L’ultradroite, cette mouvance qui utilise la violence pour défendre une idéologie d’extrême droite
Le profil de Kevin T., l’auteur de l’attentat raciste de Trappes (Yvelines), relève de « l’ultradroite radicale violente », a confirmé le parquet, mardi 3 novembre. Un phénomène en croissance : 23 procédures liées à l’ultradroite ont été recensées depuis 2019.
Par Abel Mestre
Publié aujourd’hui à 10h00 https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/11/04/l-ultradroite-cette-mouvance-qui-utilise-la-violence-pour-defendre-une-ideologie-d-extreme-droite_6806133_3232.html
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Un mot dans l’air. L’attentat de Trappes et de La Verrière (Yvelines), vendredi 23 octobre, dont le bilan s’élève à un mort et quatre blessés graves, a fait resurgir, de manière très concrète, la menace de l’ultradroite en France. Le suspect de l’attaque, Kevin T. a reconnu le mobile raciste de son acte et avoir « spécifiquement ciblé » des personnes de « type musulman », « africain » ou « nord-africain ». Du matériel militant, confectionné par ses soins, revendiquant sa proximité idéologique avec le Rassemblement national (RN), a été retrouvé à son domicile.
Le choix de Trappes aurait été motivé par sa conviction que la commune constituait un « repaire d’islamistes ». Des propos qui rappellent ceux qu’avait tenus, en 2021, Jordan Bardella, président du RN, qui avait alors qualifié la ville francilienne de « République islamiste en miniature, capitale européenne du djihad ». La pensée de Kevin T. s’inscrit donc clairement à l’extrême droite, et son profil relève de « l’ultradroite radicale violente », a confirmé Olivier Christen, le procureur de la République antiterroriste, mardi 3 novembre, sur RTL. Reste à savoir ce que désigne exactement ce terme.
« L’expression ne se cantonne pas au terrorisme, mais concerne également des groupes ou des individus. C’est avant tout une catégorie policière, note l’historien Nicolas Lebourg, spécialiste de l’extrême droite et des radicalités. En 1994, la direction centrale des renseignements généraux [DCRG] construit cette catégorie pour clarifier son secteur d’intervention. Elle distingue formellement l’extrême droite de l’ultradroite : la première inclut les partis politiques et formations électorales – sur lesquels ils n’ont pas le droit d’enquêter en vertu de la liberté constitutionnelle des partis –, tandis que l’ultradroite désigne le segment violent ou potentiellement violent de l’extrême droite – sur lequel la DCRG poursuivrait donc son travail de surveillance. »
Différents visages
Pour l’universitaire, la différence entre « extrême » et « ultra » droite « n’est donc pas idéologique, mais comportementale : la violence fait l’ultradroite ». Autrement dit, selon M. Lebourg, sont d’ultradroite ceux qui, pour défendre une idéologie d’extrême droite, entendent user ou usent effectivement de la violence politique. Ce phénomène n’a rien d’anecdotique : Olivier Christen a reconnu que la menace de « l’ultradroite radicale violente » était « en croissance » – même si celle du djihadisme reste la plus importante –, recensant 23 procédures liées à l’ultradroite depuis 2019, contre quatre pour l’ultragauche en sept ans.
Ce schéma n’est pas reproductible à l’autre bout de l’échiquier politique. L’extrême gauche regroupe peu ou prou les formations politiques se réclamant d’une rupture avec le système capitaliste. L’ultragauche, elle, rassemble une myriade de groupes affinitaires qui se vivent comme les ennemis ultimes d’un système qu’ils veulent détruire, en frappant des symboles ou des représentants de l’Etat, du capitalisme ou encore de l’autorité.

Au fil de l’histoire, les actions violentes de l’ultradroite ont pris différents visages, en particulier celui du terrorisme. Au moment de la guerre d’Algérie (1954-1962), l’Organisation de l’armée secrète (OAS), active entre 1961 et 1962, commet des attaques individuelles, mais aussi de nombreux plasticages et attentats à la bombe. Entre 1 600 et 2 200 personnes ont été tuées. Jusqu’aux attaques terroristes islamistes du 13 novembre 2015, à Paris et à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), l’attentat le plus meurtrier commis dans l’Hexagone fut celui perpétré par l’OAS contre le train Paris-Strasbourg, le 18 juin 1961, avec 24 à 28 victimes, selon les décomptes.
Dans les années 1970, de nombreuses attaques racistes se produisent, notamment à Marseille en 1973, faisant 16 morts. Quelques groupes terroristes apparaissent également, comme le groupe Joachim Peiper, du nom d’un ancien Waffen SS tué chez lui en 1976 et que ces militants entendent venger. Des exécutions de personnalités politiques de gauche ont lieu, dont les assassinats d’Henri Curiel, en 1978, et de Pierre Goldman, un an plus tard, qui seront revendiqués dans les années 2010 par le monarchiste René Resciniti de Says.
Nouvelle phase
Les années 1980 et 1990 voient aussi se développer des formes de violences d’extrême droite, du fait, entre autres, des groupes de skinheads néonazis et de groupuscules cherchant à importer en France la stratégie de la tension italienne. L’idée est de déstabiliser les institutions par des attaques terroristes afin de pousser à l’avènement d’un régime de type fasciste.
Actuellement, l’activisme violent de l’ultradroite est entré dans une nouvelle phase, que le chercheur Nicolas Lebourg qualifie de « postmoderne » : « Le terroriste d’ultradroite bricole son credo et sa vision du monde dans un marché transnational des idées et représentations dans lequel il braconne à sa guise. Il revient aux marqueurs biologiques pour lui évidents – le genre et la couleur de peau – qui lui paraissent être mis en cause, par la modernité, le féminisme, l’immigration ou encore le wokisme… » Une définition qui correspond, à bien des égards, aux déclarations du suspect de l’attentat de Trappes et de La Verrière.
L’une des formes les plus actives de ce nouvel âge terroriste est l’accélérationnisme. Dans cette théorie, née aux Etats-Unis et bâtie autour de la théorie complotiste et raciste du « grand remplacement », se trouve l’idée qu’il faut hâter la guerre raciale pour que les Blancs y survivent – en France, les accélérationnistes considèrent que cette guerre a commencé par les attentats de 2015 – et que la seule chance de survie, c’est de précipiter le chaos. En utilisant la violence et le meurtre.
Lire aussi l’entretien (2021) : Nicolas Lebourg : « Les accélérationnistes pensent qu’il faut hâter la guerre raciale pour que les Blancs y survivent »
Laurent Joly, historien : « L’extrême droite tue. C’est une réalité que l’histoire enseigne et qu’il ne faut pas oublier »
Le clivage gauche-droite est apparu en 1789, au moment de la Révolution française. Mais la France a inventé un autre clivage : celui entre la droite et l’extrême droite, sur lequel revient l’historien dans un entretien au « Monde ».
Propos recueillis par Ariane FerrandPublié aujourd’hui à 06h30 https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/11/04/laurent-joly-historien-l-extreme-droite-tue-c-est-une-realite-que-l-histoire-enseigne-et-qu-il-ne-faut-pas-oublier_6806108_3232.html
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Laurent Joly est historien et directeur de recherche au CNRS, spécialiste de l’extrême droite et du régime de Vichy. Il vient d’écrire un livre passionnant, Le Piège. La droite face à l’extrême droite depuis la Révolution française (Tallandier, 256 pages, 20 euros). En s’appuyant sur des sources inédites, le chercheur inscrit sur le temps long les relations entre l’extrême droite française et les courants conservateurs et libéraux, aujourd’hui fragilisés.
L’extrême droite a le vent en poupe en France, tandis que le parti de la droite traditionnelle, Les Républicains (LR), s’est effondré dans les urnes. Comment en est-on arrivé à une telle inversion du rapport de force ?
En période de crise, les extrémistes de droite, ciblant des boucs émissaires et proposant des solutions simplistes, gagnent toujours du terrain au détriment des modérés. Ce fut le cas à la fin des années 1930. C’est le cas aujourd’hui : le marasme économique sans fin, sur fond de malaise occidental, profite à l’extrême droite.
Le parti LR est en effet moribond. Les premiers rôles sont occupés par des hommes proches de l’extrême droite catholique (François-Xavier Bellamy, Bruno Retailleau), dans une dérive qui n’est pas sans rappeler celle de la Fédération républicaine à la fin des années 1930. Ce parti, né en 1903, le premier grand parti de droite républicaine en France, était alors tombé sous l’influence de gens comme Xavier Vallat [1891 – 1972], proche de l’Action française [mouvement politique d’extrême droite nationaliste et royaliste]. Sa radicalisation ne faisait que conforter son déclin. Un piège fatal et récurrent…
En fait, la droite dite classique est désormais incarnée par le « bloc central », incluant Edouard Philippe (Horizons). Dans notre histoire, cette famille politique s’est toujours adaptée aux grandes évolutions, afin de prendre ou de garder la main : acceptant l’égalité civile au XIXe siècle ; le régime républicain au XXe siècle, et même la République sociale après 1945 ; les principales avancées sociétales de nos jours. Ses fondamentaux ont peu changé depuis deux cents ans : rhétorique libérale et rejet affiché des « extrêmes », mais tendance à une pratique autoritaire du pouvoir ; soumission parfois aveugle aux milieux d’affaires…
Bien qu’affaiblie et déboussolée, cette droite demeure l’une des principales alternatives politiques au Rassemblement national (RN) en vue de l’élection présidentielle 2027. Même LR, qui a presque basculé à l’extrême droite avec Retailleau, n’envisage toujours pas d’alliance avec le RN. En France, la droite de gouvernement ne s’associe pas avec l’extrême droite. C’est vraiment le résultat – plus fragile que jamais – de notre culture politique.
On croit souvent que le clivage entre droite et extrême droite est né avec l’émergence du phénomène Le Pen et de l’instauration d’un cordon sanitaire dans les années 1980. Dans votre livre, vous montrez qu’il n’en est rien. Quelle est l’origine de ce clivage ?
C’est bien connu, le clivage gauche-droite est apparu en 1789, au moment de la Révolution française. Mais ce que l’on sait moins, c’est que la France a inventé un autre clivage : celui entre la droite et l’extrême droite.
Pendant la Restauration (1814-1830), une partie des parlementaires royalistes acceptent les principaux acquis de la Révolution – l’égalité civile, l’égalité religieuse… D’autres, les « absolutistes », puis les « ultras » [ultraroyalistes]cherchent au contraire à imposer une vision revancharde et réactionnaire de la monarchie. Le terme « extrême droite » apparaît dans les années 1820 pour les désigner. Plus particulièrement, en 1829 : cette année-là, le roi Charles X impose un « ministère d’extrême droite ». Parviennent au pouvoir des idéologues et des incompétents qui fanfaronnaient depuis des années dans l’opposition. C’est un fiasco. La dynastie des Bourbons est bientôt balayée par la révolution de Juillet (1830).
En 1874, un historien conservateur, Paul Thureau-Dangin, est le premier à identifier et à analyser ce nouveau clivage. Son essai fait sensation. La droite, explique-t-il, accepte les grandes évolutions de son temps et tâche d’en tirer le meilleur parti, sans renoncer à ses principes essentiels. L’extrême droite, elle, rumine sa nostalgie du passé et fomente la guerre civile.
Si l’expression « cordon sanitaire » date des années 1980, l’isolement de l’extrême droite en France, sa « diabolisation » sont des phénomènes plus anciens. Et pour cause : celle-ci a toujours été synonyme d’échec, de division et de chaos…
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Dans votre livre, vous revenez sur les moments où la droite tombe dans le « piège de l’extrême droite », en s’alliant avec elle. Quelles en furent les conséquences pour le pays ?
Lorsque l’extrême droite, souvent puissante par sa presse et son influence intellectuelle, entraîne les forces conservatrices dans le piège de la surenchère réactionnaire, puis dans celui de la passion nationaliste, le pays bascule ou manque de basculer dans la guerre civile : des violentes campagnes ultras sous la Restauration aux crimes du régime de Vichy, en passant par le boulangisme et l’affaire Dreyfus.
C’est une sorte de fatalité historique, qui continue de peser. Vichy, la dernière expérience d’association de l’extrême droite au pouvoir, a laissé une trace honteuse, et plus particulièrement traumatique, dans notre mémoire nationale. En 1940, c’est bel et bien l’« union des droites » qui s’est réalisée autour du maréchal Pétain. La suite, on la connaît.
Comment articulez-vous le clivage droite-extrême droite avec la fameuse typologie de l’historien René Rémond (1918-2007), qui divise les droites françaises en trois familles héritées du XIXe siècle : « orléaniste », « bonapartiste » et « légitimiste » ? Y a-t-il des modérés et des extrémistes au sein de chaque famille de la droite ?
Sauf chez les orléanistes, oui, et d’ailleurs, Rémond l’avait lui-même suggéré. Mais son maître livre, Les Droites en France, a été conçu au début des années 1950 [il est paru en 1954 aux éditions Aubier]. A cette époque, l’extrême droite n’existe plus, politiquement parlant, et l’historien n’a bien sûr pas le recul que l’on a sur le XXe siècle. Ce qu’il voit, c’est donc d’abord et avant tout le XIXe siècle. De fait, René Rémond construit sa typologie à partir des trois régimes monarchiques qui se sont succédé de 1814 à 1870. De nos jours, on n’analyse plus les choses ainsi. L’historiographie a mis la question du clivage droite-extrême droite au cœur de sa réflexion, parlant même, avec Mathias Bernard, qui y a consacré un livre (Odile Jacob, 2007), de « guerre des droites, de l’affaire Dreyfus à nos jours »…
Dans mon livre, je tâche de mettre en lumière deux grandes traditions d’extrême droite en France, issues, si l’on reprend la typologie de René Rémond, de la famille légitimiste et de la famille bonapartiste. La première prend racine dans le moment 1815-1830. Elle est doctrinaire, ultracatholique et réactionnaire. La seconde émerge à la fin des années 1860. Le Second Empire [1852-1870] se libéralise. Les opposants les plus virulents aux réformes promues par Napoléon III viennent alors du camp bonapartiste lui-même. La presse de l’époque étant numérisée, j’ai pu identifier un pic de l’usage du terme « extrême droite » pour l’année 1869. Cette extrême droite bonapartiste, désignée comme telle, est antiparlementaire, autoritaire, très remontée contre la bureaucratie et le fisc. C’est déjà, dans les termes et les postures, l’extrême droite populiste du XXe siècle.
Coexistent donc à partir du tournant des années 1870 deux cultures politiques d’extrême droite, deux tempéraments, qui ont perduré jusqu’à nos jours. D’un côté, les tenants de la pureté idéologique, revanchards et cléricaux, adeptes de l’« union des droites ». De l’autre, les partisans de l’« appel au peuple », qui prétendent abolir le clivage gauche-droite pour lui substituer une grille de lecture populiste et identitaire. Dans les faits, ces deux traditions s’entremêlent et forment une seule et même imposture : l’extrême droite populiste n’a jamais protégé les classes populaires ; pour accéder au pouvoir, il lui faut aussi le soutien des puissances d’argent et, encore plus, celui des forces réactionnaires, auxquelles elle finit toujours par être l’alliée ou l’obligée.
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Aujourd’hui, Marine Le Pen reste fidèle à la ligne « Ni droite ni gauche », un slogan utilisé par Jean-Marie Le Pen dans les années 1990. Elle se dit hostile à l’« union des droites », soit à l’entente de la droite avec l’extrême droite. Comment expliquer son positionnement ?
C’est la ligne populiste, d’origine bonapartiste, qui lui paraît la plus efficace sur le plan électoral. « Ni droite ni gauche »,c’est la vieille formule du nationalisme démagogique, du général Boulanger en 1889 à Robert Poujade en 1956 en passant par Jacques Doriot en 1936. Par ailleurs, comme son père à la fin des années 1990, Marine Le Pen a compris que la stratégie de l’« union des droites », qui était jusque-là celle du Front national, compromettait la mainmise du clan Le Pen sur le parti. L’alliance avec d’autres forces, préconisée par Bruno Mégret ou, récemment, par Marion Maréchal et Jordan Bardella, risque de se faire au détriment des Le Pen.
Surtout, le RN a tellement engrangé de voix qu’il se trouve dans une position unique : au XXIe siècle, c’est la première fois qu’en Occident un parti issu de la tradition d’extrême droite la plus radicale peut aspirer à gouverner seul, sans allié ou presque.
L’autre boussole de Marine Le Pen, c’est la « dédiabolisation ». Les révélations de « Mediapart » sur des écrits antisémites de Jordan Bardella entre 2013 et 2015 (qu’il conteste en justice) mettent-elles à mal cette stratégie ?
Jean-Marie Le Pen était un antisémite obsessionnel. Il a été conseillé pendant la campagne de 2007 par un autre antisémite fanatique, Alain Soral. Jordan Bardella a été socialisé dans ce monde-là. C’était connu. C’est désormais irréfutable. Mais il n’est pas sûr que ces révélations auront un grand impact, tant il existe, dans toute une partie de l’électorat, un refus têtu de voir le réel et l’espoir de la grande exultation vengeresse, comme un miroir inversé de mai 1981, un mai 2027 « national ».
Il est certain que si le RN arrive au pouvoir, il y aura des représailles, des violences débondées. Le clan Le Pen se vengera du « système » qui l’a diabolisé pendant des décennies. L’un des plus proches conseillers de Marine Le Pen, son beau-frère Philippe Olivier, l’a publiquement annoncé, en juin : « Il faut qu’ils dégustent le plat avarié jusqu’à la dernière cuillère. »
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Y a-t-il une responsabilité de l’extrême droite, voire de la droite, dans l’attentat terroriste raciste de Trappes et La Verrière (Yvelines), le 23 octobre ?
Elle est directe. L’extrême droite tue. C’est une réalité que l’histoire enseigne et qu’il ne faut pas oublier. Le « nationalisme ethnique », inventé à la fin du XIXe siècle par des écrivains, Edouard Drumont et Maurice Barrès, discrédité par l’affaire Dreyfus puis par Vichy, a fait son retour dans notre vie politique et intellectuelle à la fin des années 1970. Avec Jean-Marie Le Pen, mais pas seulement.
C’est, ainsi, Le Figaro Magazine titrant en 1985 « Serons-nous encore français dans trente ans ? » et représentant une Marianne voilée… C’est Bardella, en 2022, qualifiant Trappes de « république islamique [en miniature]». Ce fantasme intellectuel, qui a envahi nos médias depuis quelques années, a armé l’assassin.
Derrière l’attentat terroriste de Trappes, un racisme d’atmosphère
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