Le chômage, qui touche environ 2,6 millions de personnes en France et auquel sont imputés 14 000 décès par an, constitue un enjeu majeur de santé publique.

La santé des chômeurs, un enjeu social et de santé publique encore trop méconnu

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Dominique Lhuilier
Centre de recherche sur le travail et le développement – Centre national des arts et métiers (CRTD-Cnam)

La plupart des travaux sur la santé au travail occultent les temps du chômage, comme si les chômeurs constituaient une catégorie à part, « une population » que des mesures transversales cherchent à caractériser. Cette installation à la marge du monde du travail peut expliquer pourquoi les relations entre chômage et santé ont pendant longtemps fait l’objet de peu de recherches scientifiques, et n’ont suscité que peu d’intérêt de la part des pouvoirs publics en France (1).

Le mal-être des chômeurs, leur santé mentale et physique, est encore un sujet trop peu débattu dans la société et la sphère publique.

Pourtant, 8,3% de la population active, soit 2,7 millions de personnes, sont au chômage, et 1,9 million se trouvent dans le « halo » du chômage (2). Nous savons également qu’avec le développement de la précarité de l’emploi (3), les parcours professionnels sont de plus en plus souvent marqués par des périodes sans emploi. Aussi, la question de la santé au chômage concerne bien plus de personnes que les seuls chômeurs saisis à un instant T. D’où l’importance des approches diachroniques susceptibles d’éclairer à la fois les modes d’entrée et de sortie du chômage, la durée de ce dernier, et les processus susceptibles de fragiliser la santé durant cette période, voire plus durablement.

Penser les chômeurs comme « une population » peut contribuer à éluder le risque d’exposition au chômage pour tous –mais inégalement distribué–, voire à entretenir un clivage entre les travailleurs actifs/sans emploi, alors même que nombre de demandeurs d’emploi travaillent. Différentialisme et discrimination vont bien souvent de pair. Le poids des stigmates qui pèsent sur cette « population » n’est pas sans effet sur leur santé, comme l’analyse précisément Charly Marie dans ce numéro 1. Les attributs négatifs associés à l’image des chômeurs (déficitaires ou parasites) ne semblent pas transformés par l’expérience de la rencontre avec des chômeurs (chacun connaît des personnes privées d’emploi). La persistance du stigmate tient aux fonctions défensives de ces attributions causales : penser le chômeur responsable de son état, c’est éloigner le spectre du chômage pour soi-même. Le recours à cette stratégie défensive donnerait l’illusion du contrôle de sa vie. Si le chômeur est l’artisan de son exclusion, ceux qui ont (pour le moment) un emploi, peuvent se rassurer. Ainsi, la stigmatisation des chômeurs pourrait bien apaiser l’angoisse des travailleurs actifs.

De nombreux travaux de recherche, nationaux et internationaux, dans différentes disciplines, mettent en avant une relation très forte et négative entre la santé des chômeurs et la durée du chômage. Plus le chômage perdure, plus la personne perd contact avec la sphère productive, avec autrui, avec le monde. En particulier lorsqu’aucune autre activité n’entretient l’usage, la mobilisation et le développement de soi. Deux thèses se sont longtemps affrontées pour expliquer cette dégradation de la santé au chômage. Celle dite de l’exposition : l’expérience du chômage expose à des épreuves coûteuses pour la vie psychique et somatique, et leurs effets sont particulièrement prononcés chez les chômeurs de longue durée. L’autre dite de « sélection » : les troubles de la santé empêchent l’accès, le maintien et le retour au travail. Le débat est désormais tranché : c’est bien plus le chômage qui affecte fortement la santé que l’inverse. Autrement dit, le chômage, et a fortiori celui « de longue », voire de « très longue durée », est pathogène, ce que la contribution de Pierre Meneton et coll. éclaire nettement 2.

Nombre de travaux traitent de diverses pistes explicatives des processus en cause : stigmatisations, mais aussi perte des fonctions manifestes et latentes du travail 3,4. Cette perspective permet de saisir l’ampleur des pertes, au-delà des revenus, quand on est privé de son emploi : la structuration temporelle, l’accès à l’espace public, le lien aux autres construit sur des intérêts communs, la possibilité de se mesurer au réel et d’y trouver des confirmations de ses potentialités, le sentiment d’utilité –voire de dignité– sociale, le « faire collectif »… Ces pertes fragilisent l’identité et la santé. Même si, dans un premier temps, le soulagement peut prévaloir quand le chômage permet de se mettre à l’abri de conditions de travail insoutenables ou de situations pathogènes.

Ainsi, dès les années 1930, des enquêtes consacrées aux effets de la perte d’emploi ont souligné les multiples conséquences négatives du chômage 5,6,7,8, montrant que ce dernier provoquait une diminution de l’estime de soi, une réduction des relations sociales, une fragilisation de la cellule familiale, un affaiblissement des appartenances collectives, une désorganisation du temps quotidien, et des altérations de la santé.

Le chômage est une situation à haut risque psychologique 9 : du choc de la perte d’emploi 10, à la relégation domiciliaire, en passant par la confrontation à l’assistance, l’érosion de perspectives professionnelles et des ressources financières, sociales, jusqu’à la perte de tout espoir de retravailler, notamment chez les plus âgés, et enfin le syndrome d’auto-exclusion 11, proche de la dépression. Certains chômeurs semblent avoir tout perdu, même la voix. Ils n’expriment plus aucune demande, ne recourent pas à leurs droits, et tentent d’anesthésier la souffrance par l’inhibition de la pensée et des affects (notamment par recours aux substances psychoactives). La santé somatique n’est pas en reste : troubles du sommeil, de l’alimentation, charge allostatique, hypertension, problèmes cardiovasculaires, dysfonctionnements immunitaires, maladies chroniques, et mortalité associée.

La poursuite des investigations scientifiques intègre les mutations macrosociales et institutionnelles : les formes de « continuum de précarité », ainsi que la précarité subjective, au-delà des statuts d’emploi, traitées dans l’article d’Émilie Counil et Hugo Frère 12 ; les transformations des normes de genre et l’entrée massive des femmes dans le monde du travail (le chômage est un des rares indicateurs d’égalité hommes/femmes), l’augmentation des familles monoparentales (qui représentent actuellement 25% des familles), que l’article d’Hélène Goulard et coll. aborde par une enquête sur les différences de prévalence de l’épisode dépressif caractérisé (EDC) ; la multiplication des indicateurs de la dégradation de la santé au travail (nombre accru d’arrêts maladie, de licenciements pour inaptitude), le vieillissement au travail et les fragilisations associées (avec le recul de l’âge de départ à la retraite)…, autant de transformations qui interrogent la soutenabilité du travail dans la longue durée des vies professionnelles dans lesquelles s’inscrivent ces temps de suspension de l’emploi 13. Ajoutons encore la mutation des temporalités au chômage favorisée par les politiques dites d’activation 14, qui se traduisent par la pression des obligations statutaires à la recherche d’emploi et l’imposition d’un temps actif, prescrit 15. Ces pressions temporelles peuvent accroître l’insécurité et l’anxiété, alors même que pour sortir du chômage il faut pouvoir soutenir une épreuve d’endurance, donc préserver sa santé car « Paradoxalement, sortir c’est d’abord tenir. […] Affronter le chômage c’est aménager la situation en vue d’y résister » 16. L’article de Jukka Vuori et coll. présente un programme conçu pour renforcer les compétences, les stratégies et la résilience dans la recherche d’emploi 17.

Tous les articles de ce numéro du Bulletin épidémiologique hebdomadaire, très complémentaires, s’inscrivent dans une même perspective essentielle pour la santé publique : l’exploration, la reconnaissance, la prévention des effets de la privation d’emploi sur la santé. Ils offrent aussi des pistes pour l’approfondissement des connaissances scientifiques nécessaires à l’action. Les enjeux de cette dernière sont majeurs, au vu des transformations du marché de l’emploi, comme de la centralité du travail dans la vie psychique et le lien social.

Liens d’intérêt

L’auteure déclare ne pas avoir de liens d’intérêt au regard du contenu de l’article.

Références

1 Marie C. Chômage, stigmatisation et santé : enjeux psychosociaux et perspectives de santé publique. Bull Epidemiol Hebd. 2026;(23-24):499-507. https://beh.santepubliquefrance.fr/beh/2026/23-24/2026_23-24_1.html

2 Meneton P, Goldberg M, Zins M. La cohorte Constances comme source de données sur les relations entre chômage et santé en France. Bull Epidemiol Hebd. 2026;(23-24):526-32. https://beh.santepubliquefrance.fr/beh/2026/23-24/2026_23-24_4.html

3 Jahoda M. Work, employment, and unemployment: Values, theories and approaches in social research. American Psychologist. 1981;36(2):184-91.

4 Jahoda M. Employment and unemployment: A social-psychological analysis. Cambridge: Cambridge University Press; 1982. 120 p.

5 Wight Bakke E. The unemployed worker: A study of the task of making a living without a job. New Haven: Yale University Press; 1940. 465 p.

6 Eisenberg P, Lazarsfeld PF. The psychological effects of unemployment. Psychol Bull. 1938;35(6):358-90.

7 Komarovsky M. The unemployed man and his family; the effect of unemployment upon the status of the man in fifty-nine families. New York: Dryden Press; 1940.

8 Lazarsfeld P, Jahoda M, Zeisel H. Les Chômeurs de Marienthal. Paris: Éditions de Minuit; 1982. 144 p.

9 Lhuilier D, Gelpe D, Waser AM. Santé et travail : paroles de chômeurs. Collection « Clinique du travail ». Toulouse: Éditions Érès; 2024. 320 p.

10 Debout M. Le traumatisme du chômage. Paris: Fondation Jean Jaurés, Les éditions de l’Atelier; 2015. 112 p.

11 Furtos J. De la précarité à l’auto-exclusion: Une conférence-débat de l’Association Emmaüs et de Normale Sup’. Paris: Éditions Rue d’Ulm; 2009. 60 p.

12 Counil É, Frère H. Situation vis-à-vis de l’emploi et santé déclarée dans l’enquête Familles et employeurs 2024 : vers un continuum d’intégration professionnelle. Bull Epidemiol Hebd. 2026;(23-24):517-26. https://beh.santepubliquefrance.fr/beh/2026/23-24/2026_23-24_3.html

13 Goulard H, Léon C, Soullier N, Mondeilh A, Boulanger G. L’épisode dépressif caractérisé des actifs sans et en emploi et facteurs associés : résultats à partir du Baromètre de Santé publique France 2021. Bull Epidemiol Hebd. 2026;(23-24):507-16. https://beh.santepubliquefrance.fr/beh/2026/23-24/2026_23-24_2.html

14 Béraud M, Eydoux A. Activation des chômeurs et modernisation du service public de l’emploi. Les inflexions du régime français d’activation. Travail et Emploi. 2009;(119):9-21.

15 Demazière D, Zune M. Temps de la recherche d’emploi et expérience du chômage : prescription, disponibilité, encombrement, ritualisation. Temporalités. 2019;(29):1-32.

16 Demazière D, Foureault F, Lefrançois C, Vendeur A. Affronter le chômage. Parcours, expériences, significations. Synthèse de l’étude. Solidarités nouvelles face au chômage; 2015. 20 p.

17 Vuori J, Price RH, Arwidson P. Interventions de recherche d’emploi fondées sur des preuves pour les travailleurs et les jeunes sans emploi. Bull Epidemiol Hebd. 2026;(23-24):532-8. https://beh.santepubliquefrance.fr/beh/2026/23-24/2026_23-24_5.html

Citer cet article

Lhuilier D. Éditorial. La santé des chômeurs, un enjeu social et de santé publique encore trop méconnu. Bull Epidemiol Hebd. 2026;(23-24):496-8. https://beh.santepubliquefrance.fr/beh/2026/23-24/2026_23-24_0.html

Chômage, stigmatisation et santé : enjeux psychosociaux et perspectives de santé publique

https://beh.santepubliquefrance.fr/beh/2026/23-24/2026_23-24_1.html

Charly Marie (charly.marie.pro@gmail.com)
Laboratoire des interactions cognition, action, émotion (Licaé), Université Paris Nanterre

Soumis le 30.05.2026 // Date of submission: 05.30.2026
Mots-clés : Chômage | Stigmatisation | État de santé
Keywords: Unemployment | Social stigma | Health status

Résumé

Le chômage, qui touche environ 2,6 millions de personnes en France et auquel sont imputés 14 000 décès par an, constitue un enjeu majeur de santé publique. L’article commence par présenter les travaux (inter)nationaux établissant que les personnes sans emploi ont une santé physique et surtout mentale dégradée, puis les études longitudinales et quasi expérimentales soutenant que c’est bien la perte d’emploi qui dégrade la santé. Il synthétise ensuite les trois traditions biomédicale, socio-économique et psychologique cherchant à expliquer cette dégradation, en se concentrant sur le modèle psychologique des fonctions de l’emploi de Jahoda et les travaux qui le mobilisent. Ces études indiquent que la dégradation de la santé s’explique notamment par la perte de ressources financières, d’identité et de statut social, ce qui place la stigmatisation des « chômeurs » au cœur des explications psychosociales. À partir de données françaises et internationales, l’article examine la production de la stigmatisation (traitement médiatique déshumanisé, stéréotypes négatifs, discriminations à l’embauche) et sa réception dans ses dimensions vécue, anticipée et internalisée. En s’appuyant sur la théorie du stress minoritaire, il propose trois canaux par lesquels la stigmatisation dégraderait la santé qui sont financier (tensions économiques prolongées, non-recours aux droits), cognitif et émotionnel (rumination, désespoir, baisse de l’estime de soi), social et interpersonnel (dissimulation, isolement, hypervigilance). Il se conclut par des propositions esquissant une politique de santé publique des personnes au chômage, coordonnée aux cinq niveaux intrapersonnel, politique, sociétal, organisationnel et interpersonnel.

L’épisode dépressif caractérisé des actifs sans et en emploi et facteurs associés : résultats à partir du Baromètre de Santé publique France 2021

https://beh.santepubliquefrance.fr/beh/2026/23-24/2026_23-24_2.html

Hélène Goulard1 (helene.goulard@santepubliquefrance.fr), Christophe Léon1, Noémie Soullier1, Aude Mondeilh2, Guillaume Boulanger1
1 Santé publique France, Saint-Maurice
2 Centre d’épidémiologie et de recherche en santé des populations (Cerpop), Université de Toulouse

Soumis le 22.05.2026 // Date of submission: 05.22.2026
Mots-clés : Actifs sans emploi | Épisode dépressif caractérisé | Inégalités sociales de santé
Keywords: Unemployed people | Major depressive episode | Social inequalities in health

Résumé

Introduction –

En France, d’importantes inégalités sociales de santé subsistent, et l’emploi est un déterminant social qui joue notamment sur la santé mentale. Afin d’identifier les populations auprès desquelles intervenir pour la prévention, il est nécessaire de mieux connaître les différences de prévalence de l’épisode dépressif caractérisé (EDC) entre actifs sans et en emploi et d’identifier les déterminants sociaux en jeu.

Méthode –

Notre population d’étude est constituée de 14 471 actifs âgés de 18 à 64 ans résidant en France hexagonale interrogés par téléphone. Elle est issue des données du Baromètre de Santé publique France 2021. Les estimations ont été pondérées afin de tenir compte de la probabilité d’inclusion et de la structure de la population.

Résultats –

L’EDC dans l’année était plus fréquent chez les actifs sans emploi que ceux en emploi, chez les hommes (16,7% versus 10,0%, p<0,001) et les femmes (27,2% vs 15,5%, p<0,001). L’EDC concernait plus fréquemment les plus jeunes (18-24 ans), et en particulier les jeunes femmes sans emploi (34,5%). Après ajustement sur les caractéristiques sociodémographiques et économiques, les comportements de santé et l’effet ressenti de la période de la Covid-19 sur le moral, la situation d’emploi restait associée significativement à l’EDC parmi les femmes (odds ratio ajusté, ORa=1,4 – intervalle de confiance à 95%: [1,1-1,8]) contrairement aux hommes. De plus, le fait de vivre en famille monoparentale accentuerait le lien entre chômage et EDC chez les femmes sans emploi.

Conclusion –

Même si les mécanismes directs et indirects du lien entre chômage et EDC restent à mieux identifier, une prévention ciblée doit concerner la population des actifs sans emploi, notamment les femmes les plus jeunes et celles en famille monoparentale.

Situation vis-à-vis de l’emploi et santé déclarée dans l’enquête Familles et employeurs 2024 : vers un continuum d’intégration professionnelle

https://beh.santepubliquefrance.fr/beh/2026/23-24/2026_23-24_3.html

Émilie Counil (emilie.counil@ined.fr), Hugo Frère
Institut national d’études démographiques (Ined), Aubervilliers

Soumis le 29.05.2026 // Date of submission: 05.29.2026
Mots-clés : Chômage | Emploi précaire | Santé déclarée | Genre | Inégalités
Keywords: Unemployment | Precarious employment | Self-reported health | Gender | Inequalities

Résumé

Contexte –

L’étude des liens entre santé et situation d’activité repose souvent sur une approche segmentée du chômage et de l’emploi. Par contraste, nous postulons un continuum allant de la stabilité à l’éloignement durable de l’emploi. Notre étude a pour objectif d’opérationnaliser un tel continuum d’intégration professionnelle et d’en tester l’utilité en explorant ses liens avec la santé déclarée.

Méthode –

L’enquête Familles et employeurs 2024 (FamEmp 2024) a été conduite auprès d’un échantillon représentatif de 41 233 personnes de 20 à 65 ans en France hexagonale. La situation vis-à-vis de l’emploi (continuum d’intégration) est définie selon les types d’emploi et de transitions de l’emploi vers le chômage. La probabilité de rapporter un état de santé dégradé a été modélisée selon le sexe, en fonction de la position dans ce continuum (régressions logistiques multivariées).

Résultats –

En référence à l’emploi salarié « stable sécurisé », nous retrouvons une association forte entre santé dégradée et chômage de longue durée, ainsi qu’avec l’emploi salarié « stable incertain », et en cas de transition de l’emploi stable vers le chômage court. L’association avec l’emploi salarié atypique est observée uniquement chez les hommes, tandis que les femmes dirigeantes indépendantes déclarent moins de maladies chroniques.

Conclusion –

Il semble primordial de prendre en compte l’insécurité subjective au sein même de l’emploi stable, dans la mesure où elle correspond à des profils de santé similaires à ceux des personnes en chômage de longue durée. Toutefois, interpréter le sens de ces relations nécessite d’étendre notre approche à l’aide de données longitudinales.

La cohorte Constances comme source de données sur les relations entre chômage et santé en France

https://beh.santepubliquefrance.fr/beh/2026/23-24/2026_23-24_4.html

Pierre Meneton1 (pierre.meneton@inserm.fr), Marcel Goldberg2, Marie Zins2
1 Inserm UMRS 1142, Limics, Campus des Cordeliers, Paris
2 Inserm UMS 011, Hôpital Paul Brousse, Villejuif

Soumis le 05.05.2026 // Date of submission: 05.05.2026
Mots-clés : Cohorte | Chômage | Conditions de travail | Parcours de vie | État de santé
Keywords: Cohort | Unemployment | Working conditions | Life course | Health status

Résumé

À l’instar de ce qui a été décrit dans d’autres pays, la présente synthèse des études réalisées dans la cohorte Constances montre que les chômeurs français ont en moyenne plus de comportements à risque, une moins bonne santé physique et mentale, plus de maladies chroniques et meurent plus tôt que les personnes ayant un emploi. Il s’agit d’effets au long terme dépendant du degré d’exposition au chômage au cours de la vie et qui se combinent avec ceux liés aux conditions de travail durant la carrière et à la position sociale en général.

Interventions de recherche d’emploi fondées sur des preuves pour les travailleurs et les jeunes sans emploi

https://beh.santepubliquefrance.fr/beh/2026/23-24/2026_23-24_5.html

Jukka Vuori1, Richard H. Price2, Pierre Arwidson3 (pierre.arwidson@santepubliquefrance.fr)
1 Institut finlandais de la santé au travail (Finnish Institute of Occupational Health), Helsinki, Finlande
2 Université du Michigan, Ann Arbor, États-Unis
3 Santé publique France, Saint-Maurice

Soumis le 03.07.2026 // Date of submission: 07.03.2026
Mots-clés : Chômage | Santé mentale | Essais randomisés et contrôlés | Interventions fondées sur des preuves
Keywords: Unemployment | Mental health | Randomised controlled trials | Evidence-based interventions

Résumé

Cet article décrit le développement, la mise en œuvre et l’efficacité du programme Jobs, une intervention psychosociale fondée sur des preuves et basée sur l’apprentissage par les pairs. Ce programme vise à soutenir les personnes sans emploi dans leur recherche, tout en préservant leur santé mentale. La perte d’un emploi engendre souvent des difficultés financières, des tensions familiales et une détresse psychologique, augmentant ainsi le risque de dépression, notamment en cas de chômage prolongé. La recherche montre cependant que des interventions ciblées peuvent renforcer les compétences en recherche d’emploi, stimuler la motivation et atténuer les conséquences émotionnelles négatives des échecs professionnels. Des essais randomisés à grande échelle menés aux États-Unis ont démontré des bénéfices significatifs, notamment des taux de réinsertion professionnelle plus élevés, une meilleure qualité d’emploi, une réduction des symptômes dépressifs et des avantages économiques à long terme. Le programme a ensuite été adapté en Finlande sous le nom d’intervention Työhön et testé avec succès auprès de chômeurs de longue durée, malgré les différences en matière de prestations sociales et de marchés du travail. Des résultats positifs similaires ont été rapportés dans plusieurs autres pays, dont le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Irlande, les Pays‑Bas, l’Afrique du Sud, ainsi qu’en Chine et en Corée du Sud. Les premières recherches et les travaux menés à l’Institut de l’université du Michigan, au sein du Centre de recherche en prévention du Michigan, pour développer l’intervention Jobs destinée aux chômeurs sont abordés. Nous décrivons également la diffusion ultérieure du programme à l’échelle nationale et internationale.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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