’avoir de plus en plus de mal à faire respecter les règles sanitaires. » Autrement dit, il faut allumer la lumière au « bout du tunnel » pour donner le courage aux Français de « tenir encore », selon les mots de M. Macron.

« Il était important que le président fixe un cap pour montrer que notre situation est aujourd’hui très différente du confinement de mars de l’année dernière, car nous avons désormais une véritable perspective de sortie avec la vaccination », estime le délégué général de La République en marche (LRM), Stanislas Guerini. « Nous ne devons pas sous-estimer la lassitude, mais l’équilibre de ce qui a été annoncé jeudi soir rend les mesures acceptables », juge-t-il en citant une étude Harris Interactive diffusée jeudi soir, selon laquelle 71 % des Français approuvent l’extension des restrictions à l’ensemble du territoire et 76 % la fermeture des établissements scolaires.

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Reste un défi pour l’exécutif : conserver la confiance de la population après un an de promesses remises à plus tard. « S’il s’était agi de la première intervention du chef de l’Etat dans cette crise, on aurait pu dire : “C’est plutôt réussi”, puisque plus d’un Français sur deux l’a jugé convaincant, souligne Jean-Daniel Levy, directeur du département politique et opinion d’Harris Interactive. Mais cela fait plusieurs fois que le président dit aux Français que “ça ira mieux plus tard”, alors que ça ne va toujours pas mieux. »

Scepticisme fort

Une majorité de la population (61 %) assure, déjà, ne pas croire que les mesures de restrictions annoncées ne dureront que quatre semaines. En particulier la réouverture des classes, prévue le 26 avril. Un scepticisme si fort que le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a été contraint d’assurer, jeudi, qu’il s’agissait d’une « date ferme »« Il ne faut pas qu’on se loupe sur l’horizon de la mi-mai, car la crédibilité du président est engagée sur cette date, met en garde un ministre. En cas de retard, si on atterrit le 18 ou le 20 mai, ça passera encore, mais il ne faut pas que ça aille plus loin. Le pays doit rouvrir avant fin mai. »

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Résiliente mais lassée, impatiente de renouer avec l’« art de vivre à la française »décrit avant la crise par le chef de l’Etat, la population pourrait difficilement encaisser une nouvelle déconvenue. « L’exécutif ne sera sans doute pas jugé sur le nombre de morts, les chiffres ne veulent plus rien dire. Mais son action sera scrutée à l’aune de ce que font nos voisins », prédit Brice Teinturier, directeur général délégué de l’institut de sondage Ipsos.

Déjà mis en cause en janvier pour la lenteur de la France dans la course aux vaccins en Europe, Emmanuel Macron peut difficilement se permettre de voir les Allemands ou les Espagnols reprendre avant les Français le cours d’« une vie plus normale ».

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Olivier Faye,  Alexandre Lemarié et  Claire Gatinois

Covid-19 : Situation épidémique à la hausse, accélération de la vaccination… Emmanuel Macron tiendra-t-il son pari ?

L’exécutif espère que le reconfinement national annoncé mercredi et la montée en charge de la campagne vaccinale permettront d’amorcer une décrue sur le front sanitaire. Une course contre la montre est engagée. 

Par Delphine Roucaute et Gary DagornPublié hier à 00h35, mis à jour hier à 15h44  

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Au centre de vaccination contre le Covid-19 du Palais des Sports de Gerland, à Lyon (Rhône), le 1er avril.
Au centre de vaccination contre le Covid-19 du Palais des Sports de Gerland, à Lyon (Rhône), le 1er avril. BRUNO AMSELLEM / DIVERGENCE POUR « LE MONDE »

Six semaines pour « rouvrir progressivement le pays », c’est l’horizon qu’a fixé Emmanuel Macron, mercredi 31 mars, en annonçant le reconfinement de l’ensemble du territoire métropolitain et la fermeture des écoles.

Le président de la République ne s’est toutefois pas risqué à présenter d’objectifs chiffrés, comme il avait pu le faire pour le déconfinement de la mi-décembre 2020, qui visait un seuil de 5 000 nouvelles contaminations par jour et un maximum de 3 000 patients en réanimation.https://www.dailymotion.com/embed/video/x80bgoh?ads_params=&api=postMessage&autoplay=false&id=player-x80bgoh&mute=false&origin=https%3A%2F%2Fwww.lemonde.fr&queue-autoplay-next=false&queue-enable=false

« D’un point de vue politique, comme on n’a pas réussi à atteindre les objectifs fixés à l’automne, mieux valait ne pas en redonner, commente Hélène Rossinot, médecin spécialiste de santé publique. En tout cas, ces seuils, nécessaires pour contrôler réellement l’épidémie, ne seront pas atteints d’ici quatre semaines. » A titre de comparaison, au Royaume-Uni, il a fallu deux mois pour passer de 38 000 cas par jour, comme c’est le cas aujourd’hui en France, à 5 000, en ayant fermé les écoles trois fois plus longtemps. « En un mois, il est probable qu’on revienne au plateau d’incidence élevé d’il y a deux semaines », anticipe Hélène Rossinot.

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Le décalage classique de plusieurs semaines entre l’application de mesures de contrôle et leurs effets sur le terrain rend compliqué d’affirmer quelle efficacité auront les « mesures de freinage » adoptées pour dix-neuf départements depuis le 19 mars et étendues, à partir de ce samedi 3 avril, à tout le pays. Mais « au 31 mars, la dynamique à la hausse de l’épidémie n’est pas encore cassée et il est peu probable qu’on voie un infléchissement dans une semaine », analyse le virologue Vincent Maréchal, cofondateur du réseau Obépine, qui utilise les eaux usées comme outil de surveillance épidémiologique dans désormais 150 stations.

Les espoirs reposent sur la campagne vaccinale

La fermeture des établissements scolaires, effective dès ce samedi 3 avril pour quelques semaines (trois pour le primaire, quatre pour le secondaire), devrait contribuer à freiner la circulation du coronavirus, puis, avec quelques semaines d’écart, à soulager les hôpitaux sous pression. Les vacances scolaires sont connues pour être un facteur de ralentissement de l’épidémie. Celles de la Toussaint ont contribué à atteindre le pic épidémique début novembre, rapidement après le début du deuxième confinement, tandis que les vacances d’hiver ont permis d’étendre le « plateau » observé en février et, ainsi, de retarder le rebond épidémique dû au variant B.1.1.7 (dit « britannique »).

De plus, « la mesure de fermeture des écoles a un effet de sidération psychologique des populations, qui prennent conscience de la gravité de la situation et prennent plus de précautions, même si ce phénomène est dur à évaluer », souligne Vincent Maréchal.

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S’il est donc attendu que ces mesures aient un effet réel sur le cours de l’épidémie, la grande inconnue reste le rythme de la décrue, qui dépendra, entre autres, de l’adhésion des Français à ces nouvelles dispositions. Si ce rythme est trop lent, le risque est alors que la circulation virale reste forte au bout de quatre semaines, entraînant une reprise rapide et difficile à contrôler. Si la baisse de l’incidence est rapide, cela permettra de gagner du temps et de décaler de plusieurs semaines cette reprise. A titre d’exemple, après le confinement strict du printemps 2020, il a fallu deux mois à l’épidémie pour reprendre lentement, tant la circulation du virus avait reculé. Avec un variant désormais plus transmissible et des mesures moins strictes, un éventuel rebond sera avec certitude plus difficile à maîtriser.

Les espoirs reposent désormais sur la vaccination de la population. Si l’avancée en ce domaine ne devrait pas avoir d’impact sur la dynamique de l’épidémie dans les semaines qui viennent, « c’est la solution à moyen-long terme », assure Vincent Maréchal.

Ne pas crier victoire trop vite

La campagne vaccinale va connaître un coup d’accélérateur en avril grâce à une augmentation importante du nombre de doses livrées : 12,2 millions en avril, puis 17,7 millions en mai et 25,8 millions en juin. Selon ce calendrier, fixé par la direction générale de la santé à partir des engagements des laboratoires, il faut s’attendre à recevoir quelque 55,4 millions de doses supplémentaires d’ici à la fin du mois de juin – 13,6 millions jusqu’à présent. Au 2 avril, quelque 9 millions de personnes ont reçu au moins une injection (13,6 % de la population) et 3 millions en ont reçu deux (4,6 %).

En prenant en compte le fait que le vaccin Janssen, livré à partir du 16 avril, nécessite une seule dose contre deux pour tous les autres, cela signifie que, sur le papier, 31,75 millions de personnes pourraient bénéficier d’une vaccination complète d’ici à la fin juin, soit 47 % de la population française (61 % de la population adulte, seule à avoir accès aux vaccins pour le moment). Une montée en charge impressionnante des laboratoires est prévue à partir de juillet, sans encore de calendrier précis. Mais les livraisons promises au deuxième trimestre permettent d’envisager atteindre un seuil d’immunité collective élevé d’ici à la rentrée de septembre. De fait, l’objectif affiché par le gouvernement d’avoir proposé un vaccin à tous les adultes d’ici à la fin de l’été paraît tout à fait atteignable, du moins sur le principe.

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Plusieurs précautions sont toutefois à prendre avant de crier victoire. Tout d’abord, le calendrier des livraisons est évolutif et change beaucoup d’une semaine sur l’autre. Le meilleur exemple est le manque de fiabilité du laboratoire AstraZeneca, qui a dû rabaisser ses promesses en la matière plusieurs fois d’affilée. Par ailleurs, les contraintes logistiques liées à ce vaccin – ses arrivées irrégulières et centralisées ainsi que sa distribution très fine à la médecine de ville – imposent un délai d’au moins quatre jours pour qu’il puisse être injecté.

De plus, Curevac s’est engagé à livrer 44 millions de doses au deuxième semestre, soit 15 % des volumes attendus. Le laboratoire « confirme son intention de soumettre la demande d’approbation formelle du candidat-vaccin » au deuxième semestre, mais il doit encore être approuvé par l’Agence européenne des médicaments.

Absorber un million d’injections par semaine

Une fois que les doses sont là, encore faut-il les injecter. Le professeur d’immunologie Alain Fischer, président du conseil d’orientation de la stratégie vaccinale anti-Covid-19, a confirmé, dans Le Figaro, avoir « pour objectif une cadence de 400 000 injections par jour en avril », soit 2,8 millions par semaine si tous les centres sont opérationnels sept jours sur sept, ce qui n’est pour l’instant pas le cas. Jusqu’à présent, le record a été atteint fin mars avec 1,8 million d’injections hebdomadaires.

L’ouverture de grands centres de vaccination au cours du mois d’avril est censée permettre d’atteindre ce rythme soutenu. Le Stade de France devrait ainsi accueillir 10 000 personnes par semaine dès mardi et l’ancien parc des expositions de Toulouse en prévoit 14 000 à partir de mercredi, sur l’exemple du palais des sports de Lyon.Article réservé à nos abonnés Lire aussi  « Hier, j’ai vacciné quarante personnes en quatre heures » : à Lyon, dans le plus grand centre de vaccination de France contre le Covid-19

L’objectif, à terme, est d’absorber un million d’injections par semaine grâce à ces mégacentres répartis sur tout le territoire, selon le ministère de la santé. Les préfets devaient présenter, cette semaine, leurs projets de montée en charge dans les territoires.

Ces efforts suffiront-ils à assurer la cadence nécessaire ? « Le rythme actuel est dû au fait qu’on manque de doses, assure Hélène Rossinot. On a les bras nécessaires, on peut faire plus si la logistique s’améliore, notamment celle d’AstraZeneca. Les territoires sont prêts, la mobilisation des professionnels est là, donc je suis optimiste, sauf si on est accaparés par la saturation des services hospitaliers. »

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Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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