Statines après 75 ans : et si les arrêter ne changeait rien à la mortalité ?
Par Mme Céline Lefebvre
(Paris)
Date de publication : 12 octobre 2026 https://www.mediscoop.net/index.php?pageID=d54f7e7c56554608812a3241724533cd&site_origine=newsletter_mediscoop&nuid=44baf5968540a6248a8065e80f2f7273&midn=24443&from=newsletter&slnk=4
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Chez les patients de 75 ans et plus traités par statines en prévention cardiovasculaire primaire, leur arrêt n’augmente pas la mortalité à trois ans, selon l’essai français SAGA/SITE.
Faut-il poursuivre indéfiniment une statine chez un patient âgé sans antécédent cardiovasculaire ? La question restait posée, faute de données randomisées. L’essai de phase 3 SAGA/SITE, multicentrique, ouvert et de non-infériorité, a comparé deux stratégies dans 297 cabinets de médecine générale français.
Entre juin 2016 et janvier 2020, 1180 patients ont été randomisés, dont 1160 retenus pour l’analyse principale : 639 dans le groupe « poursuite » et 521 dans le groupe « arrêt ». Tous avaient au moins 75 ans, recevaient une statine depuis un an minimum et ne présentaient aucun antécédent de maladie cardiovasculaire athéroscléreuse.
L’âge médian était de 80 ans (29,5% avaient un diabète et 77,2% une HTA). Le traitement hypolipémiant était prescrit depuis plus de dix ans chez 61,7%.
Le critère principal était la mortalité toutes causes confondues à 36 mois (marge de non-infériorité fixée à 5%). À trois ans, 48 décès ont été recensés parmi 604 patients évaluables sous statine (7,9%), contre 35 parmi 484 après arrêt (7,2%). La différence absolue, après imputation des données manquantes, atteignait -0,68 point (IC 95% : -3,95 à 2,60), démontrant la non-infériorité.
Les événements cardiovasculaires majeurs concernaient 4,4% des patients ayant poursuivi leur traitement contre 5% après interruption. Malgré une augmentation du LDL-cholestérol de 114,6 à 170,6 mg/dL à trois mois dans le groupe « arrêt », aucun excès d’événements cardiovasculaires n’a été observé.
La déprescription n’a toutefois apporté aucun bénéfice démontré sur la qualité de vie, évaluée par le SF-12, ni sur les événements indésirables (74% contre 73,1%).
Plusieurs limites méthodologiques existent : effectif inférieur aux 2430 patients prévus, mortalité observée plus faible qu’attendu, essai ouvert et marge de non-infériorité à 5%.
Conclusion ?
La décision doit être individualisée (contexte clinique, préférences du patient, polymédication) au-delà de 75 ans. A suivre, les conséquences cardiovasculaires à long terme de l’arrêt des statines, notamment chez ceux dont le risque cardiovasculaire est élevé.
Référence :
Bonnet F, Poulizac P, Rousselot N, et al. SAGA/SITE Study Group.
Discontinuation of statins for primary prevention of atherosclerotic cardiovascular disease in adults aged 75 years or older (SAGA/SITE): a multicentre, open-label, pragmatic, non-inferiority randomised trial.
Lancet Healthy Longev. 2026;7(7):100884.
L’article: https://www.thelancet.com/action/showPdf?pii=S2666-7568%2826%2900068-1
Tout est affaire de risque chez le patient, si le risque est très élevé avec un cholestérol LDL élévé, il faut le faire baisser. En premier avec un régime hypocholestérolémiant bien conduit.
Si insuffisant, il n’y pas que les statines comme hypocholestérolémiant. Si on reste au choix des statines, on peut diminuer la dose pour diminuer les effets secondaires des statines, en associant la Statine à l’ézétimibe qui inhibe l’absorption intestinale du cholestérol (Inegy* par exemple).
On peut aussi utiliser des antioxydants comme l’Amla (Rosalia*) qui agissent sur la diminution du LDL cholestérol.
