Covid-19 : Johnson & Johnson annonce le succès de son vaccin à une dose
Le produit du groupe américain affiche une bonne protection contre les formes sévères et résiste au variant sud-africain, selon des résultats d’essais cliniques qui n’ont pas encore été détaillés ni analysés par des tiers.
Par Nathaniel HerzbergPublié le 29 janvier 2021 à 20h18 – Mis à jour le 29 janvier 2021 à 20h30
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Un vaccin à une seule dose, facile à conserver, efficace et sûr, résistant qui plus est aux divers variants : le géant américain Johnson & Johnson (J & J) a annoncé, vendredi 29 janvier, qu’à l’issue des essais de phase 3 conduits par sa division pharmaceutique Janssen, il disposait désormais « d’une solution simple et pratique pour le plus grand nombre, capable d’avoir un impact maximum pour mettre un terme à la pandémie de Covid 19. » Pour l’occasion, le groupe a organisé une conférence de presse téléphonique réunissant, aux côtés de deux de ses cadres, le patron des Instituts nationaux de la santé américains (National Institutes of Health, NIH) Francis Collins, et le conseiller du président des Etats-Unis, Joe Biden, et de son prédécesseur, Donald Trump, Anthony Fauci. Un panel à la mesure de l’enjeu.
Dès le départ de la course, Janssen avait emprunté une voie à part. Pas en ce qui concerne la technologie retenue : son vaccin à vecteur viral appartient à la même famille que celui d’AstraZeneca ou que le Spoutnik V russe. Elle consiste à insérer un fragment de l’ARN du SARS-CoV-2 dans un adénovirus inactivé, puis à injecter l’ensemble afin de laisser les cellules humaines produire l’antigène qui déclenchera la réponse immunitaire anti-Covid-19. En revanche, là où tous ses concurrents estimaient avoir besoin de deux injections pour assurer une immunité forte et durable, J & J faisait le pari d’une injection unique.
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Pari gagné, du moins apparemment. Aucune des données de l’essai de phase 3 n’ont été pour l’heure publiées dans une revue scientifique. Mais le communiqué de presse et les informations fournies lors de l’échange public par l’aréopage scientifique américain dessinent un tableau assez rassurant. Les chercheurs assurent n’avoir relevé aucun effet indésirable notable. Pas d’allergies graves, pas de réactions imprévues. « Un peu de douleur au point d’injection, un peu de fatigue pour quelques-uns, rien du tout pour la grande majorité », a résumé Mathai Mammen, directeur de la recherche et développement de Janssen.
« Réduire le nombre des cas sévères »
Mais c’est sur le terrain de la protection que J & J était surtout attendu. Avec un résultat global affiché de 66 % d’efficacité, à partir du 28e jour suivant l’injection, le produit se rapproche de la solution à deux doses d’AstraZeneca. Loin, donc, des impressionnants 95 % des deux vaccins à ARN messager de Pfizer et Moderna, mais largement au-dessus des 52 % réclamés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
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Ses promoteurs veulent surtout retenir deux autres chiffres : le vaccin offre une efficacité de 84 % pour prévenir les formes sévères et même de 100 % pour éviter les hospitalisations et les décès. « Le plus important pour la santé publique, c’est de laisser les gens hors de l’hôpital et de réduire le nombre des cas sévères », a assuré Anthony Fauci, joignant sa voix au chœur des louanges.
Ces résultats soulageront enfin un peu tous ceux qui redoutent l’effet des variants sur les vaccins. Jeudi, Novavax avait constaté que son candidat vaccin était sérieusement émoussé face au mutant sud-africain. Le produit de J & J ne présente pas la même vulnérabilité. Son efficacité globale apparaît moindre en Afrique du Sud (57 %) qu’aux Etats-Unis (72 %). Mais il apporte la même protection contre les formes sévères sur tous les continents, dans toutes les classes d’âge et tous les groupes ethniques, ont précisé les chercheurs.
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Fort de ces résultats, le laboratoire devrait déposer la semaine prochaine une demande d’autorisation d’urgence auprès de la Food and Drug Administration. Un dépôt auprès de l’Agence européenne des médicaments est aussi imminent. La firme s’est engagée à fournir 100 millions de doses au gouvernement américain d’ici à juin. L’Europe a de son côté préacheté 200 millions de doses. A l’échelle mondiale, J & J promet 1 milliard de doses en 2021.
Deux nouveaux vaccins vont rejoindre l’arsenal contre le CoVid-19
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LE JOURNAL DES SCIENCES par Natacha Triou
Les annonces des laboratoires Novavax et Johnson & Johnson sur les résultats de leur essai clinique et autres actualités scientifiques.

ll ne s’agit que d’un communiqué de presse de laboratoire pharmaceutique : aucune étude n’a encore été publiée. Le premier vaccin a été conçu par la start-up américaine Novavax. Lors des essais cliniques de phase 3 sur plus de 15.000 personnes, le vaccin s’est montré efficace à 89% contre le SARS-CoV-2. Il repose sur la technologie des protéines recombinantes : le vaccin contient des protéines de pointe du virus, qui ne peuvent pas se répliquer mais qui permettent au système immunitaire de fabriquer des anticorps. Il fonctionne en deux doses, se transporte et se conserve facilement, dans des réfrigérateurs normaux.
L’essai clinique s’est essentiellement déroulé en Angleterre, mais aussi en Afrique du Sud, là où le nouveau variant circulait déjà. Il se trouve que face au variant sud-africain, l’efficacité de ce vaccin chute à 60%. Dans cet essai, les limites que posent les nouveaux variants apparaissent déjà. La compagnie Novavax a déjà annoncé qu’elle développait un vaccin spécifique contre ce variant.
Le second vaccin contre le CoVid-19 provient des laboratoires du géant américain Johnson & Johnson et de sa filiale Janssen. Dans un essai international, leur vaccin montre une efficacité de 66%. Ce n’est pas un vaccin à ARN messager, mais un vaccin à adénovirus atténué, comme celui d’AstraZeneca. Son point fort est qu’il n’a besoin que d’une seule dose pour fonctionner. En outre, lors de l’essai, aucun participant n’a été hospitalisé. Le vaccin préviendrait donc des formes graves., mais montre lui aussi des signes de faiblesse face au variant sud-africain.