Alors que la préfecture a laissé défiler des néo-nazis après le couvre feu dans le centre de Lyon hier soir, la droite évoque connement l’éventualité de supprimer les insoumis…
Gérard Larcher ce profiteur de charge se joint à la meute souhaitant proscrire LFI, idée totalement inconstitutionnelle, il est quand même président du Sénat, de tels propos semblent
inconciliables avec sa fonction.
Un billet de Thomas Legrand Dans Libération aujourd’hui "La droite perd son sang-froid. Certains évoquent les prémices d’une guerre civile, mais personne, dans ce camp-là n’a rien à redire quant aux violences policières abondamment documentées. Et voilà que le d’habitude placide et mesuré Gérard Larcher, président du Sénat, assemblée censée représenter la pondération républicaine, estime dans une interview au Figaro, s’agissant de l’idée de dissoudre le parti dont le principal leader est donné potentiel finaliste de la présidentielle «que la question peut être posée […] Nous avons pu dissoudre Génération identitaire [groupuscule d’ultradroite] et La Jeune Garde [mouvement d’ultragauche]. LFI est un parti politique qui concourt à l’expression de la nation. Je l’entends. Mais il tient une grande part de responsabilité dans le discours de haine».
Gérard Larcher réactive le réflexe qui nous vient du XIXe siècle, du parti de l’ordre contre le parti de la rue, avec l’idée totalement saugrenue et liberticide d’envisager d’interdire une organisation politique représentée à l’Assemblée. Gérard Larcher après Bruno Retailleau parle d’interdire LFI parce que ses membres estiment «que la police tue». Jean-Luc Mélenchon et ses partisans reprennent à leur compte pour en faire un slogan choc, les nombreuses recherches universitaires qui montrent que l’organisation de la police, la doctrine actuelle du maintien de l’ordre, la fin de la police de proximité font de cette institution un organisme dont le système en lui-même favorise les bavures. Il est reproché à LFI d’avoir soufflé sur les braises en soutenant les revendications des lycéens, en ne condamnant pas les barrages ni les slogans de manif outranciers comme ACAB (All cops are bastards, «tous les flics sont des connards»). Il est aussi reproché aux insoumis d’avoir manipulé, téléguidé ce mouvement. Fantasmes
Toutes ces accusations dessinent une réalité et un fantasme, mais certainement pas de quoi motiver une dissolution. La réalité, c’est que LFI est un parti qui a un discours radical, parfois brutal et qu’il a une pratique de la politique basée sur la conflictualité.
Cette façon de faire de la politique peut être critiquée et combattue. Elle l’est très largement, même à gauche. Mais si la radicalité et la violence des propos doivent être un mobile d’interdiction, alors il suffit d’allumer quelques minutes de n’importe quelle chaîne d’infos, d’y écouter les porte-parole du RN pour décider qu’il faut interdire ce parti ainsi que celui d’Eric Zemmour.
Les propos de la droite en général depuis le début du mouvement, et du président du Sénat en particulier à propos de LFI, sont aussi empreints de fantasmes. Expliquer que ce parti est le marionnettiste des lycéens, des étudiants et surtout de la population des banlieues est une illusion qui, en réalité, ne fait que renforcer l’influence des insoumis, ainsi désignés comme les seuls débouchés politiques pour une jeunesse qui devra transformer sa colère et ses aspirations en propositions politiques.
Mais si ce mouvement de lycéens, bien que radical, brandit des drapeaux tricolores et chante la Marseillaise, c’est qu’il s’intègre, contrairement à tant d’autres mouvements «gauchistes» d’antan, dans un référent républicain, en partie grâce à LFI.
Cette idée sans fondement juridique valable de dissoudre LFI, idée qui serait retoquée à coup sûr par le Conseil d’Etat, marque la convergence quasi complète de la droite et de l’extrême droite.
L’autre idée très répandue à droite depuis le 17 octobre selon laquelle le chaos est en grande partie dû «à une immigration de masse» et non pas à la ghettoïsation spatiale qui a relégué des générations de descendants d’immigrés aux marges de la prospérité, achève de convaincre que la droite se range du côté de la solution autoritaire.
Si même Gérard Larcher s’y met c’est que l’affaire est faite : la droite et l’extrême droite sont désormais dans le même camp, sur la même pente liberticide. »