C’est en toute discrétion que le ministère de la transition écologique évoque l’évolution de la pollution de l’air en France.

En France, la pollution de l’air repart à la hausse, après des années de recul

Le bilan 2025 de la qualité de l’air révèle une « légère » progression des concentrations en particules fines, dioxyde d’azote et ozone avec six épisodes de pollution d’ampleur nationale. 

Par Stéphane Mandard

Publié hier à 16h43, modifié hier à 18h24 https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/10/14/en-france-la-pollution-de-l-air-repart-a-la-hausse-apres-des-annees-de-recul_6793758_3244.html

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Un panneau indiquant « Alerte pollution – la vitesse est réduite de 20 km/h » sur l’autoroute A31 à Bertrange (Moselle), le 18 août 2026.
Un panneau indiquant « Alerte pollution – la vitesse est réduite de 20 km/h » sur l’autoroute A31 à Bertrange (Moselle), le 18 août 2026.  JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN/AFP

Une « légère hausse ». C’est en toute discrétion que le ministère de la transition écologique évoque l’évolution de la pollution de l’air en France dans son dossier de presse d’une quinzaine de pages, qui synthétise le bilan 2025 de la qualité de l’air publié mercredi 14 octobre. Cette « légère hausse » marque pourtant une inflexion notable : depuis vingt-cinq ans, la pollution atmosphérique suit une tendance à la baisse, hormis des rebonds constatés lors de la canicule de 2003 et de la période post-Covid-19. Entre 2000 et 2024, les émissions d’oxydes d’azote et de particules fines ont baissé respectivement de 65 % et de 56 %.

Mais en 2025, les concentrations de fond de dioxyde d’azote (NO2, gaz émis principalement par le trafic routier en ville) et des particules fines ont légèrement augmenté par rapport à 2024, avec même un retour aux niveaux de 2023 pour les particules PM10 (de diamètre inférieur à 10 micromètres) et les PM2,5 (inférieures à 2,5 micromètres). Les PM2,5 sont les plus dangereuses pour la santé car elles pénètrent profondément l’organisme. Près de 40 000 décès prématurés et environ 30 000 cas d’asthme chez les enfants sont attribuables chaque année à l’exposition aux particules fines, selon Santé publique France. Les concentrations en ozone, le troisième grand polluant atmosphérique, ont également progressé entre 2024 et 2025. A la différence des particules fines et des oxydes d’azote, les niveaux d’ozone ne suivent pas de tendance à la baisse depuis les années 2000.

Évolution des concentrations de polluants atmosphériques en fond urbain entre 2000 et 2025

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En 2025, la France hexagonale a été touchée par six épisodes de pollution (avec des concentrations qui dépassent les seuils d’information, de recommandations ou d’alerte) d’ampleur nationale : trois aux particules fines (PM10) en janvier, mars et novembre ; trois à l’ozone dont deux en juin et un en juillet. C’est plus qu’en 2024, année qui avait été marquée par seulement deux épisodes de pollution d’ampleur nationale aux PM10, en mars et en juin. Par ailleurs, les Antilles et la Guyane ont été confrontées à des épisodes de pollution aux PM10 de janvier à octobre, accentués par des apports réguliers de poussières de sable du Sahara.

Pics de plus en plus précoces

Comment expliquer ce rebond de la pollution de l’air ?

Interrogé, le ministère indique que la hausse de l’ozone s’inscrit dans « un contexte marqué par des conditions météorologiques favorables à sa formation ». Souvent appelé le « polluant de l’été », il se forme sous l’effet de la chaleur et de l’ensoleillement à partir de réactions chimiques complexes, notamment entre les oxydes d’azote et les composés organiques volatils issus de plusieurs sources : industrie, transports, solvants ménagers ou encore feux de forêt. Conséquence du réchauffement climatique, les pics de pollution à l’ozone sont de plus en plus précoces et persistants, comme celui enregistré en mai 2026, avec un épisode de pollution à l’ozone historique par sa précocité et sa durée. Avec la multiplication des vagues de chaleur, cette tendance n’est pas près de s’inverser. D’autant que l’été a été marqué par un autre contributeur à la pollution de l’air : les fumées issues des incendies de forêt.

Concernant la hausse des concentrations de PM10 et de NO2 en 2025, les services du ministère font également référence à « des fluctuations interannuelles en lien notamment avec les conditions météorologiques ». Directrice d’Airparif, l’organisme de surveillance de la qualité de l’air en Ile-de-France, Karine Léger fournit une piste d’explication pour les particules fines : « L’hiver 2025 a été moins doux et plus sec qu’en 2024, entraînant à la fois une légère hausse des émissions de particules issues du chauffage et une moins bonne dispersion dans l’air de ces émissions. »

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Les niveaux de pollution observés en 2025 se traduisent aussi par des dépassements des normes réglementaires européennes.

En 2025, dix-huit agglomérations ont été concernées par des dépassements. Treize pour l’ozone dont Marseille, Lyon et Strasbourg, contre dix-huit en 2024. Le nombre a aussi diminué pour les PM10 : Mayotte en 2025, alors que la Guadeloupe et la Martinique étaient aussi concernées en 2024. En revanche, le nombre d’agglomérations concernées par des dépassements en NO2 a doublé entre 2024 et 2025, passant de deux (Paris et Montpellier) à quatre (Paris, Marseille, Montpellier et Perpignan). De quoi réactiver le spectre de nouvelles amendes pour le gouvernement. L’Etat a déjà été condamné à trois reprises (2021, 2022, 2023) par le Conseil d’Etat à une astreinte totale record de 40 millions d’euros pour des niveaux de dioxyde d’azote trop élevés dans plusieurs agglomérations.

Le risque est d’autant plus grand que de nouvelles normes beaucoup plus drastiques entreront en vigueur à partir de 2030 pour se rapprocher des recommandations formulées par l’Organisation mondiale de la santé. Il a bien été identifié par les services de l’Etat et le ministre délégué à la transition écologique, Mathieu Lefèvre : « D’ici à 2030, une nouvelle directive européenne divisera par deux les valeurs limites pour les particules fines et le dioxyde d’azote. C’est un cap exigeant, qui ne laisse aucune place au relâchement. »

Première étape, la France doit transposer cette nouvelle directive sur la qualité de l’air dans le droit français. La date butoir est le 11 décembre. Or, selon nos informations, lors du Conseil national de l’air – une instance de concertation sur la qualité de l’air – du 1er octobre, il a été clairement indiqué que la France ne tiendrait pas ce calendrier. « Nous appelons le ministre à réunir sans délai les acteurs de la qualité de l’air pour accélérer la transposition de la directive », réagit Tony Renucci, le directeur général de l’association Respire.

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Stéphane Mandard

*Visualisez la pollution de l’air générée par les incendies en France et en Europe

Grâce à notre carte, observez l’étendue et le mouvement de la pollution atmosphérique suscitée par les feux de forêt à l’échelle européenne. 

Par Manon Romain

Publié le 01 août 2026 à 13h00 https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2026/08/01/visualisez-la-pollution-de-l-air-generee-par-les-incendies-en-france-et-en-europe_6737213_4355770.html

Outre les écosystèmes dévastés, les dégâts matériels et les traumatismes psychologiques, les mégafeux sans précédent qui touchent la France et l’Europe peuvent avoir des conséquences durables sur la santé des personnes exposées aux panaches de fumées toxiques.

La pollution de l’air générée par les feux de forêt peut être deux à dix fois plus dangereuse que la pollution atmosphérique habituelle. Ces fumées contiennent une grande quantité de composés chimiques toxiques, comme le monoxyde de carbone, mais aussi des particules fines qui peuvent s’insinuer dans les voies respiratoires. Le vent les transporte parfois sur des centaines voire des milliers de kilomètres. Pour s’en protéger, il est nécessaire de limiter les déplacements en extérieur, tout particulièrement les personnes sensibles.

Notre carte montre l’étendue et le mouvement de la pollution à l’échelle européenne depuis le 18 juillet, grâce aux modélisations du service de surveillance de l’atmosphère (CAMS) de Copernicus, le programme d’observation de la Terre de l’Union européenne. Des prédictions sont aussi disponibles pour les deux jours à venir. La carte vous donne accès au niveau de particules PM10 spécifiquement générées par les incendies (que le CAMS parvient à isoler), ainsi qu’aux mesures des particules fines (PM2,5) et de monoxyde de carbone (qui sont globales, toutes sources confondues).

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Le seuil d’alerte pour les particules PM10 est de 80 microgrammes par mètre cube (µg/m³). Vendredi 24 juillet, le pic de pollution atteignait plus de 400 µg/m³ sur la zone du feu au Porge (Gironde), soit cinq fois le seuil d’alerte. Le lendemain, le seuil était aussi dépassé, avec environ 110 µg/m³ à Brive-la-Gaillarde (Corrèze), à plus de 200 kilomètres du Porge.

La pollution aux particules fines dues aux feux de forêt en Europe

Concentration de PM10 (particules de diamètre inférieur à 10 micromètres) dues aux feux de forêt entre le 18 juillet et le 15 octobre, et prévisions jusqu’au 31 août.PM10 (incendies)PM2.5Monoxyde de carbone

25 JUILLET 2026 – 10 H19 juil.26 juil.2 août9 août16 août23 août30 août

Source : Copernicus Atmosphere Monitoring Service (CAMS)

De nombreux outils, comme la carte du réseau de surveillance Atmo ou celle de Airparif, permettent en outre de connaître de façon plus précise la pollution atmosphérique au niveau local, qu’elle soit due ou non à des feux de forêt, grâce à des capteurs répartis sur le territoire.

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Manon Romain

Commentaire Dr Jean SCHEFFER

Les zones à faible émission (ZFE) dans les grandes villes ont démonté leur efficacité concernant la baisse de la pollution de l’air * (Londres 2020 *https://www.actu-environnement.com/media/pdf/news-48324-etude-science-direct-zfe.pdf )

A Paris la circulation en centre ville a diminué de 18% (https://environnementsantepolitique.fr/2026/09/25/la-circulation-a-recule-de-18-dans-la-zone-a-trafic-limite-du-centre-de-paris/)

Malheureusement en Janvier dernier, députés et sénateurs de droite et d’extrême droite ont voté la suppression des ZFE** dans nos grandes villes (**https://environnementsantepolitique.fr/2026/01/28/les-deputes-et-les-senateurs-sappretent-a-valider-la-suppression-des-zfe-actee-en-commission-paritaire-le-20-janvier/ et https://environnementsantepolitique.fr/2026/01/28/les-deputes-et-les-senateurs-sappretent-a-valider-la-suppression-des-zfe-actee-en-commission-paritaire-le-20-janvier/).

Conséquence: 3 millions de véhicules parmi les plus polluants remis en circulation .

La diminution de vitesse sur les grandes voies de circulation montre aussi une diminution des polluants dans l’air avec parallèlement une diminution des pathologies cardio-vasculaires, respiratoires et des décès prématurés.

C’est pour cette raison que j’avais demandé en 2007 lors d’élections législatives dans un pacte écologique pour l’Albigeois, d’instituer le 70Km/h sur la rocade d’Albi. L’expérience de cette diminution de vitesse sur la rocade de Toulouse* et sur le périphérique parisien** avait été concluante.

**https://www.airparif.fr/sites/default/files/document_publication/CP%20-%20Suivi%20BP_VF.pdf

* Gain sur la rocade de Toulouse

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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