
La communauté d’agglomération Castres-Mazamet (Tarn) a décidé de se débarrasser de trois bus électriques fabriqués par l’entreprise locale Safra. En cause : des problèmes de fiabilité et d’autonomie. Un gâchis qui va coûter au total trois millions d’euros aux contribuables.
Moins de 5000 kilomètres au compteur et déjà à la casse. Achetés en 2016 à la société tarnaise Safra, unique fabricant de bus à hydrogène en France, pour un montant d’1,7 million d’euros et mis en circulation en 2018, trois bus à hydrogène du réseau Libellus de la Communauté d’agglomération Castres-Mazamet vont être détruits. La collectivité a voté cette décision lors de son dernier conseil communautaire en septembre 2026.
« Les bus n’ont jamais fonctionné. Ils ont très peu roulé. À chaque sortie, ils plantaient et tombaient en panne au bord de la route » explique Olivier Fabre, maire de Mazamet et président de la communauté d’agglomération Castres-Mazamet.
Les bus désossés
Les trois bus vont donc être récupérés par une société spécialisée pour être ensuite désossés et recyclés. Une opération facturée 7.500 € à la charge de la communauté d’agglomération.
C’est de l’argent public qui a été investi. On est victime de la défaillance de cette entreprise qui nous a fait de belles promesses. On s’est fait avoir !Olivier Fabre, maire de Mazamet (divers droite) et président de la communauté d’agglomération Castres-Mazamet
Remboursement impossible
La destruction de ces bus est en fait la conséquence d’un long feuilleton. L’agglomération avait déposé un recours devant le tribunal administratif de Toulouse pour obtenir le remboursement du 1,7 million d’euros (dont plus de 500.000 euros de subventions de l’État). Mais la liquidation de la Safra intervenue en 2025 a stoppé net le remboursement.
« C’est impossible d’obtenir le remboursement. Personne ne répond » souffle le président de la collectivité.
Contactée, l’entreprise Safra rachetée depuis par l’industriel chinois Wanrun, n’a pas encore donné suite à nos sollicitations.
La collectivité ne veut plus entendre parler de bus à hydrogène. « Cette histoire ternit l’image des véhicules électriques » regrette Olivier Fabre. Échaudée, la communauté d’agglomération a décidé de remplacer ces trois bus électriques par des bus thermiques « beaucoup plus fiables » lance l’élu. Coût supplémentaire : 1,1 million d’euros. Les contribuables apprécieront.