Violences du 17 octobre : « je ne pense pas qu’il y ait eu de concertation » avec l’ultra-gauche, selon une sociologue
Un suspect de 34 ans « d’ultra gauche » a été arrêté ce mardi 20 octobre dans le cadre de l’incendie de la mairie de Limoges. Pour la sociologue Isabelle Sommier, il n’y a pas eu de convergence le 17 octobre entre lycéens, personnes venues pour piller et activistes d’ultra gauche.
Par Marie Peyraube,Erwan Chassin • Publié le mardi 20 octobre 2026 à 13:00
Un homme de 34 ans a été arrêté par le Raid le matin du mardi 20 octobre, sur la commune de Bussière-Beaufy, rattachée au Val-d’Issoire, en Haute-Vienne : premièreOuverture dans un nouvel onglet interpellation en lien avec l’incendie de la mairie de LimogesOuverture dans un nouvel onglet le samedi 17 octobre. Selon une source proche du dossier contactée par France Info, ce suspect est fiché S, c’est à dire qu’il existe une fiche au ministère de l’Intérieur pour suivre ses activités, pour son appartenance à la mouvance de l’ultragauche. Toujours selon cette même source. La sous-direction anti-terroriste (SDAT) est co-saisie avec la police de la Haute-Vienne. À ce stade, le parquet national antiterroriste n’est pas saisi mais est en observation.
Le trentenaire est aussi soupçonné d’avoir participé à des actions violentes ces dernières années, notamment des attaques contre des caténaires de ligne TGV, contre des chantiers, des projets d’agriculture intensive. Il est actuellement en garde à vue à Limoges.
Les personnes interpellées plutôt « des amateurs »
Pour Isabelle Sommier, professeure de sociologie à l’université Paris-Sorbonne, spécialiste des gauches radicales de la violence politique, il est difficile de faire le lien entre les auteurs et autrices de casses, de pillages, et l’ultra-gauche. « Personne de sérieux travaillant sur ces mouvances ne pourra vous dire qu’il y a tel ou tel type de profil, parce que parmi les personnes qui sont interpellées à l’occasion de ces violences, il y a peu d’activistes en réalité. Ces derniers sont plus professionnalisés en quelque sorte, plus mobiles, donc ceux qui sont interpellés, ce sont davantage des amateurs, si je puis dire, dans les pillages et les incidents en question.«
Isabelle Sommier précise : « S’il y avait eu une convergence, cela voudrait dire qu’il y a eu concertation, or je ne pense pas qu’il y en ait eu. La dynamique émeutière que connaissent les manifestations date de la mobilisation contre la loi El Khomri en 2016, et depuis on a une montée en puissance effectivement des groupes qualifiés par les renseignements territoriaux d’ultra-gauche. Mais ça n’explique pas le niveau de violence que l’on a pu voir ce samedi, où effectivement se sont agrégés aussi sans doute des lycéens exaspérés, des personnes venues pour piller, et effectivement des activistes, mais leurs cibles sont très différentes.«
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Mouvement du 17 octobre : du calme au chaos
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Elle ajoute néanmoins que la mouvance d’ultra-gauche « gagne du terrain » depuis le mouvement des Gilets jaunes, et également qu’il y a « une féminisation, alors qu’avant c’était un phénomène quasi exclusivement masculin« , avec aussi « une dimension plus interclassiste, alors qu’au départ on est plutôt sur des mouvances qui recrutent dans les milieux étudiants. Depuis les Gilets jaunes, il semblerait qu’il y ait une extension du recrutement dans d’autres bassins socioprofessionnels. »